Table des
mati�res - Pr�c�dente - Suivante
1. Pr�sentation du domaine d'intervention
2. Effets sur l'environnement et mesures de protection
2.1 G�n�ralit�s
2.2 Barrages et seuils de r�gularisation2.2.1 Objectif
2.2.2 Environnement naturel(a) Milieu g�ophysique
(b) Milieu biologique2.2.3 Milieu humain
2.3 Canaux suivant les courbes de niveau/�missaire
2.3.1 Objectif
2.3.2 Environnement naturel(a) Milieu g�ophysique
(b) Milieu biologique2.3.3 Milieu humain
2.4 Bassins de retenue
2.4.1 Objectif
2.4.2 Environnement naturel(a) Milieu g�ophysique
(b) Milieu biologique2.4.3 Milieu humain
2.5 Petits barrages en terre/r�servoirs
2.5.1 Objectif
2.5.2 Environnement naturel(a) Milieu g�ophysique
(b) Milieu biologique2.5.3 Milieu humain
2.6 Protection des berges et enrochements de protection du lit
2.7 Canalisation (endiguement)
3. Aspects � inclure dans l'analyse et l'�valuation des effets sur l'environnement
4. Interactions avec d'autres domaines d'intervention
5. Appr�ciation r�capitulative de l'impact sur l'environnement
1. Pr�sentation du domaine d'intervention
L'hydraulique se subdivise en trois domaines :
- hydraulique lourde
- hydraulique rurale ou hydraulique l�g�re
- am�nagement fluvial et construction de canaux
Le terme "hydraulique rurale" peut recouvrir tous les travaux d'am�nagement et de gestion des eaux r�alis�s en milieu rural et �num�r�s ci-apr�s :
- barrages et seuils de r�gularisation servant � retenir l'eau destin�e aux petites centrales hydrauliques d'irrigation ainsi que pour la distribution de l'eau et la r�gulation des cours d'eau ;
- canaux suivant les courbes de niveau (�missaires et drainages) pour la d�rivation de l'eau ;
- bassins de retenue pour la protection des petits bassins versants contre les crues ;
- petits barrages en terre de faible hauteur pour le stockage de l'eau et la protection contre les inondations ;
- protection des berges et enrochements de protection du lit, dispositifs anti-�rosifs ;
- canalisation (endiguement) de cours d'eau.
Ces travaux sont g�n�ralement effectu�s pour des raisons �conomiques : meilleure utilisation des ressources en eau pour l'homme, les animaux, la production (agricole, industrielle, artisanale) et les services, ou pour emp�cher les d�g�ts provoqu�s par les eaux (inondations, �rosions, y compris les d�g�ts r�sultant d'une mauvaise ex�cution des travaux).
Les travaux d'hydraulique rurale portent dans leur grande majorit� sur la r�alisation d'ouvrages � la fois utilitaires et de protection ; par exemple, un petit r�servoir peut servir � l'alimentation en eau, mais aussi � la collecte des eaux pluviales et donc � la protection contre les crues, de m�me qu'� la production piscicole.
2. Effets sur l'environnement et mesures de protection
2.1 G�n�ralit�s
Les travaux d'hydraulique rurale ont un impact sur l'environnement et influent sur la nature et les paysages. Les conditions naturelles marginales et donc les conditions de vie peuvent se transformer sous l'effet des facteurs suivants :
- travaux hydrauliques et terrestres et leurs effets sur le r�gime d'�coulement naturel, les nappes aquif�res souterraines et le cycle hydrologique naturel de la r�gion ;
- utilisation des ressources en eau par l'homme, les animaux et pour la production (agriculture, industrie et artisanat) et les services, apr�s la r�alisation des travaux.
La prise en consid�ration de la composante environnementale et sociale dans les projets d'hydraulique rurale suppose
- que la planification tienne compte d'embl�e du contexte situationnel d'ensemble avec ses cons�quences (y compris et surtout dans le long terme) et que le projet soit dimensionn� � partir d'une �valuation s�re des besoins et de leur �volution ainsi que sur la base de la solvabilit� des b�n�ficiaires,
- que les ing�rences dans l'environnement soient aussi limit�es que possible, que les effets n�gatifs soient att�nu�s par des mesures de compensation et que les processus irr�versibles soient exclus a priori.
