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6.3.3. Mat�riels de contr�le

Nous avons �tudi� dans le chapitre Il les mat�riels utilis�s pour le pr�l�vement et l'�chantillonnage des grains. Nous pr�sentons ici des mat�riels de contr�le des principaux facteurs d'alt�ration des denr�es l'humidit� et la temp�rature.

6.3.3.1. Contr�le de l'humidit�

a) RAPPEL

L'humidit� du produit est couramment exprim�e par le rapport en pourcentage du poids d'eau au poids total

Comme nous l'avons d�j� signal�, l'humidit� est parfois exprim�e uniquement par rapport � la mati�re s�che. Il est donc n�cessaire de pr�ciser la d�finition � laquelle on se r�f�re.

b) LES PRINCIPES DE DOSAGE

Les appareils de dosage de l'humidit� mesurent des ph�nom�nes physiques qui varient avec la teneur en eau:

- perte de poids,
- conductivit� et constante di�lectrique des grains,
- humidit� relative de l'air en �quilibre avec le produit.

c) M�THODES

1� M�thode fondamentale (Fig. 195)

Une coupelle contenant 1 g de grains broy�s est plac�e dans une �tuve maintenue � 60� C. La dessiccation s'effectue sous vide partiel, en pr�sence d'anhydride phosphorique (qui absorbe la vapeur d'eau), jusqu'� poids constant. La coupelle est pes�e r�guli�rement (tous les 2-3 jours) et lorsque le poids constant est atteint toute l'eau a �t� �limin�e. Cette m�thode, qui n'est r�alisable que par certains laboratoires bien �quip�s, est tr�s longue (300-400 heures), elle n'est donc pas int�ressante pour l'organisme stockeur, mais sert de r�f�rence pour les autres m�thodes (�talonnage des appareils).

Fig. 195: Sch�ma de la m�thode de r�f�rence.

2� M�thode de r�f�rence �pratique� (Fig. 196)

Un �chantillon de 5 g de produit broy� est plac� dans une �tuve a 130� C. Apr�s un �tuvage de 2 ou 4 h (ma�s) l'�chantillon est plac� dans un r�cipient contenant un produit dessiocateur (gel de silice) et laiss� � refroidir pendant 45 nui. Il est alors pes� � nouveau.

L'humidit� est donn�e par:

Ma�s : �chantillon broy� � 130�-133� C pendant 4 h.
Riz, bl� : �chantillon broy� � 130�-133� C pendant 2 h.
Ol�agineux : grains entiers � 102�-105� C pendant 15 h.

Exemple: si apr�s �tuvage l'�chantillon de 5 g ne p�se plus que 4,2 g, l'humidit� du produit est: (5 - 4,2)/5 100 = 16 %.

Fig. 196: Sch�ma: M�thode de r�f�rence pratique.

La d�shydratation du grain est souvent r�alis�e dans une �tuve multicellulaire CHOPIN (ou �tuve lente).

La d�termination de l'humidit� par dessication est une m�thode tr�s pr�cise (� 0,3 % et souvent moins), mais cependant lente et demandant un appareillage complexe. En fait, elle permettra essentiellement d'�talonner les appareils bas�s sur les autres m�thodes.

3� M�thodes pratiques r�alisables au niveau du silo ou du magasin

- Par dessiccation

Il existe quelques appareils bas�s sur le principe de la dessiccation mais pouvant fournir des r�sultats dans un d�lai assez court. Pour augmenter la vitesse de la mesure on utilise des temp�ratures �lev�es, ce qui risque de fausser l�g�rement la mesure car d'autres produits (huile) risquent d'�tre �limin�s avec l'eau.

�tuve rapide type �CHOPIN� (Fig. 197)

Cet appareil s�che � 160� C - 200� C un �chantillon de quelques grammes (5 � 10 g) dans un petit four �lectrique, l'eau �vapor�e traverse une cartouche de carbure de calcium avec lequel elle r�agit pour former de l'ac�tyl�ne qui est br�l� au niveau d'un bec. Lorsque la flamme dispara�t la d�shydratation est termin�e. La coupelle contenant l'�chantillon est retir�e et laiss�e � refroidir avant d'effectuer une seconde pes�e sur une balance propre � l'appareil dont le fl�au est directement gradu� en pourcentages d'humidit�.

