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Chapitre IX - Conservation des semences

9.1. Introduction
9.2. Conditionnement: principes - mat�riels

 

9.1. Introduction

La conservation des semences diff�re de celle des denr�es consommables par la n�cessit� primordiale de conserver intacte la facult� germinative des grains.

EXEMPLE D'�VOLUTION DU POUVOIR GERMINATIF DE SEMENCES DE MA�S DANS DIFF�RENTES CONDITIONS DE CONSERVATION.

- Vari�t�

Embro 260 (jaune dent�)

Poey T 66 (jaune plat)

- Humidit� initiale

10,5 %

15,35 %

- Pouvoir germinatif initial

98 %

93 %

Conditions de conservation

Pouvoir germinatif � diff�rentes dur�es de conservation (en mois)

Temp�rature � C

Humidit� relative

0

6

12

18

0

6

12

18

7�

50 %

94

97

100

96

96

96

96

90

30�

32 %

96

96

96

94

90

89

88

78

30�

55 %

96

94

84

10

       

Source: Mississipi Agricultural Exp�rimental Station 1966.

(Les publications d'essais de conservation, en conditions tropicales sont relativement peu nombreuses). A 7� C et 50 % H.R. la vari�t� Embro 260 ne pr�sente aucune �volution notable sur 18 mois alors que la Poey T 66 montre un fl�chissement d�s 18 mois, probablement li� � la forte humidit� intiale. A 30� C les r�sultats sont tr�s explicites: � 32 % d'humidit� relative la vari�t� �s�che� n'�volue pas alors que la plus �humide� voit son pouvoir germinatif chuter nettement. A 55 % d'humidit� relative le pouvoir germinatif est affect� d�s 6 mois de stockage et pour la semence la plus s�che.

D'autres essais, men�s �galement � 30� C, sur riz et mais, ont montr� que seules les graines � moins de 12,4% d'humidit� conservaient leur pouvoir germinatif intact apr�s 6 mois.

Les programmes d'am�lioration des semences dans les Pays en d�veloppement doivent combiner trois approches compl�mentaires:

1. Fourniture, par la recherche agronomique, de vari�t�s adapt�es � un potentiel de production int�ressant. Cette condition �vidente n'est en fait pas toujours remplie et entra�ne la stagnation, voire l'�chec des projets.

2. Mise en place de fermes semenci�res ou d'un r�seau d'agriculteurs multiplicateurs de semences, ce qui repr�sente une action importante de formation des personnels et la mise en place d'une organisation de contr�le en cours de v�g�tation.

3. Cr�ation de centres de conditionnement des semences: Il s'agit d'infrastructures souvent co�teuses dont le r�le est souvent mal per�u dans les pays en d�veloppement. Les techniques et les conditions de r�coltes des semences, ainsi que les techniques locales de semis, sont des facteurs primordiaux pour la d�finition des �quipements � pr�voir en mati�re de:

- S�chage : • Humidit� des semences � la r�colte.
- Nettoyage : • nature et importance des impuret�s pr�sentes dans les semences.
- Triage : •crit�res de puret� vari�tale appliqu�s.
- Traitement de semences : • nature des risques encourus au sentis.
- Ensachage : • moyens de diffusion des semences (transports, �tat des routes, etc.),
• besoins des agriculteurs,
• dur�e de la conservation.
- Stockage : • dur�e de conservation et conditions climatiques.

Les diagrammes des installations seront d�finis en fonction de ces facteurs.

Dans les grands centres semenciers, il est recommand� de ne traiter qu'UNE seule esp�ce. Ceci n'est g�n�ralement pas applicable aux pays en d�veloppement o� les installations ne sont �conomiquement viables qu'en traitant plusieurs esp�ces, ce qui en complique le fonctionnement.

4. Vulgarisation de l'emploi des semences am�lior�es.

Cette action est prioritaire mais est ais�e lorsque la semence propos�e a un bon potentiel de production, une pr�sentation adapt�e et un suppl�ment de prix largement amorti par l'augmentation de production qu'elle apporte.

9.2. Conditionnement: principes - mat�riels

9.2.1. S�chage
9.2.2. Nettoyage
9.2.3. Triage des semences
9.2.4. Traitement des semences
9.2.5. Ensachage des semences et stockage

 

9.2.1. S�chage

Pour obtenir une bonne qualit� de semence, le s�chage doit intervenir au plus t�t apr�s la maturit�, laquelle est d�finie comme le stade v�g�tatif auquel la graine a synth�tis� le maximum de mati�re s�che. A ce stade son humidit� est encore tr�s �lev�e (35 % et au-del� pour du mais, 20 � 22 % pour du riz). Ceci signifie la mise en place de moyens de s�chage beaucoup plus importants que pour les graines de consommation. Compte tenu de leur co�t en investissement et en fonctionnement, il convient d'appr�cier - en pratique dans chaque cas - l'incidence exacte d'un s�chage partiel sur pied sur le pouvoir germinatif des semences et de d�cider en cons�quence de la m�thode de s�chage � adopter.

Le niveau d'humidit� � atteindre est directement li� � la dur�e de conservation pr�vue et au type de stockage. Rappelons ici l'influence de la temp�rature et de l'humidit�:

�La vitesse de d�gradation est doubl�e tous les 5� C et tous les 1,5 % d'humidit�.

Les normes suivantes sont classiquement recommand�es pour la conservation des semences de c�r�ales en climat tropical.

Dur�e Humidit� %
6 mois 11 - 13%
1 an 10 - 12
2 ans 9 - 11
4 ans 8 - 10

Si les semences sont conserv�es en atmosph�re confin�e leur taux d'humidit� doit �tre de 8 � 9 % seulement.

Pour �viter les alt�rations m�caniques, les s�choirs sont g�n�ralement des mod�les statiques'. Ils ont pour avantage de s'adapter � diff�rentes esp�ces de graines et � des quantit�s variables � s�cher. Pour �viter toute alt�ration du pouvoir germinatif par la chaleur la temp�rature des graines ne doit pas d�passer 42 � C pour les c�r�ales et WC pour les ol�agineux. Ce sont les temp�ratures retenues pour l'air de s�chage. Il en r�sulte que le s�chage des semences est une op�ration lente et ayant un mauvais rendement �nerg�tique (surtout lorsqu'il faut atteindre les tr�s basses humidit�s indiqu�es ci-dessus). Les d�bits �tant faibles, les g�n�rateurs d'air chaud sont de puissance moyenne et la possibilit� d'emploi de sous-produits agricoles comme combustible (rafles de mais, coques d'arachides, balle de riz, etc.) m�rite d'�tre �tudi�e avec soin car elle permet des �conomies substantielles.

Les s�choirs statiques de conteneurs offrent une grande souplesse de fonctionnement. Ils se composent d'un g�n�rateur et d'un r�seau de gaines sur lesquelles s'abouchent des conteneurs de s�chage � fond perfor�. Ce principe permet d'individualiser les lots et les dur�es de s�chage de chaque lot. Il suppose un �quipement relativement co�teux en conteneurs et en mat�riel de manutention (l�ve-palettes tout terrain) mais l'option �conteneur'� est applicable � l'ensemble de la station de semences (cha�ne de triage - traitement stockage).

9.2.2. Nettoyage

La propret� du grain � la r�colte d�finit le type de mat�riel � choisir. Les semences r�colt�es ou battues m�caniquement sont g�n�ralement plus sales que celles r�colt�es � la main. Avec des r�coltes tr�s sales il peut �tre n�cessaire de pr�voir un pr�nettoyeur. En g�n�ral le nettoyeur-s�parateur est la machine de base. En semences - pour obtenir un travail soign� - son d�bit est le 1/10e du d�bit annonc� en graines de consommation. La qualit� du travail est tr�s directement li�e d'une part � l'importance du jeu de tamis disponible pour s'adapter avec pr�cision � la dimension des graines travaill�es, et d'autre part � la pr�cision des r�glages (des aspirations en particulier).

Souvent, lorsque les semis sont manuels et qu'il n'y a pas de risque de m�lange d'esp�ces de dimensions comparables, le nettoyeur-s�parateur est suffisant pour le conditionnement des semences.

