3.3 D�chets solides

Table des mati�res - Pr�c�dente - Suivante

Les m�thodes d'analyse sont limit�es en ce qui concerne les retomb�es �cologiques des d�chets solides. A titre d'exemple, il n'en existe pas pour les �corces, la sciure et les produits assimil�s, les fils de fer des balles, les sacs en plastique et les feutres. D'autres d�chets solides (composantes des boues r�siduaires, boues de chaux, poussi�res des gaz r�siduaires etc.) sont soumis � des analyses de routine.

Les d�chets solides n'�tant pas sp�cifiques au secteur concern�, nous renvoyons le lecteur aux m�thodes d'analyse d�crites dans les divers dossiers correspondants ("Elimination des d�chets" et "Bois, scieries, transformation du bois, produits du bois").

On dispose rarement de d�crets d�finissant des seuils limites pour l'�valuation des effets sur l'environnement des mati�res cit�es. En Allemagne, il en existe en ce qui concerne l'aptitude � la mise en d�charge des diff�rentes mati�res (voir dossiers "Elimination des d�chets" et "Elimination des d�chets dangereux"). Le Catalogue des normes antipollution contient �galement des informations sur les mati�res susceptibles de poser des probl�mes dans les boues d'�puration (m�taux lourds des colorants d'impression, compos�s toxiques, etc.).

3.4 Bruit

Le bruit est consid�r� comme une nuisance et est mesur� comme telle. En Allemagne, l'unit� de mesure est le dB(A) selon DIN 45 633.

Les valeurs limites varient selon la vocation de la zone d'implantation et oscillent entre 70 dB(A) dans les zones uniquement industrielles et 35 dB(A) dans les zones de cure et d'habitation pour la nuit.

Dans les usines modernes � p�te et � papier install�es dans des b�timents et b�n�ficiant d'une insonorisation conforme � l'�tat de la technique, il est possible de maintenir un niveau de bruit de l'ordre de 50 dB (A) aux alentours du site, sans que des mesures sp�ciales soient n�cessaires.

Ainsi, en Allemagne par exemple, ceci signifie qu'une usine � p�te et � papier ne peut �tre implant�e que dans une zone artisanale/industrielle, ou � dominante artisanale/industrielle.

L� o� l'on dispose de surfaces suffisantes pour l'implantation d'une usine � papier, la limitation du niveau de bruit est rarement probl�matique pour les projets dans de nombreux pays. Pourvu que l'on pr�voie un �loignement suffisant par rapport aux habitations voisines ou autres zones prot�g�es, il est possible de respecter les valeurs prescrites, m�me si l'installation est en partie � ciel ouvert, comme c'est souvent le cas sous les tropiques.

4. Interactions avec d'autres domaines d'intervention

4.1 Secteurs sp�cifiques

4.1.1 Mati�res premi�res

Les usines � p�te et � papier sont des industries � fort coefficient de capital qui ont une dur�e de vie tr�s longue (certaines ont plus d'un si�cle). Le maintien de l'approvisionnement en mati�res premi�res rev�t donc une importance primordiale.

� Bois

Une coordination syst�matique avec le secteur de la foresterie est donc un pr�alable essentiel. Cette coordination peut rev�tir plusieurs formes: elle va du simple achat de grumes, de bois d'�claircie ou de copeaux de bois et de d�chets de scieries, � l'exploitation d'am�nagements papetiers appartenant � l'entreprise. Par suite de dur�es de rotation tr�s longue entre le moment de la plantation et l'abattage des arbres, une planification � long terme est indispensable pour les projets d'implantation. D�s le d�part, des fonds doivent �tre affect�s � la reforestation et l'organisation n�cessaire doit �tre mise en place.

Pour la coop�ration avec d'autres domaines, il est important de tenir compte de la situation de concurrence entre les diff�rentes utilisations possibles des grumes et des d�chets de scierie (scierie, fabrication de contreplaqu�, secteur du travail du bois et du bois reconstitu�).

L'agro-foresterie fait intervenir les arbres dans les techniques agricoles. Les arbres plant�s fournissent de l'ombrage aux cultures ou les prot�gent du vent. Gr�ce � une s�lection judicieuse des essences, ils pourront servir � la fabrication du papier et �tre une source de revenus suppl�mentaires pour les paysans.

Les besoins en bois de feu constituent une autre concurrence � l'utilisation papeti�re du bois (cf. dossier "Energies renouvelables"). Il en est de m�me du charbon de bois et du bois de construction.

� Plantes annuelles

A quelques exceptions pr�s, les plantes annuelles utilis�es dans l'industrie de la p�te et du papier sont des d�chets ou des sous-produits d'une industrie bas�e sur l'agriculture (par ex. industrie sucri�re).

M�me si, globalement, ces mati�res premi�res ne sont gu�re significatives pour la production de papier, elles peuvent �tre importantes au plan local, surtout en l'absence de bois. Le potentiel de mati�re premi�re pour la production de p�te et de papier d�pend du march� des produits des autres branches industrielles impliqu�es.Des modifications � plus ou moins court terme des programmes de culture peuvent entra�ner une forte baisse de l'approvisionnement en mati�res premi�res, ou conduire � une mise en jach�re des surfaces cultiv�es pour des raisons de politique des prix.

� Exemples de plantes annuelles

Pailles de c�r�ales:

Productions �normes dans le monde entier, mais faible potentiel d'exploitation, d� aux co�ts de ramassage, de transport et de stockage ; s�rieux probl�mes d'�missions polluantes lors de la fabrication de la p�te. La modification des programmes de culture - par exemple par l'introduction de vari�t�s c�r�ali�res � pailles courtes - peut remettre en cause le projet. Des situations de concurrence avec les besoins de paille pour les animaux d'�levage ou de combustibles pour le chauffage et la cuisine sont possibles.

Bagasse:

Les r�sidus de presse de la canne � sucre sont un combustible utilis� traditionnellement par les sucreries (autarcie �nerg�tique). Elle se trouve donc en concurrence avec les combustibles fossiles si elle est r�serv�e � la fabrication du papier. Il existe donc des imbrications avec le secteur agro-industriel.

En termes de quantit�s, les mati�res premi�res ci-apr�s sont nettement moins importantes, mais leurs fibres pr�sentent des propri�t�s int�ressantes:

Jute:

Sticks des plants de jute, r�sidus de l'industrie du jute (textile) en r�gression. Concurrence: combustible. Cuttings: concurrence avec l'industrie textile.

Lin:

Paille, r�sidus de l'industrie de l'huile de lin. Transport et nettoyage tr�s co�teux. Concurrence: production textile.

Sisal:

Le sisal n'�tant plus gu�re utilis� pour la fabrication de cordages maritimes, on a entrepris des tentatives de maintien de sa culture en l'exploitant comme mati�re premi�re pour la fabrication de papiers sp�ciaux. Transport et nettoyage pr�liminaire tr�s co�teux. Concurrence: production de sacs.

Abaca:

Faiblement utilis� dans l'industrie textile, il joue �galement un r�le marginal dans la fabrication de papiers sp�ciaux (Philippines).

Linters:

D�chets des usines de production d'huile de coton. Mati�re premi�re de la cellulose sp�ciale, chimiquement pure, destin�e � l'industrie chimique et pharmaceutique. Les linters sont �galement utilis�s pour les papiers sp�ciaux et les filtres. Avantage: collecte centralis�e - dans les moulins � huile. Concurrence: p�te chimique de bois.

Bambou:

Important mat�riau de construction dans tous les pays o� il pousse (presque uniquement � l'�tat sauvage, culture difficile), disponibilit�s limit�es pour la p�te et le papier. Concurrence: utilisation comme l�gume (pousses de bambou).

Sparte ou alfa:

Comme le bambou, il n'est pas cultiv� et les quantit�s r�colt�es pour la fabrication du papier (papiers sp�ciaux) sont insignifiantes (Afrique du Nord, Espagne). Concurrence: articles de vannerie.

� Vieux papiers

Le potentiel d'approvisionnement en vieux papiers est directement li� � la consommation de papier dans la r�gion ou la zone de desserte, et aux prix pratiqu�s sur le march� (qui varient en fonction de la conjoncture). Dans les pays � forte consommation, le papier de bas de gamme est le plus influenc� par la situation �conomique.

Les vieux papiers peuvent �tre une mati�re premi�re essentielle dans les pays o� la cr�ation d'une industrie papeti�re est conditionn�e par un investissement initial relativement faible.