Pour obtenir de bons r�sultats il faut effectuer les pes�es avec une grande pr�cision. La temp�rature de l'�tuve doit �tre stable (mise sous tension longtemps avant la mesure). Il est enfin n�cessaire de renouveler fr�quemment le carbure de calcium (toutes les trois mesures).

Les appareils � dessiccation ont l'avantage d'�tre fid�les quelle que soit l'humidit� du produit � doser et d'�tre pr�cis mais ils pr�sentent plusieurs inconv�nients:

- la pr�paration de l'�chantillon et les pes�es doivent �tre faites avec soin,

- les �chantillons sont tr�s petits (5 � 10 g) et plusieurs mesures sont n�cessaires pour avoir une id�e exacte de l'humidit� moyenne d'un lot,

- les appareils sont fragiles et tributaires d'une source d'�lectricit�,

- la mesure n'est pas imm�diate (10-15 mn),

- utilisation complexe qui ne peut �tre faite que par une personne avertie.

Cependant, dans un organisme stockeur, des appareils de ce type sont indispensables pour permettre par comparaison un �talonnage des diff�rents humidim�tres utilis�s au niveau des silos.

Fig. 197: Principe de l'�tuve rapide Chopin.

Il existe une version moderne de cette �tuve con�ue pour �viter les erreurs de manipulation et homologu�e en France pour les transactions commerciales (Mod�le ERAG 2).

Lampe Infrarouge

L'�chantillon broy� est plac� sur le plateau d'une balance de pr�cision et soumis � l'intense rayonnement d'une lampe infrarouge. L'�vaporation de l'eau provoque le d�s�quilibre de la balance, que l'on compense en d�pla�ant un curseur sur une �chelle gradu�e en pourcentage d'humidit�. Les r�sultats obtenus avec ce type d'appareil sont syst�matiquement inf�rieurs � l'humidit� r�elle, car le produit tend � se mettre en �quilibre avec l'humidit� relative de l'air ambiant et conserve toujours un peu d'eau.

Thermidim�tre AGPM

Pour pallier les nombreuses insuffisances des appareils �lectriques actuellement utilis�s (r�sultats influenc�s par la propret� de l'�chantillon, son niveau d'humidit�...) (voir plus loin), l'A.G.P.M. propose une m�thode par dessiccation sur des �chantillons importants (80 � 120 g), donc plus repr�sentatifs des lots � �tudier. Ce �thermidim�tre� AGPM est constitu� d'une �tuve ventil�e (215 litres) pouvant recevoir 400 �chantillons. Les �chantillons sont conserv�s dans des bo�tes en aluminium d'environ 250 cm�. La d�shydration est conduite � 153� C qui dure de 15 � 23 h suivant les produits.

Cette m�thode est applicable au niveau de grands centres de collecte et pour des produits relativement humides. Elle pr�sente les avantages d'une grande fiabilit� (� 1 point par rapport � la r�f�rence) et d'une bonne repr�sentativit� des lots � analyser (�chantillons importants). Elle a pour principal inconv�nient de ne pas fournir un r�sultat imm�diat (d�lai de 24 h).

- Par mesure des caract�ristiques �lectriques du grain

Les humidim�tres �lectriques mesurent soit la r�sistivit� du produit au passage d'un courant �lectrique continu, soit la constante di�lectrique du produit dans un condensateur soumis � un courant alternatif de haute fr�quence.

Les appareils mesurant la r�sistivit� �lectrique du grain se composent d'un amp�rem�tre �talonn� en degr�s d'humidit� qui mesure l'intensit� du courant apr�s passage dans le godet contenant l'�chantillon.

Fig. 199: Sch�ma d'un hygrom�tre � r�sistivit�. (Doc. B.P.)

Ces mat�riels sont souvent de petits appareils portatifs fonctionnant sur piles, ce qui constitue leur principal avantage. Ils sont �galement peu chers. La mesure est imm�diate, mais ces appareils sont peu fiables. Les mesures peuvent d�pendre de la vari�t� du grain (la forme du grain joue). Certains types n�cessitent un broyage pr�alable, ce qui limite leur utilisation � des produits de teneur en eau inf�rieur � 18%.

Vue la faible fiabilit� de cet appareil, il n'est pas recommand� de l'utiliser au niveau des silos o� comme nous le savons l'humidit� doit �tre d�termin�e avec pr�cision pour esp�rer une bonne conservation. Ce mat�riel pourra rendre service au producteur en l'aidant � appr�cier l'humidit� de ses cultures et � choisir la date de la r�colte.

