47. C�ramique fine et c�ramique commune
Table des
mati�res - Pr�c�dente - Suivante
1. Pr�sentation du domaine d'intervention
2. Effets sur l'environnement et mesures de
protection
2.1.1 Effluents gazeux/gaz de fum�es
2.1.2 Poussi�res2.2 Bruit
2.3 Eau
2.4 Sols
2.5 Postes de travail
2.6 Ecosyst�mes
3. Aspects � inclure dans l'analyse et l'�valuation des effets sur l'environnement.
3.1 Contr�le et entretien des dispositifs de lutte contre les nuisances
4. Interactions avec d'autres domaines
d'intervention
5. Appr�ciation r�capitulative de l'impact
sur l'environnement
6.
Bibliographie
1. Pr�sentation du domaine d'intervention
Le domaine d'intervention "c�ramique commune et fine" concerne les industries de fabrication des objets suivants:
- C�ramique commune: briques, tuiles, gr�s-c�rame,
argile expans�, carreaux de rev�tement de sol et de parois,
r�fractaires.
- C�ramique fine: gr�s �maill�s, gr�s-c�rame, gr�s
fin, porcelaine, porcelaine �lectrotechnique, produits
sanitaires, meules et corps abrasifs.
- C�ramique technique.
La majeure partie des manufactures de c�ramiques communes et fines sont implant�es � proximit� de gisements d'argile (l'extraction des mati�res premi�res est simplement �voqu�e dans ce dossier. Pour plus de d�tails, pri�re de se reporter au dossier "Secteur minier - Exploitations � ciel ouvert"). La pr�paration et le transport des mati�res premi�res sont �galement trait�s dans les dossiers correspondants. La production des installations de fabrication de produits en c�ramique, et par suite la taille de ces derni�res varie fortement puisqu'elle se chiffre � quelques kilogrammes par jour pour la c�ramique technique alors qu'elle oscille entre 10 et 50 t/jour pour les c�ramiques fines et peut atteindre jusqu'� 450 t/jour pour la fabrication des briques. Beaucoup d'entreprises fabriquant des produits tr�s vari�s, la capacit� totale de production de l'entreprise est souvent sup�rieure � la production journali�re pour un produit sp�cifique.
Les produits de base utilis�s pour la fabrication des c�ramiques fines et communes sont tous les argiles, les kaolins, les chamottes (argiles cuites), les feldspaths et les sables. Pour les produits r�fractaires, les abrasifs et la c�ramique technique, on utilise aussi de nombreux oxydes r�sistant aux hautes temp�ratures ou � l'abrasion, comme le corindon (Al2O3), l'oxyde de zirconium (ZrO2) et le carbure de silicium (SiC).
De nombreuses manufactures tendent de plus en plus � acheter d'autres produits de base d�j� trait�s en plus de leurs propres mati�res premi�res extraites � proximit� de l'�tablissement. Il s'agit essentiellement de mati�res entrant dans la fabrication des r�fractaires, des abrasifs ou de c�ramiques techniques ou encore des produits n�cessaires pour la r�alisation des gla�ures et des frittes.
Les proc�d�s de fabrication de la c�ramique commune
et fine suivent le sch�ma suivant:
- Extraction, pr�paration, fa�onnage, s�chage, parfois
gla�ure ou engobe, cuisson, tri/emballage et transport.
Le d�roulement des diff�rentes �tapes varie en fonction du mode de fa�onnage employ�. D'une fa�on g�n�rale, on distingue le coulage, le fa�onnage en p�te plastique et le pressage en poudre, sans compter les nombreux modes de fa�onnage interm�diaires.
Tableau 1
Modes de fa�onnage
| Coulage | Fa�onnage en p�te plastique | Pressage en poudre |
| - Porcelaine - Sanitaire - Porcelaine �lectrotechnique - Produits r�fractaires |
- Briques - Tuiles - Argile expans�e - Carreaux de gr�s fendus - Porcelaine �lectrotechnique - Objets en gr�s - Gr�s �maill�s |
- Produits r�fractaires - Rev�tements (murs et sols) - Objets en gr�s - Carreaux de gr�s-c�rame - C�ramique technique - St�atite - Meules abrasives |
- Coulage: les mati�res premi�res sont dos�es,
pulv�ris�es, puis m�lang�es avec de l'eau afin d'obtenir
la barbotine, suspension fluide qui sera vers�e dans des
moules en pl�tre. Dans le coulage sous pression, des �bauches
sont obtenues par compression de la barbotine dans des machines
sp�ciales.
- Fa�onnage en p�te plastique: les mati�res premi�res
sont en g�n�ral pr�par�es sous arrosage, m�lang�es
et fa�onn�es avec des taux d'humidit� de 15 � 20 %
d'eau.
- Pressage en poudre: utilis� pour la porcelaine fine.
Les mati�res premi�res sont souvent pr�par�es sous
arrosage puis leur taux d'humidit� est ramen� � 5 �
7 % dans des tours de pulv�risation. Dans l'industrie des
r�fractaires, les mati�res premi�res sont m�lang�es � sec
et souvent press�es avec un taux d'humidit� < 2 %, des
liants organiques et inorganiques �tant ajout�s au m�lange.
Les produits fa�onn�s sont s�ch�s avant d'�tre cuits. En r�gle g�n�rale, les manufactures sont �quip�es de fours tunnels pour les gros d�bits ; les produits sp�ciaux sont cuits pour la plupart dans des fours individuels, � cloche ou � chambres, et les produits � cuisson rapide dans des fours � rouleaux de diff�rents types. Dans certains pays, la cuisson, notamment des briques, est r�alis�e dans des fours � compartiment unique ou des fours continus construits par l'entreprise, ou encore dans des syst�mes de meules de carbonisation.
Beaucoup de produits en c�ramique fine sont recouverts d'un �mail ou d'un engobe avant la cuisson.
Selon les compositions, les temp�ratures de cuisson des c�ramiques communes et fines s'�l�vent � 950�C, par exemple pour certaines briques, et plus, la plupart des produits en c�ramique fine �tant amen�s � des temp�ratures variant entre 1 100�C et 1 400�C. Les produits r�fractaires et la c�ramique technique sont cuits entre 1 280 et 1 900�C (la temp�rature des fours de gla�ure est inf�rieure). Parfois les porcelaines, et plus rarement les carreaux de rev�tement mural, subissent une double cuisson.
La consommation d'�nergie varie avec le produit et le proc�d�. Dans les briqueteries, elle se situe entre 800 et 2 100 kJ/kg de produit fini, en raison des faibles temp�ratures de cuisson des briques, alors que dans presque toutes les autres branches de la c�ramique commune et fine, la consommation moyenne par kg de marchandise est nettement plus �lev�e et peut atteindre 8 000 kJ/kg.
Apr�s la cuisson, les produits sont tri�s et en partie retouch�s, l'ampleur de ces travaux pouvant varier �norm�ment selon la nature du produit.
2. Effets sur l'environnement et mesures de protection
2.1.1 Effluents gazeux/gaz de fum�es
L'extraction, la pr�paration et le fa�onnage des produits c�ramiques ne produisent pratiquement pas d'effluents gazeux. Seules les tours de pulv�risation employ�es pour extraire l'humidit� lors de la fabrication des carreaux, par exemple, et les installations de broyage � sec d�gagent de la vapeur d'eau inoffensive.
Au cours de l'�maillage, il faut �viter que les vapeurs, qui contiennent des m�taux lourds et d'autres mati�res toxiques, ne soient rejet�es dans l'atmosph�re ou inhal�es par le personnel. Seules les installations d'�maillage �tant �quip�es des dispositifs de captage des vapeurs et de traitement des eaux us�es doivent donc �tre autoris�es. Le personnel devant travailler dans ces zones ou y effectuer des r�parations doit �tre prot�g� par des respirateurs. Lors du s�chage des produits �maill�s, il se d�gage surtout de la vapeur d'eau inoffensive.
Les polluants �mis par les fum�es se d�gageant lors de la cuisson d�pendent � la fois des produits c�ramiques plac�s dans le four et de la nature du combustible utilis�. Ces fum�es contiennent des particules de mati�res volatiles provenant de la masse des pi�ces en c�ramique et du combustible.