9.2.3. Triage des semences

Le triage a pour objet, soit d'�liminer d'un lot pr�alablement nettoy� et s�ch�, les graines l�g�res, mal venues, les graines �trang�res, les impuret�s de dimensions proches de la semence, soit de classer la semence par dimension. Il permet d'obtenir une semence homog�ne et de bonne valeur germinative. En g�n�ral, le triage est r�serv� aux semences sem�es m�caniquement et en particulier avec les semoirs de pr�cision � disques. Les semoirs pneumatiques n'exigent pas le calibrage des graines.

Les principes de triage, assez nombreux, sont regroup�s dans le tableau ci-dessous:

Principe de triage Mat�riel correspondant
Par dimension Longueur Trieur � alv�oles
  Largeur Trieur � disques
  �paisseur Calibreur
Par densit� Colonne densim�trique
  Table densim�trique
Par forme Trieur h�lice
Par �tat de surface Trieur � rouleaux de velours
  Drapper
  Trieur magn�tique
Par couleur Trieur colorim�trique

Fig. 242: Principes du triage dimensionnel.

9.2.3.1. Trieur � alv�oles

L'appareil est compos� d'un cylindre horizontal dont l'int�rieur est tapiss� d'alv�oles et d'un auget int�rieur dont la position est r�glable (cf. Fig. 243).

Le cylindre tournant, les plus petites particules que l'on cherche � �liminer entrent dans les alv�oles et y sont maintenues par la force centrifuge jusqu'au moment o� celle-ci est �quilibr�e par leur propre poids. Elles retombent alors soit dans la masse de graines au fond du cylindre, soit dans l'auget d'�vacuation (selon sa position).

Les r�glages sont au nombre de trois:

1. position de l'auget selon la dimension des particules � �liminer et la vitesse du cylindre (plus la vitesse est grande, plus il faut relever l'auget),

2. vitesse de rotation du cylindre: un variateur � courroie permet de la modifier pour faire varier la force centrifuge (une trop grande vitesse peut emp�cher les graines de retomber des alv�oles),

3. inclinaison du cylindre (sur certains appareils seulement). L'inclinaison joue sur l'avancement du m�lange dans le fond du cylindre. Son action est compl�t�e par une vis de distribution qui �vite la stratification des graines.

Bien entendu la forme des alv�oles doit �tre adapt�e au type de particules � �liminer et le cylindre est facilement interchangeable.

Fig. 243: Trieur � alv�oles.

9.2.3.2. Trieur � disques

L'appareil se compose de disques �pais dispos�s verticalement et creus�s dans leur �paisseur d'alv�oles de dimension adapt�e. Les particules � extraire du lot sont prises comme dans un godet d'�l�vateur (alors que les plus longues retombent) et �vacu�es � l'ext�rieur par la force centrifuge. Le centre des disques est ouvert, ce qui permet aux produits longs, par le jeu de palettes, de progresser de disque en disque. L'int�r�t de la machine est de pouvoir monter des disques � alv�oles diff�rentes sur le m�me axe et de r�aliser un triage tr�s pr�cis.

Fig. 244: Trieur � disques.

Le principal r�glage est l'action d'un volet de sortie qui freine plus ou moins l'avancement du produit dans la machine.

9.2.3.3. Calibreurs

Les plus classiques sont les calibreurs par �paisseur compos�s de tamis plans ou cylindriques � perforations allong�es obligeant la graine � se pr�senter selon sa plus faible �paisseur pour passer au travers. Le calibreur est compos� de plusieurs segments de dimensions de plus en plus grandes de fa�on � classer le produit. Le d�bourrage des graines prises dans les tamis est r�alis� par un rouleau caoutchout� plac� � l'ext�rieur et en partie haute du cylindre.

Fig. 245: Calibrage par �paisseur.

Fig. 246: Calibrage par largeur.

Le calibreur � perforations rondes est du m�me principe mais les orifices ronds et de petits �redents� � l'int�rieur du cylindre obligent la graine � se pr�senter verticalement pour traverser le tamis. Le d�bourrage n'est plus r�alis� par un rouleau mais par des battes caoutchout�es.