Pour ce qui concerne l'utilisation �conomique, il importe, par des actions de sensibilisation et de formation, d'attirer l'attention des responsables et des personnes concern�es sur les incidences environnementales et les mesures � prendre pour les �viter ou les att�nuer, et d'assurer l'utilisation � long terme de l'�quipement (exploitation/entretien). Ces �l�ments doivent �tre pris en compte d�s le stade de la planification.
Les effets environnementaux des projets et les travaux de protection de l'environnement concernent les domaines suivants :
(A) ENVIRONNEMENT NATUREL : (a) milieu g�ophysique et (b) milieu biologique
(B) MILIEU HUMAIN : avec ses facettes sociales, socio-�conomiques et socioculturelles (y compris sur le plan de l'utilisation des ressources en eau) ainsi qu'avec les influences sur la vie humaine et la qualit� de la vie.
Etant donn� que l'impact des travaux d'hydraulique rurale reste g�n�ralement limit� � l'�chelon local, les interventions dans l'environnement et les nuisances sont moins grandes qu'avec les projets d'hydraulique lourde et d'ing�nierie fluviale.
2.2 Barrages et seuils de r�gularisation
2.2.1 Objectif
Les barrages et seuils de r�gularisation sont surtout construits dans le but de stocker l'eau, qui pourra ensuite �tre pr�lev�e et utilis�e � des fins diverses. La plupart du temps, l'eau est pr�lev�e en pente libre au moyen d'un canal de d�rivation (cf. 2.3 : canaux suivant les courbes de niveau) ou d'une canalisation. Toutefois, des pr�l�vements sont possibles aussi au moyen de siphons hydrauliques ou de pompes (� main, � �nergie animale ou � moteur).
En r�gle g�n�rale, les barrages repr�sentent une intervention plus importante dans les eaux naturelles que les seuils de r�gularisation plus bas. Ces deux ouvrages modifient toutefois les conditions d'�coulement (section de passage, pente, rugosit� et donc vitesse d'�coulement et d�bit). Les seuils de r�gularisation att�nuent la pente et ont donc pour seule fonction de stabiliser le lit du cours d'eau et de r�duire l'�rosion du fond ou des berges. D'un point de vue hydraulique, les petits barrages fonctionnent selon le m�me principe que les grands barrages de retenue, mais l'ampleur de leurs effets sur l'environnement est en r�gle g�n�rale nettement moindre.
2.2.2 Environnement naturel
(a) Milieu g�ophysique
Des effets sur le bilan hydrique, et principalement sur le r�gime des eaux souterraines, ne se produisent en aval d'un petit barrage que si la quantit� d'eau pr�lev�e et d�riv�e repr�sente une partie relativement importante du d�bit non perturb� du cours d'eau (et, par exemple, ram�ne le d�bit sous la moyenne des d�bits d'�tiage). En revanche, si tout le d�bit est d�riv� (ce qui est rare), le cours d'eau se dess�chera et le niveau des nappes phr�atiques chutera. Il convient de v�rifier au cas par cas et d'�valuer si et comment la quantit� d'eau pr�lev�e (moins les pertes li�es par exemple � l'utilisation) peut �tre restitu�e au cours d'eau ou � la nappe aquif�re ; ce faisant, on examinera avec la plus grande attention si une d�rivation de 100% du cours d'eau se justifie, compte tenu des graves incidences qu'elle aurait sur le r�gime des eaux en aval.
Si le volume d'eau pr�lev� est ramen� � la rivi�re � faible distance en aval du d�versoir (comme ceci est le cas avec les petites centrales hydro-�lectriques), le tron�on interm�diaire subira des influences dues, par exemple, � la pr�sence d'un dessableur arr�tant le charriage de s�diments et de mat�riaux solides.