Le degr� de nocivit� des �missions de fluor des industries c�ramiques a �t� mis en �vidence, en particulier au cours de ces derni�res ann�es o� d'importants d�g�ts ont �t� constat�s parmi la flore et la faune (pathologies imputables � un exc�s de fluor) � proximit� des manufactures. Les fluorures sont pr�sents dans toutes les mati�res premi�res des c�ramiques et certains sont rejet�s dans l'atmosph�re pendant la cuisson. Face � ce danger, l'Europe impose un seuil d'�mission du fluor maximum de 5 mg/Nm� pour toute nouvelle manufacture.
Les fours � c�ramique fonctionnant en continu, certaines manufactures utilisent comme combustibles compl�mentaires des r�sidus issus d'autres industries, telles les huiles usag�es et les d�chets organiques des stations d'�puration d'eau. Les installations qui br�lent de tels mat�riaux sont soumises � des r�glementations sp�ciales, les d�chets en question pouvant contenir des oxydes dangereux qui seront ensuite rejet�s dans l'atmosph�re avec les gaz de fum�es.
Les manufactures allemandes concern�es doivent respecter les valeurs suivantes:
- Poussi�re totale max. 10 mg/Nm�
Anhydride sulfureux max. 50 mg/Nm�
Cd, Tl, Hg, 0,1 mg/Nm� (par �l�ment)
(cadmium, tellure, mercure)
Autres m�taux lourds 1 mg/Nm�
Etant donn� les seuils prescrits, on peut dire que la combustion de d�chets est impossible dans les manufactures de c�ramique non �quip�es de laveurs de gaz.
Les �missions d'oxydes d'azote au cours de la cuisson ne posent apparemment pas de probl�mes dans la plupart des installations, o� les temp�ratures sont relativement basses. Par contre, pour les fours de cuisson � haute temp�rature de l'industrie des r�fractaires, il faut mettre au point des solutions sp�cifiques pour la d�nitrification des effluents gazeux.
En r�gle g�n�rale, le tri, l'emballage, de m�me que les op�rations de manutention, de fa�onnage et de raffinage de produits ne produisent pas d'effluents gazeux. N�anmoins, dans certains cas sp�cifiques, par exemple coloration ou d�coration par impression, il pourra y avoir d�gagement de gaz r�siduaires charg�s de polluants. Ici, une solution devra �tre apport�e � chaque cas particulier.
2.1.2 Poussi�res
Les poussi�res constituent un danger latent, notamment pour le personnel des manufactures de c�ramique commune et fine. Les particules de poussi�re fine de quartz (�< 5 microns) peuvent �tre responsables de cas de silicose.
Selon les conditions g�ologiques et m�t�orologiques, l'extraction des mati�res premi�res peut donner lieu � des d�gagements de poussi�res nocives, qu'on pourra n�anmoins r�duire gr�ce � une humidification et � des m�thodes d'extraction et de transport adapt�es (cf. dossier "Secteur minier - Exploitations � ciel ouvert").
Alors que le fa�onnage de la p�te humide s'effectue dans une ambiance o� il y a tr�s peu de poussi�res, les op�rations de pr�paration des mati�res, la mise en forme et le s�chage n�cessitent diverses mesures afin de limiter autant que possibles la formation de poussi�res (nettoyage fr�quent des ateliers, b�tonnage des sols et vitrification �ventuelle des parquets, installation de d�poussi�reurs puissants, meulage sous arrosage de la porcelaine et des produits sanitaires).
Si, en Allemagne, la lutte syst�matique contre les poussi�res dans toutes les zones de travail a permis de r�duire consid�rablement les cas de silicose dans l'industrie de la porcelaine et des r�fractaires, ce probl�me persiste dans de nombreux pays. Les valeurs limites � respecter pour les poussi�res de quartz sont de 0,15 mg/Nm� (concentration maximale aux postes de travail), l'air ne devant pas contenir plus de 4 mg/Nm� de poussi�res fines ayant plus de 1% en poids de quartz.
Conform�ment aux Instructions Techniques sur le maintien de la puret� de l'air "TA-Luft", en Allemagne la teneur en poussi�re totale des effluents gazeux ne doit pas d�passer 50 mg/Nm� pour un d�bit massique sup�rieur � 0,5 kg/h et 150 mg/Nm� pour un d�bit massique inf�rieur ou �gal � 0,5 kg/h.
En cours de cuisson, la pollution par les poussi�res est faible. Les nouveaux fours sont souvent �quip�s de filtres secs, plus rarement de s�parateurs humides. Les absorbeurs par voie s�che pouvant �tre � l'origine de rejets de poussi�re, l'entreprise doit veiller � ne pas d�passer la quantit� maximale de poussi�re dans les gaz de fum�es (50 mgh/Nm�). Pour assurer le bon fonctionnement de ces installations, il est imp�ratif de les entretenir r�guli�rement (cf. point 3.1)
La plupart des proc�d�s de production de l'industrie c�ramique sont responsables de nuisances acoustiques qui cependant exc�dent rarement 85 dB(A) (cf. point 2.5 Postes de travail).
Les abattages � l'explosif pratiqu�s pour extraire les mati�res premi�res sont responsables de nuisances acoustiques ponctuelles et d'�branlements pouvant �tre une source de g�ne importante pour le voisinage. Un syst�me de mise � feu adapt� permet de r�duire consid�rablement ces �missions sonores. Aujourd'hui, il est possible d'insonoriser les machines d'extraction afin de respecter les valeurs-limites (voir dossier "Secteur minier - Exploitations � ciel ouvert")
Au cours de la pr�paration des mat�riaux, les nuisances acoustiques sont dues par exemple � la mise en oeuvre de concasseurs � percussion et de broyeurs pour la fragmentation de mat�riaux durs. Ces concasseurs et les installations de pr�paration peuvent �tre capot�s afin de prot�ger le voisinage contre des nuisances acoustiques trop importantes.
Les ventilateurs des installations de s�chage et de cuisson ont un niveau sonore d�passant parfois 85 dB(A). Ces appareils bruyants doivent �tre plac�s en dehors des postes de travail fixes. Certaines op�rations sp�cifiques � l'industrie de la c�ramique commune et fine sont � l'origine de nuisances acoustiques, par exemple le fendage des carreaux gr�s�s, ou encore les op�rations de transport et de manutention � l'aide de plateaux, cadres ou palettes en t�le. Par des mesures adapt�es, comme le capotage des postes de travail fixes, le montage de tampons en caoutchouc sur les unit�s de transport, il est possible de r�duire les niveaux sonores auxquels le personnel est expos�.
Pour �viter les nuisances, le niveau de bruit per�u dans les zones habit�es situ�es � proximit� des industries de c�ramique ne doit pas d�passer 50 � 60 dB(A) le jour et 35 - 45 dB(A) la nuit. L'�loignement � respecter entre les zones d'habitation les plus proches et les manufactures est d'au moins 500 m.
En Allemagne, les manufactures de c�ramique doivent respecter les textes r�glementaires relatifs aux charges de pollution admises dans les eaux us�es.
Des laboratoires d'usines doivent �tre mis en place pour le contr�le des valeurs prescrites.
Tableau 2
Valeurs maximales autoris�es pour les rejets directs
selon l'art. 17 du D�cret administratif de la Loi sur la
gestion de l'eau (WHG)
| Param�tres | Valeurs maximales |
| Mati�res filtrables, �chantillon composite de 2 heures | 100 ml |
| Mati�res d�cantables, �chantillonnage | 0,5 mg/l |
| Demande chimique doxyg�ne (DCO), �chantillon composite de 2 heures | 80 mg/l |
| Teneur en plomb sur �chantillon composite de 2 heures | 0,5 mg/l |
| Teneur en cadmium, �chantillon composite de 2 heures | 0,07 mg/l |
Afin de ne pas d�passer les valeurs prescrites, les eaux recueillies � proximit� des gisements doivent �tre transf�r�es dans des bassins de stabilisation, dans lesquels on aura vers� �ventuellement des agents de s�dimentation. Les eaux de surface doivent �tre �vacu�es s�par�ment.
La consommation d'eau fra�che est faible dans les manufactures modernes o� l'eau de process parcourt un circuit interne. Une partie de l'eau utilis�e est rejet�e sous forme de vapeur d'eau lors de la fabrication des granulats dans la tour de pulv�risation et de s�chage des produits. Les eaux us�es contiennent de l'argile, des fondants et d'autres mati�res premi�res c�ramiques qui sont s�par�es par pr�cipitation et r�introduites dans le processus de fabrication par l'interm�diaire du circuit interne.
Dans les manufactures de c�ramique commune et fine, l'eau sanitaire doit �tre �vacu�e et �pur�e s�par�ment.
Actuellement, les gisements d'argile �puis�s, relativement peu perm�ables, servent souvent au stockage des d�chets de toutes sortes. N�anmoins, on ne peut pas exclure une pollution du sol due au lessivage et aux accumulations d'eau dans les anciens gisements, car dans la plupart des cas le passage de l'eau, tel qu'il avait �t� d�fini � l'�poque o� le gisement �tait encore exploit�, ne correspond pas aux r�glements actuels en mati�re d'environnement.
Les d�blais des manufactures de c�ramique ne polluent pratiquement pas le sol car les chutes et d�bris provenant de la production sont r�utilis�s soit dans l'entreprise m�me, soit dans d'autres manufactures c�ramiques. Ainsi, les amoncellements de d�bris et d�chets ne peuvent �tre que le r�sultat d'une gestion irrationnelle. Seules, les faibles quantit�s de pl�tre provenant des porcelaineries, des usines de produits sanitaires et de tuiles doivent �tre mises en d�charge conform�ment � la l�gislation.
Dans certaines zones de travail, le personnel des manufactures c�ramiques peut �tre incommod� ou leur sant� menac�e par le bruit, les poussi�res et la chaleur.
Les postes de travail fixes dans les zones bruyantes devraient faire l'objet d'une insonorisation. Si, malgr� cela, le niveau de bruit permanent reste �gal ou sup�rieur � 85 dB(A), l'entreprise doit fournir � ses employ�s une protection auditive, dont le port devrait �tre obligatoire � partir de 90 dB(A) pour �viter les affections auditives. Dans les zones bruyantes, le port d'une protection auditive est obligatoire, m�me pour des interventions de courte dur�e.
Dans les manufactures modernes o� la cuisson est r�alis�e dans des fours-tunnels, fours � pouss�e, � rouleaux ou � wagonnets, l'exposition � la chaleur est relativement faible. Dans les entreprises utilisant d'anciens fours � compartiment unique ou des fours circulaires, les temp�ratures r�gnant dans le local au moment de l'enfournement et du d�fournement des produits sont tr�s �lev�es. Dans certains cas exceptionnels, renversement d'un wagonnet par exemple, des travaux ponctuels doivent �tre r�alis�s par des temp�ratures extr�mement �lev�es. Ce faisant, il faut absolument prendre les mesures de protection qui s'imposent (port de combinaisons thermiques par exemple). En outre, ces travaux doivent imp�rativement s'effectuer sous surveillance.
Dans les manufactures de c�ramique fine, notamment de la porcelaine et des silicates (produits r�fractaires), l'exposition permanente aux poussi�res de quartz peut repr�senter un danger pour le personnel. Ici, il est indispensable de mettre en place des dispositifs techniques appropri�s, mais aussi de pr�voir des examens m�dicaux r�guliers, afin de diagnostiquer � temps les alt�rations des alv�oles pulmonaires annonciatrices d'une silicose. Ainsi, l'employ� concern� pourra �tre affect� � un autre poste avant l'apparition de l�sions permanentes.
L'extraction des mati�res premi�res (voir dossier "Secteur minier - Exploitations � ciel ouvert") nuit non seulement � la beaut� du paysage mais s'accompagne toujours d'une alt�ration des sols. Mais le besoin en mati�res premi�res de chaque manufacture n'�tant pas tr�s �lev�, les carri�res sont g�n�ralement de taille plut�t modeste. La qualit� des argiles extraits dans un gisement peut varier �norm�ment. Gr�ce aux progr�s r�alis�s au niveau de la pr�paration au cours de ces derni�res ann�es, on peut maintenant �galement utiliser des argiles de moins bonne qualit�, ce qui permet de r�duire les terrils dans les carri�res d'argile.
