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6.4.2. Poussi�res

Tout mouvement de grains va provoquer la cr�ation de poussi�res en quantit�s d'autant plus importantes que les grains sont sales ou attaqu�s (par les insectes); elles peuvent repr�senter entre 0,1 % et 1 % de la masse de grains travaill�s. Certains produits comme le ma�s ou le sorgho produisent plus de poussi�res que d'autres c�r�ales telles que le bl�.

Les poussi�res sont des fines particules organiques arrach�es aux grains dont la taille varie de 10 �m � 100 �m. Lors des d�placements de grains ces particules sont envoy�es dans l'atmosph�re du silo o� elles forment un nuage de poussi�re puis se d�posent en couches successives. Leur masse volumique est d'environ 1,5, leur poids sp�cifique de 200-300 kg/m� (cf. 6.3.1. Mat�riels de nettoyage).

6.4.2.1. Risques d'explosion

Les poussi�res ont une puissance explosive importante mais heureusement la combinaison de plusieurs facteurs est n�cessaire pour qu'il y ait explosion.

Sch�matiquement, nous pouvons retenir qu'il faut:

• une �nergie minimale d'ignition,
• une concentration explosive minimale.

TEMP�RATURE D'INFLAMMATION

Produit Poussi�res en couche Poussi�res en nuage
Ma�s 250� C 400� C
Riz 220� C 470� C
Bl� 220� C 500� C
Farine de bl� - 380� C


La concentration minimale explosive est de 20 � 100 g/m� pour des poussi�res de diam�tre inf�rieur � 100 �m.

6.4.2.2. Pr�ventions des explosions

On cherchera d'une part � r�duire la formation de poussi�res et d'autre part � �viter la cr�ation de �points chauds� responsables de l'ignition. Enfin lors de la conception des installations de stockage, on devra prendre en compte le probl�me �poussi�res�.

a) R�DUCTION DE LA FORMATION DE POUSSI�RES PAR

- d�poussi�rage des appareils par aspiration et notamment des appareils lib�rant beaucoup de poussi�res tels qu'�l�vateur � godets ou transporteurs � bande. R�cup�ration des poussi�res par un circuit de d�poussi�rage largement dimensionn� comportant des cyclones permettant la r�cup�ration des poussi�res tr�s fines (< 100 �m) explosives et des filtres,

- nettoyage des locaux, ce nettoyage doit �tre fait � l'aide d'aspirateurs car les balais ou les appareils � air comprim�, en mettant en suspension les poussi�res, peuvent augmenter les risques d'accidents,

- diminution des possibilit�s d'accumulation de poussi�res en �vitant les surfaces planes inaccessibles et les asp�rit�s des parois.

b) �LIMINATION DES POINTS CHAUDS RESPONSABLES DE L'INFLAMMATION DES POUSSI�RES

- en v�rifiant la bonne marche et le bon �tat des mat�riels et des circuits �lectriques, et en prenant les pr�cautions n�cessaires lorsque des travaux de r�paration ou de construction n�cessitent des soudures, des d�coupages... (Permis de Feu).

- il est �galement �vident que les interdictions de fumer devront �tre parfaitement respect�es.

- enfin, dans l'implantation des diff�rentes parties du silo, il convient d'isoler le s�choir qui repr�sente naturellement un point chaud important. Au niveau des constructions on pourra �galement pr�voir des �vents qui constitueront des points faibles de la structure et donc des points de rupture en cas d'accident.

Le probl�me des poussi�res - dans tous les centres de stockage � rotation rapide - ne doit pas �tre sous-estim� et n'est pas encore parfaitement cern� aujourd'hui. Il doit en �tre tenu compte dans la conception et la gestion des installations.