Si l'eau pr�lev�e sert � l'irrigation des surfaces riveraines, on peut g�n�ralement pr�sumer qu'une grande partie de celle-ci retourne au cours d'eau par voie de surface ou souterraine comme eau de drainage et d'infiltration. Consid�r�e comme un facteur positif pour l'agriculture, l'irrigation s'accompagne toutefois d'inconv�nients au niveau du retour de l'eau (salinisation ou modification de la qualit� de l'eau utilis�e � cause des apports d'engrais ou de pesticides), entra�nant une importante d�gradation de la qualit� du cours d'eau sur de grandes longueurs.
Suivant la quantit� de mati�res en suspension et de solides charri�s (soit en fonction de la nature des sols et de leur couverture dans le bassin versant), le lit du cours d'eau risque de se combler en amont des ouvrages (beaucoup plus dans le cas des d�versoirs que dans celui des seuils de r�gularisation) et de provoquer une modification des sections mouill�es et niveaux d'eau. Cons�quences possibles : teneur excessive en eau des zones riveraines, voire submersions et inondations, autant d'effets pouvant rendre n�cessaires, comme sur les grands am�nagements fluviaux, l'�dification d'ouvrages de protection pour les zones d'amont (murs de protection ou m�me endiguement des berges). Ces ouvrages repr�sentent une nouvelle intervention dans l'environnement naturel et le paysage, dont les incidences doivent �tre examin�es attentivement.
En fonction des conditions hydrog�ologiques, la modification du niveau de l'eau a des cons�quences sur le niveau des nappes souterraines. De la zone de retenue g�n�r�e par le barrage en remontant vers l'amont, le niveau des eaux souterraines a ainsi tendance � se stabiliser, voire � s'�lever, tandis qu'en aval, il peut se produire une chute du niveau. Toutefois, les effets d'am�nagements ponctuels et de petite dimension sont uniquement locaux. En revanche, les retomb�es peuvent �tre nettement plus graves, par exemple lorsque plusieurs petits barrages sont construits en cha�ne.
Suivant l'�tat du lit du cours d'eau, la retenue des s�diments au niveau du d�versoir peut provoquer des �rosions vers l'aval.
(b) Milieu biologique
Les plantes peuvent r�agir de mani�re tr�s sensible aux variations du niveau des nappes souterraines. Par ailleurs, la quantit� d'eau disponible influe entre autres facteurs sur la diversit� des esp�ces.
Exemple : lorsque le volume d'eau pr�lev� est relativement important pendant la saison s�che, le lit du cours d'eau peut se dess�cher pendant une p�riode prolong�e en aval d'un petit barrage, d'o� une diminution du nombre des esp�ces de poissons, d'insectes, d'oiseaux et autres esp�ces autochtones. Il importe de plus de tenir compte des cons�quences que la coupure provoqu�e dans un cours d'eau par la construction de petits barrages de retenue peut avoir sur les conditions de vie et de migration des poissons (mise en place �ventuelle d'�chelles � poisson).
En amont de barrages et d�versoirs, la modification des propri�t�s rh�ologiques peut provoquer la formation de zones d'eaux dormantes dans lesquelles l'apport d'oxyg�ne est en tr�s forte diminution. Cons�quences possibles : perturbation de la faune aquatique, prolif�ration des germes pathog�nes se transmettant � l'homme et aux animaux par l'interm�diaire de l'eau. La construction de cl�tures peut �tre envisag�e pour pallier cet inconv�nient.
Lorsqu'elle n�cessite le d�boisement et la r�alisation de voies d'acc�s, la construction des ouvrages peut avoir d'autres cons�quences n�gatives sur l'environnement.
2.2.3 Milieu humain
Les effets n�gatifs sont pratiquement inexistants si la planification est effectu�e dans les r�gles de l'art et si les besoins de la population et des riverains directs ainsi que les droits d'usage de l'eau sont simultan�ment pris en compte (aucun pr�judice ne doit se produire dans la zone aval).
L'apparition possible de zones d'eaux dormantes faiblement oxyg�n�es en amont des d�versoirs et la prolif�ration de germes pathog�nes transmissibles par l'eau constituent un risque sanitaire potentiel.
