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7.3.2. Fumigation

La fumigation consiste � traiter les grains � l'aide d'un gaz toxique. Ce gaz appel� fumigant tue les insectes s'il est maintenu suffisamment longtemps � une certaine concentration au contact des grains. L'int�r�t majeur de la fumigation est la facult� du gaz insecticide de p�n�trer � l'int�rieur du grain et donc de d�truire les oeufs, larves et nymphes qui s'y d�veloppent.

7.3.2.1. Notions de bases

a) D�FINITION DU FUMIGANT

�Substance qui � une temp�rature et � une pression donn�es peut �tre produite sous forme gazeuse � une concentration mortelle pour une esp�ce vivante donn�e�.

- Les gaz diffusent plus ou moins rapidement en fonction de leur densit� et de la temp�rature.

- Une partie des gaz peut �tre adsorb�e, c'est-�-dire rester fix�e � la surface des denr�es et sans action sur les insectes. Une partie peut, plus rarement, �tre absorb�e � l'int�rieur de la denr�e (si elle y r�agit chimiquement il peut alors y avoir formation de r�sidus...).

Plus la surface de contact grain-pz est grande plus l'adsorption est importante (petits grains, cellule remplie, grain rugueux...). L'adsorption augmente lorsque le dosage, la teneur en eau, le temps de contact augmentent. Elle diminue lorsque la temp�rature augmente.

b) NOTION DE CONCENTRATION TEMPS

Cette notion est essentielle pour bien mener la fumigation, Pour une esp�ce d'insecte donn�e et pour une temp�rature donn�e de la denr�e, la donn�e de base est la concentration effective en gaz et le temps pendant lequel elle agit. Le produit concentration x temps - appel� C.T. - est exprim� en mg x h/l (ou g x h/m�).

Le C.T. peut �tre repr�sent� comme suit:

Fig. 223: Repr�sentation du C.T. th�orique.

Remarque:

La concentration effective �tant la seule efficace, il doit �tre tenu compte des fuites au cours du gazage et de la sorption de la denr�e pour d�terminer la dose � appliquer.

7.3.2.2. Fumigants

Les fumigants les plus employ�s sont actuellement le phosphure d'hydrog�ne ou phosphine (PH3) et le bromure de m�thyle (CH3 Br).

a) LE PHOSPHURE D'HYDROG�NE (PH3)

- Pr�sentation

Le PH, est produit par r�action entre un phosphure m�tallique (phosphure d'aluminium ou de magn�sium) et l'eau atmosph�rique:

2 AlP + 6 H2 O (r) 2 PH3 + 2 Al (OH)3 + chaleur
Mg3 P2 + 6 H2 O (r) 2 PH3 + 3 Mg (OH)2 + chaleur

Les r�actions, tr�s exothermiques, sont ralenties en associant du carbamate d'ammonium et de la paraffine au phosphure m�tallique.

Il est commercialis� sous diff�rentes pr�sentations:

Fig. 224: Diff�rentes pr�sentations du PH3.

Il existe �galement des plaquettes:

• Phosphure d'aluminium (90 g de produit contenant 30 g de m.a.).
• Phosphure de magn�sium (206 g de produit contenant 33 g de m.a).

- Principales propri�t�s

• Le PH3 a une masse volumique proche de celle de l'air: 1,4 g/l (1 g/m� correspondra � environ 700 ppm)

• Il est tr�s faiblement soluble dans l'eau et les graisses. Il peut donc �tre utilis� sur les produits ol�agineux, le cacao et les produits frais.

• Il est instable en d�pression; on ne peut donc pas l'utiliser en chambre � vide.

C'est un gaz qui diffuse tr�s bien. Cette qualit� int�ressante pour le traitement pose cependant des probl�mes d'�tanch�it� de l'enceinte. En effet sa mol�cule tr�s petite (quelques Angstr�ms) lui permet de traverser ais�ment le banco, la brique, le b�ton... Par contre, il est bien arr�t� par les b�ches plastiques, les peintures plastiques... (une barri�re plastique de quelques centaines de microns d'�paisseur est plus efficace que plusieurs dizaines de centim�tres de b�ton).

Il r�agit tr�s peu chimiquement (pas de r�sidus) mais attaque certains m�taux dont le Cuivre. Lors de son emploi on devra donc veiller � la protection des installations �lectriques, des moteurs...

- Dose d'application

En zones tropicales o� les temp�ratures des produits peuvent atteindre 25� C - 30� C, des doses de 1 � 2 g/m� pour un traitement de trois jours devraient �tre efficaces. C'est, comme nous l'avons d�j� signal�, le volume total de l'enceinte � fumiguer qui est � prendre en compte et non pas le tonnage de produit.

Lorsque l'on dispose de temps pour proc�der au traitement, on aura toujours int�r�t � traiter � petite dose pendant longtemps plut�t qu'� haute dose pendant peu de temps. Cela permet d'�conomiser du produit mais surtout d'utiliser une plus faible concentration plus facilement atteinte malgr� d'�ventuelles fuites. D'autre part, � doses trop fortes, il peut y avoir un effet narcotique sur les insectes mais pas de mort.

PRINCIPALES VALEURS DONN�ES PAR LES TABLES DE WAINMAN - C.T. en g x h/m�

� 25� C pour

2 jours

4 jours

7 jours

10 jours

Sitophilus zeama�s

142

87

45,8

4,8

Trogoderma granarium

38

30,6

13,6

4,8

Plodia interpunctella

77

3,3

3,7

4,8

Ephestia cautella

77

3,3

3,7

4,8

Prenons par exemple Sitophilus zeama�s:

A 25� C, pour une fumigation de 4 jours le C.T. est de 87 donc la concentration � appliquer sera: C = 87/(4x24) = 0,9 g/m� arrondi � 1 g/m�.

Une deuxi�me raison milite en faveur d'un temps de fumigation assez long. Si, dans des conditions normales, la lib�ration du gaz a lieu 30 mn � 1 h apr�s que l'on ait introduit les pastilles, il arrive que dans une atmosph�re tr�s s�che, le produit commercial ait du mal � se d�composer pour lib�rer le gaz. Ce probl�me peut survenir en r�gions sah�liennes. Selon le TSPC il faut, avec des grains (mil) � 35� C et 7,5 % d'humidit�, 96 heures pour obtenir des concentrations maximum en PH3. Si l'on acc�l�re le d�gagement en humidifiant les tas par une pulv�risation aqueuse il faut malgr� tout 72 h pour atteindre la concentration maximum.

Au Sahel, on a donc int�r�t � pr�voir des temps de fumigation au PH3 d'au moins 4 � 5 jours.

La soci�t� DEGESCH propose maintenant des plaquettes � base de phosphure de magn�sium signal�es comme se d�composant bien en milieu sec.

b) LE BROMURE DE M�THYLE (CH3 Br)

- Pr�sentation

Gaz fr�quemment utilis� pour les fumigations, le bromure de m�thyle est commercialis� sous forme liquide en bouteilles de 20 ou 40 kg. Le liquide est vaporis� par r�chauffage. 1 kg de liquide donne 250 l de gaz (donc 1 g de CH3 Br/m� = 250 ppm).

- Quelques propri�t�s

• Gaz plus lourd que l'air: 4 g/l (air: 1.3 g/l) il n�cessite une homog�n�isation pour p�n�trer le grain.

• Il est insoluble dans l'eau mais soluble dans les graisses ce qui peut poser des probl�mes de r�sidus sur ol�agineux et cacao.

• Incolore et inodore, il est difficilement d�celable. On lui ajoute souvent un avertisseur: la chloropicrine (lacrymog�ne).

• Il est beaucoup Plus sorb� que le PH3 (environ 30 %), et contrairement � ce dernier il est assez bien arr�t� par la ma�onnerie, les briques plates et le pl�tre (mol�cule plus grosse).

• Il attaque l'aluminium et le magn�sium, et sous forme liquide c'est un excellent solvant; les conduites devront �tre en Rilsan ou en caoutchouc, ou en t�flon.

- Dosage

L'action sur les insectes est plus rapide que celle du PH3. A 20� C le C.T. est en g�n�ral de 150-200 g x h/m� et � 30� C de 40 � 70 g x h/m�. Dans la pratique les doses appliqu�es sont plus �lev�es, de l'ordre de 15 � 20 g/m� pendant 16 � 24 h soit plus de 300 g x h/m�. Les insectes sont tu�s en 10 � 12 heures.