Exemple d'appareil: DICKEY JOHN.

Les appareils mesurant la constante di�lectrique des grains en haute fr�quence.

L'humidim�tre comprend deux circuits � courant alternatif � relative haute fr�quence (2 400 hertz). Sur l'un d'eux sont plac�s en s�rie un condensateur fixe et un condensateur variable. Le condensateur fixe constitue la chambre de mesure, le grain jouant le r�le de l'isolant. L'introduction du grain provoque une modification de la fr�quence du courant. L'�quilibre est r�tabli avec la fr�quence du circuit de r�f�rence en agissant sur le condensateur variable. L'axe du condensateur porte un index qui, apr�s �talonnage, permet la lecture directe du degr� d'humidit� sur un cadran.

Fig. 200: Sch�ma hygrom�tre � di�lectrique. (Doc. B.P.)

A chaque produit correspond une courbe d'�talonnage de l'appareil. Les caract�ristiques mesur�es pouvant varier selon la forme et la dimension des grains, il est parfois n�cessaire d'avoir des courbes d'�talonnage diff�rentes selon les vari�t�s (avant tout achat d'un humidim�tre, il est recommand� de donner au constructeur le maximum de renseignements sur le produit � tester afin qu'il fournisse un appareil correctement �talonn�).

G�n�ralement les appareils � constante di�lectrique utilisent des �chantillons de grains entiers en quantit� relativement importante (100 � 400 g) ce qui permet une meilleure repr�sentativit� du lot, cependant les mesures peuvent �tre influenc�es par diff�rents facteurs

* la temp�rature de l'�chantillon,
* le tassement de l'�chantillon - son poids,
* la propret� de l'�chantillon,
* la r�partition de l'eau dans le grain.

Temp�rature

Les hygrom�tres sont �talonn�s � 20� C. Lorsque l'�chantillon est � une temp�rature sup�rieure ou inf�rieure, une correction de 0,1 % environ doit �tre apport�e � la lecture par degr� en plus ou en moins. De plus, la lecture n'est valable que si l'appareil et l'�chantillon sont � la m�me temp�rature, il convient donc, dans la mesure du possible, �d'employer l'appareil en un lieu o� la temp�rature est sensiblement �gale � celle du lieu o� le produit est stock�. Le sens de la correction � apporter est indiqu� dans la notice d'utilisation de chaque appareil.

Le tassement - le poids de l'�chantillon

Normalement la mesure doit �tre faite sur un volume fixe de densit� constante. Les appareils sont sensibles au tassement, il faudra �viter les vibrations lors des mesures et verser le grain doucement et uniform�ment dans la chambre de mesure.

Le poids de l'�chantillon joue �galement un r�le important. Des essais r�alis�s par l'I.N.R.A. sur un appareil � constante di�lectrique ont fourni les r�sultats report�s sur la figure 201.

Fig. 201: Influence du poids de l'�chantillon sur la mesure de l'humidit� (appareil � constante di�lectrique).

Il appara�t qu'une erreur de 10 % sur le poids de l'�chantillon se traduit par une erreur de 6 points (de 24 � 30 %) sur la mesure de l'humidit�. Il est donc important que les �chantillons soient �pes�s avec soin�.

Propret� de l'�chantillon

Les appareils sont �talonn�s avec des �chantillons compos�s uniquement de grains entiers. En pratique, les lots de grains contiennent toujours des impuret�s et des brisures et il s'av�re que les appareils y sont sensibles.

Par exemple, des erreurs de mesure de 1,5 � 10 points d'humidit� ont �t� relev�es avec des �chantillons contenant 2 % d'impuret�s et des erreurs de 1 � 4 points avec des taux de brisures de 6 %.

R�partition de l'eau dans le grain

Les appareils �lectriques, travaillant sur des grains entiers, mesurent les caract�ristiques de la p�riph�rie du grain: il est donc important que l'eau soit en �quilibre dans toutes les parties du grain pour que la mesure soit exacte. A la sortie du s�choir, par exemple, la p�riph�rie est plus s�che que l'int�rieur et la mesure est erron�e par d�faut si l'humidit� n'a pas eu le temps de s'homog�n�iser (une dizaine d'heures). D'autre part, lorsque le grain est � temp�rature plus basse que l'ambiance, l'humidit� de l'air se condense sur les graines et la mesure est erron�e par exc�s.

