59. Le textile

Table des mati�res - Pr�c�dente - Suivante

1. Pr�sentation du domaine d'intervention

1.1 Terminologie
1.2 Mati�res premi�res
1.3 Etapes de fabrication
1.4 Taille des entreprises
1.5 Lieu d'implantation

2. Effets sur l'environnement et mesures de protection

2.1 Pr�paration des fibres
2.2 Filature et fabrication des fil�s
2.3 Tissage, maille
2.4 Ennoblissement
2.5 Cons�quences globales pour l'environnement

3. Aspects � inclure dans l'analyse et l'�valuation des effets sur l'environnement

3.1 Lutte contre la pollution atmosph�rique
3.2 Lutte contre le bruit
3.3 Lutte contre la pollution des eaux

4. Interactions avec d'autres domaines d'intervention
5. Appr�ciation r�capitulative de l'impact sur l'environnement
6. Bibliographie

1. Pr�sentation du domaine d'intervention

1.1 Terminologie

Par "entreprise textile", on entend les ateliers de fabrication industrielle qui, d'une mani�re g�n�rale, utilisent des mati�res filables, telles que les fibres, les fils simples, les fils retors, les �toffes tiss�es et tricot�es, les non-tiss�s, le feutre, les fourrures synth�tiques et autres articles similaires.

L'industrie de "l'habillement" assure ensuite la transformation de la plupart des produits de l'industrie textile. L'analyse du pr�sent dossier relatif � l'environnement se limite au secteur de "l'industrie textile".

1.2 Mati�res premi�res

A l'origine, l'industrie textile ne travaillait que des mati�res premi�res naturelles, g�n�ralement de provenance locale, d'origine v�g�tale (coton, lin, sisal, ramie, jute) ou animale (laine, soie, poils). La part des fibres artificielles (fibres de cellulose r�g�n�r�e comme la soie artificielle, la Fibranne - produite � partir de bois et de d�chets de coton, et entre-temps des fibres enti�rement synth�tiques comme les polyamides, les polyacryls et les polyesters, qui sont finalement toutes issues du p�trole) ne cesse d'augmenter partout dans le monde. Ainsi en 1990, l'industrie des fibres chimiques a couvert pr�s de 45% de la consommation mondiale de fibres textiles, avec 42,5 millions de tonnes.

La fabrication des fibres chimiques et les r�percussions de cette activit� sur l'environnement rel�vent du domaine de l'industrie chimique et ne seront donc pas abord�es dans le pr�sent dossier.

1.3 Etapes de fabrication

1.3.1 Pr�paration des fibres

Au moment de la r�colte, toutes les fibres d'origine naturelle contiennent des corps �trangers et des impuret�s. Elles doivent donc, dans un premier temps, subir diff�rents proc�d�s de pr�paration, parfois tr�s longs, pour �tre rendues "filables". La plus grande partie des fibres naturelles est produite en dehors des pays industrialis�s, dans les pays tropicaux et subtropicaux. La phase primaire d'obtention de la fibre est r�alis�e sur place, par exemple:

- l'�grenage des capsules de coton,
- le rouissage du sisal, du chanvre et du lin,
- le d�vidage des cocons et le d�creusage de la soie, et
- le lavage de la laine.

De nos jours, les fibres naturelles sont cultiv�es dans des "usines agricoles" pratiquant une monoculture intensive. Les probl�mes in�vitables (d�frichement de nouvelles parcelles de culture, d�sertification, surp�turage rendant tout r�g�n�ration des for�ts impossible, probl�mes sociaux) doivent �tre pris en compte dans le choix des sites et la planification de la production.

1.3.2 Filature et fabrication des fils et fil�s

Selon la mati�re premi�re et l'usage souhait�, la fabrication des fils et fil�s a lieu dans des filatures sp�ciales: filatures � coton ou � 3 cylindres (les plus courantes), filature de laine peign�e, de laine card�e, de chanvre, lin ou jute, etc. A c�t� de la filature � anneaux curseurs, on trouve depuis une vingtaine d'ann�es la technique de la filature � fibres lib�r�es ou OE (OE = open end spinning), devenue depuis un proc�d� conventionnel de production � moindre co�t des fil�s plus grossiers notamment.

