36. Secteur minier - Exploitations � ciel ouvert
Table des mati�res
- Pr�c�dente - Suivante
1. Pr�sentation du domaine d'intervention
2. Effets sur l'environnement et mesures de
protection
2.1 Effets potentiels des exploitations � ciel ouvert
2.1.1 Extraction � sec
2.1.2 Exploitation par dragage
2.1.3 Exploitations sous-marines en zones c�ti�res2.2 Limitation des effets sur l'environnement
2.2.1 Mesures pr�c�dant l'exploitation
2.2.2 Mesures accompagnant l'exploitation
2.2.3 Mesures suivant la cessation des activit�s
3. Aspects � inclure dans l'analyse et
l'�valuation des effets sur l'environnement
4. Interactions avec d'autres domaines
d'intervention
5. Appr�ciation r�capitulative de l'impact sur
l'environnement
6.
Bibliographie
1. Pr�sentation du domaine d'intervention
Le secteur des exploitations � ciel ouvert englobe toutes les formes d'extraction de mati�res premi�res min�rales � partir de gisements affleurants. Le gisement est mis � nu par enl�vement des roches de recouvrement ou morts-terrains (d�blais) pour permettre la r�cup�ration du minerai. Selon les propri�t�s physiques du mat�riau brut et les contraintes impos�es par la nature du site, il existe diff�rentes m�thodes d'exploitation de mines � ciel ouvert:
L'extraction � sec de substances tendres ou dures. Si les mat�riaux sont trop durs pour pouvoir �tre excav�s directement, ceux-ci doivent d'abord �tre abattus. Il sont ensuite charg�s m�caniquement et transport�s vers les ateliers de pr�paration m�canique. Les exploitations de surface pratiquant l'extraction � sec n�cessitent des dispositifs d'exhaure �vacuant les infiltrations d'eau.
Le dragage de gisements alluvionnaires, o� les mat�riaux non consolid�s sont r�cup�r�s par voie m�canique ou hydraulique, puis transport�s vers les postes de pr�paration. L'ensemble de l'�quipement se trouve g�n�ralement dans l'eau. Il s'agit souvent d'installations flottantes travaillant sur des cours d'eau ou des lacs artificiels.
L'exploitation marine, avec d'une part la r�cup�ration de mat�riaux non consolid�s sur le plateau continental, c'est-�-dire � proximit� de la c�te (gisements alluvionnaires marins), les travaux se faisant ici aussi par voie m�canique ou hydraulique, et d'autre part les exploitations dans les r�gions abyssales, o� les mat�riaux sont remont�s des fonds marins, ces derni�res n'�tant toutefois pas trait�es dans ce dossier.
Ces diff�rentes techniques d'exploitation s'appliquent � des mati�res premi�res de nature diverse.
Tableau 1
Modes d'exploitation des gisements affleurants et principales mati�res premi�res extraites
| Gisements de mat�riaux consolid�s | Gisements de mat�riaux non consolid�s | ||||||
| Extraction � sec | Extraction � sec | Dragage | |||||
| � l'int�rieur des terres | sur le plateau continental | ||||||
| Mat�riaux de construction Diamants Pierres pr�cieuses Feldspath Gypse Calcaire/ MP du ciment | Minerais m�talliques (cuivre, fer, argent, �tain) Schistes bitumineux Charbon Minerais uranif�res | Lignite Diamant Or Kaolin Phosphates Sable, gravier | Minerais lourds (illm�nite, rutile, min�raux rares riches en terres, zircon), Argile, Cassit�rite | Diamant Or Minerais lourds Cassit�rite Sable, Gravier | Diamant Min�raux lourds (Illm�nite, rutile, zircon, monazite) Cassit�rite | ||
Les dimensions des exploitations varient en fonction des caract�ristiques du gisement et des techniques mises en oeuvre. Dans le cas des exploitations terrestres, les entreprises vont de la personne seule, avec des possibilit�s tr�s limit�es, jusqu'� celles dont les am�nagements atteignent un diam�tre de plusieurs kilom�tres, avec toutes les formes interm�diaires envisageables entre ces deux extr�mes. Les formes marines d'exploitation mini�re sont toujours de moindre envergure, en raison de l'importance des moyens techniques n�cessaires.
