58. P�te cellulosique et papier
Table des
mati�res - Pr�c�dente
- Suivante
1. Pr�sentation du domaine d'intervention
1.1 Introduction/G�n�ralit�s/Terminologie
1.2 Production de la p�te1.2.1 Mati�res premi�res
1.2.2 Produits et proc�d�s1.3 Fabrication du papier et du carton
1.3.1 P�tes (mati�res premi�res de la fabrication du papier et du carton)
1.3.2 Produits et proc�d�s
2. Effets sur l'environnement et mesures de protection
2.1 Consommation de mati�res premi�res et d'adjuvants
2.1.1 Mati�res fibreuses
2.1.2 Eau
2.1.3 Energie
2.1.4 Produits chimiques, adjuvants2.2 Rejets des usines � p�te et � papier
2.2.1 Effluents
2.2.2 Rejets � l'atmosph�re
2.2.3 D�chets solides
2.2.4 Bruit
3. Aspects � inclure dans l'analyse et l'�valuation des effets sur l'environnement
3.1 Effluents
3.2 Rejets � l'atmosph�re
3.3 D�chets solides
3.4 Bruit
4. Interactions avec d'autres domaines d'intervention
4.1.1 Mati�res premi�res
4.1.2 Mati�res annexes et adjuvants4.2 Domaines d'intervention non caract�ristiques du secteur concern�
5. Appr�ciation r�capitulative de l'impact
sur l'environnement
6.
Bibliographie
Tab. 1.2 Donn�es de base des diff�rentes p�tes
Tab. 2.2.1 A Effluents des usines � p�te et � papier
Tab. 2.2.1 B Exemples de charges polluantes �mises
Tab. 2.2.2 A Rejets � l'atmosph�re
Tab. 2.2.2 B Rejets � l'atmosph�re inh�rents au secteur concern�
Tab. 2.2.3 D�chets solides des usines � p�te et � papier
Tab. 3.1.1 M�thodes d'analyse des eaux us�es
Tab. 3.1.2 A Seuils maxima admissibles pour les eaux us�es
Tab. 3.1.2 B Unit�s des mati�res polluantes pour le calcul des taxes de d�versement d'eaux us�es en Allemagne
1. Pr�sentation du domaine d'intervention
1.1 Introduction/G�n�ralit�s/Terminologie
� P�te cellulosique
- Comme son nom l'indique, la p�te cellulosique est constitu�e de cellulose, un constituant essentiel des plantes se pr�sentant sous forme de fibres ou de faisceaux de fibres, que l'on a plus ou moins d�barrass�e des autres mati�res v�g�tales.
Tous les v�g�taux contiennent de la cellulose qui constitue la principale substance de soutien de leurs cellules, si bien qu'en principe chaque plante peut fournir de la p�te cellulosique. Cependant, les propri�t�s des fibres et le taux de fibres �tant tr�s variables, seules quelques plantes sont utilis�es pour la pr�paration de la p�te.
- Dans la fabrication de la p�te cellulosique, le bois vient en t�te des mati�res premi�res. D'une mani�re g�n�rale, les conif�res ont des fibres longues, les bois de feuillus des fibres courtes.
- Certaines plantes annuelles sont �galement utilis�es, surtout dans les pays � faible potentiel sylvicole (Chine, Inde, etc.).
- La p�te produite peut ensuite subir une transformation m�canique, auquel cas on obtiendra du carton, du papier, etc. ou une transformation chimique qui fournira, par ex., des pellicules ou des fibres chimiques.
- Pour extraire la cellulose des mati�res premi�res, on a recours � des proc�d�s chimiques, m�cano-chimiques ou m�caniques.
- Par ailleurs, la p�te cellulosique peut aussi �tre obtenue � partir de vieux papiers, auquel cas elle ne peut �tre utilis�e que pour la fabrication du papier (recyclage).
- La production de p�te n�cessite de l'eau, de la vapeur d'eau, de l'�nergie m�canique ou �lectrique, et des produits chimiques.
- Le processus fournit des produits annexes et des d�chets pouvant entra�ner une pollution directe ou indirecte de l'air et de l'eau. Cette pollution peut n�anmoins �tre r�duite par des mesures internes de lutte contre la pollution et par le recours � des syst�mes d'�puration de l'eau et des fum�es.