Une mesure exacte de l'humidit� de grains sortant d'un s�choir ou mouill�s superficiellement ne peut �tre faite qu'apr�s environ 10 h d'homog�n�isation.

Enfin rappelons que les mat�riels doivent �tre conserv�s en bon �tat et que l'on doit p�riodiquement v�rifier leur �talonnage. D'autre part un �chantillon ne peut servir qu'une seule fois; son passage dans l'appareil ayant modifi� ses caract�ristiques �lectriques.

Malgr� ces inconv�nients, les appareils �lectriques sont tr�s utilis�s car ils pr�sentent pour le praticien de grands avantages. Ils sont relativement simples d'emploi et fournissent un r�sultat imm�diat sur un �chantillon de plusieurs centaines de grammes qui peut �tre repr�sentatif d'un lot entier si l'�chantillonnage est bien fait. Il existe de nombreux humidim�tres utilisant le principe de la mesure des caract�ristiques di�lectriques du grain (Fig. 202-203).

Ces appareils sont relativement sophistiqu�s et chers.

Pour tous les appareils il existe une marge de tol�rance en fonction de l'humidit� (entonnoir de tol�rance).

Figure

Le Service des Instruments de Mesure a d�fini les marges d'erreurs suivantes:

Titre en eau m�thode de r�f�rence

Marge de tol�rance des appareils agr��s

C�r�ales autres que le riz et le ma�s

Ma�s et riz

Ol�agineux

8

-

-

7,4-8,6

10

9,6-10,4

9,4-10,6

9,2-10,8

12

11,5-12,5

11,4-12,6

11-13

15

14,4-15,6

14,3-15,7

13,8-16,2

20

19,2-20,8

19-21

18,4-21,6

25

24-26

23,8-26,2

-

30

-

28,5-31,5

-

35

-

34,2-36,8

-

40

-

38-42

-

Fig. 202: Le Super MATIK MK 1. (Doc. FOSS ELECTRIC.)

Fig. 203: Le Multigrain TR-Dj. (Doc. TRIPETTE ET RENAUD.)

Enfin signalons que, pour les installations importantes, certains constructeurs proposent des doseurs d'humidit� en continu, des grains ou des poudres. Une onde �lectromagn�tique de tr�s haute fr�quence et de faible puissance traverse le flot de grain. Cette onde est att�nu�e suivant la quantit� d'eau contenue dans le grain; c'est cette att�nuation de l'onde haute fr�quence qui est mesur�e et enregistr�e en continu.

- Appareils mesurant l'humidit� relative de l'air en �quilibre avec le produit:

Nous avons vu, dans l'�tude des �changes air-grain, que l'air situ� entre les grains se mettait en �quilibre hygroscopique avec le produit.

Les appareils de mesure de l'humidit� de l'air sont le plus souvent bas�s sur la variation de longueur d'un cheveu ou d'une fibre synth�tique.

La m�che de cheveux ou de fibres est plac�e dans le corps d'une sonde m�tallique perfor�e, fix�e � l'extr�mit� inf�rieure et reli�e � l'extr�mit� sup�rieure � un m�canisme permettant la lecture de la dilatation sur un cadran gradu�, soit en humidit� relative, soit en humidit� du produit.

Pour effectuer la mesure, la sonde est enfonc�e dans la masse du produit � doser et y est maintenue jusqu'� ce que l'�quilibre soit atteint, ce qui peut demander plusieurs dizaines de minutes. ces appareils sont impr�cis.

Compte tenu du d�lai n�cessaire pour la mesure, ce type d'appareil est peu employ� pour les transactions, mais est pratique pour le contr�le des stocks en vrac ou en sacs. En r�gle g�n�rale, les denr�es sont stock�es � l'humidit� d'�quilibre de 70 %, qui correspond au seuil de d�veloppement des moisissures. La sonde est utilis�e non pas comme appareil de mesure, mais comme appareil de test pour s'assurer que le stock se trouve dans des conditions de conservation satisfaisantes.