Les sites des activit�s mini�res sont impos�s par la nature. Les exploitations nouvelles ou les extensions d'exploitations en place entrent donc souvent en concurrence avec d'autres possibilit�s offertes par les sites concern�s ou obligent � mettre en place les infrastructures n�cessaires � l'activit� mini�re. En ce qui concerne les diff�rentes activit�s, il est difficile de s�parer l'extraction de la pr�paration des mati�res premi�res, puisque ces op�rations s'encha�nent et sont g�n�ralement implant�es sur le m�me site.
2. Effets sur l'environnement et mesures de protection
L'impact �cologique des activit�s � ciel ouvert peut fortement varier selon la forme d'exploitation. Dans ce chapitre, les effets produits sur l'environnement et les mesures pr�ventives � prendre seront donc examin�s s�par�ment pour chacune de ces formes d'exploitation (terrestre, marine, etc.).
2.1 Effets potentiels des exploitations � ciel ouvert
Les effets de l'exploitation � ciel ouvert de mati�res premi�res sont tous caract�ris�s par le fait qu'ils sont toujours li�s au site et aux zones mises � contribution, notamment en ce qui concerne le climat et le contexte social et infrastructurel. Pour plus de clart�, les effets potentiels de l'extraction � ciel ouvert ont �t� regroup�s d'apr�s le mode d'exploitation.
Tableau 2
Les formes d'exploitation � ciel ouvert et leurs
principaux effets sur l'environnement
| EXTRACTION A SEC | EXPLOITATION PAR DRAGAGE | PLATEAU CONTINENTAL | GRANDS FONDS MARINS | |
| Site/ pay-sage | Surfaces d�vast�es ; alt�ration de la morphologie ; risques de chutes de pierres sur les gradins ; destructions de biens culturels | Surfaces d�vast�es ; modification de la morphologie et du lit du cours d'eau ; apparition de grands terrils | Modification de la morphologie des fonds marins; �rosion c�ti�re | |
| Air | Bruit ; �branlements dus aux tirs � l'explosif; d�gagements de poussi�res par le trafic, les tirs � l'explosif, le vent ; effluents gazeux suite � l'ignition spontan�e de terrils, gaz nocifs, vibrations | Bruit li� � la production d'�nergie, l'extraction, la pr�paration et le transport ; gaz d'�chappement des v�hicules | Bruit ; gaz d'�chappement | Bruit, gaz d'�chappement |
| Eaux de surface | Modification du bilan en �l�ments nutritifs (�vent. eutrophisation), pollution par des eaux us�es contamin�es ; pollution due au renforcement de l'�rosion | D�nitrification ; grandes quantit�s d'eaux boueuses d�vers�es dans le milieu r�cepteur ; pollution par des eaux us�es contamin�es | Turbidit� de l'eau ; consommation d'oxyg�ne ; pollution par des eaux us�es | Turbidit� de l'eau ; consommation d'oxyg�ne ; pollution par des eaux us�es |
| Nappes souter. | Abaissement du niveau ; alt�ration de la qualit� des eaux | Modification du bilan hydrique ; alt�ration de la qualit� des eaux | ||
| Sols | D�capage sur le lieu d'extraction: d�valorisation, ass�chement, affaissements, risque d'envasement apr�s remont�e du niveau de la nappe phr�atique, �rosion | D�capage sur le lieu d'extraction | Alt�ration des fonds marins ; pertes en �l�ments nutritifs | Pertes en �l�ments nutritifs |
| Flore | Destruction de la flore sur le lieu d'extraction ; destruction partielle/ modification sur le p�rim�tre environnant en raison de la variation du niveau de la nappe phr�atique | Destruction de la flore sur le lieu d'extraction | ||
| Faune | Emigration | Emigration | Destruction d'esp�ces sous-marines s�dentaires (coraux) | Destruction d'esp�ces sous-marines s�dentaires (coraux) |
| Popula-tion | Conflits d'int�r�ts ; effets de colonisation, destruction d'aires de vill�giature, de stations climatiques etc. | Conflits d'int�r�ts ; probl�mes sociaux en p�riode de boom, effets de colonisation | Perturbation de la p�che (destruction de fray�res) | Perturbation de la p�che (destruction de fray�res) |
| B�ti-ments | D�g�ts dus aux remont�es d'eau (r�tablissement du niveau de la nappe phr�atique) | |||
| Autres | Modification �ventuelle du micro-climat | Mod. microclimatiques ; prolif�ration d'agents pathog�nes dans les eaux dormantes |
2.1.1 Extraction � sec
Il faut faire ici la distinction entre l'exploitation de gisements de mat�riaux durs ou tendres. Dans ce qui suit, il sera fait mention explicite des effets sp�cifiques � chacun des deux cas si besoin est. D'une fa�on g�n�rale, les r�percussions �cologiques trait�es sont regroup�es selon qu'elles sont d'ordre physique, biologique ou social.