Le choix du site pour l'implantation d'une manufacture de c�ramiques doit tenir compte des aspects �cologiques. En cas d'implantation dans les zones agricoles, il faut �tudier les nouvelles sources de revenus possibles pour les personnes concern�es, les femmes en particulier. Outre le respect du r�glement sur les effluents gazeux, la poussi�re, le bruit et l'eau, une �tude portant sur les donn�es du sous-sol, sur l'int�gration des installations dans le paysage et sur l'infrastructure du site s'impose.
Par infrastructure, il faut entendre ici l'approvisionnement et les logements du personnel, les r�seaux de circulation et le volume de trafic, les plans d'industrialisation existants ou futurs pour la zone en question.
Les effets sur l'environnement ne se limitant pas � l'enceinte de l'usine, les groupes de population concern�s, en particulier les femmes et les enfants, doivent pouvoir b�n�ficier des prestations d'un service de soins m�dicaux.
Le recyclage des biens de consommation en c�ramique apr�s leur utilisation dans le secteur du b�timent ou les m�nages n'est gu�re envisageable vu la diversit� et les faibles quantit�s susceptibles d'�tre collect�es aux diff�rents points de consommation. Par contre, plus de 30% des produits r�fractaires, notamment ceux utilis�s dans les aci�ries, sont d�j� recycl�s.
3. Aspects � inclure dans l'analyse et l'�valuation des effets sur l'environnement.
Les dispositions des Instructions Techniques sur le maintien de la puret� de l'air "TA-Luft" et sur la protection contre le bruit "TA-L�rm", les directives de l'Association des Ing�nieurs allemands (VDI), les r�glementations sp�cifiques aux industries de la c�ramique sur les eaux r�siduaires, ainsi que les concentrations maximum aux postes de travail d�finies par les associations professionnelles du verre et de la c�ramique afin de conbattre la silicose prescrivent des valeurs limites pour les effluents gazeux, les poussi�res et l'eau. La majorit� des pays europ�ens ont adopt� des valeurs similaires. Les r�glementations am�ricaines publi�es par l'Agence de Protection de l'Environnement (Environmental Protection Agency - EPA) sont souvent encore plus strictes qu'en Allemagne, surtout en Californie.
Dans les pays o� il n'existe pas de lois pour la protection de l'environnement, ces valeurs doivent �tre �tudi�es et corrig�es en fonction des donn�es �cologiques sp�cifiques. Dans certains cas exceptionnels, notamment pour la r�habilitation d'usines, des dispositions sp�ciales doivent �tre �labor�es. Les nouvelles usines devraient cependant respecter les normes de la protection europ�enne de l'environnement.
Pour certaines mati�res, le Catalogue des normes antipollution contient des recommandations pour l'�valuation de l'impact �cologique.
