51. Constructions m�caniques, ateliers et chantiers navals
Table des
mati�res - Pr�c�dente
- Suivante
1. Pr�sentation du domaine d'intervention
2. Effets sur l'environnement et mesures de
protection
2.1 Risques potentiels des diverses techniques de fabrication
2.1.1 Fabrication des pi�ces par enl�vement de mati�re
2.1.2 Nettoyage et d�graissage des pi�ces
2.1.3 Mise en peinture
2.1.4 Electrod�position
2.1.5 Soudage
2.1.6 Brasage
2.1.7 Meulage2.2 Constructions m�caniques et gestion d'ateliers et de chantiers navals
2.2.1 Air pollu�
2.2.2 Eaux r�siduaires
2.2.3 D�chets
2.2.4 Sols
2.2.5 Bruit
3. Aspects � inclure dans l'analyse et l'�valuation de l'impact sur l'environnement
4. Interactions avec d'autres domaines
d'intervention
5. Appr�ciation r�capitulative de l'impact
sur l'environnement
6.
Bibliographie
1. Pr�sentation du domaine d'intervention
Le domaine des constructions m�caniques englobe une s�rie d'activit�s ayant pour objet l'�laboration de pi�ces � partir de m�taux ferreux et non ferreux. Il existe toute une gamme de proc�d�s de fabrication, que l'on peut regrouper de la fa�on suivante:
A: Fabrication des pi�ces par enl�vement de mati�re
* Per�age
* Fraisage
* Sciage
* Rabotage
* Brochage
* Meulage
* Limage
* Sablage
* Burinage
* Rodage
* Tournage
B: Fabrication des pi�ces sans enl�vement de mati�re Assemblage thermique
* Soudure autog�ne
* Soudage �lectrique par r�sistance
* Soudage sous gaz
* Soudage � l'arc protecteur sous flux
* Rechargement
Coupage thermique
* Oxycoupage
* Coupage au plasma
Formage
* Forgeage
* Emboutissage
* Pliage
S�paration
* Poin�onnage
* Coupage
* Cisaillage
* Grignotage
Assemblage
* Rivetage
* Collage
* Brasage
Traitements de surface
* Nettoyage des surfaces
* D�graissage
* D�capage
* Rev�tement de surface
* Electrod�position
* Phosphatation
* Chromatation
* Anodisation
* Emaillage
* Galvanisation � chaud
* Mise en peinture
* Am�lioration des propri�t�s superficielles
Ces divers proc�d�s de fabrication utilisent des mati�res premi�res pouvant receler de s�rieux risques pour l'environnement (m�taux lourds, par ex.), et n�cessitent parfois l'usage de consommables dangereux (nettoyants contenant des hydrocarbures chlor�s etc.). Les op�rations d'usinage sont par ailleurs des activit�s g�n�ratrices de vapeur, de chaleur, de bruit, de d�chets divers et d'eaux us�es, en d'autres termes de nuisances pour l'environnement et pour l'homme, notamment lorsque le travail s'effectue dans des locaux ferm�s.
Sur les chantiers navals, les travaux de soudage constituent la principale source de nuisances. Les ouvriers �tant souvent amen�s � travailler en atmosph�re confin�e dans les cales compartiment�es des navires, les risques pour la sant� d�crits ci-apr�s se trouvent encore renforc�s.
2. Effets sur l'environnement et mesures de protection
L'�laboration d'un produit de m�tallurgie est un processus qui se subdivise en de nombreuses �tapes successives. En termes de nuisances, les effets de ce processus se r�percutent en premier lieu sur les postes de travail correspondants et donc sur les personnes employ�es � ces t�ches. Ces effets touchent �galement l'environnement au sens large, les polluants ou nuisances pouvant �tre v�hicul�s par l'air ou l'eau ou encore se r�pandre dans le sol.
Etant � proximit� des lieux d'�mission, le personnel est particuli�rement expos� aux risques engendr�s par la production. Dans les pays hautement industrialis�s, ceci se traduit par des textes l�gislatifs et r�glementaires d�taill�s visant � assurer la s�curit� du travail. Les risques auxquels est expos� le personnel sont d�crits ci-apr�s pour les techniques de fabrication les plus importantes et les plus significatives en termes de nuisances. Nous aborderons ensuite les r�percussions sur l'environnement au sens large, y compris les probl�mes relatifs aux d�chets.