Incidences d'ordre physique
La cons�quence majeure de l'exploitation d'un gisement affleurant est la diminution de ressources non renouvelables. Outre les mati�res premi�res extraites, il faut compter des pertes d'origine diverse: piliers abandonn�s, zones �cart�es parce que ne se pr�tant pas � une exploitation rentable � l'�poque des travaux, exploitation abusive. Certaines parties du gisement sont ainsi d�truites ou rendues d�finitivement inaccessibles. Dans le cas de mati�res combustibles ou carbonisables (par ex. charbon, tourbe) des ignitions spontan�es ou des incendies accidentels peuvent �galement entra�ner la destruction partielle des ressources.
L'emprise d'une telle exploitation peut atteindre des proportions consid�rables. Il faut compter les installations de l'extraction proprement dite, les d�p�ts de st�riles, qui peuvent souvent atteindre de grandes dimensions dans le cas de couches profondes de mat�riaux consistants (par ex. minerais), des terrils o� l'on culbute les r�sidus de la pr�paration m�canique, qui requi�rent un espace consid�rable dans le cas de minerais pauvres, et les �l�ments d'infrastructure (cit� mini�re, am�nagements pour l'approvisionnement en �nergie, voies de transport, ateliers, bureaux administratifs, postes de pr�paration etc.). Toutes les entreprises de ce type �tant li�es au site du gisement, l'implantation et la taille des installations sont d�termin�es par des facteurs g�ologiques, � savoir les possibilit�s de stockage ainsi que la morphologie et la nature des roches encaissantes. Les activit�s mini�res occasionnant in�vitablement de s�v�res dommages pour le sol, il importe de v�rifier en premier lieu si la mise en exploitation est vraiment justifiable dans les conditions sp�cifiques rencontr�es.
Lors des op�rations d'extraction, une partie du sol est d�cap�e tandis que d'autres endroits sont recouverts par entassement des d�blais. Dans presque tous les pays industriels, il existe des r�glementations quant � la destination ou l'emploi des terres v�g�tales recouvrant les gisements. Les r�glementations en question peuvent �galement prescrire les modalit�s de la remise en place de ces terres, les zones remblay�es devant �tre aptes � une remise en culture.
La morphologie des surfaces mises � contribution pour l'am�nagement du chantier d'extraction ainsi que des d�p�ts de st�riles se trouve �galement alt�r�e. M�me apr�s la remise en culture de ces zones, la fosse finale, dont la taille est d�termin�e par les tonnages de mat�riau extraits, t�moignera encore tr�s longtemps des activit�s qui ont �t� men�es sur le site. Dans le cas de gisements de mat�riaux consistants, les alt�rations morphologiques sont notables, d'une part du fait de la pente des gradins, qui est g�n�ralement tr�s forte, et d'autre part en raison de l'absence de mat�riaux, notamment dans le cas de carri�res, permettant de remblayer la fosse. Dans le cas de mat�riaux friables, les modifications de la morphologie du terrain sont dues aux verses recevant les d�blais et aux ph�nom�nes d'affaissement des surfaces par suite du drainage.
L'exploitation � ciel ouvert a �galement des r�percussions sur le bilan des eaux superficielles, par suite des mesures destin�es � prot�ger les chantiers d'abattage des venues d'eau (eaux de surface et eaux souterraines). Ces mesures consistent � capter et � canaliser les flux d'eau en bordure de la fosse et sur tout le p�rim�tre d'exploitation. Au besoin, les cours d'eau seront d�tourn�s, les eaux m�t�oriques ou provenant du drainage des pentes sont dirig�es vers des bassins de collecte, d'o� elles retournent dans le r�seau naturel. L'augmentation des s�diments charri�s et la modification du chimisme peuvent alors mener � une d�gradation de la qualit� des eaux r�ceptrices.