� Papier et carton
- Dans ce dossier, on d�signe par papier un fin matelas fibreux constitu� essentiellement de cellulose ayant ou non subi un traitement superficiel et fabriqu� � partir de p�te cellulosique.
- Le carton est un papier �pais.
- Selon le type de p�te ou de vieux papier et la pr�paration retenue, il est possible d'adapter les qualit�s du papier ou du carton aux diff�rentes utilisations envisag�es, si bien qu'il existe un tr�s grand nombre de papiers et de cartons diff�rents.
- Les eaux r�siduaires de la fabrication du papier et du carton contiennent des r�sidus qui peuvent �tre �limin�s par des traitements d'�puration adapt�s.
Le tableau 1.2 fournit un aper�u des donn�es essentielles de fabrication de la p�te, telles que rendement, consommation d'�nergie, produits chimiques, charges polluantes et nuisances. La terminologie de base est expliqu�e ci-apr�s:
1.2.1 Mati�res premi�res
| a) Conif�res | Principalement pins, �pic�as, sapins pour les fibres longues (haute r�sistance). |
| b) Feuillus | Principalement h�tres, bouleaux, eucalyptus, peupliers. Ainsi que dautres essences ou m�langes selon la r�gion (r�sistance moyenne). |
| a) Sous-produits agricoles: | pailles (bl�, riz etc.), bagasse (r�sidu de presse de la canne � sucre, faible r�sistance). Pour les papiers sp�ciaux: linters (sous-produits de lindustrie de lhuile de coton), grande puret�. |
| b) Autres: | roseaux, bambous, jute, kenaf (plus rarement utilis�s). |
De qualit�s variables, chutes et rognures de papiers non imprim�es provenant de l'industrie de transformation papeti�re (par ex. imprimeries) ou m�langes de papiers issus de collectes m�nag�res.
1.2.2 Produits et proc�d�s
A part dans le secteur sanitaire (couches par ex.), la p�te cellulosique ne constitue pas un produit fini, mais un produit interm�diaire destin� � la fabrication du papier, ou, dans le cas de la p�te pour usage chimique, une mati�re premi�re de l'industrie chimique (fibres, feuilles, p�tes plastiques).
Parmi les p�tes cellulosiques on distingue:
� La p�te m�canique
Mati�re fibreuse, de conif�res la plupart du temps, obtenue par r�page du bois sur une meule. La p�te m�canique contient encore pratiquement tous les constituants du bois, � l'exception des mati�res pectiques. Le rendement est �lev� ; la p�te n'est pas blanchie, ou ne l'est que l�g�rement jusqu'� un degr� de blancheur faible � moyen.
Applications: papier courants de bas de
gamme.
Usages: papier journal, papier d'�criture et d'impression,
couche interm�diaire pour cartons duplex.
Caract�ristiques: faible r�sistance m�canique, tendance
� jaunir � la lumi�re et mauvaise r�sistance au
vieillissement.
Produits chimiques les plus couramment utilis�s (agents de blanchiment): hydrosulfite de sodium, peroxydes, peroxyde comme agent de blanchiment portant le moins atteinte � l'environnement.
Taille des installations: 50 - 600 t/jour.
� TMP - P�te thermom�canique
Comparable � la p�te m�canique, d�fibration � l'aide d'un d�sint�grateur � disques. Rendement l�g�rement inf�rieur, mais produit plus r�sistant. Blanchie comme la p�te m�canique.
Applications: comparables � la p�te
m�canique.
Caract�ristiques: comparables � la p�te m�canique.
Taille des installations: 300 - 600 t/jour.
� CTMP - P�te chimico-thermo-m�canique (APMP)
Contrairement � la TMP, l'utilisation d'une faible quantit� de produits chimiques facilite la s�paration des fibres. Le rendement est moins �lev�, mais les qualit�s m�caniques des fibres sont am�lior�es. La plupart du temps, la p�te subit un blanchiment qui lui conf�re un degr� de blancheur moyen � �lev�.
Applications: produit absorbant utilis� dans le domaine sanitaire (couches, etc.), p�te pour la fabrication de papiers impression-�criture courants, qualit� moyenne.
Caract�ristiques: selon la mati�re premi�re, les produits ont une r�sistance m�canique relativement faible, ils jaunissent assez fortement et r�sistent mal au vieillissement.
� SC ou NSSC - P�te mi-chimique
Contient encore de grandes quantit�s de mati�res non cellulosiques, pour des rendements moyens. Non blanchie en g�n�ral. Des produits chimiques sont m�lang�s aux copeaux de bois ou � d'autres fibres cellulosiques dans des lessiveurs � vapeur sous pression pour les ramollir. Ensuite, la s�paration des fibres a lieu dans des raffineurs exigeant relativement peu d'�nergie m�canique. Non blanchie en g�n�ral.
Applications: papiers d'emballage, en
particulier pour les cannelures des cartons ondul�s.
Caract�ristiques: bonne rigidit� des papiers, selon la
mati�re premi�re.
Produits chimiques les plus couramment utilis�s: sulfate
de sodium, soude caustique et/ou carbonate de soude.
R�cup�ration ou �limination n�cessaire sur le site.
Taille des installations: 50 - 500 t/jour.
� P�te chimique
Ne contient plus que de (tr�s) faibles quantit�s de mati�res non-cellulosiques, faible rendement d� � l'utilisation de produits chimiques. Les copeaux de bois ou d'autres mati�res fibreuses sont d�fibr�s sous l'effet des r�actifs chimiques et de la vapeur sous pression. L'op�ration est suivie d'un blanchiment la plupart du temps, du s�chage et du pressage en balles (pour �tre commercialis�es) ou bien, dans les entreprises int�gr�es, de la transformation en papier.
Applications:
- P�te non blanchie: la plupart du
temps pour papiers d'emballage, parfois m�lang�e avec des
celluloses peu r�sistantes.
- P�te blanchie: pour papiers d'�criture et d'impression,
m�lange avec des celluloses peu r�sistantes, cellulose comme
produit de base chimique ("Dissolving pulp"), issue
g�n�ralement d'essences feuillues.
Caract�ristiques: Haute r�sistance m�canique des fibres de conif�res. Les p�tes blanchies jaunissent peu et ont une bonne tenue au vieillissement. Grande puret� comme mati�re premi�re chimique.
R�actifs de d�lignification: soude caustique, Na2S (proc�d�s alcalins: "� la soude", au "sulfate") et bisulfite de Ca, Mg, Na ou NH4 (proc�d�s acides: "au bisulfite"). La r�cup�ration et la r�g�n�ration des r�actifs est une condition essentielle � une production �conomique non pr�judiciable � l'environnement. Une partie de la lessive r�siduaire du processus au bisulfite peut �tre transform�e en levure et en alcool apr�s fermentation ou bien, une fois s�ch�e, �tre commercialis�e comme liant.
Agents de blanchiment: chlore (de moins en moins employ�), hypochlorite de sodium, dioxyde de chlore, oxyg�ne, peroxydes de sodium et d'hydrog�ne.
Taille des installations: Mati�re premi�re: bois de conif�res 50 - 1300 t/jour ; plantes annuelles 50 - 250 t/j.
� P�te de r�cup�ration
Les vieux papiers sont un m�lange de mati�res fibreuses d'origines diverses, qui varient selon la composition et le tri des vieux papiers et remplacent la p�te fra�che (plus �conomique, �conomie d'�nergie). Le d�fibrage est m�canique. D�sencrage et blanchiment �ventuels apr�s �limination des fibres �trang�res.
Applications: entrent en principe dans
la fabrication de toutes sortes de papiers et cartons, avec ou
sans ajout de p�te fra�che.
Caract�ristiques: Perte faible � moyenne de la qualit�
par rapport aux p�tes de cellulose fra�che, selon la qualit�,
le tri, le degr� de propret�, etc. Les produits chimiques utilis�s
pour le d�sencrage et le blanchiment sont des d�tergents, des
acides gras, des dispersants, de la dithionite et des peroxydes.
Taille des installations: 50 - 400 t/jour
1.3 Fabrication du papier et du carton
1.3.1 P�tes (mati�res premi�res de la fabrication du papier et du carton)
Tous les produits cit�s au point 1.2.2 sont des celluloses techniques pour l'industrie papeti�re. En g�n�ral, on utilise un m�lange de deux p�tes ou plus, soit pour donner au papier les qualit�s souhait�es, soit pour des raisons �conomiques.