6.5. Autres techniques de conservation - le stockage herm�tique

6.5.1. Conservation en atmosph�re confin�e - stockage sous gaz neutre
6.5.2. Stockage sous vide

 

S�chage et ventilation sont des techniques qui agissent sur les deux facteurs principaux de conservation des grains que sont l'humidit� et la temp�rature. D'autres techniques de conservation vont int�resser le troisi�me facteur de d�gradation des denr�es qui est la composition des gaz du milieu.

6.5.1. Conservation en atmosph�re confin�e - stockage sous gaz neutre

Cette technique de conservation est tr�s ancienne, elle �tait utilis�e d�s l'Antiquit� sur le pourtour de la M�diterran�e o� les c�r�ales �taient stock�es sous terre, d'une part pour cacher les r�serves alimentaires, mais aussi en raison de la qualit� du bl� ainsi conserv�. Ce type de stockage semble s'�tre d�velopp� en Europe au Moyen-Age. Il est red�couvert par les chercheurs au d�but du XVIIIe si�cle, et au d�but du XIXe si�cle des exp�riences et des projets de stockage en fosses sont tent�es. C'est � cette �poque que l'on commence en France � employer le mot �SILO�. Il est int�ressant de constater que ce terme, aujourd'hui largement utilis� pour qualifier les installations en vrac, est un mot espagnol qui � l'origine signifiait �fosses � grains�.

Des exp�riences de cette �poque (DOY�RE), il ressort que l'atmosph�re des silos est compos�e d'azote: 22 %, gaz carbonique: 16 % et d'oxyg�ne: 2 %, et que, pour obtenir un bon stockage, les grains doivent �tre dans un certain �tat de siccit� et les silos ne doivent donner acc�s ni � l'humidit�, ni � l'air.

6.5.1.1. Stockage en atmosph�re confin�e

PRINCIPE

Au d�but du XXe si�cle, des exp�riences ont montr� que si on mettait des grains et des insectes dans un r�cipient herm�tiquement ferm�, les insectes mouraient; la respiration naturelle des grains et des insectes ayant cr�� un milieu asphyxiant. Des �tudes plus r�centes (1960) ont montr� que cette asphyxie des insectes �tait essentiellement due � la baisse du taux d'oxyg�ne plut�t qu'� l'accumulation des produits de la respiration. La r�action des insectes � l'asphyxie est variable suivant les esp�ces, mais g�n�ralement les insectes des stocks sont tu�s lorsque le taux d'oxyg�ne est inf�rieur � 2 % du volume de l'atmosph�re intergranulaire, stade auquel le gaz carbonique (CO2) aura atteint un taux d'environ 15 %.

Fig. 207: Consommation d'oxyg�ne et production de gaz carbonique par des charan�ons adultes - Sitophilus granarius - en containers herm�tiques (13 et 133 insectes par kg de grains). (D'apr�s OXLEY et WICKENDEN, 1963.)

Ce n'est pas le taux de 15 % de CO2 qui provoque la mort des insectes car, si l'on maintient un taux d'oxyg�ne normal (21 %), le taux de CO2 doit atteindre 36 % pour �tre l�thal. Il semble en fait qu'il y ait un effet de �synergie� entre le faible taux d'oxyg�ne et le fort taux de gaz carbonique.

Le temps n�cessaire � l'asphyxie, d�pend de l'activit� respiratoire de l'ensemble grain-parasites et cette activit� est directement li�e � l'humidit� et � la temp�rature du grain. En pratique, dans les zones tropicales et intertropicales, � une temp�rature de 26� C - 30� C, la mort des insectes, dans les structures �tanches, devrait intervenir apr�s 4 � 6 semaines avec du grain � 12 % d'humidit�'.

a) PRODUITS STOCK�S

Il faut consid�rer deux cas:

- d'une part, celui du grain �sec� (grain stabilis�), dont l'activit� biologique est r�duite. Seule une infestation par les insectes peut produire une activit� m�tabolique appr�ciable avec utilisation d'oxyg�ne et rejet de gaz carbonique et d'eau,

- d'autre part, celui du grain �humide�, si�ge d'une activit� biologique intense:

• du grain,
• des insectes,
• des micro-organismes.