Toutes les filatures travaillent sensiblement selon le m�me proc�d�: La fibre est, le cas �ch�ant, nettoy�e, parall�lis�e, ensuite le ruban fibreux est transform� en un fil calibr� sur la machine � filtre o� il est soumis � un �tirage et � une torsion. Une partie des fil�s obtenus subit ensuite un retordage, c'est-�-dire que deux ou plusieurs fils sont tordus ensemble pour obtenir un "retors".

En g�n�ral, les filateurs livrent les fil�s conditionn�s sous forme de c�nes de fils d'un poids de 0,8 � 3,5 kg aux industries textiles transformatrices.

1.3.3 Tissage, bonneterie et tricotage (maille)

De ces trois techniques d'�laboration de surfaces textiles, le tissage est de loin la plus r�pandue. Au cours du tissage, des fils de trame sont entrelac�s avec la nappe de fils, la "cha�ne", pour former le tissu. Depuis 20 ans, les machines � tisser ont connu des progr�s techniques consid�rables, qui ont conduit � une forte augmentation des cadences de production.

L'encollage est une particularit� du proc�d� de fabrication des articles tiss�s. Pour certains articles, un des deux syst�mes de filage, la cha�ne, doit �tre prot�g�e par une substance agglutinante ou colle. Pour cela, la nappe de fils est immerg�e dans un bain, par exemple � base d'amidon modifi� ou de polym�res synth�tiques.

Contrairement aux �toffes tiss�es, un seul fil entre dans la fabrication des articles de bonneterie et de tricotage: les fils form�s en mailles cr�ent des colonnes et des rang�es. Les surfaces sont r�alis�es sur des machines � fonture circulaire ou rectiligne, ou des machines � mailles jet�es.

1.3.4 Ennoblissement textile

L'ennoblissement, encore appel� finition, concerne l'ensemble des traitements appliqu�s lors des diff�rentes �tapes de transformation (fibres, fil�s, tissus, maille, pr�t-�-porter): blanchiment, teinture, impression et appr�t des produits textiles. Dans tous les cas, l'ennoblissement vise � am�liorer les propri�t�s des textiles et � les adapter aux exigences, sans cesse changeantes, de la mode et de la fonctionnalit�.

Pour les proc�d�s d'ennoblissement, on distingue les proc�d�s purement m�caniques et les proc�d�s humides. Dans ce dernier cas, la phase liquide est principalement de l'eau, et dans une moindre mesure des d�tergents et du gaz d'ammoniac liqu�fi�. La vapeur d'eau est un autre agent important. Pour obtenir les effets voulus, on utilise un nombre important de produits chimiques, colorants et additifs chimiques.

Comparativement � la production textile, les entreprises d'ennoblissement sont en g�n�ral plus petites, plus diversifi�es dans leur offre de prestations et moins automatis�es.

1.4 Taille des entreprises

1.4.1 Filatures

Les capacit�s des filatures sont donn�es en "broches" ou en "rotors", c'est-�-dire en nombre d'unit�s install�es.

En termes de productivit�, un rotor �quivaut � 3 ou 4 broches.

En R�publique f�d�rale d'Allemagne, les filatures � coton comptent en moyenne pr�s de 13 000 broches et 1 100 rotors avec 150 employ�s, les filatures de laine peign�e et card�es pr�s de 9 500 broches et 120 employ�s.

Dans les pays producteurs de mati�res premi�res, les dimensions des entreprises sont nettement sup�rieures � ces valeurs moyennes (jusqu'� 120 000 broches/entreprise).

1.4.2 Tissage, maille

Dans le cas du tissage, les capacit�s sont g�n�ralement donn�es en nombre de machines � tisser.