1.3.2 Produits et proc�d�s
Les diff�rentes sortes de papier et de carton sont class�es selon les domaines d'application dans les principaux groupes suivants:
- Papiers graphiques
- Papiers industriels
- Papiers sp�ciaux.
Pratiquement tous les papiers et cartons sont fabriqu�s sur des machines continues ; seuls les cartons forts sont r�alis�s sur des machines semi-continues. Le principe de fabrication est le suivant: feutrage des fibres dispers�es dans l'eau sur une toile pour obtenir un matelas de fibres enchev�tr�es qui sera ensuite press� et s�ch�. La feuille continue est ensuite conditionn�e en bobines ou en rames. Afin que les fibres aient les propri�t�s requises pour les diff�rentes sortes de papiers, elles subissent un pr�traitement dans des raffineurs. L'incorporation d'adjuvants permet d'accro�tre l'aptitude � l'�criture, l'hygrophobie, la rigidit�, la couleur, etc. Les charges min�rales comme le kaolin, et depuis une �poque r�cente le carbonate ou le sulfate de calcium, am�liorent la surface du papier destin� � des proc�d�s d'impression sp�ciaux.
Caract�ristiques des groupes de produits:
� Papiers graphiques
Il s'agit des papiers impression-�criture. On distingue entre les papiers avec bois (couch�s ou non couch�s) et sans bois (couch�s ou non couch�s). Les premiers sont surtout des papiers courants, les seconds devant satisfaire � des exigences sup�rieures ou sp�ciales. Les deux sortes de p�tes incorporent aujourd'hui de plus en plus de vieux papiers (parfois 100 %).
� Papiers industriels
Il s'agit en premier lieu de papiers d'emballage et de cartons divers, du papier gris (� partir de vieux papiers) aux emballages de haute qualit� destin�s aux denr�es alimentaires et aux denr�es de luxe. Certains sont trait�s en surface, ont plusieurs couches ou sont surfac�s pour des proc�d�s d'impression co�teux. En termes de quantit�s, les cartons ondul�s, r�alis�s � partir de p�te non blanchie ou de carton ondul� recycl� (pratique de plus en plus r�pandue) selon la qualit�, repr�sentent une part importante des papiers industriels.
� Papiers sp�ciaux
Ils couvrent une large palette de papiers qui n'entrent pas dans les deux groupes de produits cit�s plus haut:
- papiers hygi�niques (mousseline, papier
m�nager, papier toilette)
- papiers filtres pour l'industrie, les m�nages, les
laboratoires, etc.
- papiers calques de dessin
- papier photographique
- papier brut pour papier parchemin�, fibres vulcanis�es
- papier cigarette
- papiers pour condensateurs, etc.
1.4 Installations annexes et dispositifs auxiliaires
� Alimentation �nerg�tique
Les usines � papier et � p�te ont besoin d'�nergie m�canique (�lectricit�) et de chaleur (vapeur). L� o� l'on ne peut recourir � l'�nergie hydraulique, l'usine doit �tre aliment�e en �lectricit� qui est soit fournie par le r�seau public, soit produite dans une centrale interne (turbines � vapeur ou � gaz). Pour la production de vapeur, on utilise des combustibles fossiles (mazout, gaz naturel, charbon), ou encore du bois et des d�chets de bois (�corces), ainsi que d'autres d�chets.
D'un point de vue �nerg�tique, la lessive r�siduaire de la fabrication de la p�te chimique est une source importante. Sa combustion dans des chaudi�res sp�ciales fournit dans la plupart des cas assez de vapeur pour couvrir les besoins en �nergie du process.
� Eau
La disponibilit� en eau fra�che est un pr�alable essentiel de la production de p�te et de papier. La consommation peut d�passer 150 m3/t de p�te. Dans les installations ultramodernes, elle peut �tre inf�rieure � 2 m3/t. Tout d�pend aussi bien s�r du soin apport� � la gestion de l'entreprise.