Contrairement au PH3, le bromure de m�thyle peut avoir une action phytotoxique sur les semences. Des probl�mes pourront appara�tre si la teneur en eau des semences est trop forte, si la temp�rature est trop forte, si la dur�e de la fumigation est trop longue (il ne faut pas d�passer 24 h), et enfin si la dose est trop �lev�e (> 40 g/ m�).

A trop forte dose, le bromure de m�thyle peut �galement laisser un go�t aux farines.

COMPARAISON BROMURE DE M�THYLE/PHOSPHURE D'HYDROG�NE

Pr�sentation

Bromure de m�thyle CH3 Br

Phosphure d'hydrog�ne PH3

Liquide en bouteilles

Pastilles, pilules, plaquettes

Application du produit

Mat�riel sp�cial

Simple: mise en place des pastilles

Sur c�r�ales en mouvement

Non

Oui

Diffusion dans les grains

Moyenne (recyclage n�cessaire)

Bonne

P�n�tration dans produits emball�s

Bonne

Excellente

R�sidus

�ventuellement, mais peu

Pas de r�sidus

Phytotoxicit� sur semences

Possible � forte dose

Aucune

Dur�e fumigation

12-24 h

3-5 jours minimum (5 jours en zone tr�s s�che)

7.3.2.3. M�thodes de fumigation

a) FUMIGATION SOUS B�CHES

C'est une technique tr�s utilis�e pour le traitement des denr�es en sacs ou le traitement de petites cellules de stockage en vrac. Ne n�cessitant l'emploi que de mat�riels mobiles, elle est tr�s pratique et permet de s'adapter � des situations diverses,

Il existe de nombreux types de b�ches de diff�rentes tailles et diff�rentes �paisseurs. On peut utiliser des b�ches simples en poly�thyl�ne ou des b�ches arm�es de nylon recouvert de n�opr�ne, de chlorure de polyvinyle (PVC) ou de caoutchouc synth�tique. Les �paisseurs sont variables, mais pour les b�ches en poly�thyl�ne en g�n�ral 150 � � 200 �. Pour le PH, il est pr�f�rable d'utiliser par exemple deux b�ches de 100 � superpos�es plut�t qu'une seule de 200 �.

Les b�ches sont jointes entre elles par recouvrement sur 1 m de largeur et enroulement. Elles doivent reposer sur le sol sur une largeur de 65 cm � 1 m. L'�tanch�it� avec le sol peut �tre r�alis�e avec du sable (c'est la meilleure solution mais elle n'est pas toujours possible) ou plus souvent avec des boudins plastiques remplis de sable. Pour rester maniables ces boudins auront 10 cm de diam�tre et pas plus d'un m�tre de longueur.

- Gazage au PH3

Apr�s avoir calcul� le volume recouvert par la b�che et d�fini la dose, on peut conna�tre la quantit� de produit commercial � utiliser.

Consid�rons que l'on traite contre Sitophilus zeama�s un lot de 50 m� � 25� C, et que l'on pr�voit 7 jours de fumigation. On retient la dose de 1 g/m�. Il faudra 1 g/m� x 50 m� = 50 g de PH3.

Si l'on utilise des pastilles (3 g de produit commercial contenant 1 g de PH3) il faudra 150 g de produit commercial soit 50 pastilles. Ces derni�res �tant vendues en tubes de 30 unit�s, on devra utiliser 2 tubes soit 60 pastilles (tout tube ouvert doit �tre int�gralement vid�).

Pour traiter des grains en sacs, les comprim�s sont r�partis r�guli�rement autour de la pile. Dans les c�r�ales en vrac, les comprim�s sont plac�s dans la masse � l'aide d'une canne sonde injectrice.

Mesure de la concentration en PH3

A partir de plusieurs points de mesure r�partis dans le tas et reli�s � l'ext�rieur par de fins tubes plastiques, il est possible de suivre l'�volution de la concentration du fumigant en employant: soit des tubes r�actifs gradu�s en ppm (100 � 1000 ppm), soit un appareil sp�cial appel� phosphinom�tre ou fumigam�tre.

Fig. 226: Tubes r�actifs. (Doc. DRAGER.)

Fig. 227: Produit Concentration - Temps.

Exemple (Fig. 227):

C.T. th�oriquement appliqu� = 1 g/m� x 168 h = 168 g.h/m�
C.T. r�el = (0,85 x 96)/2 + [(0,85 + 0,3) (168-96)]/2 = 82,2 g.h/m�
C.T. requis = 0,3 g/m� x 168 @ 50 g.h/m3
Le C.T. appliqu� est donc bien sup�rieur au C.T. requis.

S�curit�: Pendant la fumigation, des pancartes doivent avertir qu'un produit dangereux est utilis�. Apr�s la fumigation, le d�gazage s'effectue en �tant la b�che. Cette op�ration est r�alis�e en deux temps:

• on soul�ve et replie la b�che sur un c�t� ou deux c�t�s oppos�s du tas pour permettre une premi�re a�ration,

• apr�s un laps de temps (1 h), la b�che est totalement retir�e.

Pendant le d�gazage les locaux doivent �tre bien a�r�s.

- Gazage au bromure de m�thyle

La technique de b�chage est la m�me, mais il existe plusieurs m�thodes de distribution du produit.

• Pulv�risation directe sur le tas

Cette pulv�risation de bromure liquide peut s'effectuer au moyen d'une rampe de pulv�risation en rilsan ou nylon avec petit gicleur en cuivre dispos� dans une rigole m�tallique en haut du tas.

• Gazage avec tuyau coulissant

Le tuyau �tant plac� au plus loin sous la b�che, la dose est repartie en le retirant progressivement.

• Gazage par injection sur un poind chaud

Le bromure de m�thyle liquide est vaporis� dans un petit r�cipient r�chauff� par de l'eau chaude ou par une r�sistance �lectrique. La diffusion est am�lior�e en pr�voyant un petit ventilateur axial (1 renouvellement horaire de l'enceinte) tournant pendant 1 � 2 h.

Fig. 228: Injection de bromure liquide sur un point chaud. (Sch�ma CEEMAT.)

• Gazage directement sous forme gazeuse

Le bromure de m�thyle est inject� sous forme gazeuse. De petits ensembles g�n�ralement mobiles sont pr�vus � cet effet, ils sont constitu�s:

* d'une bouteille de bromure de m�thyle liquide,
* d'un bromidoseur,
* d'un r�chauffeur.

Le r�chauffeur est un serpentin de cuivre plong� dans une eau glyc�rin�e, r�chauff�e par un br�leur � gaz (propane par exemple).

A la sortie du r�chauffeur le bromure de m�thyle doit �tre gazeux, est inject� � une pression de 3 � 6 bars.

Enfin il est pr�vu un syst�me de ventilation au niveau de l'introduction du gaz dans l'enceinte (5 renouvellements horaires).

Fig. 229: Mat�riel mobile de gazage. (Sch�ma CEEMAT.)

Mesure de la concentration

Elle s'effectue au moyen d'un analyseur de gaz (catharom�tre) qui mesure la thermoconductivit� du bromure de m�thyle (3 fois sup�rieure � celle de l'air). L'appareil donne directement la mesure en ppm.

Fig. 230: Sch�ma de la mesure tic la concentration en gaz.

Fig. 231: Courbe de la concentration en CH, Br.

Les mesures s'effectueront 1/2 heure apr�s le gazage, � la moiti� de la fumigation (12 h) et � la fin (24 h).

On pourra ainsi v�rifier la valeur du C.T. appliqu� (sous r�serve que les points de mesures aient �t� correctement r�partis (haut - milieu - bas - en diagonale).

La d�tection des fuites peut se faire au moyen d'une lampe � halog�nure. En pr�sence de gaz, la flamme bleue vire au vert.

D�gazage

Le temps de d�gazage peut �tre plus long qu'avec le PH3 car le bromure de m�thyle sorbe beaucoup plus. Il faut donc attendre que tout le gaz sorb� se lib�re. Le responsable de la fumigation doit indiquer quand la reprise, sans risques des activit�s sur les lieux de stockage, est possible. En pratique la dur�e du d�gazage est sensiblement �gale � celle de la fumigation.

b) SYST�MES DE FUMIGATION SP�CIALIS�S

- Les chambres de d�sinsectisation

La chambre doit �tre �tanche aux gaz (en prenant un soin particulier pour l'�tanch�it� de la porte), de hauteur r�duite pour utiliser au mieux le volume total, plac�e dans un endroit a�r� et �loign� des locaux d'habitation.