En R�publique f�d�rale d'Allemagne, une entreprise moyenne compte 46 machines � tisser et 106 employ�s. Pour les projets de tissage dans les pays producteurs de mati�res premi�res, les unit�s sont g�n�ralement nettement sup�rieures, avec jusqu'� 2 000 machines/entreprise.

Dans le domaine de la maille, il n'est pas possible de d�duire du nombre des unit�s de production install�es les capacit�s de production des entreprises, car, � c�t� des marchandises au m�tre, elles fabriquent un grand nombre de produits finis (sous-v�tements, v�tements, bas, collants, chaussettes, etc.).

Selon le type de produits, les capacit�s sont exprim�es en tonnes (marchandises au m�tre), en milliers de pi�ces (v�tements et sous-v�tements), en milliers de paires (collants, chaussettes, bas), ou en milliers de m2 (rideaux). En Allemagne, ces entreprises employaient en moyenne 91 personnes en 1991.

1.4.3 Ennoblissement textile

Selon le type des produits ennoblis, les capacit�s d'ennoblissement sont exprim�es en t/ann�e (fibres, fil�s, maille), en millions de m�/ann�e (�toffe) ou en milliers de pi�ces/ann�e (articles de confection).

En Allemagne, on a calcul� pour l'ann�e 1992 pour l'ensemble des 320 entreprises de la branche une production moyenne avoisinant 2 500 de produits ennoblis/entreprise et par ann�e, pour un effectif moyen de 116 personnes par atelier.

Aux Etats-Unis et en Asie, les capacit�s des grosses entreprises peuvent atteindre 50 000 t/an.

1.5 Lieu d'implantation

Tout projet de cr�ation d'une industrie textile doit accorder une attention particuli�re aux besoins �lev�s en eau au stade de l'ennoblissement et pr�voir des syst�mes d'�vacuation pour les eaux de proc�d�.

L'automation des proc�d�s s'est accompagn�e d'une baisse des surfaces n�cessaires pour l'implantation des usines textiles. Les nouvelles entreprises ont adopt� une structure plus compacte afin de r�duire notamment les co�ts de transport. La superficie n�cessaire pour une entreprise de taille moyenne � structure verticale tourne autour de 60 000 m2, y compris la voirie et les terrains non b�tis ou r�serv�s � des extensions futures.

2. Effets sur l'environnement et mesures de protection

2.1 Pr�paration des fibres

Toutes les fibres naturelles doivent �tre pr�par�es afin d'�liminer les corps �trangers de diverse nature.

Certains des sous-produits issus de la pr�paration (graines de coton et de lin, suint de la laine, s�ricine de la soie) sont des mati�res valorisables. Les d�chets secs peuvent en principe servir d'engrais pour les sols. Le compostage est un traitement suppl�mentaire � recommander. Ainsi, une grande partie des "d�chets" provenant du nettoyage des fibres locales doivent �tre consid�r�s comme des mati�res valorisables qui requi�rent cependant un traitement suppl�mentaire.

En ce qui concerne les �missions, seuls l'�grenage des capsules du cotonnier et le lavage de la laine brute jouent un r�le significatif.

Une capsule de coton n'est constitu�e que pour un tiers de son poids de fibres filables. Lors de l'�grenage, g�n�ralement r�alis� sur place, un des sous-produits obtenus est la graine de coton, dont on tire de l'huile et de la farine. Les fibres courtes (linters), utilis�es entre autres pour la fabrication de la rayonne et de la fibranne, constituent un autre sous-produit int�ressant. Les coques et les d�chets, qui repr�sentent environ 15% du poids des capsules de cotonnier, peuvent �tre r�introduits dans le sol (engrais).

L'�grenage est un proc�d� sec et m�canique, g�n�rateur de nuisances acoustiques et de poussi�res importantes. Dans les usines modernes, si les rejets de poussi�re peuvent �tre limit�s gr�ce � des syst�mes d'a�ration et de filtrage, le port d'une protection acoustique individuelle reste indispensable.