Quant � l'extraction de mat�riaux friables, elle a en outre des r�percussions sur l'�quilibre des eaux souterraines. Les activit�s peuvent dans ce cas s'accompagner d'une part de la d�gradation de la qualit� des eaux souterraines par infiltration d'eaux us�es contamin�es, d'autre part du lessivage des terrils et de la fosse. Les nappes d'eau souterraines peuvent inonder le chantier d'extraction si la nappe phr�atique n'a pas �t� rabattue auparavant. Le rabattement de nappe est obtenu au moyen de puits am�nag�s directement dans la fosse ou autour. Les puits doivent s'enfoncer jusqu'en dessous du fond de l'exploitation pour obtenir une exhaure efficace et pour assurer la stabilit� des gradins et du niveau d'exploitation par d�compression du milieu. En g�n�ral, l'eau de ces puits n'est pas pollu�e et peut rejoindre directement le r�seau des eaux superficielles. Le rabattement de nappe au voisinage du site a des cons�quences notables, notamment
- l'ass�chement de puits se trouvant � proximit�
- des affaissements de terrain
- des r�percussions sur la v�g�tation par modification des
disponibilit�s en eau
Apr�s cessation des travaux d'exploitation, il reste les fosses creus�es par d�capage des morts terrains et r�cup�ration des min�raux. Ces fosses finales forment des lacs en se remplissant d'eau jusqu'� avoir rejoint le niveau de la nappe phr�atique. Les eaux proviennent g�n�ralement de la nappe souterraine. Suivant le cas, la remont�e du niveau de la nappe phr�atique peut se faire tr�s lentement, le ph�nom�ne �tant conditionn� par la profondeur de la mine et le contexte hydrog�ologique. Il peut s'�couler plus de 50 ans avant que ne s'�tablisse un nouvel �quilibre. Si dans les zones de contact sol/eau, les terrains contiennent des substances hydrosolubles ou en ont accumul� suite au contact avec des cendres d'usines ou des r�sidus industriels, la qualit� des eaux peut se trouver menac�e. L'un des probl�mes bien connu est le pH trop faible de ces eaux. Ce ph�nom�ne s'aggrave lorsque les lacs n'ont ni alimentation ni �coulement, ce qui favorise par ailleurs l'eutrophisation, notamment en cas d'exploitation agricole intensive des terres avoisinantes.
Durant l'exploitation, les travaux sont sources de nuisances sonores li�es au fonctionnement des machines et �quipements servant � l'extraction, au chargement, au transport, � la manutention, etc. Dans les exploitations de min�raux durs, la foration et l'abattage aux explosifs viennent s'ajouter aux autres sources de bruit. L'impact d'une explosion ne se limite pas au bruit. Il faut tenir compte �galement des vibrations qui suivent la d�tonation. Celles-ci repr�sentent une nuisance pour les riverains et peuvent m�me entra�ner la d�t�rioration de b�timents.
Il convient de signaler �galement la pollution atmosph�rique qu'engendrent les activit�s d'extraction � sec. Les sources de pollution et les effets produits sont de diverses natures.
- Les tirs � l'explosif dans la roche d�gagent de la poussi�re
qui virevolte dans l'air sous l'effet de la d�tonation (fum�es
de tir). A cela viennent s'ajouter les ph�nom�nes de d�flation
lorsque les mat�riaux sont expos�s, en particulier lors des
op�rations de chargement, de transport et de culbutage.
- La pollution atmosph�rique par des gaz rel�ve en
r�gle g�n�rale des v�hicules et groupes moteurs fonctionnant
au gazole ainsi que des fum�es de tir. Les mines de charbon,
quant � elles, comportent encore d'autres risques li�s au
gisement lui-m�me: au cours de l'exploitation de couches
profondes, il peut se produire des d�gagements de m�thane ou
encore de gaz nocifs en cas d'ignition spontan�e d'une veine.
Par temps chaud et sec, le risque d'incendie augmente consid�rablement dans les mines de charbon � ciel ouvert. Dans les veines mises � nu ou au cours des op�rations de manutention, le charbon peut s'enflammer spontan�ment.
Une inflammation spontan�e peut �galement se produire lors
du culbutage des st�riles et des d�chets de la pr�paration
m�canique, � faible teneur en charbon, et amorcer des feux
couvants difficiles � �teindre. De tels feux couvant sous les
terrils peuvent d�gager des odeurs et des gaz nocifs pendant des
ann�es, voire des d�cennies.
- L'irradiation peut poser des probl�mes dans certains
cas particuliers o� l'on exploite des gisements d'uranium et de
pegmatite.
L'extraction des mati�res premi�res � ciel ouvert n�cessite la mise � nu du gisement, c'est-�-dire le d�capage de grandes surfaces. Les activit�s mini�res sont donc li�es � une destruction de la flore dans les zones d'abattage, aux emplacements des terrils et des am�nagements d'infrastructure.
Quant � la faune vivant sur les lieux, priv�e de son habitat naturel, elle se voit contrainte d'�migrer.
L'alt�ration des eaux superficielles, en quantit� et en qualit�, peut s'av�rer pr�judiciable aux �cosyst�mes aquatiques, tout comme la modification du niveau de la nappe phr�atique peut nuire aux biotopes humides, par suite d'un ass�chement d� au rabattement de la nappe ou d'une submersion � la suite de sa remont�e. Les syst�mes �cologiques � l'�quilibre pr�caire, se trouvant sur des sites marginaux, sont d�truits ou mettront du moins beaucoup de temps � retrouver leur �tat initial.
Les travaux miniers am�nent des modifications du milieu naturel qui ont des 0effets n�gatifs sur les �cosyst�mes terrestres, par ex. lorsque ceux-ci d�pendent de la nappe phr�atique. Apr�s cessation des activit�s, c'est une faune et une flore nouvelles qu'on verra in�vitablement appara�tre, et ce en d�pit de toutes les mesures de restauration possibles. Avec la modification des caract�ristiques physiques et chimiques des sols, des disponibilit�s en eau etc, l'exploitation mini�re entra�ne donc des changements irr�versibles sur le site.
En raison de l'�tendue des surfaces mises en exploitation et du caract�re impos� du site, ce type d'exploitation mini�re apporte certainement les plus grands bouleversements dans les conditions de vie des populations locales. Citons comme cons�quences fr�quentes de la mise en exploitation d'une d�couverte:
- La n�cessit� de d�placer les personnes habitant
�ventuellement sur le site. Dans ce cas, il faudra non seulement
proc�der au transfert des zones d'habitation, mais aussi �
l'am�nagement de nouvelles voies de transport et de
communication. Aux pertes �conomiques engendr�es viennent
s'ajouter les r�percussions d'ordre sociologique et culturel.
Celles-ci sont particuli�rement graves dans les cas o� les
habitants sont �troitement li�s � leur milieu naturel, ou �
certains lieux de cultes, mais aussi des structures tribales
traditionnelles et supr�maties territoriales etc.
- Des collisions d'int�r�t quant � l'occupation des
sols sont fr�quentes, notamment lorsque le site fait d�j�
l'objet d'une mise en valeur agricole ou foresti�re, qu'il s'y
trouve des biens culturels, tels que vestiges du pass�, ou
encore qu'il s'agit d'aires consacr�es aux loisirs ou � la
d�tente, qui pourraient �tre d�grad�es, voire d�truites par
les activit�s mini�res.
Si l'emprise des installations et la d�t�rioration de la flore et la faune entra�ne la r�gression des surfaces vou�es � l'agriculture et donc la perte de revenus, ou s'il s'av�re n�cessaire de transf�rer des zones d'habitation toutes enti�res, on aura soin d'examiner au pr�alable avec les int�ress�s toutes les cons�quences d'un tel projet en tenant compte de groupes particuliers tels que les femmes notamment. Dans le m�me ordre d'id�es, on v�rifiera si les femmes sont en mesure de profiter suffisamment des avantages �conomiques que la mine apporte � la r�gion.
Par ailleurs, les activit�s mini�res ont des r�percussions sur la sant� des personnes employ�es et des habitants de la r�gion compte-tenu des modifications induites dans l'environnement.
Finalement, la mise en place des infrastructures n�cessaires � l'exploitation mini�re peut entra�ner un ph�nom�ne de colonisation spontan�e.
2.1.2 Exploitation par dragage
Ici aussi, on distinguera les effets d'ordre physique, biologique et social. Les analogies avec l'extraction � sec sont mentionn�es avec r�f�rence aux passages correspondants du point 2.1.1.
