33. Machinisme agricole

Table des mati�res - Pr�c�dente - Suivante

1. Pr�sentation du domaine d'intervention
2. Effets sur l'environnement et mesures de protection

2.1 L'homme, l'�cosyst�me et le machinisme agricole

2.1 L'homme, l'�cosyst�me et le machinisme agricole
2.1.1 L'homme et le machinisme agricole
2.1.2 L'�cosyst�me et machinisme agricole

2.2 Aspects g�n�raux du machinisme agricole

2.2.1 Sources d'�nergie, modes de traction, carburants et lubrifiants
2.2.2 Production des �quipements techniques

2.3 Techniques culturales

2.3.1 Pr�paration du sol
2.3.2 Semis/plantation, entretien et fertilisation
2.3.3 R�colte, battage, transformation, conservation, stockage
2.3.4 El�vation et distribution de l'eau

2.4 Technologie de la production animale

3. Aspects � inclure dans l'analyse et l'�valuation des effets sur
4. Interactions avec d'autres domaines d'intervention
5. Appr�ciation r�capitulative de l'impact sur l'environnement
6. Bibliographie

1. Pr�sentation du domaine d'intervention

La base de la production agricole est la production v�g�tale � laquelle est associ�e la production animale. Les hommes interviennent dans le cycle naturel de croissance des v�g�taux et des animaux en se servant entre autres de machines et d'outils agricoles. Selon le mode de fonctionnement de ces outils et machines (sources d'�nergie), on peut distinguer:

- les outils � main,
- les instruments de culture attel�e (traction animale),
- les engins � moteur (moteurs � combustion, plus rarement moteurs �lectriques).

Le machinisme agricole s'�tend � tous les aspects relatifs � l'emploi et � la fabrication des moyens m�caniques utilis�s dans la production agricole, aux secteurs d'activit�s en amont et en aval ainsi qu'� la production et � l'utilisation d�centralis�es de l'�nergie en milieu rural.

Le machinisme agricole joue un r�le particuli�rement important dans la production v�g�tale, mais aussi de plus en plus dans la production animale (�levage intensif). Les moyens m�caniques sont utilis�s principalement pour la pr�paration du sol et le transport ainsi que pour le battage des c�r�ales et l'exhaure de l'eau dans les r�gions o� cela est n�cessaire. Le machinisme agricole doit donc �tre consid�r� comme une extension du domaine d'activit� de la production v�g�tale. Il intervient aussi souvent dans la production animale, l'irrigation et l'agro-industrie. Les conclusions �mises dans les dossiers correspondants sur les objectifs de ces divers domaines d'intervention, sur leurs incidences �cologiques et sur les mesures de protection de l'environnement n�cessaires peuvent dont �tre reprises par analogie ici.

2. Effets sur l'environnement et mesures de protection

2.1 L'homme, l'�cosyst�me et le machinisme agricole�

2.1.1 L'homme et le machinisme agricole

La plupart des efforts de m�canisation d�ploy�s dans le domaine de l'agriculture ont �t� entrepris pour des raisons d'�conomie du travail

- pour augmenter la productivit� du travail (rendement par travailleur humain),
- pour all�ger le travail physique.

Le passage d'un mode de fonctionnement � un autre, du travail manuel � la traction animale puis � la m�canisation motoris�e, est li� � de grands progr�s techniques et �conomiques. De tels changements exigent une �volution parall�le de la qualit� de la main-d'oeuvre qui utilise, entretient et g�re ces �quipements.

A l'all�gement physique des travaux p�nibles peut succ�der un travail monotone ou sp�cialis� � l'extr�me, dont le rythme est dict� par les animaux ou les machines. Le bruit peut emp�cher toute communication et nuire � la sant�, au m�me titre que les gaz d'�chappement des moteurs.

Toute perte de contr�le sur les machines peut �tre dangereuse pour les op�rateurs et pour d'autres personnes. Les pi�ces travaillantes mobiles (essieux, courroies, barres) augmentent les risques d'accident.

Le maniement et la conduite des machines jouissent en r�gle g�n�rale d'un plus grand prestige que le travail manuel ou le travail avec les animaux. La m�canisation des travaux culturaux peut entra�ner des changements dans la r�partition du travail et des revenus: un "travail de femme" peut devenir un "travail d'homme" - l'inverse �tant plut�t rare.

C'est l'emploi des moyens techniques qui, la plupart du temps, d�cide si les effets de ces derniers seront positifs ou n�gatifs. Cependant, tout faute commise avec les techniques motoris�es, en raison de leur pouvoir amplifiant, a des cons�quences nettement plus graves qu'avec les outils � main.

Le choix judicieux et l'utilisation ad�quate et au bon moment des machines et outils jouent un r�le cl� dans la pr�vention des effets pr�judiciables. Les moyens d'y parvenir doivent principalement �tre recherch�s dans la formation et l'encadrement technique des op�rateurs et, dans une moindre mesure, dans des dispositions l�gislatives (pr�vention des accidents, surveillance technique, etc.).

2.1.2 L'�cosyst�me et le machinisme agricole

Avec l'extension de la m�canisation, les surfaces agricoles et les voies de communication notamment sont de plus en plus adapt�es aux machines et engins agricoles. Pour pouvoir utiliser les tracteurs et les machines automotrices, telles que les moissonneuses-batteuses, mais m�me d�j� pour employer la traction animale, il faut de grandes surfaces, si possible d�barass�es de tout obstacle tels que pierres, arbres, souches d'arbres, etc.

Les cultures associ�es, c'est-�-dire la culture simultan�e de plusieurs esp�ces v�g�tales dans un m�me champ, sont difficilement m�canisables, c'est pourquoi les monocultures pr�dominent. Apr�s la pr�paration du sol, la couche superficielle est laiss�e sans protection pendant plusieurs semaines et est ainsi expos�e � l'�rosion �olienne et hydrique. Le semis � la vol�e est remplac� par le semis en lignes ; lorsque les lignes suivent l'axe de la plus grande pente, ceci favorise l'�rosion hydrique. Les chemins et les ponts, tout comme les canaux d'irrigation et de drainage, sont tr�s souvent construits pour r�pondre aux exigences des machines agricoles. Des zones de grande valeur �cologique, telles que les for�ts, les haies, les jach�res sont de plus en plus souvent sacrifi�es.

Au niveau r�gional, la m�canisation peut entra�ner une diminution et une modification des esp�ces de la flore et de la faune, une r�duction de la diversit� �cologique. Dans les r�gions ainsi cultiv�es, l'absence de brise-vent favorise l'�rosion �olienne.

Une grande priorit� devrait �tre accord�e � la diffusion de syst�mes de production agricole se pr�tant � la m�canisation et tenant compte des imp�ratifs tant �conomiques (travail) qu'�cologiques. De tels syst�mes de production et d'exploitation sont d�j� connus pour certaines r�gions (notamment � climat temp�r�) et il faudrait en promouvoir l'application pratique. Pour d'autres r�gions, il convient de poursuivre les efforts d�ploy�s en mati�re de recherche appliqu�e et de d�veloppement. Une formation et un encadrement purement techniques des op�rateurs ne suffisent pas, en tout cas, pour assurer une utilisation ad�quate des machines et outils. Il faut une sensibilisation, une prise de conscience de tous les individus concern�s (de l'ouvri�re agricole au d�cideur) pour pouvoir bien exploiter le potentiel de la m�canisation ainsi que pour en reconna�tre les risques et les att�nuer.

Il est important de conserver des zones de r�serve, des for�ts, des haies, des mar�cages et d'autres niches �cologiques pour la flore et la faune. Ces zones n'emp�chent d'ailleurs pas la culture m�canis�e sur de grandes surfaces, puisque l'am�nagement de champs de plus de 20 ha ne pr�sente pratiquement aucun avantage du point de vue de l'�conomie du travail. Le semis en lignes est une condition essentielle pour pouvoir p. ex. lutter contre les mauvaises herbes par des moyens m�caniques et non chimiques.

2.2 Aspects g�n�raux du machinisme agricole

2.2.1 Sources d'�nergie, modes de traction, carburants et lubrifiants

Le travail manuel, les animaux de trait et les moteurs sont les principales sources de force motrice employ�es dans l'agriculture. L'utilisation de l'�nergie �olienne et hydraulique pour la propulsion de machines stationnaires (moulins et pompes) est �galement pratiqu�e dans le monde entier.

La biomasse (en particulier sous forme de bois, mais aussi de paille et de fumier) repr�sente dans de nombreux pays la principale source d'�nergie pour la cuisson en milieu rural (voir �galement le dossier sur les �nergies renouvelables).

Dans certaines circonstances, les besoins de l'agriculture et ceux des m�nages ruraux peuvent se trouver en situation de concurrence: les surfaces fourrag�res n�cessaires � l'entretien des animaux de trait ne sont pas utilisables pour la production vivri�re, le fumier br�l� comme combustible ne peut �tre destin� � la fertilisation des surfaces cultiv�es, les appareils � moteur tant stationnaires que mobiles (p. ex. tracteurs agricoles) n�cessitent encore pour la plupart comme carburants des �nergies fossiles non renouvelables, en particulier des produits p�troliers.

Les quantit�s d'azote, de monoxyde et de dioxyde de carbone rejet�es dans l'air par cette source de pollution sont certes limit�es, vu les faibles kilom�trages parcourus par ces engins. Cependant, l'emploi de carburants non polluants et de moteurs correctement r�gl�s peut contribuer � minimiser les �missions de gaz d'�chappement nocifs.

Les eaux superficielles peuvent �tre pollu�es par les carburants et les lubrifiants issus de moteurs � combustion (p. ex. de tracteurs et de pompes � eau). Les parcs de stationnement et les cours d'ateliers o� se font le plein de carburant et la vidange des huiles us�es des machines sont tout particuli�rement menac�s de pollution.

Les mat�riels servant au transport et au stockage des carburants et des lubrifiants ont souvent besoin d'�tre am�lior�s ou r�par�s. Il faut v�rifier r�guli�rement l'�tanch�it� et le degr� d'encrassement des r�servoirs, pr�voir des installations pour recueillir les huiles de vidange, cr�er un syst�me de r�cup�ration des huiles us�es. Seules des actions de formation � long terme et une construction ad�quate des �quipements techniques permettent de pr�venir les n�gligences commises dans la manipulation de ces substances (danger d'incendie, pollution du sol et de l'eau). Des organismes de surveillance technique efficaces, publics ou priv�s, doivent �tre mis en place (comme p. ex. les services publics de gestion des eaux ou l'organisme de contr�le technique T�V en Allemagne).

Il convient de promouvoir l'emploi d'huiles biod�gradables. Par exemple, lorsque des scies � moteur (cha�nes � forte consommation d'huile) sont utilis�es dans des zones de protection des eaux, celles-ci devraient �tre lubrifi�es uniquement avec des huiles v�g�tales (huile de colza), comme cela est pratiqu� en Allemagne. Cette prescription devrait �tre �tendue aux huiles hydrauliques destin�es aux v�hicules travaillant dans des zones de protection des eaux. Il est recommand� d'agir de m�me dans l'agriculture.

2.2.2 Fabrication des �quipements techniques

Les outils � main et les instruments simples de culture attel�e sont souvent fabriqu�s par les familles paysannes ou par les artisans locaux. L'incidence �cologique de cette activit� est nulle ou tr�s limit�e. Pour ce qui est des machines et appareils agricoles de fabrication industrielle, les remarques contenues dans le dossier sur les constructions m�caniques, ateliers et chantiers navals sont �galement valables ici.

2.3 Techniques culturales

2.3.1 Pr�paration du sol

L'ameublissement du sol, qui vise � am�liorer le champ r�serv� � la culture d'une ou plusieurs esp�ces v�g�tales, est une op�ration centrale en agriculture. L'un des buts du travail du sol est d'emp�cher la croissance des plantes concurrentes.

Selon le mode de travail du sol

- ameublissement avec la houe ou la b�che � dents,
- retournement avec la charrue,
- �mottage et scarifiage avec la herse ou la fraise motoris�e,

la structure du sol est plus ou moins modifi�e par l'op�ration.

Lorsque la puissance de traction disponible est plus grande, cela peut pousser � choisir des outils qui modifient plus fortement la structure du sol (p. ex. la fraise au lieu de la charrue). En outre, des sites moins appropri�s (marginaux) peuvent �tre "pass�s � la charrue". Ces deux �ventualit�s augmentent les risques de d�gradation du sol, c'est-�-dire de diminution de sa porosit� ainsi que de sa capacit� d'absorption et de r�tention de l'eau, d'envasement et de compactage ainsi que de perte de substances organiques. Un sol compact emp�che la p�n�tration de l'eau et la croissance des plantes.

Les conditions d'humidit� optimales pour le travail du sol se situent � l'int�rieur d'une marge �troite: la pr�paration d'un sol trop humide provoque son compactage, celle d'un sol trop sec entra�ne, selon sa teneur en argile, la formation de mottes ou sa pulv�risation. Avec l'emploi des tracteurs et engins lourds, le compactage peut affecter des surfaces de grandes dimensions.

Le compactage a des r�percussions, entre autres, sur la croissance des plantes, sur l'activit� des micro-organismes dans le sol, sur la disponibilit� et la min�ralisation des �l�ments nutritifs ainsi que sur la d�gradation des pesticides. Sur les terrains en pente, les couches de sol recouvrant l'horizon compact� peuvent glisser.

L'ameublissement du sol et l'apport de substances organiques ont un effet positif sur l'activit� microbienne du sol. Les ph�nom�nes de compactage et d'envasement, les perturbations fr�quentes dues aux fa�ons culturales et, le cas �ch�ant, les apports d'engrais et de pesticides sont par contre pr�judiciables au d�veloppement des micro-organismes du sol.

Les mesures permettant d'�viter l'�rosion et le compactage des sols consistent en particulier �:

- assurer une occupation maximale du sol par des plantes cultiv�es et maintenir un couvert v�g�tal de plantes vivantes (cultures permanentes, cultures associ�es, cultures en couloirs) ou mortes (mulch) ;
- semer directement dans les restes de la culture pr�c�dente (sans retournement pr�alable du sol) ;
- ne pas enfouir les r�sidus v�g�taux mais les laisser en pl ace, � la surface du sol ;
- cr�er ou conserver une structure grossi�re du sol par la rotation des cultures ou le choix d'instruments aratoires appropri�s ;
- am�nager des terrasses anti�rosives ou des banquettes suivant les courbes de niveau sur les terrains en pente. De tels am�nagements peuvent �tre tr�s co�teux et rendre �ventuellement plus difficile l'acc�s aux parcelles cultiv�es avec des v�hicules ;
- �tablir des lignes de v�g�tation protectrice ou des haies brise-vent perpendiculairement � la direction principale des vents ;
- conserver et augmenter si possible les r�serves organiques du sol ;
- r�duire autant que possible la pression exerc�e sur le sol par le passage des tracteurs, en choisissant des machines plus petites/plus l�g�res ou en les �quipant de roues plus larges ;
- ne p�n�trer dans les champs avec des machines et ne labourer que dans des conditions optimales d'humidit� du sol ;
- alterner au cours des ann�es l'utilisation d'outils travaillant en surface et en profondeur.

Il importe d'encourager les utilisateurs et utilisatrices � passer d'une exploitation impr�voyante du sol � des formes de mise en valeur durables et adapt�es aux sites.

2.3.2 Semis/plantation, entretien et fertilisation

Le semis ou la plantation, qui succ�dent � la pr�paration du sol, visent � procurer � la graine ou au jeune plant des conditions optimales de d�marrage.

Pendant la p�riode allant de la pr�paration du sol jusqu'au plein d�veloppement de la plante cultiv�e, le sol peut se trouver totalement ou partiellement mis � nu et �tre ainsi livr� � l'�rosion, expos� au risque d'envasement � la suite de fortes pluies ou soumis � une �vaporation intense.

Pour l'application des pesticides chimiques, le recours � des moyens m�caniques est quasi indispensable lorsque la superficie des champs d�passe certaines dimensions. Leur emploi pose des exigences �lev�es en mati�re de qualification de la main-d'oeuvre. Si les appareils utilis�s pour l'�pandage des engrais ou des pesticides sont inappropri�s, ne fonctionnent pas bien ou sont incorrectement manipul�s, ceci peut entra�ner des surdosages n�fastes pour le sol, les plantes et l'eau ainsi que pour les utilisateurs et utilisatrices.

L'application de pr�parations liquides tr�s concentr�es par pulv�risation � ultra bas volume (UBV ou ULV), peut causer un haut degr� de contamination de l'air et, en cas de d�rive, une dispersion � grande �chelle.

L'utilisation des pesticides peut gravement exposer la sant� des personnes qui touchent et respirent ces substances chimiques. De plus, il est souvent difficile de vider compl�tement les r�cipients les contenant, et l'eau utilis�e pour les rincer peut polluer les eaux de surface et l'eau potable. Il arrive fr�quemment que les pesticides et les appareils d'�pandage soient stock�s de mani�re incorrecte, souvent m�me � c�t� de denr�es alimentaires, faute de disposer d'autres locaux ferm�s. (Pour plus de d�tails � ce sujet, voir le dossier sur la protection des v�g�taux).

Appliqu�s dans des conditions d�favorables, les proc�d�s m�caniques de lutte contre les mauvaises herbes (sarclage, binage) peuvent d�truire la structure du sol et favoriser l'�rosion mais ils sont quand m�me pr�f�rables aux m�thodes chimiques.

Le machinisme agricole peut fortement contribuer � assurer une utilisation et/ou une application correcte des pesticides et des engrais. Outre le choix d'appareils appropri�s, qui d�pend en partie de la formulation des produits (p. ex. en poudre ou liquide), il faut �galement assurer une utilisation correcte des mat�riels. En choisissant judicieusement les p�riodes d'�pandage et d'application et en employant des m�thodes permettant de ne pas d�passer certains seuils de pollution, il est possible de r�duire les doses appliqu�es, de diminuer les effets de d�rive et donc de limiter les charges polluantes. Des v�tements de protection, y compris des masques respiratoires, doivent �tre disponibles.

Dans les conditions climatiques des r�gions tropicales et subtropicales, leur port est cependant ressenti comme �tant extr�mement inconfortable.

Une organisation ad�quate du travail (p. ex. se d�placer uniquement dans la direction du vent) permet �galement de r�duire bon nombre de nuisances pour les op�rateurs.

2.3.3 R�colte, battage, transformation, conservation, stockage

Les moyens m�caniques de r�colte et de battage servent � all�ger et � acc�l�rer le travail ainsi qu'� minimiser les pertes et les risques. La r�colte et le traitement de "produits secs" (p. ex. c�r�ales, cannes � sucre br�l�es), peuvent provoquer des �missions de poussi�res localement limit�es, mais tr�s intensives, et particuli�rement incommodantes pour les personnes qui travaillent ou vivent dans ces endroits, et �ventuellement aussi pour les animaux. Des mesures techniques mises en oeuvre � la source d'�mission des poussi�res ou le port de masques respiratoires et de v�tements de protection peuvent aider � r�duire les nuisances.

Les op�rations de battage et de traitement peuvent g�n�rer des sous-produits (balles, cosses, etc.) restant comme d�chets. Compte tenu des quantit�s produites au niveau de l'exploitation agricole, ces d�chets ne constituent toutefois pas une charge s�rieuse pour l'environnement, �tant donn� qu'il est g�n�ralement possible de les utiliser dans l'exploitation m�me.

La r�colte de plantes signifie toujours une exportation d'�l�ments nutritifs du site de la culture. Il faut donc s'efforcer de restituer au sol au moins les sous-produits des r�coltes, soit directement, soit apr�s leur utilisation � d'autres fins (p. ex. comme fourrages) ou encore apr�s compostage.

Les mesures techniques de conservation et de stockage des denr�es r�colt�es au niveau de l'exploitation agricole n'ont, la plupart du temps, aucune incidence sur l'environnement, dans la mesure o� elles n'impliquent pas l'emploi de produits chimiques. Cependant, les besoins en �nergie n�cessaires au s�chage des produits r�colt�s peuvent conduire, dans certains cas, � une surexploitation des zones foresti�res avoisinantes. Les mesures � adopter pour rem�dier � une telle situation sont celles qui permettent d'�conomiser l'�nergie (�quipements consommant moins de combustibles).

2.3.4 El�vation et distribution de l'eau

Pour compl�ter les remarques faites � ce sujet dans le dossier consacr� � l'irrigation, l'attention sera port�e ici sur quelques interactions et recoupements importants entre ces deux domaines:

Le syst�me choisi pour assurer le transport et la distribution de l'eau (m�thode gravitaire par des canaux ouverts, m�thode sous pression par tuyaux ou conduites flexibles) influe fortement sur les proc�d�s de m�canisation:

- les canaux d�terminent la superficie des champs, des ponts doivent �tre construits pour permettre au machines de traverser les canaux,
- les petits barrages et foss�s am�nag�s dans les champs sont endommag�s au passage des v�hicules,
- les tuyaux doivent �tre enlev�s avant le labourage d'un champ ou pour une application urgente de pesticides.

2.4 Technologie de la production animale

La forme traditionnelle de production animale �tait et reste l'�levage au p�turage. Les moyens techniques mis en oeuvre � ce niveau se limitent � des dispositifs de s�curit� (enclos, etc.). Ceci vaut �galement pour l'�levage du petit b�tail (p. ex. volaille, lapins, abeilles). C'est avec l'intensification de la production animale par la stabulation qu'ont augment� les besoins en �quipements et moyens techniques. Dans les pays industrialis�s qui pratiquent l'�levage intensif, en particulier en Europe, l'emploi de moyens techniques dans la production animale occupe une place aussi importante que dans la production v�g�tale.

Dans des �tables mal a�r�es, la chaleur, la poussi�re et les gaz, en particulier l'ammoniac, peuvent nuire � l'homme et aux animaux.

Pendant le stockage et l'�pandage des excr�ments des animaux, des quantit�s consid�rables d'ammoniac peuvent se d�gager dans l'atmosph�re. Dans les zones d'�levage intensif des pays industrialis�s, l'ammoniac est l'une des principales causes du d�p�rissement des for�ts. Un moyen efficace pour y rem�dier est l'enfouissement imm�diat du fumier solide ou liquide dans le sol.

Le stockage et l'�pandage incorrects des excr�ments des animaux peuvent conduire � une fertilisation excessive (eutrophisation) des eaux superficielles et souterraines.

Les mesures de protection doivent commencer tout d'abord par la sensibilisation des groupes concern�s. C'est ensuite seulement que les m�thodes techniques peuvent contribuer � r�duire les pollutions et nuisances: les d�jections des animaux doivent �tre consid�r�es comme des engrais de valeur et �tre trait�es comme tels et non pas comme des d�chets! Une bonne r�partition de ces engrais sur les surfaces agricoles, c'est-�-dire en fonction des besoins des plantes en �l�ments nutritifs, est tout aussi importante. C'est seulement dans ces conditions qu'il est possible de d�velopper des m�thodes de production animale intensive m�nageant durablement l'environnement.

3. Aspects � inclure dans l'analyse et l'�valuation des effets sur l'environnement

Parmi les effets n�gatifs de l'exploitation du sol- renforc�s par l'utilisation de moyens m�caniques, c'est l'�rosion qui, � l'�chelle mondiale, appara�t la plus importante. Il existe un grand nombre de m�thodes pour lutter contre l'�rosion (techniques bioculturales telles que le paillage, l'am�nagement de terrasses anti�rosives, la plantation de brise-vent). Les normes utilis�s pour �valuer l'action de l'�rosion se limitent cependant essentiellement aux crit�res servant � mesurer et estimer les pertes de terreversants o� les barrages peuvent �tre s�rieusement menac�s par les d�p�ts . Dans les bassins de s�diments, il existe parfois des et des r�glementations r�gissant l'exploitation des sols. interdictions

Dans les pays industrialis�s, les fabricants de tracteurs et de machines agricoles doivent respecter des prescriptions en rapport avec la protection de l'environnement. Celles-ci peuvent �tre tr�s diff�rentes d'un pays � l'autre, p. ex.

- normes et directives relatives � la construction et � la solidit� des machines,
- dispositifs de protection contre les accidents, commandes de s�curit� et autres, en particulier pour les v�hicules et machines � moteur,
- �quipements sp�ciaux lorsque les v�hicules circulent sur les voies publiques (danger pour les usagers de la route),
- valeurs limites des �missions (gaz d'�chappement, bruit).

Des organismes publics nationaux, p. ex. des stations d'essai de machines agricoles, soumettent les diff�rentes cat�gories de machines � des examens de type, obligatoires pour les fabricants. Le respect des prescriptions techniques est assez facile � surveiller � ce niveau.

Il est par contre nettement plus difficile d'assurer l'application des prescriptions par les usagers: les dispositifs de protection sont enlev�s, les v�tements de protection et les masques ne sont pas port�s, les valeurs limites d'�mission, les vitesses maximums, etc. sont d�pass�es.

4. Interactions avec d'autres domaines d'intervention

Il existe des relations �troites entre le machinisme agricole et les domaines d'intervention suivants:

- Production v�g�tale: le machinisme agricole intervient dans presque tous les domaines ;
- Protection des v�g�taux: proc�d�s m�caniques, techniques d'application ;
- Production animale: traction animale ; �levage intensif (encore faible dans les pays en d�veloppement, d�j� tr�s r�pandu dans les pays industrialis�s), technologies employ�es dans la production animale ;
- Irrigation: en particulier captage, �l�vation et distribution de l'eau, proc�d�s d'irrigation par gravit� et sous pression (irrigation par aspersion, irrigation goutte � goutte) ;
- Agro-industrie: traitement pr�liminaire (des "produits de grandes surfaces" tels que c�r�ales, plantes sucri�res ; utilisation des r�sidus ;
- