Table des mati�res
- Pr�c�dente - Suivante
Chapitre VII - D�sinsectisation
7.1. Insectes des
denr�es stock�es et leurs d�g�ts
7.2. M�thodes de lutte
7.3. Lutte chimique
7.4. Traitements pr�ventifs
7.1. Insectes des denr�es stock�es et leurs d�g�ts
7.1.1.
D�veloppement des insectes
7.1.2.
Principaux insectes des denr�es stock�es
7.1.3.
D�g�ts caus�s par lu insectes
7.1.4.
Contr�le des infestations par les insectes
Nous avons vu au Chapitre I quels �taient les diff�rents facteurs d'alt�ration des denr�es stock�es et nous avons not� l'action d'agents ext�rieurs, dont les insectes, qui peuvent �tre responsables de pertes importantes.
7.1.1. D�veloppement des insectes
Au cours de leur d�veloppement les insectes passent par plusieurs stades
Dans des conditions favorables, la dur�e du cycle de d�veloppement est, pour la plupart des insectes, de l'ordre de 3 semaines � 1 mois. La temp�rature optimale de d�veloppement est de 25� C � 30� C (temp�ratures courantes en r�gions chaudes). Un abaissement de temp�rature peut allonger consid�rablement la dur�e du cycle (� 15� C il pourra n�cessiter 5 � 7 mois). En de�� de 10� C et au-del� de 35� C le cycle est rompu et la mortalit� des insectes devient importante. Le d�veloppement est �galement fonction de l'humidit� du grain. Sur des c�r�ales � moins de 9 % la mortalit� est forte.
D'autres �l�ments importants interviennent �galement tels que la concentration en oxyg�ne, la nature de la denr�e, sa granulom�trie (grains ou farine), la densit� de population...
Le nombre d'oeufs d�pos�s par une femelle peut �tre tr�s important (en moyenne 300 pour les charan�ons du riz) et dans des conditions optimales, en 1 mois, une population pourra �tre multipli�e par 20, voire par 50 (Alucite). C'est dire l'attention que l'on devra porter aux stocks car ils risquent d'�tre rapidement totalement infest�s.
7.1.2. Principaux insectes des denr�es stock�es
7.1.2.1. Rappel
Les insectes des denr�es stock�es appartiennent principalement aux deux ordres des Col�opt�res et des L�pidopt�res.
- Les Col�opt�res
Les adultes poss�dent une paire d'ailes ant�rieures scl�rifi�es appel�es ��lytres� qui prot�gent la paire d'ailes membraneuses utilis�es pour le vol. Ceci donne � ces insectes une certaine r�sistance qui leur permet de se d�placer dans la masse des grains � la recherche de conditions favorables de d�veloppement (temp�rature, humidit�, teneur en O2, pr�sence de fines, etc.). Les larves, souvent responsables des d�g�ts, sont vermiformes.
- Les L�pidopt�res
Vulgairement appel�s papillons, ils poss�dent deux paires d'ailes membraneuses recouvertes d'�cailles. Relativement fragiles, ils n'infestent que la surface des lots. Les adultes ne vivent qu'une quinzaine de jours. Pour se nourrir ils ne disposent que d'une trompe; ce sont donc exclusivement les larves (appel�es chenilles) qui, disposant de fortes pi�ces buccales, vont attaquer le grain.
7.1.2.2. Principaux Col�opt�res
- Les charan�ons
Dans les c�r�ales stock�es, les insectes les plus fr�quents sont les charan�ons. En milieu tropical, ils sont essentiellement repr�sent�s par les esp�ces Sitophilus oryzae (charan�on du riz) et Sitophilus zeama�s (charan�on du mais). Malgr� leur nom, ils pourront �tre pr�sents dans diverses c�r�ales: riz, ma�s, bl�, sorgho, mil...
Petits insectes (2 � 4 mm), allong�s, � dos plat, ils sont facilement reconnaissables car leur t�te est prolong�e par un �rostre� parfaitement visible � l'il nu. Les �lytres sont d�cor�es de quatre taches rouge�tres. Certains d�tails permettent de diff�rencier les deux esp�ces cit�es.
Ces insectes peuvent �tre pr�sents sur les grains d�s le champ et leur facult� de vol favorise leur diss�mination.