� Epuration des eaux
L'�puration m�canique, biologique et partiellement chimique des eaux r�siduaires est aujourd'hui la r�gle dans les usines � p�te et/ou � papier.
2. Effets sur l'environnement et mesures de protection
2.1 Consommation de mati�res premi�res et d'adjuvants
2.1.1 Mati�res fibreuses
� Bois
Le boisement et le reboisement de zones adapt�es pour l'approvisionnement en mati�res premi�res des usines � p�te et � papier pr�sentent des avantages pour le climat, le bilan hydrique et le march� du travail.
Lors de l'exploitation des for�ts, il faut veiller � ce que les abattages ne soient pas sup�rieurs au recr�.
Toutes les ressources v�g�tales sont renouvelables (gr�ce � des mesures de reboisement dans le cas des for�ts). Pour cela, des mesures sp�cifiques sont n�cessaires lors de l'installation de monocultures. Il faut notamment �tudier les mesures culturales, mais aussi les aspects socio-�conomiques (par ex. concurrence avec la production agricole).
� Plantes annuelles
Il serait erron� de croire que l'utilisation des produits agricoles comme mati�res premi�res est automatiquement favorable � l'environnement. Ainsi, si la paille n'est pas restitu�e au sol, celui-ci aura besoin de plus d'engrais et sera appauvri en humus. La pratique r�pandue du br�lage de la paille n'est pas non plus � conseiller, la collecte de la paille exigeant une quantit� d'�nergie relativement �lev�e (pressage en balles pour le transport, les balles �tant tr�s volumineuses, la capacit� de charge des camions est mal exploit�e). De plus, les p�riodes de r�colte �tant relativement courtes, un stockage important est n�cessaire, ce qui s'accompagne d'un risque d'incendie.
En ce qui concerne la bagasse (r�sidus de la production de sucre de canne) utilis�e comme mati�re fibreuse, les conditions sont plus int�ressantes dans la mesure o� l'on n'a pas besoin de la r�colter s�par�ment. Cependant, un stockage important est n�cessaire durant la p�riode d'arr�t de la sucrerie. La concurrence de la mati�re premi�re du papier utilis�e comme combustible dans les usines sucri�res est abord�e dans le dossier consacr� au sucre.
En r�sum�, on peut dire que l'exploitation d'esp�ces v�g�tales annuelles n'est positive pour l'environnement que sous certaines conditions, c'est-�-dire qu'elle est globalement insignifiante et n'est int�ressante que dans certains cas sp�cifiques.
� Vieux papiers
Par rapport � la p�te cellulosique fra�che, cette mati�re premi�re autorise une �conomie d'�nergie significative. Le recyclage des vieux papiers n'est cependant pas possible � l'infini. Chaque cycle induit une baisse de la qualit� due � la d�gradation des fibres. L'utilisation des vieux papiers est cependant fondamentalement positive d'un point de vue �cologique.
2.1.2 Eau
Les usines � p�te et � papier n�cessitent d'assez grandes quantit�s d'eau industrielle (eau de rivi�re, eau de puits) (cf. 1.4) devant satisfaire � certaines exigences de puret� minimales. Cette eau doit �tre pr�par�e, mais peut aussi �tre r�utilis�e plusieurs fois gr�ce � des syst�mes de circulation internes. Dans des conditions tr�s d�favorables, le captage en puits peut entra�ner une modification � long terme du niveau de la nappe phr�atique. Lors de la planification des installations, il importe d'analyser avec soin le probl�me de la satisfaction des besoins en eau autres que ceux des usines � p�te et � papier.
2.1.3 Energie
Les retomb�es �cologiques de la production d'�lectricit� et de l'utilisation des combustibles fossiles, �galement employ�s dans les usines � p�te et � papier, sont connues et r�pertori�es dans les dossiers relatifs � l'environnement "Centrales thermiques", "Transport et distribution de l'�lectricit�".
Les combustibles sp�cifiques, utilis�s dans l'enceinte des entreprises de production de p�te cellulosique ou de l'industrie de la transformation du bois, sont
- la lessive r�siduaire des proc�d�s de
d�lignification,
- les �corces, la sciure et les copeaux de bois.