Les possibilit�s de dragage d�pendant des caract�ristiques des gisements et des min�raux � exploiter, par ex. degr� de consolidation, distribution granulom�trique, topographie des lieux, site se pr�tant � ce mode d'exploitation (terrain plat, non accident�), volume d'eau disponible, l'exploitation dans son ensemble sera moins �tendue que pour l'extraction � sec et les effets sur l'environnement seront donc plus limit�s.
Les deux modes d'extraction diff�rent de par l'emprise des activit�s sur le terrain. En r�gle g�n�rale, les chantiers d'abattage hydraulique repr�sentent des surfaces tr�s limit�es. En cas d'utilisation de dragues pour la r�cup�ration de m�taux pr�cieux ou de zinc par ex., le travail ne se fait gu�re sur plus d'1 ha, la consommation d'espace pouvant augmenter sensiblement lorsqu'il faut commencer par enlever les morts-terrains. Il faut toutefois consid�rer que le chantier se d�place assez rapidement sur toute la surface � exploiter, qui se trouvera enti�rement modifi�e. En cas d'exploitation en rivi�re, non seulement le sol est enlev�, tout comme pour l'extraction en terrain sec, mais le fond est enti�rement boulevers� et l'ensemble du lit de la rivi�re s'en trouvera modifi�. Apr�s l'extraction, il reste les d�blais sous la forme d'importants tonnages de mat�riaux class�s parmi lesquels les fines et les schlamms font en grande partie d�faut. Ceci est tr�s d�favorable � la r�g�n�ration du sol, condition pr�alable � la r�installation de la flore. Si elles manquent dans le lit de la rivi�re, les fractions fines vont en outre polluer les eaux superficielles dans lesquelles elles sont rejet�es (eaux us�es charg�es). Il peut arriver que les tra�n�es de boue produites par le dragage s'�tendent sur plusieurs centaines de kilom�tres. Elles polluent l'eau jusqu'� ce que la fraction argileuse se soit � nouveau d�pos�e. La pollution du cours d'eau peut encore se trouver aggrav�e lorsqu'on y rejette des eaux us�es contamin�es. C'est le cas par exemple des effluents de la pr�paration m�canique, qui contiennent du mercure lorsque le minerai a �t� extrait de gisements alluvionnaires aurif�res ou lorsque l'�vacuation des huiles usag�es se fait de fa�on incontr�l�e.
En ce qui concerne les secteurs ressources, bruit et pollution atmosph�rique, nous renvoyons aux risques d�j� d�crits au point 2.1.1
Outre les effets similaires � ceux de l'extraction � sec, � savoir la destruction de la flore et l'�migration de la faune, le dragage a des r�percussions notables sur l'�cosyst�me aquatique de la rivi�re exploit�e. Les charges de boue occasionn�es par l'exploitation mini�re alt�rent la qualit� des eaux et modifient le lit de la rivi�re en raison de la s�dimentation des fractions fines. Ceci agit sur l'�quilibre biologique de la rivi�re, qui influence � son tour la faune et la flore aquatique. Comme cons�quence fr�quente, on constate une diminution des populations de poissons, li�e soit � la d�cimation des esp�ces, soit � leur �migration vers d'autres sections du cours d'eau.
Dans les r�gions tropicales, le dragage de mati�res premi�res min�rales s'accompagne de risques s�rieux lorsqu'il entra�ne l'apparition de nappes d'eau stagnantes. En effet, ces eaux peuvent s'infester d'agents pathog�nes (en particulier ceux responsables de la malaria) et m�me provoquer la r�apparition de maladies tropicales qui avaient �t� �radiqu�es dans cette r�gion.
L'implantation d'un projet minier dans des plaines alluviales fertiles ou sur des p�rim�tres faciles � irriguer, surtout l� o� les surfaces en question ne seraient pas exploitables en agriculture pluviale, vient concurrencer les utilisations de ces terres � des fins agricoles de ces terres. M�me si l'on veille � la r�habilitation ult�rieure du site par remise en culture des terrains, il peut y avoir des d�g�ts irr�versibles. Les obstacles � la p�che par les charges de boue constituent plut�t un effet passager. En revanche, les probl�mes de sant� amen�s par la contamination des cours d'eau par du mercure par ex. sont � consid�rer comme des dommages irr�versibles.