Le d�veloppement de l'insecte se fait � l'int�rieur du grain. Avec son rostre, la femelle fait un trou dans un grain, y d�pose un uf puis rebouche le trou par du mucilage qui va durcir � l'air. D�s qu'elle appara�t, la larve creuse, au travers du grain, une galerie qu'elle va �largir au fur et � mesure de sa croissance. Elle se transformera ensuite en nymphe dans la loge qu'elle aura cr��e puis deviendra, apr�s une derni�re mue, un adulte qui sortira alors du grain pour se reproduire. Au cours de ce d�veloppement qui est totalement cach�, tout l'int�rieur du grain aura �t� consomm�. Il restera alors un grain vid� pr�sentant un trou (trou de sortie de l'adulte) et contenant les d�jections du d�veloppement larvaire.
Il est important de savoir que le d�veloppement du charan�on se fait sous forme cach�e, � l'int�rieur du grain, et que des grains apparemment sains pourront en fait �tre totalement infest�s. Nous verrons plus loin les m�thodes qui permettent de d�celer la pr�sence des formes cach�es.
Fig. 212: Principaux insectes des denr�es stock�es. (Doc. ICI.)
Enfin signalons que les adultes sont tr�s sensibles aux chocs. Pour d�celer leur pr�sence, on peut donc secouer les grains ou les sacs de grains et s'ils sont infest�s, on voit, apr�s quelques instants, sortir les charan�ons.
Fig. 213: Repr�sentation sch�matique du d�veloppement du charan�on.
- Les bruches
Ce sont les col�opt�res des l�gumineuses. Chaque esp�ce semble �tre relativement sp�cifique � une plante:
Callosobruchus maculutus ou bruche du ni�b� et du pois chiche,
Acanthoscelides obtectus ou bruche du haricot,
Caryedon serratus ou bruche des arachides...
Ces insectes attaquent d�s le champ et continuent leur d�veloppement en stock. Les bruches des stocks ont plusieurs cycles de d�veloppement par an.
Dans la nature la femelle peut d�poser ses oeufs sur les fruits encore verts. A l'�closion, la larve va entrer dans le grain et s'y d�velopper. Il peut y avoir plusieurs larves dans le m�me grain. L� encore le d�veloppement s'effectue totalement � l'int�rieur du grain. Les adultes ne vivent que peu de temps (1 � 2 semaines) et ne se nourrissent pas des denr�es.
- Autres col�opt�res fr�quents
Tribolium
Ce sont des petits col�opt�res (3 mm) de couleur brun rouge qui s'attaquent essentiellement aux brisures. La larve, vermiforme, se d�veloppe � l'ext�rieur des grains et se nourrit �galement de brisures. Ces insectes repr�sent�s dans les stocks par les esp�ces Tribolium castaneum et Tribolium confusum attaquent difficilement le grain sain. Ils accompagnent souvent les charan�ons pour utiliser les d�g�ts (farines, graines endommag�es) que ces derniers occasionnent. Les adultes, qui peuvent vivre tr�s longtemps (2 ans), poss�dent des glandes qui produisent une secr�tion naus�abonde d�pr�ciant fortement les denr�es. Une farine fortement infest�e aura une odeur �cre.
Rhizopertha dominica
�galement appel� �capucin des grains�, ce petit insecte brun s'attaque aux c�r�ales mais �galement au manioc et � la patate douce. Ce sont surtout les adultes qui font des ravages en s'attaquant au germe et � l'albumen qu'ils r�duisent en farine.
En observant l'insecte de dos, on ne distingue pas la t�te qui, perpendiculaire au reste du corps, est cach�e par le thorax. La larve, en forme de croissant se d�veloppe � l'int�rieur des grains. Cet insecte r�siste bien � la s�cheresse.
Prostephanus truncatus
Cet insecte a �t� appel� le �Grand capucin� des grains car il ressemble au Rhizopertha dominica mais il est de plus grande taille (3 � 5 mm). L'extr�mit� du corps taill�e � angle droit permet �galement de l'en distinguer. Le Grand capucin, fr�quent en Am�rique centrale, commence � envahir l'Afrique de l'Est (Tanzanie) et de l'Ouest (Togo). Il commet des ravages importants sur le mais (�pis notamment) en r�duisant rapidement les grains en farine.
Fig. 214: Prostephanus truncatus.
Trogoderma granarium Everts
Le trogoderme ou dermeste des grains est un petit insecte (2-3 mm) brun, de forme globuleuse. L'adulte ne vit que 10 � 15 jours et ne cause aucun d�g�t. La larve, facilement reconnaissable car tr�s velue, se d�veloppe � l'ext�rieur des grains et est la seule responsable des d�g�ts. Elle s'attaque � tout l'int�rieur du grain. Dans certains cas, les larves se groupent en tr�s grand nombre dans les crevasses ou au niveau des coutures ou des �oreilles� des sacs, qu'elles d�t�riorent. Ce sont des endroits que l'on peut rapidement inspecter lors de contr�les. Le trogoderme se caract�rise �galement par une tr�s grande r�sistance � la s�cheresse et une bonne aptitude � survivre en l'absence de toute nourriture, Enfin cet insecte est tr�s r�sistant � de nombreux insecticides de contact et constitue de ce fait un �insect-test�.
7.1.2.3. Principaux L�pidopt�res
- Sitotroga cerealella
Commun�ment appel� l'alucite, ce petit papillon au corps dor� et aux ailes jaune p�le � longues soies, est, apr�s le charan�on, le plus important ravageur des grains dans le monde.
La femelle d�pose ses ufs sur les grains. Elle attaque souvent les �pis d�s le champ. Apr�s �closion, la larve (chenille), tr�s mobile, va rechercher un grain sain et l'attaquer au niveau du germe. Tout le d�veloppement s'effectue � l'int�rieur du grain qui sera totalement consomm�, la larve s'alimentant du germe puis de l'albumen. Avant de se transformer en chrysalide � l'int�rieur m�me du grain, la chenille d�coupe un opercule dans le t�gument de la graine. Le papillon soul�ve cet opercule pour sortir du grain. C'est � ces opercules restant attach�s au grain, et � la pr�sence de lambeaux de toile blanch�tre (d�pouille nymphale) que l'on reconna�t l'attaque de l'alucite.
Cette attaque donne au produit un go�t d�sagr�able et une odeur de �rance�.
- Plodia interpunetella
Appel� �teigne des fruits secs� ce papillon attaque �galement les grains de c�r�ales. Le d�veloppement de la chenille s'effectue � l'ext�rieur de la denr�e. En se d�pla�ant, les chenilles laissent derri�re elles un fil de soie auquel viennent se coller des d�tritus et des d�jections, ce qui d�pr�cie le produit. Les larves se nourrissent des germes des grains.
- Ephestia spp.
Diff�rentes esp�ces attaquent les c�r�ales, les ol�agineux et le cacao. L� �galement, la larve est libre. Elle attaque les germes et les brisures de grains et d�pr�cie la denr�e par les toiles qu'elle tisse. Contrairement aux pr�c�dentes, elle ne craint pas la s�cheresse.
7.1.3. D�g�ts caus�s par lu insectes
Les insectes consomment les grains notamment au cours du d�veloppement larvaire, qui, souvent a lieu, sous forme cach�e � l'int�rieur m�me du grain. C'est le cas en particulier des charan�ons et des alucites. La cons�quence premi�re est donc l'observation de pertes en poids. Bien souvent le germe du grain est �galement consomm� (en priorit� par les l�pidopt�res), ce qui entra�ne d'importantes pertes du pouvoir germinatif.
Les insectes contaminent les c�r�ales par les restes de leur d�veloppement larvaire (exuvies, d�chets, uf..), par leurs d�jections, par les s�cr�tions malodorantes et parfois toxiques des adultes et des larves qui d�pr�cient fortement la denr�e. Les nombreuses toiles tiss�es par les L�pidopt�res pourront dans certains cas rendre une farine totalement impropre � la consommation.
Enfin certaines larves peuvent occasionner des d�g�ts au niveau des structures. Les larves de trogoderme par exemple peuvent endommager les sacs.
La pr�sence d'insectes dans les masses de grains a �galement d'autres cons�quences. Leur d�veloppement va produire des d�chets fins, des farines qui, tout en favorisant l'attaque d'autres esp�ces d'insectes (Tribolium suit Sitophilus) vont permettre le d�veloppement des micro-organismes. L'activit� biologique des insectes entra�ne localement un �chauffement du grain et une production d'eau qui, comme nous l'avons vu au Chapitre I, vont acc�l�rer le processus de d�gradation.
�VALUATION DES PERIM EN POIDS SUR UN �CHANTILLON
Les dommages caus�s par les insectes dans les stocks ne sont pas toujours faciles � �valuer. Diff�rentes m�thodes ont �t� propos�es pour d�terminer les pertes en poids.
Le plus couramment les deux crit�res d'appr�ciation des d�g�ts sont le pourcentage d'attaque et le pourcentage de pertes en poids. Soit un lot de N grains (souvent 100 ou mieux 1 000 grains): que l'on s�pare en grains sains et grains attaqu�s
Le pourcentage d'attaque sera:
Le pourcentage de perte en poids peut �tre d�termin� de la fa�on suivante:
- les Ns grains sains p�sent le poids Ps
- les Na grains attaqu�s p�sent le poids Pa
si les grains attaqu�s avaient �t� sains ils auraient pes�: or ils ne p�sent que Pa.
Le pourcentage de pertes en poids (B %) est la diff�rence de ces deux poids rapport�e au poids total du lot
calcul� comme s'il avait �t� sain:
donc
ou encore
Pour les attaques par les insectes, il existe des tables de conversion qui permettent de d�terminer directement le pourcentage de pertes en poids (B %) � partir du pourcentage d'attaque (A %) en divisant ce dernier par un facteur de conversion C.
Ce facteur est d�termin� par type de c�r�ale (J. M. ADAMS et G. G. M. SCHULTEN).
Exemple:
2 pour le bl�, le riz, le paddy,
4 pour le sorgho,
4,5 pour le mais en �pis avec spathes,
8 pour le mais �gren� ou en �pis sans spathes.
N.B.: D'autres auteurs (POINTEL et COQUARD) d�finissent un coefficient de perte sp�cifique K par lequel on multiplie le pourcentage d'attaque (A %) pour obtenir le pourcentage de perte en poids (B %).
B % = K . A %
o� K devrait �tre �gal � 1/C. En fait ils diff�rent un peu.
Exemple:
| Bl� avec charan�ons | : K = 0,365 | (1/K = 2.74 � 2) |
| Ma�s avec charan�ons | : K = 0, 116 | (1/K = 8,62 � 8) |
| Ma�s avec alucites | : K = 0,095 | (1/K = 10,53 � 8) |
7.1.4. Contr�le des infestations par les insectes
Le contr�le de la pr�sence de formes libres est simple et peut s'effectuer par tamisage. La d�tection des formes cach�es est plus complexe et diff�rentes m�thodes sont utilisables.
La premi�re, dite de r�f�rence, consiste � attendre la fin du d�veloppement des formes cach�es c'est-�-dire la sortie des adultes. Cette m�thode est �videmment tr�s longue car nous savons que dans des conditions optimales la dur�e du cycle de d�veloppement de la plupart des insectes est d'environ 1 mois. Ce n'est donc pas une m�thode pratique pour le stockeur.
D'autres m�thodes dites �rapides� sont envisageables.
- M�thode par flottation
Un �chantillon de grain d'environ 50 g est vers� dans un liquide dont la densit� est fonction de la nature du grain (ex.: 1,25 pour les c�r�ales). Apr�s 10 oui il est possible de s�parer les grains sains qui coulent, des grains attaqu�s qui flottent. Cette m�thode est impr�cise car les grains faiblement attaqu�s (ufs ou jeunes larves) peuvent couler, induisant des erreurs par d�faut.
- M�thode par coloration
A la fuchsine
Une solution d'eau distill�e contenant 5 % d'acide ac�tique et 0,5 % de fuchsine acide dans laquelle est plong� l'�chantillon colore en rouge les trous de ponte (des charan�ons). Cependant, certaines blessures du grain pouvant �galement �tre color�es, cette m�thode rapide risque de donner un r�sultat erron� par exc�s.
A la ninhydrine
Entre deux rouleaux, l'�chantillon est �cras� sur un papier impr�gn� de ninhydrine. Les acides amin�s des oeufs, larves et nymphes �cras�s vont colorer en pourpre le papier, Cette m�thode donne un r�sultat par d�faut; seuls 85 % des larves et nymphes sont rep�r�es et moins de 50 % des oeufs.
Ces trois premi�res m�thodes d�truisent l'�chantillon.
- M�thode radiographique
Une radiographie aux rayons X permet de voir la pr�sence de larves � l'int�rieur des grains. Cette m�thode, qui a l'avantage de ne pas d�truire l'�chantillon et de laisser un clich� (plaque radiographique), n�cessite un �quipement important et co�teux.
Ces quatre premi�res m�thodes ne permettent pas de savoir si les formes cach�es sont vivantes ou mortes.
- M�thode respirom�trique
Elle consiste � mesurer la quantit� de gaz carbonique (CO2) rejet�e par l'�chantillon. Des grains sains respirent et lib�rent du CO2 mais la pr�sence de formes cach�es dans le grain en accro�t de fa�on sensible la production.
Deux techniques sont utilis�es:
- respirom�tre de Warburg o� le CO2 d�gag� est pi�g� par la potasse,
- absorption des rayons infrarouges en fonction de la concentration en CO2; beaucoup plus rapide que la pr�c�dente.
Ces techniques, qui ont l'avantage d'indiquer la pr�sence de formes vivantes, restent assez sophistiqu�es et sont aujourd'hui surtout r�serv�es aux laboratoires.
- M�thode acoustique
Elle consiste � amplifier le bruit que font les larves qui se nourrissent � l'int�rieur du grain. Un appareil simple, portatif, a �t� r�cemment mis sur le march�, constitu� d'une sonde comportant un amplificateur reli� � un casque d'�coute. Cet appareil, s'il n'est pas tr�s pr�cis quant au niveau de l'infestation, permet de d�celer rapidement et simplement la pr�sence de formes cach�es vivantes et pourrait �tre largement utilis� pour la surveillance des stocks.
Nous venons de voir rapidement quels sont les probl�mes caus�s par les infestations d'insectes. La pr�sence d'insectes vivants reste bien s�r la preuve la plus �vidente d'une infestation, mais n'indique pas le niveau de cette infestation, car m�me lorsque les formes adultes sont rares, les formes cach�es peuvent �tre nombreuses et ne faire appara�tre une forte infestation que quelques semaines plus tard lorsque leur d�veloppement sera achev� et qu'elles auront d�j� occasionn� des d�g�ts importants. Il est donc n�cessaire de d�celer la pr�sence de ces formes cach�es par les m�thodes que nous venons de voir: Laquelle? Elles restent avant tout compl�mentaires. Les m�thodes par coloration sont simples mais elles ne pourront pas signaler si, apr�s un premier traitement (par fumigation par exemple), il y a une r�infestation. La m�thode acoustique pourra alors �tre employ�e. D�s qu'il y a pr�sence de formes cach�es, souvent responsables des plus importants d�g�ts, il est n�cessaire de traiter.
7.2.1. M�thodes de lutte traditionnelles (ou utilis�es en milieu
paysan)
7.2.2.
M�thodes de lutte �modernes�
7.2.1. M�thodes de lutte traditionnelles (ou utilis�es en milieu paysan)
Nous avons d�j� abord� ce probl�me au cours du chapitre IV traitant du stockage traditionnel, mais nous pouvons rappeler ici les m�thodes couramment utilis�es.
- Exposition au soleil
L'exposition des denr�es au rayonnement solaire intense favorise le d�part des insectes adultes qui ne supportent pas les fortes chaleurs ni la lumi�re intense (en stock, les insectes se cantonnent souvent dans les zones sombres).
Le produit doit �tre dispos� en couches minces et les formes cach�es dans le grain ne sont pas atteintes.
- Enfumage
Les denr�es les plus importantes pour le producteur sont souvent stock�es en �pis au-dessus des foyers domestiques et sont ainsi enfum�es presque en permanence. Cet enfumage (parfois appel� � tort fumigation) ne tue pas les insectes mais les �loigne et emp�che la r�infestation.
- Utilisation de plantes r�pulsives
Dans certaines r�gions on a coutume de m�langer aux grains des plantes qui agissent comme insectifuges. Des �tudes sont men�es sur certaines d'entre elles (notamment le NEEM) pour mieux conna�tre leurs propri�t�s et leurs principes actifs.
- Utilisation de mati�res inertes
Dans les r�cipients de stockage en vrac (jarres, grenier...) on m�lange parfois aux grains de la cendre ou du sable fin, selon des proportions et des pratiques qui varient suivant les r�gions. De nombreuses croyances circulent quant � l'origine et � la qualit� des mati�res inertes � employer. Il semble, en fait, que ces mat�riaux pulv�rulents remplissent les vides entre les grains et constituent une barri�re � la progression des femelles cherchant � pondre. Ces mat�riaux fins auraient �galement un r�le abrasif sur les insectes et entra�neraient leur d�shydratation. Dans tous les cas il faut que le mat�riau soit propre et suffisamment fin.
- Conservation en atmosph�re confin�e
Cette technique est utilis�e de fa�on traditionnelle dans certaines r�gions. Comme nous l'avons d�j� vu, elle consiste � appauvrir en oxyg�ne l'atmosph�re intergranulaire jusqu'� un taux l�tal pour les insectes. L'obtention de structures �tanches (silo enterr�, bidon de 200 1) est le principal obstacle � sa mise en uvre.
- Utilisation d'huile
Le m�lange d'huile (arachide, coco...) au grain (notamment de l�gumineuses) dans des proportions de 5 ml/kg est une technique qui a �t� r�cemment propos�e pour la lutte contre les insectes. Elle pouffait �tre appliqu�e en milieu villageois sur des quantit�s cependant relativement modestes.
- Lutte chimique
En milieu traditionnel l'utilisation d'insecticides chimiques de contact se d�veloppe de plus en plus, notamment en poudrage ou en pulv�risation. Les efforts doivent porter sur la formation des agriculteurs � l'emploi d'insecticides nouveaux, plus efficaces et moins dangereux que ceux actuellement utilis�s. Nous verrons partie 7.3. quels sont les produits � recommander.
7.2.2. M�thodes de lutte �modernes�
- Lutte biologique
Nous la citons pour m�moire car elle n'est encore qu'� l'�tat de recherche dans les pays d�velopp�s.
Recherche de m�les st�riles - attaques des insectes par virus ou champignons - vari�t�s cultiv�es plus r�sistants � l'attaque des insectes (en milieu tropical les vari�t�s traditionnelles locales sont souvent beaucoup plus r�sistantes que les vari�t�s am�lior�es introduites). La r�sistance aux insectes est un des crit�res maintenant pris en compte dans l'am�lioration vari�tale.
- Lutte physique
Lutte par le froid
Au-dessous de 10� C le d�veloppement des insectes est bloqu�. En pays temp�r� la ventilation par journ�es froides permet d'abaisser la temp�rature des stocks � ce niveau. En r�gions chaudes cette technique co�teuse n'est utilis�e que pour le stockage de s�curit� de semences.
Lutte par le chaud
Des essais de d�sinsectisation par la chaleur de c�r�ales ou produits d�riv�s (farines, semoules) ont �t� r�alis�s en Australie et en France. La technique consiste � traiter les produits en lits fluidis�s � haute temp�rature (60� C � 180� C); la temp�rature propre du produit n'atteignant pas 65� C � 70� C.
Ce choc thermique de quelques minutes, suivi d'un refroidissement rapide, entra�ne une totale mortalit� des insectes sans affecter les qualit�s technologiques du produit.
Une installation de d�sinsectisation par la chaleur, d'une capacit� de 150 tonnes � l'heure, a �t� r�alis�e en Australie montrant que le co�t de mise en uvre d'une telle technique serait �quivalent � celui d'une fumigation.
Modification de l'atmosph�re du milieu
Il s'agit d'abaisser le taux d'oxyg�ne de l'atmosph�re intergranulaire jusqu'� un taux l�tal pour les insectes (< 1 % d'O2). Les techniques utilis�es sont d�crites au chapitre 6.5.
Enfin nous pouvons citer pour m�moire des techniques sophistiqu�es telles que l'utilisation de rayonnements haute fr�quence ou encore d'irradiations ionisantes non utilis�es actuellement sur les grains.
- Lutte m�canique
Le transilage, le secouage, le passage au tarare, permettent d'�liminer une partie des insectes contenus dans les stocks. Ces op�rations �liminent surtout les adultes libres et laissent subsister une partie des larves et des oeufs; elles ne peuvent donc pas �tre envisag�es pour un stockage de longue dur�e, � moins d'�tre fr�quemment renouvel�es, ce qui les rend co�teuses.
Il existe toutefois un appareil de d�sinsectisation bas� sur ce principe: l'Entoleter. Le produit � traiter est centrifug� et vient heurter des �crans plac�s � la p�riph�rie de l'appareil. La percussion tue les organismes vivants pr�sents dans le produit. Ce type d'appareil est g�n�ralement utilis� pour d�sinsectiser les pulv�rulents: farines et semoules dans les moulins.
La m�thode la plus r�pandue actuellement reste l'emploi de compos�s toxiques pour les insectes.
7.3.1.
Traitement de contact
7.3.2. Fumigation
7.3.3. Magasins
fumigables
Largement r�pandue en raison de son efficacit�, elle doit �tre appliqu�e avec discernement en raison des risques qu'elle peut faire courir aux consommateurs du grain.
Deux types de traitement sont employ�s:
- traitement par contact: le grain est recouvert d'une pellicule de produit insecticide qui agit plus ou moins rapidement et plus ou moins longtemps sur les insectes,
- traitement par fumigation: des vapeurs insecticides mises au contact de la denr�e d�truisent rapidement toutes les formes d'insectes contenues dans les grains. Ce traitement curatif n'a qu'une action limit�e dans le temps, c'est un traitement.