9.2.3.4. Trieurs par densit�

a) TABLE DENSIM�TRIQUE Fig. 247)

La table permet de s�parer des corps de m�mes dimensions mais de poids sp�cifique diff�rent (pierres, graines immatures, etc.).

Le principe de l'appareil est un plan de travail travers� par un flux d'air uniforme qui fluidise le m�lange et en provoque la stratification sch�matiquement en deux couches.

Les produits lourds restent pr�s de la table, les produits l�gers au-dessus. La s�paration des deux couches est obtenue par r�glage de l'inclinaison du plan de travail (dans deux directions) et par sa vibration qui projette les produits lourds vers le haut de la table alors que les l�gers s'�coulent vers le bas.

Fig. 247: Table densim�trique.

La table densim�trique est un appareil tr�s performant mais qui exige une grande pr�cision dans ses r�glages interd�pendants:

- r�glage du volume d'air pour obtenir une bonne stratification,
- r�glage de l'alimentation pour que la table soit totalement couverte,
- r�glage de l'inclinaison longitudinale,
- r�glage de l'inclinaison transversale,
- r�glage de la vitesse de vibration qui agit sur la vitesse de d�placement du grain.

Pour bien fonctionner la table doit:

- �tre implant�e sur un socle tr�s r�sistant et isol�,
- �tre aliment�e en air propre sinon le plan de travail risque un colmatage rapide,
- �tre bien mont�e (sens de rotation du ventilateur, tension des courroies),
- avoir �t� bien choisie. Le plan de travail est en t�le perfor�e ou en t�le m�tallique fine pour les gros grains (mais, haricots, arachides, caf�, etc.) alors qu'il est en drap d'Oxford pour les petites graines (gramin�es, luzerne, graines potag�res).

Fig. 248: Colonne densim�trique.

b) COLONNE DENSIM�TRIQUE (Fig. 248) est un mat�riel moins co�teux que la table. Un distributeur vibrant introduit le m�lange � trier � mi-hauteur d'une chemin�e dans laquelle monte un flux d'air homog�ne. Les particules lourdes descendent alors que les plus l�g�res remontent. Des changements de section de la chemin�e permettent un classement des particules.

Ce mat�riel de petit d�bit est peu co�teux et peut rendre de nombreux services pour le triage de petits lots difficiles.

9.2.3.5. Trieurs par forme et �tat de surface

a) TRIEUR EN H�LICE

Alors que des graines de forme ronde et r�guli�re roulent sur un plan inclin�, celles de forme irr�guli�re glissent et descendent moins rapidement.

Le trieur en h�lice est bas� sur ce principe. Les graines rondes prennent plus de vitesse donc sont centrifug�es vers l'ext�rieur de l'h�lice alors que les irr�guli�res restent pr�s de l'axe. En bas de l'h�lice une cloison divise les deux cat�gories.

Fig. 249: Trieur en h�lice. (Doc. TRIPEITTE et RENAUD.)

(Exemple: nettoyage des semences de soja).

b) MACHINE RICE ET DRAPPER

Les semences � s�parer roulent sur un plan inclin� en velours.

Les graines � surface lisse glissent sur le velours et suivent la pente alors que les graines velues s'accrochent au velours et sont �limin�es vers l'ext�rieur (machine Rice) ou vers le haut (Drapper).

(Ex.: �limination de la folle-avoine des graines de c�r�ales.)

Fig. 250: Trieur � rouleaux de velours.

Fig. 251: Trieur � table de velours.

c) TRIEUR MAGN�TIQUE

Des graines velues peuvent retenir de la limaille de fer. Ce principe est appliqu� par exemple pour �liminer les graines de cuscute (velues) de la luzerne (graine lisse). Apr�s enrobage, le m�lange passe sur des rouleaux magn�tiques qui retiennent seulement les graines enrob�es de limaille de fer.

9.2.3.6. Triage par couleur

Ces mat�riels co�teux sont r�serv�s � des usages particuliers triage du riz, du caf� et des arachides. Ils permettent d'�liminer des grains mal conserv�s et ayant subi des attaques de moisissures (Aspergillus en particulier).

Nota: Cette rapide description des mat�riels de triage montre que les besoins de chaque centre semencier doivent �tre bien d�finis pour d�terminer les �quipements n�cessaires.