Les �missions issues du lavage de la laine brute posent un probl�me beaucoup plus s�rieux. Contrairement � l'�grenage des capsules de cotonnier, le lavage de la laine brute est centralis� dans de grandes entreprises, loin des lieux d'obtention des fibres. On compte 300 � 600 g de mati�res annexes par kg de laine lav�e. Outre le suint, un corps gras pris� en cosm�tique et dans le secteur technique, la laine contient des biocides qui passent dans les bains de lavage, si bien que le nettoyage de la laine de mouton est une des sources de pollution les plus importantes de l'industrie textile.

Aujourd'hui, le suint est g�n�ralement r�cup�r� avant l'�vacuation des eaux r�siduaires.

On doit utiliser des installations d'�puration complexes pour traiter les eaux r�siduaires fortement charg�es (DCO env. 15 000) avant leur rejet dans le milieu r�cepteur. (A propos de l'�puration des eaux r�siduaires, voir aussi les dossiers "Constructions m�caniques, ateliers et chantiers navals" et "Assainissement ").

2.2 Filature et fabrication des fil�s

Du fait de la grande vitesse de rotation des broches sur les machines r�centes (anneau jusqu'� 20 000 tours/min., rotor jusqu'� 110 000 tours/mn), toutes les filatures sont � l'origine d'importantes nuisances acoustiques.

Dans les ateliers, le niveau de bruit atteint 70 � 100 dB(A).

Ind�pendamment du moment de la journ�e et de la saison, le proc�d� de filage exige des conditions ambiantes constantes en ce qui concerne la temp�rature et l'humidit� relative, de sorte que pratiquement toutes les filatures sont aujourd'hui �quip�es d'une climatisation puissante. Afin de limiter les co�ts de climatisation, les ateliers de filage doivent �tre bien isol�s thermiquement. Dans les ann�es 60 et 70, on a ainsi construit des b�timents sans fen�tres, avec des coefficients d'isolation thermique et acoustique tr�s �lev�s.

Depuis les ann�es 80, la construction de b�timents sans fen�tres n'est plus autoris�e, en raison des troubles physiologiques et psychologiques que cela engendre chez le personnel. La r�glementation impose de pr�voir des baies vitr�es �quivalant � 2 � 5% de la surface au sol des locaux, afin d'am�liorer les conditions de travail des employ�s. Pour cela on utilise des vitrages sp�ciaux.

Les fortes sollicitations m�caniques auxquelles les fibres sont soumises lors de la filature s'accompagnent d'importants d�gagements de poussi�re. La poussi�re doit �tre aspir�e soigneusement, d'une part pour assurer la protection des travailleurs, et d'autre part pour garantir la fabrication d'un produit propre. Des capotages sp�ciaux, des d�poussi�reurs, et des syst�mes de climatisation �vitent l'�mission des poussi�res ou assurent le d�poussi�rage. La climatisation cr�e une circulation de l'air dans les locaux ; l'air recycl� passe � travers des installations de filtrage automatiques. L'�vacuation des poussi�res filtr�es ne pose aucun probl�me, car elles ne comportent pas de substances nocives.

2.3 Tissage, maille

M�me si depuis une vingtaine d'ann�es les techniques ont consid�rablement progress� dans le secteur du tissage, les nuisances acoustiques et les vibrations dues aux machines � tisser automatiques constituent un probl�me important.

Selon la construction, le type, l'�quipement, l'emplacement et le nombre des machines utilis�es, l'armure de l'�toffe, la structure du b�timent, sa taille, etc., les niveaux de bruit varient de 85 � 107 dB(A) � l'int�rieur des ateliers de tissage. Les vibrations transmises � l'�difice par les machines peuvent �tre � l'origine de nuisances pour les habitants et de dommages aux b�timents du voisinage. Pour y rem�dier, on utilise aujourd'hui des amortisseurs sp�ciaux. D'une mani�re g�n�rale, en ce qui concerne les �missions de bruit et de poussi�re, les m�mes remarques s'appliquent que pour les filatures.