Le stockage herm�tique va bloquer la respiration, tuer les insectes et freiner, voire arr�ter, le d�veloppement des moisissures. Il faut cependant noter que de nombreux micro-organismes peuvent se d�velopper � de tr�s faibles pressions d'oxyg�ne (O2). Au-dessous de 1 % d'O2 certaines levures peuvent prosp�rer, certaines moisissures pouvant, elles, se d�velopper � des concentrations aussi faibles que 0,2 % d'O2.

En milieu ana�robie des fermentations peuvent se produire sur des grains tr�s humides (> 17 %). Elles lib�rent une quantit� importante de CO2 et entra�nent des modifications au niveau du grain: perte du pouvoir germinatif, baisse de la qualit� meuni�re et boulang�re (mais sans perte de valeur alimentaire). La rapidit� de ces ph�nom�nes augmente avec la temp�rature et la teneur en eau. Des travaux sont en cours pour pr�ciser les limites de ces modifications.

b) INT�R�T DE CE TYPE DE STOCKAGE

- Insectes:

• les grains sont d�barrass�s des insectes � tous les stades de d�veloppement,
• l'�tanch�it� de la structure emp�che toute r�infestation,
• pas d'�ventuels r�sidus toxiques dus aux insecticides,
• pas de r�sistance de la part des insectes (contrairement aux insecticides).

- Rongeurs: pas d'infestation possible.

- Micro-organismes: prolif�ration frein�e, voire arr�t�e.

Difficult� du syst�me: obtention de structures �tanches.

c) LES TECHNIQUES

- Techniques de stockage � petite �chelle

La technique consistant � stocker le grain dans des greniers enterr�s est utilis�e de fa�on traditionnelle dans diff�rents pays (Afrique du Nord, Somalie, Yemen...). Ces greniers sont souvent de simples trous creus�s dans le sol dont les parois et le fond sont parfois recouverts de paille. L'orifice du silo est bouch� par une pierre ellem�me recouverte de terre. Leur volume est de l'ordre de 2 m�. Au Br�sil, des m�thodes plus r�centes consistent � conserver le grain dans des poches plastiques enterr�es.

En Afrique on peut rappeler l'utilisation fr�quente du f�t m�tallique de 200 1, de bonbonnes en verre ou de jarres...

- Stockages de grandes capacit�s

• Les silos souterrains argentins (Cf. fig. 208).

D�s 1941, en Argentine, 6 000 tonnes de c�r�ales furent stock�es en cellules �tanches. Aujourd'hui la capacit� de stockage en silos enterr�s d�passe les 2,5 millions de tonnes.

Les unit�s de stockage sont constitu�es d'une partie enterr�e de section trap�zo�dale et d'une partie a�rienne de forme arrondit. La construction est en b�ton arm�. La profondeur du silo est fonction du niveau de la nappe phr�atique mais elle peut atteindre 6 m. Le toit est recouvert d'un rev�tement �tanche et d'une peinture de couleur claire. Certains de ces silos peuvent atteindre des capacit�s unitaires de 10 000 t; cependant des installations plus r�centes sont constitu�es de tranch�es de 500 t. Une publication de la FAO fournit des d�tails int�ressants sur ce type de structure

Dimensions

- tranch�e trap�zo�dale: grande base : 8 m
  petite base : 5 m
  hauteur : 3,5 m

(Cette tranch�e est parfois de forme semi-circulaire).

- toiture arrondie: hauteur au centre : 1,5 m
  longueur : 25 m pour des tranch�e de 500 t.

Construction

Parois de la tranch�e de l'int�rieur vers l'ext�rieur:

• Briques creuses (�paisseur 8 cm)

• Membrane imperm�able multicouches

- 1 enduit d'asphalte dilu�
- 1 couche d'asphalte appliqu�e � chaud
- 1 feuille de feutre asphalt�: 3 fois, soit 6 couches
- 1 couche d'asphalte
- 1 couche de laine de verre
- 1 couche d'asphalte
- 1 couche finale d'asphalte saupoudr�e de sable sec.