9.2.4. Traitement des semences

L'objectif du traitement est de prot�ger les semences contre les parasites (cryptogames, insectes) et d'�viter qu'elles ne les transmettent. Le traitement chimique est le plus �conomique actuellement, les produits devant satisfaire � une s�rie de crit�res: efficacit�, large spectre d'activit�, faible toxicit� pour l'homme et les animaux, innocuit� pour les semences, bonne adh�rence sur les graines, bonne stabilit� chimique, etc. Le produit de traitement devra �tre choisi en fonction du mode de contamination lequel peut �tre externe ou interne (et exige alors un fongicide endoth�rapique). En moyenne, le gain de rendement obtenu par traitement des grains est estim� entre 100 � 300 kg/ha, sont co�t doit donc �tre en rapport.

Les traitements sont r�alis�s par poudrage � sec, par bouillie (�slurry�) ou par traitement liquide. Le choix est � faire selon la plus ou moins bonne adh�rence de la formulation sur les semences. Le poudrage est le plus simple, mais souvent rejet� en raison de la pollution engendr�e au poste d'ensachage. Les appareils utilisables sont trop nombreux pour �tre d�crits. Ils doivent comporter:

- un dispositif de dosage pond�ral ou volum�trique des graines � l'entr�e de l'appareil,
- un doseur de produit de traitement coupl� au pr�c�dent et en g�n�ral volum�trique (poudre ou liquide),
- un m�langeur (vis d'Archim�de, cylindre � battes, etc.),
- un dispositif de d�poussi�rage � la sortie des graines (pour limiter la pollution mentionn�e ci-dessus),
- des s�curit�s en cas de bourrage du m�langeur, bouchage de gicleur � liquide ou bouillie, etc.

De fa�on g�n�rale, il est conseill� de choisir des appareils de traitement simples pour limiter le risque de pannes.

Pour la manutention, les appareils ne doivent ni d�t�riorer ni m�langer les semences. En g�n�ral, seuls les �l�vateurs � godets � vitesse lente et les transporteurs � bande sont recommand�s.

9.2.5. Ensachage des semences et stockage

L'ensachage est un �l�ment important de la bonne conservation et de la diffusion des semences. Il doit satisfaire � plusieurs conditions:

- qualit� de conservation (climat, insectes, rongeurs, etc.),

- capacit� adapt�e aux besoins des agriculteurs. Dans les pays en d�veloppement, selon les semences et les r�gions, des emballages de 1 � 25 kg sont suffisants;

- inviolabilit�. L'agriculteur doit �tre assur� de la provenance de la semence qu'il ach�te (sacs soud�s, �tiquetage inviolable, etc.);

- information. �tiquetage explicite de la vari�t�, du pouvoir germinatif, du traitement appliqu�.

La sacherie classique de 50 ou 100 kg en jute, polypropyl�ne tiss� ou coton, r�pond mal � ces conditions; elle n'offre en particulier aucune protection contre la vapeur d'eau. Il en est de m�me des sacs en papier multiplis. Avec ces types de sacs, les conditions de temp�rature et d'humidit� des magasins devront �tre contr�l�es pour maintenir les semences � :

12 % pour des c�r�ales conserv�es 6 � 9 mois,
10 % pour des c�r�ales conserv�es 1 � 2 ans,
8 � 9 % pour des c�r�ales conserv�es au-del�.

HARRINGTON (1970) propose une r�gle pratique de conservation: 100 = Humidit� Relative en pour-cent + temp�rature en degr�s Fahrenheit.

Ainsi � 30� C (86� F) l'humidit� relative de l'air du magasin doit �tre de 100 - 86 = 14 %.

Cette r�gle montre combien il est difficile de conserver des semences aux temp�ratures tropicales.

A titre d'exemple l'IRRI, aux Philippines, conserve ses semences dans les conditions suivantes:

- court terme (5 ans) 20� C - 45 % H.R. sac tissu ou papier,
- moyen terme (20 ans) 4� C - 45 % H.R. boites herm�tiques en aluminium ou flacons de verre,
- long terme (70 ans) 10� C - 30 % H.R. boites herm�tiques sous vide.