- Autres: (pour m�moire)

Test au lithium

Le lithium a la propri�t� de changer de couleur en fonction de l'humidit�. Partant de ce principe, MM. MATTHES et BUTLER proposent une m�thode simple pour tester l'aptitude des grains au stockage. Les auteurs ont mis au point des r�glettes de 3 carr�s de lithium � diff�rentes concentrations. Ces r�glettes sont plac�es avec le produit dans un bocal herm�tique. L'�quilibre est atteint apr�s deux heures environ. Le premier carr� vire du bleu au rose lorsque l'humidit� relative d�passe 45 %; le second vire au rose lorsque l'humidit� d�passe 55 % et le troisi�me lorsque l'humidit� d�passe 65 %. En dehors des p�riodes d'utilisation, les plaquettes sont conserv�es en bocal herm�tique avec un dessiccant apr�s chauffage � 65� C. Les applications de cette m�thode sont limit�es.

En conclusion de cet examen des diff�rents moyens utilis�s pour le dosage de l'humidit�, nous insisterons sur la n�cessit� pour l'utilisateur de bien choisir, dans la vaste gamme des appareils propos�s sur le march�, l'appareil convenant exactement � ses besoins, en pr�cisant la nature du produit � doser, la vari�t� (en fournissant au besoin un �chantillon), les limites sup�rieure et inf�rieure d'humidit� entre lesquelles l'appareil devra donner un r�sultat juste, les conditions et la fr�quence d'utilisation de l'appareil.

La connaissance de la teneur en eau des produits agricoles est essentielle pour mener � bien le stockage, il est donc n�cessaire que tout organisme stockeur (stockage en vrac ou en sacs) puisse disposer de mat�riels de contr�le efficaces. Des mat�riels �lectriques (mesure des caract�ristiques di�lectriques) permettant une lecture directe de l'humidit� devraient �quiper chaque centre de stockage. L'acquisition d'un mat�riel � dessiccation (type �tuve rapide CHOPIN) permettra de contr�ler p�riodiquement les r�sultats. Enfin des appareils portatifs (mesure de la r�sistivit�) tr�s maniables peuvent rendre de grands services au niveau des contr�les en milieu paysan.

Il est donc souhaitable (voire n�cessaire) qu'� l'avenir l'emploi de doseurs d'humidit� se g�n�ralise.

6.3.3.2. Contr�le de la temp�rature

Le contr�le de la temp�rature des produits stock�s est indispensable pour suivre leur �volution au cours de la conservation. Une �l�vation tr�s lente de la temp�rature peut �tre due au r�chauffement de l'atmosph�re ext�rieure, mais elle peut aussi �tre l'indice d'un d�but de d�gradation qu'il faut combattre rapidement. Les contr�les de temp�rature doivent �tre effectu�s fr�quemment pour agir en temps voulu.

Les masses de grains sont rarement homog�nes et les grains sont mauvais conducteurs; il faut donc faire des relev�s en des points assez rapproch�s et bien r�partis.

a) QUALIT�S REQUISES DES APPAREILS DE MESURE

- Pr�cision

Il n'est pas n�cessaire que les appareils soient tr�s pr�cis, compte tenu de l'h�t�rog�n�it� �voqu�e plus haut. En g�n�ral, une pr�cision de l'ordre du degr� centigrade est suffisante.

- Sensibilit�

Les appareils doivent �tre sensibles pour indiquer de faibles variations de temp�rature, de fa�on � d�celer tout �chauffement, m�me minime.

- Fid�lit�

Il est tr�s important que les appareils indiquent le m�me r�sultat � des moments diff�rents si, entre temps, la temp�rature de la masse n'a pas vari�. De m�me, il est important qu'ils fournissent la m�me lecture si, apr�s un �chauffement combattu par ventilation par exemple, la masse est ramen�e � sa temp�rature d'origine.

- Robustesse

Qu'il s'agisse d'appareils fixes ou d'appareils mobiles, les thermom�tres doivent �tre particuli�rement bien prot�g�s contre les chocs, les frottements, etc.

- Simplicit�

La mise en œuvre et la lecture des thermom�tres doit �tre simple, sans mise au point longue et fastidieuse.

b) DIFF�RENTS TYPES D'APPAREILS DE MESURE

Selon les principes de mesure utilis�s, on distingue cinq grands types d'appareils.

- Thermom�tres � liquide

Ils mesurent la dilatation d'un liquide (mercure ou alcool) sous l'influence de la temp�rature. Plac�s dans des sondes m�talliques, ils permettent de mesurer la temp�rature � l'int�rieur des sacs ou dans des grains en masse sous faible �paisseur. On peut �galement placer des tubes verticaux ou inclin�s dans la masse de grains et y faire descendre le thermom�tre pendu � un fil. La pr�sence du tube provoque des erreurs par effet de chemin�e et par son interposition entre le grain et le thermom�tre. De plus, le d�placement du thermom�tre entre le point de mesure et le point de lecture entra�ne une erreur, quelle que soit l'inertie du thermom�tre.