2.1 Risques potentiels des diverses techniques de fabrication
2.1.1 Fabrication des pi�ces par enl�vement de mati�re
Pour le travail des m�taux, on emploie des huiles et des pr�parations � base d'huile appel�es huiles ou lubrifiants de coupe. Ces fluides servent � la fois � la lubrification et au refroidissement des outils et des pi�ces � usiner lors des travaux de per�age, fraisage, tournage, d�coupage, rodage, rectification, etc. et visent notamment � �viter l'�chauffement excessif et une �ventuelle fusion de la pi�ce et de l'outil. Afin de dissiper la chaleur, on pr�voit une lubrification par arrosage ou vaporisation � raison de jusqu'� 100 litres d'huile/mn. Sous l'effet de l'aspersion des outils ou des pi�ces en mouvement, qui peuvent devenir tr�s chauds, il se forme des vapeurs contenant de fines gouttelettes d'huile, appel�es a�rosols.
Les techniques de travail des m�taux n�cessitent des lubrifiants devant concilier diff�rentes propri�t�s (peu moussant, inhibiteurs de corrosion, bonne stabilit� chimique, etc.).
Ces diverses propri�t�s impliquent le recours � un nombre plus ou moins importants de produits chimiques. Ils sont employ�s comme additifs dans les huiles de coupe non miscibles � l'eau ou dans les concentr�s miscibles � l'eau.
On d�nombre plus de 300 substances diff�rentes pouvant entrer dans la composition des lubrifiants de coupe. Le tableau suivant donne un aper�u des cat�gories de substances et de leurs effets respectifs.
| Cat�gorie | Effets | Exemples |
| Huile min�rale | Effet lubrifiant | Hydrocarbures � diff�rents points d'�bullition ; huiles grasses ; esters |
| Additifs polaires | Am�liorer les propri�t�s lubrifiantes | Graisses naturelles et huiles d'esters synth�tiques |
| Additifs EP (extr�me pressure) | Eviter les microsoudures entre les surfaces m�talliques en cas de hautes pressions et temp�ratures | Graisses et huiles soufr�es, compos�s phosphor�s, compos�s chlor�s |
| Additifs anticorrosion | Emp�cher la formation de rouille sur les surfaces m�talliques | Alcanolamines, sulfonates, compos�s organiques du bore, nitrite de sodium |
| Additifs antin�bulisation | Emp�cher la d�sagr�gation de l'huile pour produire moins de brouillard d'huile | Substances de poids mol�culaire �lev� |
| Substances antivieillissement | Emp�cher les r�actions au sein du lubrifiant | Sulfures organiques, dithiophosphate de zinc, amines aromatiques |
| Lubrifiants solides | Am�liorer la lubrification | Graphites, sulfures de molybd�ne, ammonium-molybd�ne |
| Emulsifiants | Assurer la miscibilit� huile/eau | Tensioactifs, sulfonates de p�trole, savons alcalins, savons amin�s |
| Antimoussant | Emp�cher la formation de mousse | Polym�res de silicone, tributylphosphate |
| Biocides | Emp�cher l'apparition de bact�ries/germes/moisissures | Formald�hyde, ph�nol, d�riv�s de formald�hyde |
On constate aujourd'hui que l'emploi g�n�ralis� des lubrifiants de coupe s'accompagne d'une augmentation consid�rable de certaines maladies professionnelles. On a pu observer notamment des affections cutan�es, pulmonaires et canc�reuses.
Dans les cas o� les lubrifiants de coupe s'av�rent indispensables, on assurera le captage des brouillards le plus pr�s possible du lieu d'�mission ou on pr�voira un encoffrement des �quipements. Les mesures de protection individuelle telles que le port de tenues de protection et l'emploi de produits dermatologiques sp�ciaux doivent �tre respect�es imp�rativement. Au sein des entreprises, on �tablira des plans pour l'application des consignes de s�curit� dermatologiques.
Les lubrifiants de coupe �tant de nature organique, il arrive souvent de voir s'y d�velopper des bact�ries qui peuvent avoir des r�percussions s�rieuses sur la sant�. Le d�veloppement de ces bact�ries est favoris� par les temp�ratures ambiantes �lev�es. C'est pourquoi les produits sont additionn�s de substances bact�ricides. Un renouvellement � temps des lubrifiants de coupe permettra d'�viter les trop hauts dosages de ces additifs bact�ricides, qui sont eux m�mes nocifs. Cette m�thode pr�sente toutefois l'inconv�nient de faire augmenter les quantit�s totales de d�chets � �vacuer. Le cas �ch�ant, il faudra veiller au stockage dans les r�gles des lubrifiants de coupe qui ont "tourn�", ainsi qu'� la s�paration/au fractionnement des huiles et graisses �mulsionn�es, compos�s m�talliques et autres substances.
Dans l'entreprise, on fournira au personnel concern� une notice d'utilisation ainsi que les fiches de s�curit� faisant �tat des risques li�s aux lubrifiants employ�s, toutes r�dig�es dans la/les langues du pays. Il importe que le personnel travaillant avec ces produits soit conscient de leurs effets � long terme, leur apparence souvent cr�meuse et leur odeur agr�able pouvant donner l'illusion qu'ils sont parfaitement inoffensifs.
Il n'existe pas de seuil limite g�n�ral pour la pr�sence de lubrifiants de coupe dans l'air ambiant. N�anmoins, on pourra prendre comme points de rep�re les seuils de concentration maximum dans les ambiances professionnelles, d�finis s�par�ment pour chaque substance. La direction de l'entreprise devrait s'informer des lubrifiants de coupe les plus inoffensifs et faire en sorte qu'ils soient employ�s de pr�f�rence aux autres.
2.1.2 Nettoyage et d�graissage des pi�ces
En vue d'un traitement de surface, d'un encollage, etc. les pi�ces � usiner doivent �tre d�barrass�es de l'huile, des graisses, de la r�sine, de la cire, de la cellulose, du caoutchouc ou des mati�res plastiques pouvant y adh�rer. Des solvants sont utilis�s couramment � cet usage. Il existe diverses m�thodes de d�graissage et de nettoyage des pi�ces, entre autres le d�graissage par immersion � froid, par immersion � chaud ou le d�graissage en phase vapeur ou encore des proc�d�s mixtes.
Le d�graissage par immersion � froid fait souvent intervenir des m�langes de solvants employ�s dans des cuves ouvertes, � temp�rature ambiante, et dont l'utilisateur ne conna�t pas la composition exacte. Selon le solvant ou la combinaison de solvants employ�s, les vapeurs d�gag�es peuvent �tre explosibles lorsqu'elles se m�langent � l'air. La grande majorit� des solvants pr�sente des propri�t�s pr�judiciables � la sant�.
Parmi les solvants, on distingue d'une part les compos�s organiques tels que les hydrocarbures, les hydrocarbures halog�n�s, l'�ther (di�thyl�ther, t�trahydrofuranne, dioxane), et les c�tones (ac�tone, m�thyl�thylc�tone), d'autre part les alcalis organiques (soude caustique, ammoniac) et les acides (acide chlorhydrique, acide nitrique, acide sulfurique).
Les hydrocarbures halog�n�s les plus importants sont les hydrocarbures chlor�s tels le tri, le t�tra et le perchlor�thyl�ne, le dichlorom�thane, le t�trachlor�th�ne, etc.. En raison de leur caract�re volatile et de leur capacit� � dissoudre les graisses, les hydrocarbures chlor�s sont employ�s pratiquement dans tous les domaines du travail des m�taux comme produit de nettoyage, pour le nettoyage � froid comme pour le d�graissage � chaud. Ce caract�re volatile comporte des avantages pour la phase de s�chage apr�s le nettoyage, mais il oblige en m�me temps � surveiller la concentration en solvants aux postes de travail pour des motifs de s�curit�. En cas de contact cutan� ou d'inhalation, les hydrocarbures chlor�s peuvent provoquer des l�sions des muqueuses, du syst�me nerveux central, du foie, des reins et des poumons.
La plupart des solvants organiques sont en outre inflammables et particuli�rement dangereux pour le milieu hydrologique.
Dans le cadre de certains proc�d�s de substitution, on emploie des solutions aqueuses alcalines (avec tensioactifs et autres substances de lavage selon diff�rentes concentrations) ou de l'eau (d�graissage par aspersion).
En plus des aspects de la s�curit� du travail, il faut tenir compte du fait que pratiquement tous les solvants repr�sentent une charge polluante importante pour l'environnement. On soulignera en particulier les effets nocifs li�s � l'�vaporation des solvants, les risques pour les sols et la nappe phr�atique et les probl�mes d'�vacuation des solvants us�s ou des boues en contenant.