Les lessives �paissies sont incin�r�es dans des chaudi�res sp�cialement construites � cet effet. Les r�actifs de cuisson sont lib�r�s sous forme de cendres fondues qui seront r�g�n�r�es. Les lessives se substituent � une partie des combustibles fossiles.
Les d�chets du bois sont eux aussi br�l�s dans des chaudi�res sp�ciales et remplacent ainsi les combustibles fossiles.
(En ce qui concerne l'importance des rejets r�sultant de la production d'�nergie, cf. 2.2). Le tableau 1.2 donne un aper�u des consommations sp�cifiques d'�nergie.
2.1.4 Produits chimiques, adjuvants
Si certains des produits chimiques utilis�s, notamment les agents de blanchiment (chlore, chlorate de sodium, soude caustique, peroxydes) sont achet�s par les usines � p�te et � papier, leur fabrication entra�ne n�anmoins une importante consommation d'�nergie. Pour pouvoir r�duire les quantit�s de produits de blanchiment consomm�s, il faudrait que davantage de consommateurs acceptent que les papiers commercialis�s soient moins blancs. Atteindre cet objectif serait une mesure capitale pour la protection de l'environnement.
La fabrication des autres adjuvants, comme les colorants, l'amidon, la colophane et le kaolin, demande �galement de grandes quantit�s d'�nergie, mais reste insignifiante au vu des faibles quantit�s mises en oeuvre.
2.2 Rejets des usines � p�te et � papier
2.2.1 Effluents
Le tableau 2.2.1 A donne un aper�u d�taill� des sources, des mati�res �mises, et de leur effet, des mesures et des degr�s de r�duction possibles. Le tableau 2.2.1 B renseigne sur les quantit�s �mises typiques.
Les deux tableaux indiquent d'abord
- les �missions,
- leurs effets et
- les mesures de r�duction des rejets ou de protection
avant traitement (station d'�puration), puis l'effet de ce traitement.
A: Quantit�
La quantit� d'eau r�siduaire est � peu pr�s �gale � la quantit� d'eau propre mise en oeuvre. Gr�ce � un circuit de circulation interne, la baisse de la consommation d'eau propre s'accompagne d'une baisse de la quantit� d'eau r�siduaire, ce qui est aussi un facteur de co�t important dans le dimensionnement de la station d'�puration.
B: Qualit�
Les crit�res de qualit� des effluents sont les suivants:
- Taux de mati�res en suspension
(d�cantables/filtrables)
- Taux de mati�res dissoutes, comprenant
Tous peuvent avoir des effets divers, r�sultant des substances prises individuellement ou de leur association: modification du pH, r�duction de l'oxyg�ne, coloration ou turbidit�, toxicit� �ventuelle.
La premi�re mesure de diminution des rejets consiste � recycler l'eau avant le transfert des eaux r�siduaires et des charges polluantes dans la
C: Station de traitement des eaux us�es
(Traitement secondaire, traitement en aval) afin qu'elles soient amen�es � un degr� d'�puration qui rende possible leur d�versement dans le milieu r�cepteur.
2.2.2 Rejets � l'atmosph�re
Les principales sources sont tr�s vari�es, notamment dans les usines � p�te, et peuvent d�pendre de facteurs internes tr�s complexes. Il s'agit aussi bien des poussi�res �mises lors du broyage des mati�res premi�res que des vapeurs d'�chappement et des �manations gazeuses des f�ts de r�actifs et des cuves de lessive, des gaz de fum�es des lessiveurs, des chaudi�res aliment�es en �corces, en boues ou en mazout/charbon, des gaz de fum�es du traitement � la chaux, ainsi que des �vents des f�ts d'agents de blanchiment et cuves de blanchiment.
Dans les usines � papier, la situation est moins complexe. Les usines rejettent surtout de l'air extrait des s�cheurs.
Les sources, les mati�res �mises, leurs effets, les mesures de r�duction des rejets et de protection et leur degr� d'efficacit� sont repr�sent�es au tableau 2.2.2 A. Le tableau 2.2.2 B informe sur les quantit�s �mises et les valeurs limites pouvant �tre obtenues actuellement.
Le traitement en aval, tel qu'on le conna�t pour l'eau, doit si possible �tre �vit� dans les installations d'�puration de l'air extrait. Pour pouvoir r�injecter dans le traitement les r�actifs extraits lors du filtrage, les installations d'�puration doivent �tre int�gr�es dans le processus partiel.
Les �missions sont principalement compos�es de monoxyde et de dioxyde de carbone, de poussi�res du bois et de poussi�res min�rales, de vapeur d'eau, de dioxyde de soufre, de compos�s soufr�s r�duits (dont mercaptans), d'oxydes d'azote et de d�riv�s des hydrocarbures.
Ils ont pour principaux effets d'�tre
- nuisibles pour la sant�, voire toxiques, malodorants. Ils pr�sentent un risque d'incendie, contribuent � la formation de smog, des pluies acides et renforcent l'effet de serre.
Les mesures de r�duction et de protection vont de l'installation de r�cup�rateurs, de syst�mes de recyclage, d'incin�ration ou autres proc�d�s chimiques de transformation, aux laveurs de gaz, filtres et absorbeurs install�s en aval du processus.
2.2.3 D�chets solides
Le tableau 2.2.3 d�crit les sources, mat�riaux, effets sp�cifiques des d�chets solides et les rem�des ou palliatifs possibles.
Les principales sources d'�mission sont pratiquement aussi nombreuses que pour les �missions gazeuses. Il s'agit surtout des d�chets du bois, tels les copeaux, les �corces, les faisceaux de fibres, mais aussi de d�chets min�raux comme les boues de chaux, le sable et les consommables usag�s c.-�-d. les tamis, les feutres, les feuilles de plastique, les fils de fer, etc.
Tous ces d�chets seront essentiellement �vacu�s vers des d�charges.
Les mesures de r�duction et de protection sont en premier lieu la r�duction du volume gr�ce � l'incin�ration et au renvoi des mat�riaux revalorisables aux producteurs (pi�ces m�talliques, etc.).
2.2.4 Bruit
Les sources de bruit �manentnt principalement de la pr�paration des mati�res premi�res, notamment l'�cor�age et le d�bitage du bois, des engins de transport, des d�fibreurs, des pompes � vide, des appareils de finition, de l'�chappement de la vapeur dans les chaudi�res, des moteurs.
Il peut en r�sulter une g�ne et une perturbation nocturne dans les zones d'habitation proches, voire des troubles de sant� et des l�sions auditives.
Parmi les mesures visant � r�duire le bruit, on citera:
L'�cor�age du bois et son d�chiquetage ainsi que les transports lourds devraient s'effectuer le jour, ces op�rations pouvant se d�rouler de fa�on intermittente. Capotage des appareils, le cas �ch�ant utilisation de mat�riaux insonorisants ; �vacuation de la vapeur � travers des silencieux ; lors de la cr�ation de nouvelles usines, veiller � respecter un �loignement minimal par rapport aux zones d'habitation (sauf quelques rares exceptions, les machines modernes sont con�ues de fa�on � r�duire les �missions sonores). Mesures au sein de l'entreprise: prescrire le port de protections auditives individuelles dans les services concern�s.
3. Aspects � inclure dans l'analyse et l'�valuation des effets sur l'environnement
Le contr�le des effluents exige des pr�l�vements d'�chantillons en continu ou pour le moins de fa�on r�guli�re, ainsi que des dispositifs ad�quats, aussi bien pour les flux sp�cifiques que pour les m�langes.
Les analyses de routine peuvent se limiter � la temp�rature, au pH, aux mati�res d�cantables et filtrables, � la demande biochimique d'oxyg�ne (DBO5), � la demande chimique d'oxyg�ne (DCO, mesur�e en tant que quantit� de chromate de potassium consomm�e), � la toxicit� pour la faune aquatique, et aux compos�s organiques halog�nes adsorbables (AOX) si besoin est (en cas d'utilisation de chlore ou d'agents de blanchiment chlor�s).
Les analyses sp�ciales englobent entre autres la mesure de la turbidit�, la coloration, les odeurs, la conductibilit�, les collo�des, les huiles et les graisses.
Les m�thodes d'analyse sont r�pertori�es au tableau 3.1.1.
En ce qui concerne l'�valuation des effets des effluents sur l'environnement, beaucoup de pays ont fix� des niveaux de rejet � ne pas d�passer pour le d�versement des eaux r�siduaires dans le milieu r�cepteur.
En Allemagne, les usines � p�te et � papier sont soumises � la loi sur le r�gime des eaux (WHG), � la loi sur la r�glementation des rejets (AbwaG) ainsi qu'� la loi f�d�rale allemande sur les immissions (BImSchG). Ces lois et les d�crets d'application aff�rents fixent des caract�ristiques impos�es aux effluents apr�s traitement (cf. tableaux 3.1.2 A et 3.1.2 B).
En Suisse, le "d�cret sur le d�versement des eaux us�es "fixe les crit�res d'�valuation ; en Autriche, ceux-ci sont d�finis par la �Norm. Aux Etats-Unis, le programme de l'Agence de protection de l'environnement (Environmental Protection Agency - EPA) �tablit les r�gles � respecter (Effluent Limitations Guidelines and New Source Performance Standards for the Bleached Kraft, Groundwood, Sulfite, Soda, Deink and Non-integrated Paper Mills Segment of the Pulp, Paper and Paperboard Mills).
Certains pays ont adopt� des r�glementations similaires, mais bien souvent il ne s'agit que de directives dont l'application est rarement contr�l�e.
Souvent encore, des valeurs de concentration des polluants sont fournies comme crit�re d'�valuation. Cependant, la limitation des quantit�s absolues de polluants �mis para�t plus appropri�e. La r�glementation bas�e sur le taux de concentration conduit, si les quantit�s d'eau claire disponibles sont suffisantes, � une dilution des �missions les ramenant aux seuils prescrits, mais "dilution is no solution to pollution" (la dilution ne constitue pas un rem�de � la pollution !).
Pour une �valuation plus s�re des �missions escompt�es dans un projet d'extension ou d'implantation, il faut tenir compte, en plus de la quantit� et la qualit� des rejets, des conditions dans le milieu r�cepteur. Celles-ci sont principalement d�finies par les param�tres suivants:
- D�bits, avec minima et maxima saisonniers,
- Degr� de pollution de base des eaux,
- Utilisation de l'eau en aval du point de d�versement (eau
potable, irrigation, p�che, industrie).
Etant donn� que la plus grande partie des rejets atmosph�riques, ou des composantes des rejets (poussi�re, CO2, CO, Nox) proviennent des installations de chauffage pour la production de vapeur, le lecteur est invit� � consulter le dossier "Centrales thermiques".
A ces �missions viennent s'ajouter les rejets typiques des usines � p�te et � papier (surtout pour la p�te cellulosique) qui sont:
le dioxyde de soufre (SO2), les compos�s organiques sulfur�s r�duits (TRS),
le gaz au chlore/dioxyde de chlore (Cl2, ClO2), certains hydrocarbures (HC).
La surveillance de routine de ces rejets est r�alis�e en partie avec des appareils � affichage et enregistrement continus, qui doivent �tre contr�l�s et �talonn�s � intervalles r�guliers par des instances de contr�le.
Les contr�les non continus (contr�les sp�ciaux) sont r�alis�s par le personnel de laboratoire sur des �chantillons pr�lev�s r�guli�rement. En Allemagne, les m�thodes de mesure sont prescrites par les Instructions Techniques sur le maintien de la puret� de l'air "TA-Luft". Comme pour les eaux us�es (cf. plus haut), d'autres pays ont leurs propres m�thodes de mesure d�crites dans les r�glements correspondants.
Les valeurs limites applicables actuellement en Allemagne sont indiqu�es au tableau 2.2.2 B (Instructions Techniques "TA-Luft"). A ce propos, il faut noter que ces instructions omettent de donner une valeur limite pour les d�riv�s TRS, responsables des �manations malodorantes dans les fabriques de sulfate. Il est donc recommand� d'utiliser comme r�f�rence les valeurs limites pr�vues par le programme am�ricain de l'Agence de protection de l'environnement USE-EPA, qui correspondent � peu pr�s � l'�tat actuel de la technique.
Pour les projets d'implantation ou d'extension dans les pays o� les dispositions correspondantes ne sont pas (encore) �labor�es compl�tement, les valeurs cit�es au tableau 2.2.2 B peuvent servir de r�f�rence