Des imbrications existent avec l'industrie de transformation papeti�re.

Dans beaucoup de pays, la "concurrence"est li�e aux utilisations multiples du papier. Trop sale, il ne peut plus �tre recycl� (exemple: le papier journal utilis� comme papier d'emballage, puis comme papier toilette).

4.1.2 Mati�res annexes et adjuvants

� Eau

L'industrie de la p�te et du papier �tant une grande consommatrice d'eau, la concurrence existe avec d'autres secteurs, par exemple:

- approvisionnement en eau potable et industrielle,
- agriculture (irrigation),
- autres industries consommatrices d'eau.

Cette concurrence peut avoir des cons�quences directes (eaux de surface) ou indirectes et diff�r�es dans le temps (eau de puits). La situation de concurrence avec l'agriculture et d'autres industries peut �tre att�nu�e gr�ce � un traitement adapt� des eaux us�es, permettant une r�utilisation plus ou moins limit�e. Dans tous les cas, il est imp�ratif de prendre en consid�ration tous les aspects d'une �ventuelle salinisation des sols.

La disponibilit� de l'eau est l'un des facteurs essentiels dans le choix du site d'une nouvelle entreprise.

D'autres mati�res annexes ou adjuvants ne sont pas sp�cifiques au secteur concern� du point de vue de leurs effets �cologiques (produits chimiques, �nergie).

4.2 Domaines d'intervention non caract�ristiques du secteur concern�

Ces domaines d'intervention, qui sont indispensables au fonctionnement d'une usine � p�te et � papier, sont surtout de type infrastructurel. Ils sont r�pertori�s ci-apr�s en quelques mots-cl�s, en compl�ment des informations fournies dans le texte (liste non exhaustive):

- approvisionnement en eau ;
- industrie chimique, pour les produits chimiques de base (soude caustique, sodium, sulfate d'aluminium, acide sulfurique, chlore, peroxydes de sodium et d'hydrog�ne, acides sulfureux, etc.) (cf. Catalogue des normes antipollution) ;
- industrie des huiles min�rales, pour les mazouts, les huiles lubrifiantes, le gaz naturel, le gaz liquide ;
- mines, pour le charbon, �ventuellement l'alumine et la chaux ;
- centrales thermiques, transport de l'�lectricit� ;
- secteur des transports, r�seau routier, raccordements ferroviaires et voies fluviales

ainsi que:

- ateliers de r�paration et d'entretien des machines m�caniques et �lectriques, ainsi que des instruments;
- �tablissements d'enseignement g�n�ral et d'enseignement technique pour la formation de base du personnel;
- h�pitaux, cliniques, pour les soins m�dicaux ;
- secteur social.

On constate qu'il existe une interaction avec de nombreux domaines ayant une vaste port�e, comme l'am�nagement du territoire et la planification r�gionale, la planification de la localisation des activit�s industrielles et commerciales, la planification du secteur �nerg�tique, les �quipements collectifs publics (�coles, �tablissements de sant� publique, h�pitaux), l'hydraulique rurale, l'hydraulique lourde, l'am�nagement des transports et communications, etc.

5. Appr�ciation r�capitulative de l'impact sur l'environnement

En se basant sur l'�tat actuel de la technique dans l'industrie de la p�te et du papier, sur les technologies sp�cialement mises au point ou adapt�es pour le recyclage et la r�duction ou l'�limination des �missions polluantes, ainsi que sur des contr�les pratiqu�s dans les conditions pr�vues par la r�glementation, on peut tirer les conclusions suivantes:

- En ce qui concerne le bois, mati�re premi�re renouvelable, cette industrie pr�serve l'environnement aussi longtemps que l'abattage des arbres est inf�rieur ou �gal au recr�. Un autre effet vient de la transformation des r�sidus et des d�chets du bois (bois des scieries et d'�claircie) dans les usines � p�te.
- Dans le cas des plantes annuelles, les retomb�es �cologiques sont nettement moins positives. L'utilisation de la bagasse, par ex., qui n'est donc plus disponible comme combustible, oblige � remplacer cette derni�re par des combustibles fossiles, ce qui a, entre autres, des effets n�gatifs sur le bilan de CO2.
- L'utilisation de vieux papiers, qui tend encore � s'accro�tre, est globalement positive pour l'environnement: la pr�paration de la p�te de r�cup�ration demande moins d'�nergie primaire que la p�te neuve et s'accompagne d'une r�duction de la consommation de bois par tonne de papier.
- La p�te chimique m�rite un �loge particulier: aussi bien en termes de mati�res premi�res que d'�nergie, une usine moderne ne consomme pratiquement que des mati�res premi�res renouvelables (bois).
- Les charges des effluents de la production de la p�te sont minimes pour la p�te non blanchie, et la tendance croissante � remplacer les agents de blanchiment, tels que le chlore et les compos�s chlor�s, par des produits sans chlore (oxyg�ne et peroxyde) permet aujourd'hui � beaucoup d'entreprises de blanchiment de respecter les seuils prescrits.
- Les effluents de la production papeti�re peuvent �tre maintenus � un niveau inf�rieur aux valeurs limites prescrites gr�ce � des mesures de r�duction (recirculation) et � de tr�s efficaces stations d'�puration des eaux r�siduaires.
-
Il est possible de maintenir les �manations gazeuses des centrales thermiques et des installations de r�cup�ration en dessous des seuils limites gr�ce aux nouvelles techniques de d�pollution. Les �manations malodorantes (mercaptans) restent probl�matiques, notamment dans les fabriques de p�te au sulfate. Des mesures adapt�es de r�cup�ration et de contr�le mises en oeuvre dans des installations europ�ennes modernes ont n�anmoins d�montr� qu'il est possible ici aussi de ramener le taux des �manations � un niveau acceptable, inf�rieur aux valeurs limites (EPA) dans les zones � forte densit� de population.
- Les d�chets solides sont relativement insignifiants, une grande partie d'entre eux pouvant �tre utilis�s comme source d'�nergie (�corces, d�chets du bois). En ce qui concerne l'�limination des boues r�siduaires (incin�ration, d�charge), les usines utilisant des vieux papiers doivent tenir compte du probl�me des m�taux lourds dus aux encres d'impression.
-
Les constructions ouvertes, courantes dans les pays chauds, rendent des mesures de protection contre le bruit plus co�teuses que dans les installations ferm�es. Le seul moyen de r�duire les nuisances dues au bruit est un �loignement plus grand des zones d'habitation.

Dans les zones climatiques temp�r�es et/ou froides, la forme du b�timent, l'isolation et le r�gime d'exploitation (la nuit, �viter le fonctionnement des machines bruyantes) permet de r�soudre facilement la question du bruit.

En prenant soin d'int�grer suffisamment t�t les groupes de population concern�s, notamment les femmes, au sein des processus de planification et de d�cision, on pourra tenir compte de leurs int�r�ts et on contribuera � r�duire les probl�mes d'environnement (par ex. en cas de situation de concurrence en ce qui concerne l'utilisation de l'eau, du bois ou des terres).

L'application et la surveillance des valeurs limites des �missions polluantes, ainsi que la gestion /des entreprises dans le respect de l'environnement, passe par l'institutionnalisation des organes de contr�le n�cessaires et par l'efficacit� de leur action. Ici, la d�signation de "d�l�gu�s � la protection de l'environnement" au sein m�me de l'entreprise, qui seraient charg�s de la formation et de la sensibilisation des employ�s au probl�me de la conservation de l'environnement para�t une solution int�ressante.

6. Bibliographie

W. Brecht et H.L. Dalpke: "Wasser, Abwasser, Abwasserreinigung in der Papierindustrie".

Deutsches Wasserhaushaltsgesetz (WHG), Abwasserabgabengesetz (AbwAG) sowie das Bundesimmissionsschutzgesetz (BImSchG).

EPA (Environmental Protection Agency) "Effluent Limitations Guidelines and New Source Performance Standards for the Bleached Kraft, Groundwood, Sulfite, Soda, De-ink and Non-integrated Paper Mills Segment of the Pulp, Paper and Paperboard Mills".

NCASI, Etats-Unis (National Council of the Paper Industry for Air and Stream Improvement) Bulletins (div.).

�Norm M 94 64.

Allan M. Springer: "Industrial Environmental Control, Pulp and Paper Industry".

SSVL Su�de (Sriftelsen Skogsindustriernas Vatten och Luftvardsforskning), The SSVL Environmental Care Project.


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