Les proc�d�s modernes visant � r�duire les probl�mes d'�vacuation sont bas�s avant tout sur le principe de la limitation � la source, c'est-�-dire que le but n'est pas de traiter apr�s coup les bains et eaux de rin�age fortement charg�s en impuret�s, mais de recourir � des techniques �vitant d�s le d�part de grandes quantit�s d'eaux us�es. On pourra commencer par exemple par proc�der � la r�g�n�ration des bains par filtration sur membranes et � l'aide d'�changeurs d'ions, prolongeant ainsi leur dur�e d'utilisation. Un autre moyen de limiter le d�bit d'eaux us�es consiste � r�utiliser les eaux de rin�age en leur faisant subir une s�paration en continu des impuret�s et des huiles (�changeurs d'ions fonctionnant en circuit ferm�, fractionnement des �mulsions et techniques de rin�age en cascade). Les eaux us�es produites sont non seulement r�duites, mais aussi moins charg�es en polluants. On peut tenter en outre de traiter les solvants en circuit ferm� pour pouvoir les recycler. Cette technique n'�tant pas r�alisable pour tous les produits, par ex. pour les tensioactifs, on donnera le cas �ch�ant la priorit� � l'am�lioration de leur biod�gradabilit�. La direction de l'entreprise devrait optimiser son choix de solvants suivant des consid�rations techniques et �cologiques.
Pour les op�rations de d�graissage effectu�es � l'aide de solvants organiques, on appliquera les r�gles de s�curit� suivantes:
- Ne pas utiliser des produits que l'on ne conna�t pas ;
- Travailler si possible avec des appareillages ferm�s ;
- Assurer la ventilation et l'a�ration efficaces des locaux de travail ;
- Assurer un bon captage des poussi�res/vapeurs/brouillards sur le poste de travail ;
- Eviter les contacts cutan�s ;
- Se servir des protections individuelles pr�vues ;
- Les solvants �tant plus lourds que l'air, ils s'accumulent dans les fosses, les caves, les r�servoirs et les d�pressions du sol, en chassant l'air ; on peut pr�venir les risques d'asphyxie en pr�voyant des ouvertures au niveau du sol et un syst�me d'a�ration ;
- Pour le nettoyage de petites pi�ces � l'aide de solvants inflammables, utiliser uniquement des r�cipients non combustibles avec couvercles autofermants ;
- Sur le lieu de travail, garder uniquement les quantit�s de solvant combustible n�cessaires et les stocker dans des r�cipients ad�quats avec couvercles � fermeture �tanche ;
- Eviter l'�lectricit� statique ;
- Signaler les solvants employ�s, les restrictions d'emploi et les mesures de s�curit� correspondantes dans les notices d'utilisation, initier le personnel servant ;
- Prot�ger et verrouiller les installations lorsqu'elles ne sont pas en service ;
- Eviter de pulv�riser les produits de d�graissage � la main � l'aide de pistolets;
- Eviter de s�cher par soufflage d'air comprim� les surfaces qui ont �t� trait�es avec des solvants chlor�s;
-Dans le cas d'installations de d�graissage ouvertes, on tiendra compte de la quantit� de solvant refoul�e lors de l'immersion d'une pi�ce pour les dimensionner correctement ;
- Les pi�ces trait�es devraient sortir de l'installation exemptes de solvant.
2.1.3 Mise en peinture
La plupart des peintures contiennent d'importantes quantit�s de solvants � base d'hydrocarbures ou d'hydrocarbures chlor�s (les peintures � appliquer au pistolet jusqu'� 90%, en r�gle g�n�rale 50 � 70%), qui s'�vaporent au cours de la pulv�risation et lors du s�chage. Les peintures contiennent en outre des substances colorantes tr�s finement r�partis, appel�es pigments. Certains de ces pigments sont hautement toxiques. Les peintures devant r�pondre � tout un �ventail d'exigences de qualit� en fonction de l'application, les syst�mes existants sont donc tr�s diversifi�s.
Il existe trois moyens d'�viter les �missions de solvants dans les installations de peinture, � appliquer s�par�ment ou de fa�on combin�e:
- Utilisation de peintures � faible proportion de solvants
Des peintures � forte teneur en solides (High Solids), des peintures hydrosolubles et � dispersion ont �t� mises au point � cet effet. Une autre solution de substitution consiste � utiliser de la peinture en poudre exempte de solvants, selon une technique de plus en plus r�pandue.