Le conditionnement d'air des locaux exige une bonne �tanch�it� de la construction et l'emploi d'�quipements soit de r�frig�ration', soit de d�shydratation de l'air. Les d�shydrateurs d'air classiques compos�s de batteries de dessicants (type Silicagel) permettent de traiter des d�bits d'air de 425 � 850 m�/h avec r�g�n�ration du gel de silice par chauffage �lectrique (ou concentrateur solaire: chauffage � 120� C pendant 16 heures). La quantit� maximum d'eau que peut absorber le Silicagel est fonction de l'humidit� relative comme l'indique le tableau suivant:

H.R. % 20 30 40 50 60
Poids d'eau absorb�e (en % du poids poids du Silicagel) 10 15 22 29 33

Ainsi pour dess�cher 850 m� d'air � 30� C de 100 % � 60 % il faut absorber 10,5 kg d'eau (12,3 g d'eau par m�) donc disposer de 10,5: 0,33 = 32 kg de gel de silice.

La lutte contre les insectes au cours du stockage est identique � celle appliqu�e pour les c�r�ales de consommation avec des pr�cautions particuli�res en cas de fumigation avec du bromure de m�thyle (graines s�ches et dose de traitement de 16 g/m� pendant 24 heures � 20-25� C - 24 g/m� entre 10 et 19� C). La multiplication des traitements peut provoquer une baisse du pouvoir germinatif.

Le stockage des semences en sacs tiss�s doit �tre surveill� avec soin, en particulier dans les r�gions tropicales humides. En pratique le stockage en magasin ordinaire ne devrait pas d�passer l'intercampagne.

L'ensachage herm�tique

est une solution int�ressante en zone humide. Elle permet d'�viter les �changes avec l'air ambiant � condition que les sacs soient �tanches (poly�thyl�ne de 150 microns et sacs soud�s). L'humidit� des c�r�ales doit �tre r�duite entre 8 et 10 % pour �viter le risque de baisse du pouvoir germinatif. Pour les ol�agineux, l'humidit� doit �tre comprise entre 4 et 7 %. Cette solution est � envisager dans les zones tropicales humides surtout pour des conservations de longue dur�e.

Le stockage en sacs sous vide

est une solution qui �tait appliqu�e jusqu'� pr�sent uniquement pour de petites quantit�s de graines de grande valeur. Cette solution est actuellement envisag�e avec des sacs de grande capacit� (jusqu'� 50 litres) sous des vides de 250 � 600 mm. Les films utilis�s sont des complexes (poly�thyl�ne, polyester, etc.) incluant une couche d'aluminium pour obtenir l'�tanch�it� aux gaz que les films uniquement en plastique ne peuvent assurer. Les essais r�alis�s par l'ISRA au S�n�gal ont montr� une bonne conservation de toutes les graines test�es (arachide, mil, sorgho, ni�b�, ma�s) apr�s un an de stockage. La r�sistance m�canique de la sacherie devra �tre am�lior�e et des applications int�ressantes sont possibles:

- arachide : constitution de stocks de s�curit� de semences sans utilisation d'installations frigorifiques. L'application du vide provoque en outre un placage du sac sur la graine et l'immobilise au cours des transports et limite son d�pelliculage;
- semences de c�r�ales : constitution de stocks de s�curit�;
- soja : en climat tropical, les semences se conservent mal d'une campagne � la suivante. Le stockage sous vide (qui n'a pu �tre test� au S�n�gal) pourrait �tre une solution.

Des travaux en cours devraient permettre de pr�ciser l'int�r�t de cette technologie. La modification de l'atmosph�re interne du sac par balayage d'azote ou de gaz carbonique m�rite �galement d'�tre �tudi�e, mais elle suppose un approvisionnement en gaz parfois mal ais� dans les pays en d�veloppement.

En conclusion, les technologies de conditionnement et de stockage des semences, dans les conditions des pays en d�veloppement, existent, mais sont co�teuses et d�licates � mettre en œuvre. Il convient donc de proc�der dans chaque cas � une �tude sp�cifique des moyens les plus �conomiques � employer.


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