Il importe d'�tudier imp�rativement quels seront les effets des activit�s de projet sur la situation �conomique des femmes et sur leur charge de travail, compte tenu de la r�partition du travail par sexe dans les domaines traditionnels que sont l'approvisionnement en eau et l'agriculture.
2.3 Canaux suivant les courbes de niveau/�missaires
2.3.1 Objectif
Les canaux suivant les courbes de niveau sont r�alis�s pour d�river l'eau vers des d�versoirs et d'autres ouvrages de prise d'eau. En assumant la fonction d'�missaires artificiels, ils absorbent aussi les eaux d'infiltration et de drainage qui s'�coulent par gravit� sur les surfaces voisines (le cas �ch�ant, surfaces agricoles) et servent donc � �viter la sursaturation des sols.
2.3.2 Environnement naturel
(a) Milieu g�ophysique
La construction de canaux suivant les courbes de niveau et d'�missaires constitue une intervention dans la pente ou le terrain. Suivant la nature du sol, la m�thode de construction et la dimension du canal (largeur, profondeur, d�bit), le choix de param�tres appropri�s doit permettre de respecter les conditions suivantes :
- la tranch�e r�alis�e dans la pente ne doit pas affecter la stabilit� au point de provoquer des glissements de terrain,
- l'ouvrage ne doit pas provoquer de ph�nom�nes de renard, voire des �coulements d'eau sur les talus trop pentus et/ou non �tanches, allant jusqu'� des glissements de terrain et � une �rosion du pied des talus. Les chutes de pluie ult�rieures peuvent aggraver consid�rablement ces d�g�ts et en provoquer d'autres par l'�rosion des flancs ext�rieurs d�pourvus de v�g�tation. Enfin, le clapotis provoqu� par le vent peut �roder les flancs int�rieurs de talus.
(b) Milieu biologique
Les effets n�gatifs d�rivent des �rosions et glissements de terrain d�crits pr�c�demment. Par ailleurs, jouant le r�le de petit biotope, le canal suivant les courbes de niveau/�missaire peut avoir des r�percussions b�n�fiques sur la flore et la faune le long de son cours, comme le montrent de nombreux exemples (dans les Andes p�ruviennes, par exemple, o� dans des r�gions pourtant pratiquement d�sertiques, la v�g�tation appara�t le long des anciens canaux des Incas).
2.3.3 Milieu humain
Aucun effet n�gatif direct n'est � redouter. En revanche, les glissements de terrain (et les inondations qui en d�coulent) peuvent avoir des effets secondaires pour les populations.
2.4 Bassins de retenue
2.4.1 Objectif
Dans les petits bassins versants des r�gions rurales, les bassins de retenue �difi�s pour se prot�ger contre les risques de crues ont des cons�quences dans tous les domaines. Leurs effets pr�judiciables d�coulent de lacunes de planification et d'ex�cution (d�faillance de l'ouvrage) ainsi que d'une exploitation d�ficiente des installations. Dans certains pays, la d�termination de l'onde de crue maximale, n�cessaire pour dimensionner le bassin de retenue et l'ouvrage, est souvent tr�s difficile � cause de l'absence de donn�es de base sur les eaux. Or, pour des raisons de co�t, il n'est pas toujours possible de planifier un ouvrage en pr�voyant une tr�s grande marge de s�curit�.
2.4.2 Environnement naturel
(a) Milieu g�ophysique
La r�alisation des ouvrages de retenue et de d�charge (ces derniers �tant la plupart du temps ouverts) ne modifie pas le d�bit d'�coulement.