- Recours � des proc�d�s d'application � haut rendement
Les �missions de solvants ne d�pendent pas seulement des formulations de peinture mais �galement du proc�d� d'application. Un des crit�res d'appr�ciation important � cet �gard est le rendement superficiel sp�cifique (RSS), d�fini comme le rapport de la peinture adh�rant au subjectile � la quantit� totale utilis�e. Moins ce rendement sera bon, plus la consommation de peinture sera �lev�e, et par voie de cons�quence, les �missions de solvants. Le RSS d�pend en premier lieu du proc�d� employ�, mais �galement de la forme des pi�ces � peindre.
On trouvera ci-apr�s, � titre indicatif, les valeurs de rendement superficiel sp�cifique pour les diff�rents proc�d�s d'application de peinture sur des objets de grande surface:
- Pistolage � air comprim� 65%
- Pistolage sans air 80%
- Poudrage 98%
(avec r�cup�ration de l'overspray)
- Application �lectrostatique 95%
- Trempage, immersion 90%
- Machine � rideau, laquage en bande env. 100%
- Application � la brosse, au pinceau ou au rouleau 98%
Le choix du proc�d� d'application est conditionn� par certaines exigences de qualit�, par ex. �paisseur du feuil, rugosit� de la surface, etc. et est donc �troitement li� � l'usage pr�vu pour la pi�ce � traiter.
Les quantit�s d'effluents gazeux, qui varient en
fonction du proc�d� retenu, peuvent �tre r�duites
sensiblement par encoffrement de la zone de travail et par
un circuit de brassage d'air, de sorte que l'�puration
des effluents n�cessite moins de moyens techniques.
- Captage et �puration des effluents gazeux (avec
recyclage de solvant)
2.1.4 Electrod�position
Pour conf�rer � une surface des propri�t�s particuli�res (rehaussement de la qualit� de surface), les pi�ces sont rev�tues d'une couche de chrome (chromage), de zinc (zingage), d'�tain (�tamage), de cuivre (cuivrage), de cadmium (cadmiage), de plomb (plombage) ou de laiton. Pour ce faire, le m�tal � d�poser est soumis � un processus �lectrochimique qui permet de l'extraire d'une solution d'�lectrolyte. Afin que le rev�tement m�tallique puisse �tre appliqu� ainsi par �lectrolyse, la pi�ce � recouvrir doit �tre nettoy�e et d�graiss�e au pr�alable.
Dans le cas d'un nettoyage et d'un d�graissage � froid, on tiendra compte des risques li�s aux produits � utiliser (Cf. 2.1.2). On peut �galement avoir recours au proc�d� d'immersion � chaud pour le nettoyage grossier pr�liminaire. Dans ce cas, on emploie des alcalis puissants tels que la soude caustique ou la potasse caustique. Ces alcalis peuvent provoquer des br�lures chimiques lorsqu'ils atteignent les yeux, la peau et les voies respiratoires (projections, brouillards et poussi�res). Dans l'�tape de nettoyage fin qui suit, on applique fr�quemment un proc�d� �lectrolytique. Les �lectrolytes employ�s consistent en des solutions de sels alcalins (5% de soude caustique) ou de sels cyanur�s. Outre les dangers d�j� mentionn�s pour le d�graissage par immersion � chaud, il convient d'attirer l'attention sur le ph�nom�ne de formation d'hydrog�ne qui requiert un captage appropri� afin qu'on ne puisse atteindre le seuil o� le m�lange air-hydrog�ne devient explosible. Les d�tecteurs de gaz augmentent la s�curit� sur le lieu de travail.
Pour �liminer la calamine et d'autres contaminants sur les surfaces m�talliques, on emploie des d�graissants et des produits de d�capage, � savoir des acides (de la soude caustique pour l'aluminium) tels l'acide sulfurique, chlorhydrique, phosphorique, fluorhydrique ou nitrique, qui attaquent et dissolvent la surface de la pi�ce � traiter. Les effets nocifs pour la sant� se manifestent principalement par des affections cutan�es ; on notera �galement le risque d'inhalation de vapeurs et gaz dangereux en cas d'aspiration insuffisante aux postes de travail. Sont particuli�rement dangereux les gaz nitreux pouvant r�sulter de la manipulation d'acide nitrique ainsi que les compos�s fluor�s se formant � partir de l'acide fluorhydrique et le chlorure d'hydrog�ne provenant de l'acide chlorhydrique.
On emploie des cyanures pour le nettoyage dans des bains de sel (fluorures), le d�capage (�limination d'une fine pellicule de mati�re � la surface des pi�ces), le brillantage chimique et �lectrolytique, de m�me que pour le rev�tement de surfaces et les proc�d�s de trempe thermochimiques. Le personnel charg� de ces op�rations risque non seulement des affections cutan�es mais �galement une intoxication par l'acide cyanhydrique, si les solutions cyanur�es entrent en contact avec des acides. Les bains acides et les bains cyanur�s doivent donc �tre couverts et s�par�s par des cloisons. La mention du produit auquel ils sont r�serv�s devra �tre appos�e � un endroit bien visible sur les r�cipients et appareils auxiliaires afin d'�viter que des substances susceptibles de r�agir entre elles puissent entrer en contact. Pour chaque application pr�cise, on v�rifiera les possibilit�s de remplacement des cyanures par des substances moins nocives.
Pour le rev�tement d'une pi�ce, il existe une infinit� de variantes et phases de travail possibles. Celles-ci font appel � toutes sortes de produits couvrant toute la gamme des dangers et risques imaginables. Le danger peut provenir tant des composants principaux des bains que des diff�rents additifs tels �mulsifiants, agents moussants et mouillants.
Lors du remplissage des bains et autres pr�paratifs, il peut dans certains cas se former de tr�s puissants a�rosols. Les �manations de gaz (hydrog�ne) produites par le processus �lectrolytique peuvent entra�ner les mati�res dans l'air ambiant.
Dans le cadre des travaux de rev�tement, on soulignera les affections cutan�es et notamment les risques d'allergie au nickel et aux chromates. Tant le nickel que les chromates peuvent avoir des effets canc�rog�nes s'ils ont �t� absorb�s. Le seuil de concentration maximale du nickel sous forme de particules liquides est fix� en Allemagne � 0,05 mg/m3 d'air.
2.1.5 Soudage
Le terme de soudage d�signe une m�thode d'assemblage de mat�riaux sous l'action de la chaleur et/ou une force de compression avec ou sans m�tal d'apport (antioxydant)
Les proc�d�s les plus courants sont le soudage aux gaz, le soudage � l'arc et le soudage sous gaz protecteur (soudage sous gaz inerte).
Les nuisances sp�cifiques aux postes de soudage sont les suivantes:
- produits chimiques contenus dans les gaz, vapeurs et
poussi�res d�gag�es
- hautes temp�ratures (env. 3 200� - 10 000�C)
- rayonnement rayons U.V.: l�sions oculaires, fortes irritations
cutan�es aux parties non couvertes rayons IR: peuvent p�n�trer
dans le corps vitr� de l'oeil jusqu'� la r�tine et provoquer
la cataracte du feu.
- bruit (jusqu'� 110 dB(A)).
Les risques li�s � ce genre de travail varient en fonction des mat�riaux utilis�s, combustibles, gaz protecteurs et mat�riaux d'apport employ�s ainsi que du rev�tement des pi�ces. Le tableau de la page suivante donne un aper�u des polluants engendr�s par les diff�rents proc�d�s de soudage. A souligner notamment: le chrome et le nickel, �l�ments carcinog�nes et mutag�nes. Certains �l�ments dangereux se retrouvent dans les fum�es de soudage � raison de plus de 1% et peuvent se r�percuter sur la sant�. Des �tudes cliniques et �pid�miologiques ont fait ressortir chez les soudeurs une multiplication des cas de bronchite chronique et d'affection des voies respiratoires.
Les diff�rents proc�d�s de soudage d�gagent entre autres les substances polluantes suivantes:
| Polluant | Origine | Proc�d� de soudage | MAK* mg/m3 | |
| Plomb | PbO | Soudage de plomb ou de pi�ces plomb�es | tous | 0,1 |
| Chrome | Cr2/3 | Soudage avec �lectrodes en alliage, acier Cr.-Ni | tous | |
| Cadmium | CdO | Pi�ces cadmi�es | tous | 0,05 |
| Monoxyde de carbone | CO | Soudage avec �lectrodes � enrobage basique, flamme gaz | tous | 30 |
| Dioxyde de carbone | CO2 | Soudage au gaz, soudage aux �lectrodes enrob�es, gaz de protection | tous | 5000 |
| Cuivre | CuO | Soudage de cuivre et de pi�ces cuivr�es | tous | 0,1 |
| Mangan�se | MnO | Soudage de pi�ces contenant du mangan�se, �lectrodes (tous types) | tous | 5 |
| Nickel | NiO | Soudage d'acier Cr-Ni, �lectrodes en alliage | tous | |
| Azote | NO2 | Soudage en atmosph�re confin�e, dans des fosses, citernes | tous | 9 |
| Zinc | ZnO | Soudage de zinc, de pi�ces galvanis�es, pigments � base de zinc. | tous | 5 |
* MAK: Concentration maximale admissible d'une substance sur le lieu de travail selon la r�glementation allemande.
| Polluant | Origine | Proc�d� de soudage | MAK* mg/m3 | |
| Aluminium | Al2O3 | Soudage d'al., presque tous les types d'�lectrodes | Soudage � l'arc | - |
| Fer | Fe2O3 | Soudage d'aciers, tous types d'�lectrodes | Soudage � l'arc, soudage plasma | 8 |
| Fluorures | F | Soudage avec �lectrodes basiques et �lectrodes en alliage | Soudage � l'arc | 2,5 |
| Calcium | CaO | Soudage avec �lectrodes enrob�es | Soudage � l'arc | 5 |
| Sodium | Na2OH | Soudage avec �lectrodes enrob�es | Soudage � l'arc | 2 |
| Oxyg�ne (ozone) | O3 | Rayonnement UV | Soudage � l'arc, soudage plasma | 0,2 |
| Titan | TiO2 | Soudage avec �lectrodes enrob�es | Soudage � l'arc | 8 |
| Vanadium | V2O3 | Soudage de pi�ces contenant du vanadium | Soudage � l'arc | 0,5 |
* MAK: Concentration maximale admissible d'une substance sur le lieu de travail selon la r�glementation allemande
Du point de vue toxicologique, le soudage de mat�riaux m�talliques pourvus d'un appr�t anticorrosion se pr�sente �galement comme une op�ration d�licate. Selon la nature de cet appr�t, il peut se produire un d�gagement des polluants suivants:
R�sines alkyles: acrol�ine, acide butyrique
R�sines ph�noliques: ph�nols, formald�hydes
Polyur�thannes: isocyanates, acide cyanhydrique
R�sines �poxy: ph�nols, formald�hyde, acide cyanhydrique
Si les gaz protecteurs dioxyde de carbone, argon et h�lium ne sont pas toxiques, ils peuvent toutefois se substituer peu � peu � l'air dans les locaux mal ventil�s jusqu'� mener � l'asphyxie si les conditions sont extr�mement d�favorables. Le soudage � l'arc peut s'accompagner de la formation d'ozone. M�me � faible concentration (0,1 ppm), l'ozone irrite les yeux et les voies respiratoires sup�rieures. Une exposition de plusieurs minutes � une concentration de 5 � 10 ppm peut provoquer l'apparition d'un oed�me pulmonaire.
En bordure de la flamme de soudage, il y a d�gagement d'oxydes d'azote, form�s par la combinaison de l'azote et de l'oxyg�ne de l'air. Les oxydes d'azote sont tr�s toxiques et peuvent �tre � l'origine d'affections pulmonaires s�rieuses, voire d'oed�mes pulmonaires, apparaissant apr�s une p�riode de latence relativement longue sans sympt�mes. Ils sont m�me susceptibles d'entra�ner la mort. Si les pi�ces d�graiss�es � l'aide de solvants chlor�s ne sont pas correctement s�ch�es, il peut se former du phosg�ne au cours de l'op�ration de soudage. Le phosg�ne est tr�s toxique et peut �galement causer des oed�mes pulmonaires apr�s une longue p�riode sans sympt�mes apparents.
Dans bien des pays, le soudage des mati�res plastiques n'est pas encore pratiqu� couramment. C'est pourquoi, nous nous contenterons ici d'�voquer cette question. D'une fa�on g�n�rale, il convient n�anmoins de signaler que les risques pour l'homme et l'environnement sont consid�rables. Le cas �ch�ant, on veillera � la protection contre le d�gagement de solvants et de vapeurs charg�es de polluants analogues ainsi qu'� leur �vacuation.
2.1.6 Brasage
On appelle brasage l'assemblage thermique de deux mat�riaux sur la base d'un produit d'apport dont le point de fusion se situe plus bas que les points de fusion des pi�ces � assembler.