Malgr� leurs inconv�nients, les thermom�tres � liquide rendent de grands services dans les stockages en sacs et dans les stockages en vrac dont l'importance ne justifie pas l'acquisition de mat�riel plus co�teux.

- Thermom�tres � r�sistance

La r�sistance �lectrique d'un conducteur m�tallique cro�t avec sa temp�rature. Cette propri�t� est utilis�e dans les thermom�tres � r�sistance. L'�l�ment r�sistant est un filament fin en platine, cuivre, acier ou nickel, dans lequel on fait passer un courant �lectrique. La lecture est obtenue par �quilibrage d'un pont de WHEASTONE. Le filament, qui mesure plusieurs m�tres, est plac� dans un c�ble creux pendu au plafond de la cellule. La temp�rature lue n'est pas la temp�rature en un point, mais la temp�rature moyenne du grain le long du filament, ce qui est un avantage car, compte tenu de la mauvaise conductibilit� du grain, les mesures ponctuelles obligent � multiplier les points de mesure pour avoir une id�e exacte de la temp�rature moyenne d'un lot.

- Thermistances

Les thermistances mesurent la r�sistivit� �lectrique de semiconducteurs, corps qui se situent entre les isolants et les conducteurs et dont la r�sistivit� �lectrique diminue lorsque leur temp�rature augmente. Les thermistances sont beaucoup plus sensibles que les r�sistances et moins encombrantes.

Le capteur de temp�rature se compose de la thermistance (sph�re de 3 mm de diam�tre en semi-conducteur par exemple) et de ses deux conducteurs de raccordement. Le tout est noy� dans une canne en fibre de verre de tr�s grande rigidit� m�canique (coefficient de rupture sup�rieur � plusieurs tonnes) et de faible diam�tre (6 mm), ce qui permet d'enfoncer les sondes jusqu'� 4 m de profondeur sans effort particulier ou de les fixer au plafond avec des dispositifs d'ancrage simplifi�s.

Fig. 204: Canne sonde. (Doc. Foss ELECTRIC.)

Dans les petites installations, un bottier de lecture portable permet de relever la temp�rature en chaque point successivement. Dans les centres plus importants, chaque capteur est reli� � une armoire de contr�le qui permet, sans d�placement de l'op�rateur, de conna�tre les temp�ratures en tous points des cellules. Sur certains mat�riels perfectionn�s, les temp�ratures sont relev�es et inscrites automatiquement � des intervalles de temps pr�d�termin�s, ce qui permet d'appr�cier l'�volution des temp�ratures par simple juxtaposition des enregistrements.

Fig. 205: Sonde + c�ble + dispositif d'attache au sommet de la cellule. (Doc. FOSS ELECTRONIC.)

Fig. 206: Sch�ma d'une installation de contr�le de la temp�rature. (Doc. INTERD�TECTEURS.)

- Thermocouples

Le thermocouple est form� de deux fils de nature diff�rente (constantan et cuivre par exemple), soud�s � leurs deux extr�mit�s. Lorsque les extr�mit�s sont � des temp�ratures diff�rentes, il y a cr�ation d'un courant �lectrique (faible, mais d�tectable), dont l'importance est fonction de l'�cart de temp�rature. En fixant la temp�rature de l'une des soudures (glace fondante) et en pla�ant sur le circuit un appareil permettant de mesurer le courant �lectrique (galvanom�tre ou potentiom�tre), on obtient un appareil de mesure de la temp�rature sous r�serve d'un �talonnage soigneux du dispositif,

La mise en œuvre de thermocouples est d�licate et actuellement la plupart des installations �lectriques de silothermom�trie emploient des thermistances.

Il existe donc une large gamme d'appareils de mesure pour la temp�rature des produits stock�s. Tous les centres de stockage devraient en �tre �quip�s, car l'�l�vation de la temp�rature est le premier indice d'une mauvaise conservation.

La mesure des deux facteurs principaux de d�gradations des denr�es que sont l'humidit� et la temp�rature est essentielle pour suivre rationnellement et efficacement le stockage. Nous venons de pr�senter diff�rents mat�riels de contr�le couramment employ�s (ou susceptibles d'�tre utilis�s) au niveau des installations de stockage en vrac. Nous pouvons simplement rappeler que ces mat�riels sont �galement indispensables au contr�le des produits stock�s en sacs. Signalons actuellement l'existence de nombreux thermom�tres � lecture digitale relativement bon march� et d'utilisation ais�e.

6.3.4. Mat�riels de d�sinsectisation

Nous rappelons ici la n�cessit� d'�quiper les silos de mat�riels de d�sinsectisation et notamment de pr�voir au niveau de la cha�ne vrac, un appareil pour l'application d'insecticides de contact (n�bulisateur).

Nous ne traiterons pas ici les diff�rents mat�riels; le lecteur peut se reporter au chapitre VII consacr� � la d�sinsectisation.

6.3.5. Maintenance des �quipements

Pour assurer la bonne marche des mat�riels fonctionnant dans les installations de stockage il est n�cessaire d'effectuer p�riodiquement l'inspection et l'entretien des diff�rents appareils.

En particulier:

• l'entretien des moteurs thermiques (vidange, r�glage, changement des filtres, etc.),

• la vidange des r�ducteurs (toutes les 1000 h � 3 000 h),

• le contr�le de la tension des courroies (dans le cas de courroies multiples si l'une d'elle casse, c'est l'ensemble du jeu qu'il faut changer),

• le contr�le de la tension des mat�riels de manutention: tension des bandes, des transporteurs � cha�nes, etc.

• le graissage g�n�ral des mat�riels,

• le d�poussi�rage des moteurs �lectriques.

Il faut �viter les accumulations de poussi�re dans toutes les zones de frottement important risquant de cr�er des �chauffements.

On devra disposer d'un stock de pi�ces de rechange

• pour les moteurs,

• pour les mat�riels de manutentions (roulements, godets, maillons de cha�ne, rouleau de bande transporteuse, etc.),

• pour les syst�mes �lectriques (fusibles, etc.).

Pour les centres importants il est recommand� de pr�voir un atelier d'entretien et de s'assurer les services d'un m�canicien et d'un �lectricien. Bien que le magasinier doive �tre capable de r�parer les petites pannes, il devra faire appel, pour les pannes importantes ou pour la remise en �tat du mat�riel apr�s chaque campagne, � des ouvriers sp�cialis�s.

6.4. S�curit� dans les silos

6.4.1. S�curit� courante
6.4.2. Poussi�res

 

6.4.1. S�curit� courante

Comme dans toutes les installations o� travaillent des hommes et fonctionnent des machines, il faut veiller � �viter au maximum les risques d'accidents corporels.

Les circuits et syst�mes �lectriques qui peuvent �tre � l'origine d'�lectrocutions et d'incendies doivent �tre correctement prot�g�s. On devra utiliser du mat�riel en bon �tat, �viter les installations provisoires avec c�bles �lectriques pendant ou tra�nant sur le sol et pr�voir des coupe-circuit et des interrupteurs d'arr�t d'urgence pr�s des appareils en mouvement (manutention).

Les pi�ces en mouvement des machines doivent �tre correctement prot�g�es par des capots. Pour permettre le contr�le des pi�ces mobiles, ces capots pourront �tre en grillage ou en m�tal d�ploy�.

Pour acc�der aux parties hautes des silos, les installations sont pourvues d'�chelles et de passerelles. Ces �chelles doivent �tre �quip�es de �crinolines� (diam�tre 70 cm) et les passerelles munies de rampes de s�curit�.

Lorsque des incidents particuliers interviennent au cours du stockage, tels que prise en masse ou ph�nom�ne de vo�tage � la vidange, des mesures particuli�res de s�curit� doivent �tre prises. Il faudra �viter de travailler sous le fond conique des cellules verticales. Une rupture de vo�te et une chute brutale de produit sur le fond peuvent entra�ner sa rupture et occasionner de graves accidents. Il sera prudent de travailler au-dessus du niveau de la mati�re stock�e. Enfin, toute intervention au niveau d'une cellule, doit toujours �tre faite par une �quipe d'au moins deux personnes; l'une d'entre elles se tenant pr�te � intervenir en cas d'accident.

Le probl�me le plus grave au niveau des silos est certainement celui constitu� par l'accumulation de poussi�res et les risques d'explosion qu'elles pr�sentent. Ces accidents sont heureusement peu fr�quents mais dans tous les cas ils entra�nent des d�g�ts consid�rables et parfois mort d'homme.


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