L'�tanch�it� est assez facile � r�aliser en pr�voyant des rev�tements plastiques sur les murs (peinture plastique). Pour les acc�s, il existe des portes m�talliques sp�cialement con�ues pour �tre �tanches, mais on peut �galement pr�voir de simples portes en contre-plaqu� marine par exemple bien �tanch�ifi�es (utilisation de bandes adh�sives de 5 � 8 cm de large). Une bonne �tanch�it� permet de diminuer les doses appliqu�es.

Un syst�me de ventilation interne assure une bonne homog�n�isation du m�lange air-fumigant. Le m�lange, aspir� au niveau du sol est renvoy� par un ventilateur au niveau sup�rieur de la chambre (Cf. fig. 232). Le gazage et le d�gazage sont des op�rations ais�es.

L'inconv�nient de ces installations est d'�tre fixes - il faut donc y amener le produit � traiter - et de n'offrir aucune souplesse quant aux quantit�s � traiter. Enfin, elles repr�sentent un investissement important.

Fig. 232: Sch�ma d'�quipement mixte silo et chambre. (Doc. SPAM.)

- Fumigation en silo sp�cialis�

Dans les installations de stockage en vrac, il est conseill� de pr�voir une cellule et h�pital� �tanche �quip�e pour le traitement des grains. Dans la plupart des cas une cellule pouvant contenir 1/30 du stock total de l'installation est suffisante. Pour �tre �tanches, les cellules doivent �tre en t�le soud�e ou b�ton vibr�. L'air est recycl� par un turboventilateur qui l'aspire au sommet de la cellule et le refoule, additionn� de fumigant, � la base. Le renouvellement de l'air doit �tre de 10 fois le volume de la cellule par heure. En 1 h le fumigant est convenablement r�parti dans la masse de grains. La dur�e du traitement est de 24 h. En pratique, peu de silos sont �quip�s de ce type de cellule, c'est pourquoi, le plus souvent, pour le traitement en silo, l'emploi de comprim�s de PH3 est plus ais�.

Les pilules sont introduites soit manuellement avec des cannes sondes sp�ciales pour les cellules de faibles hauteurs (5 � 8 m); soit � l'aide de distributeurs automatiques de comprim�s qui, au moment du chargement de la cellule, lib�rent r�guli�rement les comprim�s dans le grain au niveau des appareils de manutention (bandes transporteuses, redler). Cependant, comme le temps de remplissage peut �tre long (6 � 7 h pour remplir une cellule de 1000 t � 150 t/h), et que les premi�res pastilles introduites peuvent lib�rer leur gaz apr�s 1 � 2 h, il est n�cessaire, pour la s�curit�, de pr�voir un syst�me d'extraction des gaz pendant la p�riode de remplissage.

Les cellules doivent �tre �quip�es d'un syst�me de ventilation pour le d�gazage. Il faut pr�voir d'importants d�bits d'air: 60 � 100 renouvellements horaires. Le d�gazage peut durer plus ou moins longtemps en fonction de la sorption. Le gaz est �vacu� dans l'atmosph�re o� il se dilue et se d�grade naturellement.

- Fumigation sous vide

C'est une technique tr�s rapide qui fait appel � des installations sp�cialis�es le plus souvent mont�es dans des centres d'exp�dition. Us sacs sont plac�s dans des autoclaves, g�n�ralement en acier, r�sistant � la pression. Des pompes puissantes font le vide en 10 � 15 mn et l'air est remplac� par des vapeurs de bromure de m�thyle qui p�n�trent profond�ment dans les sacs. Le traitement dure entre 1 h 30 et 3 h (usines � Abidjan-Douala-Lom�...).

Cette technique, tr�s efficace, demande cependant un appareillage co�teux qui se r�v�le souvent sous-dimensionn� pour traiter tous les apports. M�me si la puissance des stations �tait � l'�chelle des besoins, les probl�mes de manutention et de transport resteraient un obstacle s�rieux � l'adoption g�n�ralis�e de cette technique laquelle, par ailleurs, est inutilisable avec le PH3 qui a l'inconv�nient d'exploser sous vide.

7.3.2.4. Protection contre les fumigants

Les fumigants sont des produits tr�s dangereux qui ne peuvent �tre utilis�s que par des �quipes sp�cialis�es averties et correctement form�es.