• Sol en b�ton arm� (mur de s�paration entre cellules).

• L'�tanch�ification � l'eau entre les tranch�es est r�alis�e avec un mastic asphalt� (7 kg de peinture asphalt�e + 1,8 kg de fibre d'amiante moyenne ou longue / 1 kg de sable tr�s fin) appliqu� � raison de 2 � 4 kg/m�.

Toiture en vo�te

• Briques creuses (�paisseur 12 cm).
• B�ton arm�.
• Membrane imperm�able multicouches, (des fissurations ont �t� observ�es dans les toitures rigides, les couvertures souples r�alis�es initialement avec du papier renforc� �tanche Sisal Kraft et des cannages de roseaux ou de la paille de bl� supportent mieux les mouvements du sol et les �carts thermiques).

Ce type de construction est donc particuli�rement soign� et n�cessite un personnel comp�tent. La manutention des c�r�ales est r�alis�e, soit par transport pneumatique, soit par lanceurs pour le chargement et, pour la reprise, par des transporteurs t�lescopiques � bande qui chargent des camions ou des remorques.

Ces silos tranch�es sont int�ressants pour le stockage de longue dur�e de c�r�ales bien s�ch�es. Il semble cependant que dans bien des cas l'�tanch�it� ne soit pas parfaite et que l'on soit alors oblig� de traiter les grains avec des insecticides.

Fig. 208: Silo souterrain argentin.

• Les silos �Chypre� ou �Kenya� (Fig. 209 a et b).

Ces cellules de stockage ont �t� construites pour la premi�re fois � Chypre en 1956 par WALLER. En 1968 le Kenya s'est dot� de 70 cellules de ce type pour une capacit� totale de stockage de 100 000 t. Chaque cellule est constitu�e d'une partie enterr�e de forme conique recouverte d'un toit en forme de d�me reposant sur une poutre circulaire en b�ton arm�.

Les cellules, d'une capacit� unitaire d'environ 1400 t, ont les dimensions suivantes:

- diam�tre : 20 m
- profondeur de c�ne :6 m (pente environ 31�)
- hauteur de la vo�te :6 m

Fig. 209 a: Coupe d'une cellule �Waller� de 1450 tonnes.

Ces cellules �tant construites en b�ton arm�, il est n�cessaire de les �tanch�ifier en pla�ant entre les deux couches de b�ton une membrane de bitume. Les cellules du Kenya ont �t� �quip�es de sondes thermom�triques et de tubes de pr�l�vement de gaz.

Les conservations de longues dur�es sont possibles en veillant � ne stocker que du grain sec et bien d�poussi�r�. Cependant, comme dans le cas des silos argentins, il est parfois relev� des d�veloppements de moisissures ou d'insectes, signes d'une mauvaise herm�ticit�.

Cette faible �tanch�it� aux gaz enfreint le principe m�me sur lequel sont con�ues ces installations.

6.5.1.2. Stockage sous gaz inerte

Le stockage en atmosph�re confin�e peut pr�senter dans son principe quelques insuffisances:

- la diminution du taux d'oxyg�ne jusqu'� une valeur voisine de 2 % peut n�cessiter un temps relativement long surtout lorsque les grains sont tr�s secs. Durant ce laps de temps, les insectes peuvent se d�velopper et occasionner des pertes en poids et en qualit�. Sur des grains plus humides, le d�veloppement des moisissures peut �galement �tre important avant un �ventuel blocage et ceci d'autant plus que certaines moisissures se satisfont d'un tr�s faible taux d'oxyg�ne,

- le principe n'est pas applicable sur des produits inertes tels que les f�ves de cacao par exemple.

Le principe du stockage sous gaz inerte consistera alors � acc�l�rer le confinement de la cellule de stockage en rempla�ant rapidement l'air interstitiel de la masse de grains par un gaz inerte tel que l'azote ou un m�lange d'azote et de gaz carbonique. Le choix du gaz est avant tout �conomique; dans certains cas, l'azote peut �tre fourni directement par l'industrie, dans d'autres, il est plus avantageux de produire un m�lange d'azote et de gaz carbonique par combustion d'un hydrocarbure (m�thane, propane ou butane).

De nombreuses exp�riences de stockage sous atmosph�re contr�l�e sont men�es en Australie par le CSIRO: atmosph�re confin�e d'une part, aujourd'hui consid�r�e comme inadapt�e au stockage moderne de grande capacit�, et stockage sous gaz inerte d'autre part, qui s'est d�velopp� plus r�cemment.

Pour utiliser les structures classiques (notamment grands silos horizontaux en t�les ondul�es) comme structures de stockage sous gaz inerte il faut les �tanch�ifier (utilisation d'�mulsion de styr�ne acrilique, de silicone, de mousse de polyur�thanne, de mousse de polystyr�ne...). Les diff�rents essais ont conduit les chercheurs � d�finir des niveaux d'herm�ticit� satisfaisante des structures.

D'apr�s H. J. BANKS l'�tanch�it� de la structure peut �tre estim�e satisfaisante si:

- une surpression de 500 Pa d�cro�t � 250 Pa en plus de 5 minutes lorsque l'on consid�re des magasins remplis de 300 � 10 000 tonnes, et en 10 minutes pour des capacit�s de 10 000 � 25 000 tonnes,

- pour les m�mes structures mais vides, les temps sont alors respectivement de 12 mn et 24 mn. Enfin pour les petites capacit�s (5 tonnes) cette m�me chute de pression ne doit pas s'effectuer en moins de 30 secondes. On note que les structures de petites capacit�s sont plus difficiles � �tanch�ifier car elles ont un rapport surface-volume plus important.

a) STOCKAGE SOUS AZOTE

Dans ce domaine, de nombreux travaux ont �t� men�s en Italie (SHEJBAL) en utilisant soit de l'azote haute puret� (99,9 % de N2) relativement co�teux, soit de l'azote technique obtenu plus �conomiquement et qui contient environ 0,5 % d'oxyg�ne. Ce taux d'oxyg�ne est suffisant pour contr�ler les insectes qui sont tu�s si la teneur en oxyg�ne (en l'absence de gaz carbonique) est inf�rieure � 1 %.

TEMPS N�CESSAIRE (en jours) POUR D�TRUIRE 100 % DES ADULTES (� 22� C)

% O2

Tribolium confosum

Sitophilus granarium

0,1

1

2

0,3

-

3

0,5

2,5

6

0,8

4

10

1

8

> 10

R�alis�s par la SNAMPROGETTI (Italie), des essais de conservation � long terme en mini-silos soumis � des temp�ratures ambiantes variant de 18� C � 32� C, ont donn� les r�sultats suivants:

CONSERVATION DE BL� TENDRE DANS L'AIR ET SOUS AZOTE

Dur�e de stockage (ann�es)

0

1

2

3

4

5

Atmosph�re du milieu  

Air

N2

Air

N2

Air

N2

Air

N2

Air

N2

Param�tres
Humidit� du produit (%)

10,5

10,8

11

12,3

12

12,2

11,9

12,5

12,3

12.7

12,3

D�g�ts par les insectes

nuls

l�gers

nuls

forts

nuls

forts

nuls

forts

nuls

forts

nuls

Pouvoir germinatif

96

95

95

94

95

93

93

75

87

1

63

Des essais plus courts (12 � 15 mois) avec des cellules pilotes de 20 � 30 m� en polyester arm� ont donn� de bons r�sultats malgr� d'importantes variations saisonni�res de temp�ratures (28� C � 8� C).

Installations

Dans les installations commerciales, la cellule est mise sous gaz par une purge rapide � l'azote technique suivie d'un balayage lent pendant une dizaine de jours.

La Soci�t� IDEA propose des installations modulaires en b�ton arm� o� les cellules ont une forme h�misph�rique qui rappelle les cellules de Chypre.

Le b�ton arm� �tant un mat�riau poreux, les parois doivent �tre rev�tues int�rieurement d'un vernis �tanche aux gaz et r�sistant aux acides faibles.

b) STOCKAGE SOUS GAZ INERTE M�LANGE D'AZOTE ET DE CO2

Le gaz inerte est obtenu par combustion � l'air d'un hydrocarbure: le m�thane, le propane ou le butane. Pour �viter la production d'hydrog�ne ou de monoxyde de carbone (dangereux), une combustion doit �tre neutre ou tr�s faiblement oxydante (0,5 % � 1 % d'O2).

En C�te d'ivoire o� le stockage sous gaz inerte s'est r�cemment d�velopp�, le gaz neutre est obtenu par combustion du butane et a la composition suivante: N2: 85 % - CO2: 12 � 14 % - O2: 1 � 3 %.

Des essais de d�sinsectisation ont �t� r�alis�s sur le riz, le mais, le caf� et le cacao. Apr�s 24 h de traitement, tous les insectes adultes ont �t� tu�s. Des conservations satisfaisantes de mais, paddy, caf�, cacao pendant plusieurs mois sont �galement rapport�es par les utilisateurs de cette technique.

R�alisations:

Un premier silo en acier autopatinable (acier Corten) a �t� r�alis� � Vridi, en C�te d'ivoire, pour le stockage de f�ves, de cacao. Pour obtenir une structure �tanche, la solution qui a �t� retenue est celle de cellules m�talliques soud�es.

Le silo d'une capacit� de 4 100 m� (2 665 t de cacao) est constitu� de 18 cellules carr�es: 10 cellules de 350 m� et 8 cellules de 75 m�.

Les cellules sont �quip�es de trappes de vidange et de remplissage et d'une valve tar�e � + 50 mm CE en surpression et - 20 mm CE en d�pression.

Le gaz produit par un g�n�rateur de gaz inerte (en C�te d'ivoire g�n�rateurs de 120 m�/h) est introduit au niveau d'une vanne d'admission situ�e au bas de la cellule. Plus lourd que l'air il chasse ce dernier qui peut alors s'�chapper par la soupape de s�curit�. Pour le remplissage, la consommation de gaz est estim�e par le fabricant � 4 fois le volume total de la cellule. Des piquages situ�s en haut des cellules permettent d'analyser quotidiennement la composition des gaz. Le gazage est compl�t� lorsque le taux d'O2 d�passe 3 % selon le fabricant la consommation de gaz est de l'ordre de 10 m�/t/an.

6.5.2. Stockage sous vide

L'application du vide est une autre voie pour modifier l'atmosph�re intergranulaire. Elle permet de tuer les d�pr�dateurs pr�sents � tous leurs stades de d�veloppement et d'arr�ter le d�veloppement de la microflore. Ce type de conditionnement est aujourd'hui couramment utilis� pour la conservation de produits alimentaires en emballages de petites capacit�s adapt�s � la distribution (caf� sous vide par exemple). Plusieurs constructeurs ont cherch� � appliquer la technique � des emballages de plus grande capacit�.

6.5.2.1. Stockage en grandes poches

Les poches (commercialis�es sous le nom de �Capatainer�) ont une forme cubique et des capacit�s �chelonn�es entre 250 et 1250 litres. Le mat�riau constitutif est un poly�thyl�ne basse densit� de forte �paisseur (1 mm pour les parois lat�rales et 2 mm sur le fond) auquel sont adjoints des additifs destin�s � am�liorer sa long�vit� (antioxydants, anti UV). Un orifice de remplissage circulaire est pr�vu � la partie sup�rieure. Apr�s chargement du contenu, la poche est mise sous vide et l'orifice de remplissage scell� par soudure. La vidange n'est actuellement envisag�e que par destruction de la poche (ouverture du fonds) et refonte du mat�riau.