Dans le domaine du tissage, l'encollage des fils de cha�ne pose �galement des probl�mes d'�missions.

Les produits d'encollage utilis�s peuvent �tre naturels, comme l'amidon et les d�riv�s cellulosiques, ou synth�tiques comme les polyalcools vinyliques, les acrylates, le PVC ou encore des huiles ou des graisses.

Les �manations se d�gageant lors du s�chage sont principalement constitu�es de vapeur d'eau. La faible proportion de produit d'encollage qu'elles contiennent n'est pas consid�r�e comme pr�judiciable � l'environnement.

Selon le projet de l'annexe 38 du r�glement administratif sur les eaux us�es en Allemagne, il est d�sormais interdit de rejeter dans le r�seau d'eaux us�es les bains d'encollage consid�r�s comme "effluents concentr�s".

Mais les produits d'encollage sont surtout probl�matiques lors des op�rations d'ennoblissement textile, pour lesquelles on doit proc�der � un d�sencollage complet de la fibre. Chez les ennoblisseurs qui traitent principalement les articles tiss�s, la charge des effluents aqueux peut repr�senter jusqu'� la moiti� du produit d'encollage dissout lors du nettoyage.

Aux Etats-Unis, l'utilisation de produits d'encollage recyclables tend � se r�pandre ; l'ennoblisseur est ainsi d�barrass� du souci des effluents et le recyclage permet d'�conomiser jusqu'� 90% de produit d'encollage. En Europe, o�, contrairement � l'industrie textile am�ricaine, l'industrie a une structure horizontale, cette pratique ne s'est pas encore r�pandue. Outre l'aspect �conomique de plus en plus int�ressant du recyclage, cela pourrait conduire � une diminution de la pollution dans le secteur du tissage.

Les �missions de l'industrie de la maille (tricotage, bonneterie) sont nettement plus faibles que dans l'industrie du tissage. Les niveaux de bruit sont de l'ordre de 77 � 90 dB(A). La poussi�re et les vibrations sont quasi inexistantes. Comme l'encollage de la cha�ne, la lubrification des fil�s au cours de l'ennoblissement pose un probl�me s�rieux, l'op�ration entra�nant la pollution soit des eaux r�siduaires (dans le cas du rin�age) soit de l'air (dans le cas du thermofixage).

2.4 Ennoblissement

Si, contrairement � la production du textile, le bruit ne joue pratiquement aucun r�le dans la phase d'ennoblissement, les odeurs incommodantes, produites par les proc�d�s de s�chage et de thermofixation, et surtout les charges polluantes d�vers�es dans les eaux r�siduaires lors du nettoyage et au cours des diff�rentes op�rations d'ennoblissement sont importantes. L'industrie de l'ennoblissement textile consomme beaucoup d'eau et produit de grandes quantit�s d'eaux r�siduaires.

En ce qui concerne les besoins en eau, on ne peut donner que des informations g�n�rales (cf. tableau 1), car ceux-ci ne d�pendent pas seulement du type de fibres trait�es mais sont �galement fonction de l'article, du proc�d� et du degr� d'ennoblissement ainsi que de la technologie employ�e (proc�d� continu ou discontinu), et de la structure des volumes de commande. D'apr�s la derni�re enqu�te r�alis�e par le TVI (Union allemande des industries textiles) en 1988, la consommation d'eau sp�cifique de l'industrie de l'ennoblissement textile en Allemagne �tait de l'ordre de 120 l/kg de marchandise /3/.