- Le phosphure d'hydrog�ne

Le PH, est un poison des cellules vivantes et agit au niveau de l'appareil respiratoire. A faible concentration il produit des troubles digestifs et une g�ne respiratoire; il est rapidement mortel. � 2 000 ppm et l�tal � partir de 300 ppm. Son odeur �m�tallique� caract�ristique est perceptible � partir de 1 � 3 ppm et permet d'alerter l'individu averti.

- Le bromure de m�thyle

Il agit au niveau des cellules nerveuses et les premiers sympt�mes sont le picotement des yeux (chloropicrine) suivi de mouvements anormaux, de convulsions et enfin de corna. D�s qu'un individu pr�sente des difficult�s de prononciation il doit �tre aussit�t �vacu� � l'ext�rieur du lieu de fumigation. C'est un gaz �sournois� car il n'a pas d'odeur. C'est pourquoi on lui ajoute de la chloropicrine (produit lacrymog�ne).

Plus lourd que l'air, il aura tendance � s'accumuler sur le sol ou dans les bottes des ouvriers o� il provoquera, par contact, des br�lures des membres.

Pour d�celer ces fumigants on utilise une lampe � halog�nure pour le bromure de m�thyle et, pour le PH3 des tubes r�actifs appropri�s pour les faibles concentrations (0,1 � 100 ppm).

Mat�riel de protection

• protection des mains: gants en n�opr�ne,
• protection respiratoire: elle sera assur�e par un masque � gaz (Fig. 235). Il existe diff�rents types de masques, allant des masques prot�geant le nez et la bouche, aux masques int�graux. Pour un traitement au bromure de m�thyle une visi�re est n�cessaire pour prot�ger les yeux.

Les cartouches � adapter sur les masques contiennent un �l�ment actif sp�cifique pour retenir chaque gaz toxique. Elles portent une r�f�rence (lettre caract�ristique), une date de p�remption et sont de couleur caract�ristique.

Exemple:

Produit

Lettre caract�ristique

Couleur

Bromure de m�thyle

A

marron

PH3

B

grise

Il existe des cartouches mixtes A et B (marron et grise) pouvant donc �tre utilis�es pour les deux gaz, mais elles ont une moins grande autonomie que les cartouches sp�cifiques.

Une cartouche dure environ 30 mn. D�s que l'op�rateur commence � sentir le fumigant la cartouche est satur�e (cet avertissement n'est pas toujours �vident avec le CH3 Br).

Certaines cartouches contiennent en plus un filtre pour les mati�res en suspension. Rappelons que les masques antipoussi�res sont totalement inefficaces pour prot�ger contre les fumigants.

Rappelons aussi que pour les traitements de contact comme le poudrage ou la pulv�risation, des masques sont �galement n�cessaires, des cartouches filtrantes sont pr�vues � cet effet.

Fig. 233: Demi-masque simple. (Doc. DRAEGER.)

Fig. 234: Cartouche gaz + mati�re en suspension. (Doc. DRAEGER.)

Conclusion:

Nous venons de voir succinctement quels �taient les syst�mes de fumigation et les produits utilis�s.

La fumigation permet donc un traitement curatif total de la denr�e; toutes les formes d'insectes sont tu�es. Cependant ce traitement n'a aucune persistance, c'est-�-dire que d�s la fumigation termin�e, des insectes peuvent venir r�infester le lot et recommencer � se d�velopper dans les stocks. Pour �viter cette r�infestation on peut cependant envisager de recouvrir les piles avec des b�ches en coton ou en plastique.

R�sum�: CRIT�RES DE CHOIX DU TYPE DE TRAITEMENT INSECTICIDE

fumigation

insecticides de contact

- denr�e emball�e - pas d'�tanch�ification possible des structures
- traitement curatif imm�diat - pas d'�quipement de fumigation
- manutention impossible - pas de technicit� (niveau pay san)
- pas de r�sidus sur denr�es alimentaires (ex.: cacao) - traitement r�manent

Avantages:

Avantages:

- traitement curatif total - protection dans le temps
- peu ou pas de r�sidus - r�manence 6 mois, avec pyrimiphos-m�thyl

Inconv�nients:

Inconv�nients:

- enceintes �tanches - les formes cach�es ne sont pas d�truites (important pour les semences)
- homog�n�isation n�cessaire avec CH3 Br - r�partition de l'insecticide par fois difficile
- produit tr�s dangereux. N�cessit� d'une bonne �tanch�it� - risques �ventuels de r�sidus
- traitement curatif: risque de r�infestation  


Dans la mesure du possible, il est �vident qu'un emploi des deux techniques combin�es constitue une bonne solution, par exemple: fumigation d�s r�ception puis traitement par insecticides de contact.

7.3.3. Magasins fumigables

Pour lutter contre les insectes, des magasins fumigables ont �t� construits. C'est le cas notamment au S�n�gal o�, pour lutter contre Trogoderma granarium ravageant les stocks de mil et sorgho. Plusieurs magasins de ce type (6 000 t de stockage) (Fig. 235) ont �t� construits dans la r�gion de Thi�s.

Description

• Capacit�

:

500 t

1000 t

• Dimensions (L x l x h)

:

20 x 14,50 x 4,40

40 x 14,50 x 4,40

• Sol

:

sur remblai compact�, dalle de 12 cm, en b�ton arm� avec joint de dilatation bitumeux.

• �l�vation

:

agglom�r�s creux de 15 cm enduits 2 faces avec, int�rieurement, rev�tement au pl�tre et peinture plastifi�e.

• Charpente

:

poteaux en b�ton arm� de 0,40 x 0,20 en saillie � l'ext�rieur du b�timent. Fermes m�talliques type treillis en corni�re - trav�e de 5 m.

• Couverture

:

bac aluminium. La toiture est pr�vue sans fa�ti�re. Sur la largeur elle est constitu�e d'une seule plaque de 12 m de long reprise aux deux extr�mit�s par deux plaques de 3 m permettant un d�bordement de 1 m. Le d�bordement est �galement de 1 m en pignon.

• A�ration

:

deux ouvertures de 1 m x 0,50 m en pignon. Ces ouvertures sont �quip�es d'un vasistas int�rieur et de grillages moustiquaire et anti oiseaux.

• Portes

:

en pignon: une porte de 2,4 m x 2,5 m � battants s'ouvrant � la fran�aise (2 portes, une par pignon, pour les magasins de 1000 t).

• �clairage

:

assur� dans chaque long pan par un ensemble de 10 briques de verre par trav�e.

Le stockage s'effectue en sac et il est pr�vu une fumigation au phosphure d'hydrog�ne.

Ces magasins ont donc �t� con�us en recherchant la plus grande �tanch�it� possible, condition n�cessaire pour ne pas devoir utiliser des doses pl�thoriques de fumigants toujours co�teux.

Nous savons que le b�ton (et notamment l'agglom�r� creux), ne constitue pas une barri�re �tanche au fumigant; un rev�tement int�rieur plastique (peinture vinylique par exemple) est donc indispensable. Une attention particuli�re doit �tre apport�e aux liaisons mursol et mur-t�les. La premi�re est r�alis�e par un m�lange sablegoudron et la seconde par un rajout coll�. Toutes les fissures sont correctement mastiqu�es.

La maintenance doit �tre correctement suivie pour �viter toute apparition de fuites.

De par leur conception, m magasins ne peuvent �tre utilis�s que pour du stockage � long terme. En effet, apr�s fumigation, on ne pourra pas ouvrir le magasin pour y travailler ou y retirer une partie du stock car on risquerait alors une r�infestation. Donc, lorsque l'on ouvrira le magasin, ce sera pour le vider totalement de son stock. Ces magasins peuvent difficilement servir en utilisation classique en raison de leur manque d'a�ration (a�ration des denr�es et conditions de travail du personnel).

Les �silos souples�, ou structures en plastique pour le stockage en sacs, souvent utilis�s pour les stocks de s�curit� en cas d'urgence, constituent �galement des structures fumigables. Cependant, dans les silos souples, pour �viter les probl�mes de d�gradation, les produits doivent �tre stock�s tr�s secs, ce qui est une condition d�favorable � la d�composition des comprim�s de PH3.

Enfin la solution consistant � transformer un magasin classique en magasin fumigable est dans bien des cas difficile � mettre en œuvre. Toutefois les magasins en banco, de tr�s grande �paisseur, peuvent �tre fumigables sous r�serve d'une obturation pr�alable des fuites fissures, portes, plafonds, etc.

Sur ce principe, de petits magasins villageois fumigables sont actuellement en cours de mise au point dans le but de lutter plus efficacement contre l'extension du Prostephanus Truncatus en particulier.


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