Pour la mise en œuvre du proc�d�, une machine sp�ciale a �t� r�alis�e avec pour objectif une cadence de travail de 9 600 poches de 1250 1 (soit 12 000 m�) par mois � raison de 20 h de travail par jour (3 postes). Ceci a conduit � concevoir un mat�riel complexe et puissant (285 kVA install�s, 130 kWh consomm�s en moyenne, 6 m�/h d'eau, etc.) dont l'amortissement exige un parfait contr�le des circuits commerciaux amont et aval.

Des essais de conservation de cacao ont �t� r�alis�s avec l'IRCC au Cameroun (Yaound�) sur des poches de 250 l ferm�es avec un vide initial de 600 mm et plac�es sous hangar. L'essai a dur� 20 mois et les constatations suivantes ont �t� faites:

- Les insectes ont �t� totalement supprim�s par le vide, le d�veloppement de la microflore a �t� stopp� et les qualit�s organoleptiques des f�ves n'ont pas �t� alt�r�es (une diminution de l'astringence a m�me �t� observ�e).

- Les poches sont fragiles et tout choc avec des objets durs anguleux est � craindre. D'autre part, le poly�thyl�ne des poches test�es n'ayant pas �t� trait� anti UV, des fissurations du mat�riau se sont amorc�es. Enfin des gouttelettes de condensation �taient visibles sur les parois int�rieures prouvant l'existence de migrations d'humidit� dans le produit.

Une installation de ce type a �t� r�cemment implant�e en Indon�sie pour la constitution de stocks de s�curit� de riz blanc.

6.5.2.2. Stockage en petits contenants

Les �petits contenants� sont des enceintes proches de la capacit� des sacs classiques, donc pouvant contenir plusieurs dizaines de litres.

Plusieurs constructeurs proposent des lignes d'ensachage de petite capacit� avec des dispositifs de mise sous vide vari�s (D�sa�ration �gueule ouverte�, pipette d'aspiration, valve) mais tous utilisent comme mat�riau des films complexes compos�s en g�n�ral de 3 couches: � l'int�rieur une couche de poly�thyl�ne assurant une bonne soudabilit�, au centre un film aluminis� �tanche aux gaz et � l'ext�rieur une couche de polyester en raison de ses qualit�s m�caniques.

La mise sous vide provoquant un plaquage de l'enveloppe contre le produit, les asp�rit�s de celui-ci peuvent provoquer des micropercements pr�judiciables � la tenue du vide. Pour y rem�dier une sache int�rieure en poly�thyl�ne est souvent ajout�e � l'int�rieur de l'enveloppe.

Des essais de stockage ont �t� conduits au S�n�gal par l'ISRA pour tester l'aptitude � conserver diff�rentes esp�ces de semences: arachide, ni�b�, mais, mil, sorgho et ont donn� des r�sultats satisfaisants apr�s 18 mois de conservation. En particulier cette technique peut constituer une alternative au stockage r�frig�r� (co�teux en �nergie et en maintenance) actuellement utilis� pour la conservation de stocks de s�curit� de semences d'arachides.

En CONCLUSION le stockage herm�tique, en confin�, sous gaz inerte, sous vide conna�t actuellement un regain d'int�r�t en raison de son inocuit� (non utilisation de produits chimiques) et de sa qualit� d'isolement des param�tres ext�rieurs, en particulier de l'humidit�.

Sa mise en œuvre est encore co�teuse et d�licate mais des travaux sont en cours en vue d'aboutir � des applications vulgarisables � diff�rents niveaux de stockage (producteur, stockage des semences, stockage de transit, de s�curit�, etc.).


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