Lorsque le produit d'apport a une temp�rature de fusion sup�rieure � 450�C, on parle de brasage fort ; lorsqu'il fond � une temp�rature inf�rieure, on parle de brasage tendre. Si l'on fait abstraction des risques li�s au mat�riau de base et aux liants, on peut dire que les dangers du brasage r�sident avant tout dans le flux et le produit d'apport employ�s.
La composition d'un flux d�pendra de la nature du mat�riau de base, du produit d'apport et de l'utilisation pr�vue. Actuellement, il existe plus de 300 types de flux en vente dans le commerce et tous contiennent des produits chimiques agressifs. Les produits pr�sent�s sous forme de graisse contiennent g�n�ralement de la colophane, du talc et du sel ammoniac, tandis que les flux aqueux contiennent en outre du chlorure de zinc ou du chlorure d'�tain. Le chlore et les compos�s chlor�s peuvent entra�ner des irritations de la peau et des voies respiratoires et m�me causer des l�sions pulmonaires en cas de concentrations �lev�es. En outre, on trouvera fr�quemment des compos�s fluor�s dans les flux (irritation des voies respiratoires, br�lures chimiques) ainsi que des substances provoquant des allergies, notamment de la colophane et de l'Hydrazine. L'Hydrazine compte d'ailleurs parmi les mati�res susceptibles d'avoir des effets canc�rog�nes.
Pour le brasage tendre, le produit d'apport est � base d'�tain et de plomb ; pour le brasage fort, il est � base d'argent et de cadmium. Les vapeurs du flux entra�nent des particules m�talliques qui peuvent alors �tre inhal�es.
Comme mesure de lutte efficace contre le d�gagement de gaz et de substances entrant dans la composition du mat�riau d'apport ou du flux, il convient de citer l'installation de syst�mes d'aspiration, compl�t�s en aval par des filtres s�parateurs (technologie des cyclones). Cette technique s'applique �galement pour l'inhibition des incidences �cologiques dues aux op�rations abord�es au point ci-apr�s.
2.1.7 Meulage
On appelle meulage l'usinage d'une pi�ce par enl�vement de mati�re � l'aide d'outils au tranchant sans forme g�om�trique pr�cise.
Le processus de meulage se caract�rise par des temp�ratures �lev�es, par l'enl�vement de mati�re et par l'usure de l'abrasif employ�. Outre les nuisances sonores g�n�r�es, les risques pour la sant� r�sident avant tout dans les �missions de poussi�res d'abrasion ou de particules se d�tachant de la meule abrasive, de la pi�ce et, le cas �ch�ant, de son rev�tement, et, dans le cas du meulage sous arrosage, des lubrifiants employ�s. Selon les conditions de travail, le meulage est donc susceptible de provoquer des affections notamment de la peau et des voies respiratoires. Les additifs contenus dans les lubrifiants et les poussi�res m�talliques d�gag�es (par ex. de chrome, de cobalt, de nickel ou de b�ryllium) peuvent provoquer des allergies. On soup�onne d'ailleurs ces m�taux d'avoir des effets canc�rog�nes. Dans le tableau ci-apr�s sont regroup�es les sources de pollution potentielles li�es au meulage de mat�riaux m�talliques.
Sources de pollution potentielles dans le cadre du meulage de mat�riaux m�talliques
| D�pendant des produits | D�pendant du proc�d� |
| Outil
de meulage -
Abrasifs contenant du zirconium |
Micropoussi�res
produites lors - du
profilage et du dressage des meules |
| Lubrifiants Additifs, du point de vue de leur toxicit�, leur caract�re carcinog�ne et leur aptitude � r�agir les uns avec les autres |
-
du meulage grossier - de l'emploi de liants au magn�site |
| Mat�riau
pr�sentant - une
teneur en nickel de plus de80% (par ex. mat�riaux
d'apport) |
Produits
de combustion et de pyrolyse pouvant se former par
d�composition thermique de liants � base de caoutchouc
ou de r�sines synth�tiques. Accumulation de m�taux lourds et de microparticules dans le lubrifiant en raison d'un filtrage insuffisant ou d'une dur�e d'utilisation excessive. N�bulisation du lubrifiant, c'est-�-dire aussi des additifs, des produits de r�action, des m�taux lourds dissous et des fines particules non s�par�es. |
Les mesures de protection � prendre comprennent l'application de crit�res �cologiques pour la s�lection des outils, des lubrifiants et - dans la mesure du possible - des mat�riaux, le captage des poussi�res d'abrasion, ainsi que le port de protections individuelles respiratoires et auditives.