En cas de crue, la fermeture partielle des vannes des ouvrages de d�charge permet de stocker une partie de l'onde de crue dans le bassin et de r�duire d'autant la sortie d'eau vers l'aval. Cons�quences possibles :
- le d�bit aval est r�gularis� par l'�cr�tement de la pointe de crue (stockage temporaire) ;
- l'�rosion et la s�dimentation dans la zone aval sont r�duites en raison de l'absence de pointes de crue. Toutefois, cet effet positif peut �tre contrebalanc� par des apports insuffisants d'�l�ments min�raux sur les surfaces riveraines et les fonds des cours d'eau, � cause de la diminution de la s�dimentation dans l'eau d'aval (d'o� des cons�quences sur la faune et la flore) ;
- si les sols ne sont pas imperm�abilis�s par des d�p�ts de s�diments fins (suivant la nature des sols du bassin versant), d'une part l'aire d'infiltration dans la zone de retenue (ou le lit du cours d'eau) s'agrandit, d'autre part, les infiltrations durent plus longtemps, car apr�s un stockage temporaire, le d�bit est plus r�gulier, ce qui a un effet positif sur la recharge des nappes phr�atiques ;
- le d�p�t de mati�res argilo-limoneuses dans la zone de retenue (souvent de la lat�rite) provoque l'imperm�abilisation du radier, rend ainsi le r�servoir �tanche et augmente la dur�e de disponibilit� de l'eau. En revanche, ce ph�nom�ne peut avoir un effet n�gatif sur les nappes souterraines au niveau du r�servoir et, au fur et � mesure que le d�p�t grandit, r�duire la capacit� de stockage et donc le fonctionnement du bassin de retenue (effets dus aux d�g�ts subis par l'ouvrage de retenue ou le barrage du bassin : cf. 2.5).
(b) Milieu biologique
Dans la retenue, la flore n'est pas perturb�e de mani�re notable par les dur�es, normalement courtes, et les fr�quences des remous d�passant la cote de retenue pr�vue pendant la saison des pluies.
Suivant leur nature (proportion d'humus), les s�diments et d�p�ts des francs-bords et du bassin de retenue lui-m�me peuvent perturber ou favoriser la croissance des v�g�taux.
La faune est tr�s touch�e par les retenues d'eau. Dans les nombreux bassins versants de faible �tendue, les fortes pluies remplissent rapidement les r�servoirs, obligeant les animaux � �chapper tr�s rapidement � la mont�e de l'eau. Pour certaines esp�ces, il s'agit l� d'un grave probl�me pouvant entra�ner leur destruction.
Pour la faune vivant dans des zones d'inondation (surtout les oiseaux) ainsi que pour la flore aquatique ou de zone humide, la diminution du d�bit provoqu�e par les stockages temporaires peut avoir des cons�quences n�gatives d�sastreuses, qu'il faut �tudier au cas par cas. Les habitats peuvent subir un ass�chement.
2.4.3 Milieu humain
Sous r�serve d'une planification, d'une ex�cution des travaux et d'une exploitation correctes, on peut consid�rer que les bassins de retenue ont essentiellement des effets positifs pour l'homme. Toutefois, les erreurs tr�s souvent constat�es dans l'estimation des ondes de crue, qui sont dues � l'absence de donn�es de base, ou encore l'exploitation d�ficiente des bassins de retenue, peuvent entra�ner des inondations, une amplification des crues et donc des d�g�ts en amont comme en aval de l'ouvrage.
Il est n�cessaire de pr�voir d�s le d�but des �tudes une action d'information sur le sens, le but et le fonctionnement de l'ouvrage afin de r�pondre aux appr�hensions de la population. Des plans de remplissage du bassin de retenue et d'utilisation doivent �tre �tablis en concertation avec les riverains et �tre mis en oeuvre par un membre du village charg� de cette fonction et form� � cette t�che.
2.5 Petits barrages en terre/r�servoirs
2.5.1 Objectif
Les barrages en terre de faible hauteur (quelques m�tres) sont souvent construits au bord des cours d'eau, dans ces derniers, ou encore dans leur bassin versant, au pied de vall�es ou de coupures de terrain, afin de stocker les eaux de surface (approvisionnement en eau, irrigation) ou de les rendre disponibles pendant des p�riodes prolong�es ou toute l'ann�e.
Les effets environnementaux sont g�n�r�s par les petits barrages eux-m�mes ainsi que par les r�servoirs qu'ils constituent.
Il arrive que ces petits barrages ne soient pas con�us avec le m�me soin que les grands ouvrages. En effet, il arrive que des non-sp�cialistes s'attaquent � la construction de ce type de barrages, sans respecter certaines r�gles �l�mentaires. Certes, les effets seraient nettement plus importants sur un barrage de grande dimension, mais sur le plan hydraulique et sur celui des fondations, les petits barrages de terre sont en fait similaires aux grands.
De nombreux exemples de destruction de petits barrages de terre montrent que des erreurs de planification et d'ex�cution des travaux autant que des lacunes d'entretien provoquent des dommages qui sont � l'origine de destructions et d'autres cons�quences pour l'environnement. La plupart du temps, les dommages provoqu�s sont dus � la trop forte inclinaison des talus, au dimensionnement insuffisant des d�versoirs et � leur mauvaise consolidation contre l'eau en mouvement, � l'emploi de mat�riaux inadapt�s et � un compactage insuffisant. Pour consolider les barrages en terre neufs et favoriser la croissance d'un tapis v�g�tal form� de plantes de couverture et d'herbac�es, il est recommand� d'emp�cher, pendant un temps suffisamment long, le pacage des animaux (cl�tures).
2.5.2 Environnement naturel
(a) Milieu g�ophysique
Toutes proportions gard�es, le bassin de retenue ou le r�servoir a sur l'environnement un impact similaire � celui des grands barrages (cf. Dossier sur l'Hydraulique lourde).
Les retenues relativement peu profondes laissent passer la lumi�re jusqu'au fond, ce qui affecte la qualit� de l'eau, favorise la croissance des algues et des plantes et provoque un fort r�chauffement de l'eau. Lorsque de grandes quantit�s d'�l�ments nutritifs sont pr�sentes dans une eau trop stagnante, il peut se produire une eutrophisation. Cette d�gradation de la qualit� de l'eau et le comblement du r�servoir sont favoris�s par la s�dimentation (qui varie en fonction de la nature du sol et de sa couverture v�g�tale dans le bassin versant) et par le lessivage de phosphates ou d'autres produits chimiques agricoles, directement ou par l'interm�diaire des s�diments.
Si le r�servoir sert de point d'abreuvement au b�tail et si les animaux y s�journent de mani�re plus ou moins prolong�e (en fonction de la profondeur de l'eau), cet effet n�gatif est encore amplifi�, et la qualit� de l'eau peut se d�grader au point de mettre en cause l'utilisation de la retenue comme r�serve d'eau potable.
A proximit� du r�servoir, le niveau de la nappe aquif�re peut s'abaisser en raison de la r�tention des eaux de surface qui s'infiltreraient normalement.
Enfin, la mauvaise ex�cution et l'entretien d�ficient d'un barrage de terre peut aller jusqu'� sa rupture, entra�nant des d�g�ts consid�rables en aval mais aussi une perte totale de l'eau dans le sous-sol.
(b) Milieu biologique
Essentiellement dans les r�gions tropicales, les eaux tranquilles et peu profondes de r�servoirs favorisent la prolif�ration des insectes. Si la retenue sert de point d'eau d'abreuvement pour le b�tail, les berges ou (suivant la profondeur de l'eau) l'ensemble du lac seront souill�s par les excr�ments animaux, ce qui augmente les risques de transmission de maladies hydriques.
La flore d'origine de la zone recouverte par le r�servoir est d�truite par la retenue d'eau. Elle est remplac�e par une flore aquatique, constitu�e pour l'essentiel d'algues dont la croissance est fortement favoris�e. L'�volution de la population piscicole d�pend de la nature et de la densit� de cette v�g�tation. En climat tropical, les jacinthes d'eau peuvent prolif�rer au point de couvrir bient�t toute la surface du lac et de fortement perturber la faune.
2.5.3 Milieu humain
En climat tropical, l'occurrence des maladies hydriques, comme la bilharziose et le paludisme, a tendance � augmenter pr�s des r�servoirs d'eau, si aucune pr�caution n'est prise pour s�parer les points de lavage, les points d'eau pour les humains et les points d'eau pour le b�tail (si possible en aval du barrage); il importe, en outre, de pr�voir des dispositifs d'�puration de l'eau (filtre � sable par exemple) et d'�limination (par exemple latrines VIP1) et d'accompagner ces mesures d'une vaste campagne d'�ducation en mati�re d'hygi�ne cibl�e sur les b�n�ficiaires.
1) Latrine VIP = ventilated improved pit-latine = feuill�es am�lior�es et ventil�es
Un r�servoir peut avoir des effets socio-�conomiques positifs, lorsque l'ouvrage est planifi� et r�alis� en fonction des besoins de la population et selon le principe de l'autopromotion. Dans ce contexte, il convient tout particuli�rement d'impliquer les femmes dans le choix des emplacements de points d'eau (int�gration sociale), de d�limiter des surfaces de cultures de rente (am�lioration des revenus) ainsi que d'utiliser et d'entretenir l'ouvrage dans les r�gles de l'art.
Toutefois, la r�alisation de r�servoirs, m�me petits, peut aussi entra�ner des d�placements de population. De plus, la rupture d'un barrage constitue une menace pour les vies humaines.
2.6 Protection des berges et enrochements de protection du lit
Destin�s � prot�ger les berges et radiers contre l'�rosion dans des zones localis�es de petits cours d'eau ou pr�s d'ouvrages d'hydraulique rurale, ces travaux n'ont que peu d'incidences n�gatives si l'on utilise des mat�riaux �cologiques et adapt�s aux conditions locales et si l'ex�cution est correcte. Toutefois, selon sa dimension chaque projet doit donner lieu � une �tude d'impact.
2.7 Canalisation (endiguement)
D'une mani�re g�n�rale, les travaux de canalisation et d'endiguement de faible ampleur peuvent avoir les m�mes effets n�gatifs que ceux d�crits dans le Dossier sur l'Ing�nierie fluviale.
Toutefois, si ces projets sont r�alis�s dans le souci d'assurer une protection limit�e au niveau local, afin d'�viter, dans des zones villageoises, les risques de crues saisonni�res dangereuses pour l'homme, les animaux et les biens (r�coltes par exemple), et si la transition avec le cours d'eau naturel en amont et en aval est adapt�e � la situation, les effets n�gatifs sont pratiquement nuls.
3. Aspects � inclure dans l'analyse et l'�valuation des effets sur l'environnement
Comme l'a montr� la pr�sentation g�n�rale des effets possibles des travaux d'hydraulique rurale sur l'environnement, les liens de cause � effet sont complexes et, en raison de l'ampleur g�n�ralement limit�e des travaux, difficiles � identifier et � d�montrer.
Les interactions ne sont pas aussi marqu�es que dans d'autres sous-domaines de l'hydraulique lourde.
Pour �tre en mesure d'analyser et d'�valuer les effets des travaux d'hydraulique rurale sur la nature et l'environnement, il convient au d�but de chaque projet de proc�der � un examen des donn�es naturelles, non seulement sur un plan technique pur (g�nie hydraulique) mais aussi et surtout sur le plan socio-�conomique et socioculturel (socio-�conomie, ethnologie).
A cet effet, il faudra impliquer le plus t�t et le plus compl�tement possible les b�n�ficiaires (hommes et femmes/organisations de mise en oeuvre), en insistant sur l'int�gration des femmes. L'analyse et l'�valuation des effets sur l'environnement comprennent :
- la description aussi compl�te que possible de la situation effective et des interactions ;
- l'�laboration de bases suffisantes et fiables pour l'�tude technique et l'ex�cution des travaux (rapports pr�cipitations/d�bit, offre d'eau disponible, sol de fondation, analyse des besoins et analyse co�ts/avantages), avec la participation de la population afin qu'elle puisse ensuite se charger elle-m�me de la gestion de l'ouvrage (personnel, co�ts, taxes) ;
- l'�tude du comportement social des b�n�ficiaires eu �gard � la gestion de cette ressource souvent tr�s fragile qu'est l'eau (commercialisation, structures de co�t, mode de vie traditionnel, autogestion, m�thodes de culture et de commercialisation, �levage et exploitation foresti�re) ;
- l'�laboration d'approches de projets alternatives, visant � trouver la meilleure solution sur le plan �cologique, socio-�conomique et socioculturel, en tenant compte des objectifs initiaux du projet et de leur degr� de faisabilit� (par exemple, en pr�parant aussi des dispositions compl�mentaires dont l'objectif sera de minimiser les effets secondaires ind�sirables).
Les difficult�s d'analyse et d'�valuation d�coulent souvent d'une absence ou d'une insuffisance de donn�es de base. M�me s'il est possible de d�crire qualitativement les effets des travaux et interventions dans la nature et l'environnement socio�conomique, il est par cons�quent beaucoup plus difficile de les quantifier avec pr�cision. On peut rem�dier � ces lacunes en �tablissant des comparaisons avec les effets de projets d'hydraulique rurale d�j� r�alis�s et offrant des conditions d'ensemble similaires (population, climat, paysage, etc.), afin de d�boucher sur des constatations et solutions plus assur�es. Il n'existe donc pas � ce jour de principes g�n�raux pour quantifier les effets de ce type de projet.
Toutefois, par une action appropri�e de sensibilisation et d'�ducation, les projets doivent � chaque �tape (planification, r�alisation et exploitation) tendre vers le respect des crit�res les plus stricts en mati�re de protection de l'environnement, dans le cadre de la situation socio-�conomique donn�e.
4. Interactions avec d'autres domaines d'intervention
L'hydraulique rurale peut pr�senter des points communs avec toutes les �tudes et avec les travaux dont l'objectif direct ou indirect est l'utilisation de l'eau dans les sous-secteurs suivants :
- Am�nagement et gestion des ressources en eau,
- Alimentation en eau des r�gions rurales,
- Elimination des d�chets,
- Ing�nierie fluviale,
- Mesures techniques de lutte anti�rosive,
- Hydraulique lourde,
- Am�nagement du territoire et planification r�gionale
ainsi que dans le domaine agricole :
- Production v�g�tale,
- Protection des v�g�taux,
- Gestion des ressources foresti�res,
- P�che et aquaculture,
- Irrigation.
C'est surtout la conjugaison des effets de tous ces types de projets (cf. dossiers concern�s) avec les effets n�gatifs des travaux d'hydraulique rurale qui peut provoquer des dommages consid�rables.
5. Appr�ciation r�capitulative de l'impact sur l'environnement
Il est possible de planifier et de r�aliser les projets d'hydraulique rurale de mani�re � ce que leurs objectifs soient conciliables avec les imp�ratifs de l'environnement. Les approches techniques de solution existent, mais elles doivent �tre compl�t�es par la prise en compte des r�alit�s socio-�conomiques et socioculturelles. L'opinion encore largement r�pandue, selon laquelle les projets d'hydraulique rurale (donc de faible envergure) exigeraient des �tudes moins pouss�es et n'auraient pas ou peu d'effets n�gatifs sur l'environnement du fait de leur ampleur limit�e est fausse.
Lorsque les travaux de g�nie hydraulique rural sont soigneusement planifi�s et r�alis�s par des sp�cialistes, les effets n�gatifs sur l'environnement seront tout au plus moins importants que dans les projets d'hydraulique lourde, d'am�nagement fluvial ou de construction de canaux. Le contr�le et l'entretien r�gulier des �quipements doivent �tre assur�s.
Les dommages possibles pour l'environnement naturel et pour l'homme doivent inciter � �tudier l'aspect �cologique et humain de ces travaux, m�me lorsqu'ils sont de faible envergure, afin d'obtenir un maximum de s�curit�, le cas �ch�ant en ayant recours � des solutions de substitution.
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"Barrages"
- 10�me partie : Principes communs
- 11�me partie : Barrages
- 12�me partie : Bassins de retenue de crues
- 13�me partie : Barrages mobiles
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