Des conflits d'ordre social se manifestent surtout en p�riode d'expansion �conomique par ex. dans le cas d'un ph�nom�ne local de ru�e vers l'or, lorsque les petits mineurs ind�pendants sont attir�s en grand nombre dans une r�gion (diggers, garimpeiros, pirquineros). Ceux-ci ne disposent pour la plupart d'aucun titre minier et am�nent toute une s�rie de probl�mes (criminalit�, sp�culations, flamb�e des prix, maladies, tensions au sein de la population locale) qui peuvent s'aggraver en partie lorsque les filons riches au d�part deviennent plus difficiles � exploiter ou commencent � s'�puiser.
2.1.3 Exploitations sous-marines en zones c�ti�res
En ce qui concerne les activit�s mini�res sous-marines, nous n'aborderons pas s�par�ment les r�serves des grands fonds oc�aniques, celles-ci n'ayant pas encore �t� v�ritablement exploit�es jusqu'ici. Nous nous contenterons de signaler que les effets sur l'environnement de ce type d'exploitation sont comparables � ceux des exploitations en zone c�ti�re. Sur le plateau continental, les travaux se font au moyen de dragues � godets ou dragues suceuses � des profondeurs ne d�passant pas 50 m.
Les travaux en question ne vont pas sans la modification des fonds sous-marins, qui repr�sente le principal impact �cologique de cette forme d'exploitation. Le dragage des sols se fait par voie m�canique ou hydraulique, les mat�riaux remont�s �tant s�par�s de leur gangue dans l'atelier de pr�paration install� sur le navire. La modification de la morphologie et de la composition des sols entra�ne une restructuration int�grale des fonds marins. Cette restructuration est due � un effet de triage naturel des d�blais, st�riles et refus des ateliers de pr�paration se d�posant au fond de la mer, lorsque ces mat�riaux sont restitu�s en grandes quantit�s apr�s l'extraction, c'est-�-dire que la teneur en substances utiles est faible. Dans le cas de mati�res premi�res � forte teneur en mat�riau utile (peu de r�sidus), tels les sables et les graviers, c'est le volume des ponctions qui agit sur la morphologie des fonds marins. Les changements produits peuvent renforcer l'�rosion c�ti�re et l'accumulation de s�diments, les sols nouvellement form�s pouvant avoir perdu de leur compacit� ou �tre ciment�s par les fines et les schlamms qui retournent dans la mer.
Les fines et les schlamms rejet�s par les postes de pr�paration m�canique ou soulev�s par les remous de l'extraction sous-marine restent longtemps en suspension. L'eau devient fortement turbide et ces mati�res en suspension peuvent �tre entra�n�es par les courants marins. Les zones ainsi pollu�es peuvent se situer � plus de 10 km de la source de pollution.
Dans des eaux peu agit�es, les fines et les schlamms se d�posent au fond de la mer qu'ils recouvrent d'une couche argileuse.
A l'instar de l'extraction en milieu sec, la marche des groupes moteurs, machines et appareils entra�ne la pollution de l'eau et de l'air ainsi que des nuisances sonores.
L'alt�ration des fonds marins nuit � l'�quilibre biologique des sols, dans les zones exploit�es comme dans celles des environs, �galement affect�es par la pollution. Ceci concerne avant tout les organismes marins s�dentaires comme les coraux, qui se trouvent partiellement ou enti�rement d�truits en raison de la forte turbidit� de l'eau et de la s�dimentation des fractions fines. Mais les nuages de mati�res en suspension affectent le milieu marin tout entier. Citons comme principaux effets l'opposition au passage de la lumi�re, la consommation d'oxyg�ne en raison des processus d'oxydation des particules en suspension, l'encombrement des voies respiratoires chez les organismes marins et leur intoxication �ventuelle en raison des traces de m�taux dans l'eau. Si la faune sous-marine mobile peut �chapper � la majeure partie de ces effets en �migrant, elle est tout de m�me touch�e compte-tenu de la destruction de ses fray�res.
Les exploitations sous-marines n'affectent pas directement le cadre de vie d'un groupe de population, puisqu'on ne peut pas v�ritablement parler dans ce cas de population locale. Elles concurrencent n�anmoins le secteur de la p�che qui enregistrera des pertes et s'opposent � d'autres formes de valorisation du site comme les am�nagements pour les loisirs.