Tableau 3
Valeurs limites des nuisances, d'apr�s les Instructions
Techniques "TA-Luft" et le 17�me d�cret
administratif selon l'article 7a de la Loi sur la gestion de
l'eau (WHG)
| Air | Eau | ||||
| Industrie du ciment, de la chaux et du pl�tre | mg/Nm� | Rejet direct g/m� | Type dessai | Rejet indirect** g/m� | |
| Poussi�re | 50 | ||||
| SOx
oxyde de soufre SO2 pour un d�bit massique
< 10 kg/h SOx oxyde de soufre SO2 pour un d�bit massique > 10 kg/h NOx oxyde dazote |
SO2 SO2 NOx |
500 1500 500 |
|||
| Fluorures | F | 5 | 50 | ||
| Chlore | Cl | 30 | |||
| Mati�res filtrables | 100 | 1) | 1 | ||
| Mati�res d�cantables | MEST | 0,5 | 2) | 1 | |
| Antimoine | Sb | 5 | |||
| Arsenic | As | 1 | |||
| Cadmium | Cd | 0,2 | 0,07 | 2) | 0,5 |
| Chrome | Cr | 5 | 0,10 | 2) | 2 |
| Cobalt | Co | 1 | 0,10 | 2) | |
| Cuivre | Cu | 5 | 0,10 | 2) | 2 |
| Cyanures (*) | -CN | 5 | 0,2 | ||
| Demande chimique doxyg�ne | DCO | 80 | |||
| Etain | Sn | 5 | |||
| Mangan�se | Mn | 5 | |||
| Mercure | Hg | 5 | |||
| Nickel | Ni | 1 | 0,10 | 2) | 3 |
| Palladium | Pd | 5 | |||
| Platine | Pt | 5 | |||
| Plomb | Pb | 5 | 0,50 | 2) | 2 |
| Rhodium | Rh | 0,2 | 0,05 | ||
| S�l�nium | Se | 1 | |||
| Tellure | Te | 1 | |||
| Thallium | TI | 5 | |||
| Vanadium | V | 0,2 | |||
| Zinc | Zn | 2,00 | 2) | ||
* Apparition possible en cas de combustion
r�ductrice DCO Demande chimique d'oxyg�ne
**) Loi dans le Land de Bade-Wurtemberg MEST Mati�res en
suspension totales
1) Echantillon composite de deux
heures
2) Echantillonnage
En cas d'utilisation de d�chets comme combustibles, il est imp�ratif de respecter les valeurs limites de rejet. Un contr�le r�gulier des mat�riaux utilis�s, des br�leurs et du proc�d� de cuisson, des effluents gazeux et des poussi�res est indispensable (point 3.1)
Les r�glementations sur les poussi�res relatives � la concentration � l'emplacement des postes de travail, notamment dans l'industrie de la porcelaine et des silicates, doivent �tre imp�rativement respect�es. Leur non respect peut avoir de s�rieuses cons�quences pour la sant� des employ�s concern�s. Une lutte intensive contre la poussi�re dans toutes les manufactures et les ateliers est absolument indispensable.
Le probl�me des nuisances sonores est sous-estim� dans de nombreux pays ; pourtant, une exposition permanente � des bruits excessifs peut entra�ner des l�sions irr�versibles. C'est pourquoi, il faut absolument respecter les seuils maximum prescrits pour les postes de travail et les zones r�sidentielles avoisinantes. De m�me on devra veiller � toujours respecter un �loignement minimum des habitations les plus proches (cf. points 2.2 et 2.5).
Les responsables / chefs d'un atelier de c�ramique doivent �tre inform�s des risques sp�cifiques encourus par le personnel et �tre form�s � la mise en oeuvre des mesures de protection afin que les employ�s ne soient pas expos�s � des nuisances pr�judiciables � leur sant� du fait de leur ignorance (point 3.1). Des mesures de formation et de sensibilisation du personnel aux probl�mes de l'environnement doivent �tre pr�vues.
Le plus grand soin devrait �tre apport� � la conception des syst�mes de circulation interne de l'eau. Les eaux �pur�es d�vers�es dans le milieu r�cepteur sont soumises � des exigences minimales qui doivent �tre respect�es pour �viter la perturbation de l'�cosyst�me � proximit� des manufactures.
Tous les param�tres doivent �tre r�guli�rement contr�l�s par l'entreprise (point 3.1), qui doit se doter d'un laboratoire.
3.1 Contr�le et entretien des dispositifs de lutte contre les nuisances
Au sein de l'entreprise, un service ind�pendant de la production doit �tre cr�� et charg� du respect et de la mise en oeuvre des r�glementations en mati�re de protection de l'environnement. Les responsables devraient �tre � m�me d'assumer toutes les t�ches de contr�le requises, y compris les mesures et �chantillonnages, ou tout au moins d'assurer la surveillance de ces op�rations. Ceux-ci devraient �galement �tre consult�s lors de nouveaux investissements et seront comp�tents en ce qui concerne les rapports avec les instances administratives dans le secteur de l'environnement. Ce service devra en outre veiller � ce que tous les dispositifs de lutte contre les nuisances soient correctement entretenus et soient compl�t�s le cas �ch�ant. Il sera enfin responsable de la sensibilisation et de la formation du personnel.