Tableau 1 Consommation d'eau de l'industrie textile (modifi� selon /1/)

Type de fibre / conditionnement Consommation d’eau moyenne en l/kg de mat�riau
a) en fonction du type de fibre
Coton 50 - 120
Laine 75 - 250
Fibres synth�tiques 10 - 100
b) Conditionnement
M�che/fil� 100 - 200
Maille 80 - 120
Impression 0 - 400

2.4.1 Pollution des eaux r�siduaires

Dans le cas d'entreprises d'ennoblissement textile implant�es dans les zones p�riph�riques de stations d'�puration communales performantes, les effluents textiles devraient transiter dans une telle station afin d'y subir un traitement m�canique et biologique avant d'�tre rejet�s dans le cours d'eau r�cepteur (rejet indirect). Si cette solution est impossible et si les eaux r�siduaires doivent �tre �vacu�es directement vers le milieu r�cepteur, elles doivent �tre pr�alablement trait�es dans une installation d'�puration sur le site m�me de l'entreprise, conform�ment aux dispositions l�gales (rejet direct). Des donn�es plus pr�cises sur les r�glementations en vigueur en Allemagne sont donn�es au point 3.3.

La plupart des mati�res dont sont charg�es les eaux r�siduaires sont biod�gradables. Il est n�anmoins possible que certains compos�s parvenant dans des cours d'eau entra�nent lors de leur d�gradation une baisse du taux d'oxyg�ne en dessous du seuil requis et d�clenchent un processus de putr�faction de l'eau.

L'ennoblissement textile utilise aussi toute une s�rie de compos�s qui ne sont pas directement biod�gradables.

Les diff�rents types de polluants des eaux sont d�crits succinctement ici:

Pour les colorants et certains d�riv�s tensioactifs difficilement d�gradables (auxquels on substitue de plus en plus d'autres produits plus facilement biod�gradables), l'�puration m�canique et biologique est insuffisante, car la quantit� de biomasse disponible est trop faible pour absorber les colorants (la liaison avec la prot�ine bact�rienne des boues en exc�s est la phase essentielle de l'�limination des colorants solubles dans l'eau, cf. 3.3). Jusqu'� pr�sent, on a d� constater qu'une �puration satisfaisante impliquait g�n�ralement une combinaison de traitements physico-chimiques et biologiques. Les flux lourdement charg�s (par ex. bains de colorants) devraient �tre trait�s dans une fili�re s�par�e.

� Mati�res d�cantables

Les quantit�s de mati�res d�cantables habituellement mesur�es dans les eaux r�siduaires varient consid�rablement ; elles d�pendent de plusieurs facteurs, tels le proc�d� d'ennoblissement, le type de fibres, le conditionnement des fibres, et varient aussi selon que le proc�d� est � marche continue ou discontinue. Parfois, les mati�res non dissoutes restent en suspension et un filtrage est insuffisant. La plupart des valeurs devraient �tre inf�rieures � 50 ml/l.

� M�taux lourds

L'�tat actuel de la technique permet de limiter la charge en m�taux lourds dans les effluents des usines textiles. Le cadmium est g�n�ralement absent et le mercure pr�sent uniquement dans la mesure o� il est introduit par la soude caustique et l'acide chlorhydrique (produits � l'aide d'�lectrodes au mercure). Certains proc�d�s de teinture peuvent entra�ner la pr�sence de chrome, de cobalt et de cuivre dans les eaux r�siduaires, et les traitements d'appr�t (wash and wear = coton d'entretien facile) celle de zinc (zinc de l'ordre du milligramme, les autres g�n�ralement inf�rieurs � 1 mg/l).

� Hydrocarbures

Les hydrocarbures constituent une charge polluante plus pr�occupante. Ils sont surtout apport�s lors de l'op�ration de huilage qui conf�re aux fil�s des propri�t�s de lissage. D'autres particules viennent des r�sidus des appr�ts (impr�gnation).

� Compos�s organo-halog�n�s

Les compos�s organochlor�s sont un autre polluant s�rieux. Le param�tre total AOX (compos�s organiques halog�n�s adsorbables) regroupe des substances dont les propri�t�s �cologiques et toxicologiques ne sont gu�re comparables entre elles (hydrocarbures chlor�s volatiles, PVC, pigments au plomb non toxiques, chlorph�nols toxiques, etc.).

Les sources principales du param�tre total AOX sont les chlorures blanchissants, les appr�ts antifeutrants de la laine, les v�hiculeurs (carrier) utilis�s pour la teinture des fibres synth�tiques, les r�actifs chlor�s et les savons contenant des solvants d�riv�s des hydrocarbures chlor�s (per), que l'on utilise aussi dans le "nettoyage � sec" pour d�shuiler les articles en polyester.

La quantit� de certains compos�s particuli�rement nuisibles pour l'environnement a d�j� fortement diminu�. Alors qu'auparavant la quantit� de v�hiculeur (adjuvant de teinture pour les fibres polyester) repr�sentait jusqu'� 5% du poids de marchandise, la teinture est aujourd'hui r�alis�e dans des installations sous haute pression qui ne n�cessitent plus que 0,5% de v�hiculeur � base d'esters aromatiques uniquement.

L'emploi du pentachlorph�nol (PCP), utilis� parfois pour am�liorer la r�sistance au pourrissement des tissus lourds, est interdit depuis 1986. Par ailleurs, avec les fibres natives, on introduit souvent des substances provenant de produits phytosanitaires de constitution similaire au PCP, comme les acides ph�nylac�tiques, l'hexachlorocycloh�xane, le DDT et ses d�riv�s.

� Agents de surface/d�tergents

Les mati�res des agents de surface, appel�s compos�s tensioactifs ou d�tergents, constituent une charge polluante non moins n�gligeable. Il s'agit des agents de lavage, des �mulsionnants et des mouillants, des correcteurs dans les proc�d�s de teinture, des additifs augmentant le lissage et la douceur des fibres, de colorants utilis�s en grandes quantit�s � des fins diverses qui ne sont pas biod�gradables � 100%. En ce qui concerne les agents de lavage, l'Allemagne f�d�rale et d'autres pays d'Europe centrale imposent une biod�gradabilit� de 80% minimum dans les conditions normales d'une station d'�puration, ce qui se traduit par une am�lioration tr�s nette de la qualit� des eaux.

La charge polluante des eaux imputable aux compos�s tensioactifs n'est pas seulement due � sa charge organique, elle provient aussi de son effet tensioactif, qui tend � r�duire le pouvoir d'auto-�puration des cours d'eau et met en p�ril la vie des micro-organismes et des poissons.

� Coloration

Les colorants solubles dans l'eau constituent une source de pollution sp�cifique � l'ennoblissement textile. En cas de forte coloration, qui toutefois dispara�t g�n�ralement des effluents de l'industrie textile apr�s un traitement biologique, les plantes ne re�oivent plus suffisamment de lumi�re. Aussi longtemps que les effluents rejet�s par les teintureries repr�sentent 20% ou moins du volume des eaux communales, la station d'�puration m�canique et biologique est en mesure de fixer ces �l�ments colorants dans les boues r�siduaires (par une sorte de processus de coloration) puis de les �liminer dans le digesteur.

L� o� ce n'est pas le cas, des parts importantes de colorants peuvent �tre �vacu�es par la station et colorer fortement les eaux r�ceptrices.

Depuis que des seuils ont �t� fix�s en Allemagne concernant la coloration des effluents de l'industrie textile (annexe 38 de la loi sur les rejets d'eaux us�es), il appara�t parfois n�cessaire de proc�der � une d�coloration suppl�mentaire.

Des proc�d�s ayant apport� la preuve de leur efficacit� sont le traitement ana�robie partiel par dosage de sels de fer en liaison avec de la chaux, le traitement biologique sur charbons actifs ou, depuis une �poque r�cente, le proc�d� de filtration sur membrane (ultrafiltration, osmose inverse). Dans certains cas sp�cifiques, la filtration sur membrane permet une r�cup�ration partielle des colorants, ainsi qu'un recyclage des eaux de proc�d�.

� Temp�rature de l'eau

La temp�rature des eaux r�siduaires constitue une autre charge polluante. Les op�rations de teinture s'accompagnent de d�versements d'eau chaude en telle quantit� que l'effluent total peut atteindre des temp�ratures sup�rieures � 40�C, alors que la temp�rature maximum autoris�e est de 35�C. Souvent, cette chaleur peut �tre r�cup�r�e gr�ce � des �changeurs et r�introduite dans le proc�d�.

� pH

En R�publique f�d�rale d'Allemagne, comme dans la plupart des autres pays europ�ens, un pH entre 6 et 9 est prescrit pour les eaux sortant de la station d'�puration.

Selon la phase de production et le proc�d� retenu, l'entreprise rejette des eaux en partie acides et en partie alcalines, et les administrations comp�tentes exigent en g�n�ral un bassin d'�quilibrage pouvant accueillir environ 50% de la quantit� d'eau journali�re � traiter. Apr�s neutralisation r�ciproque partielle des diff�rents afflux, l'eau est achemin�e dans la station d'�puration en quantit� r�guli�re avec un pH corrig�.

Alors que l'effluent provenant de la laine pr�sente un exc�dent d'acide qui doit �tre tamponn� avec de l'alcali, le pH des eaux r�siduaires du coton est g�n�ralement alcalin. Dans ce cas, la solution la plus simple, en m�me temps que la plus propre, consiste � utiliser les gaz de fum�e pour la neutralisation.

� Incidents

En g�n�ral les incidents sont dus � un manque d'attention, qu'il est possible tout au moins de pr�venir en nommant un "responsable interne de la protection des eaux".

Certains L�nder ont promulgu� des d�crets de surveillance interne des eaux us�es (AbwEV) qui obligent les entreprises d'ennoblissement textile � mettre en place des installations de contr�le et de mesure, � consigner certains param�tres dans un registre d'exploitation interne et � signaler les incidents /27/.

2.4.2 Emissions � l'�tat de gaz et de vapeurs

Les travaux d'ennoblissement textile sont �galement producteurs de rejets atmosph�riques � l'�tat de gaz et de vapeurs (op�rations de teinture et de s�chage) qui d�gagent une sorte d'odeur de buanderie. Cependant, ces �manations ne sont pas pr�judiciables � l'environnement. Le tableau 2 pr�sente les principales sources des rejets atmosph�riques des entreprises textiles.

L'air rejet� lors du thermofixage des articles en fibres synth�tiques est, quant � lui, loin d'�tre aussi inoffensif. Il contient des oligom�res des fibres et des fragments issus du lissage (dont l'oxyde d'�thyl�ne), qui peuvent repr�senter 0,2% du poids de la marchandise. L'installation de r�cup�rateurs de chaleur, int�ressante du point de vue �nerg�tique, permet d'en retenir une grande partie sous forme de condens�s gras. Lors du nettoyage (nettoyeurs sous haute pression), ces mati�res sont n�anmoins transf�r�es dans les eaux r�siduaires.

La pr�sence d'ald�hyde formique dans l'appr�t des articles en coton peut irriter les yeux et la peau. Avec les produits modernes, pauvres en ald�hyde formique et �th�rifi�s, et donc d'une meilleure valeur hygi�nique, la charge en ald�hyde formique a fortement baiss�.

En Europe, les entreprises ont de plus en plus recours � des installations de postcombustion thermique et/ou catalytique pour nettoyer les rames. Gr�ce � ces proc�d�s, toutes les substances organiques nuisibles sont �limin�es sous forme de CO2, CO et NOx.

Les installations d'enduction, qui utilisent des solvants, sont �galement �mettrices de gaz et de vapeurs. S'il ne s'agit pas d'hydrocarbures, il est facile de les �liminer par passage dans l'air de combustion de la chaudi�re.

En Allemagne, les prescriptions de la seconde ordonnance f�d�rale allemande sur les immissions (BlmSchV) sont applicables pour toutes les �missions cit�es. Les installations concern�es doivent �tre contr�l�es en mesurant les �missions.

2.4.3 Emissions de bruit

Mis � part les groupes de ventilation, il n'y a pas d'�missions de bruit notables dans l'ennoblissement textile.


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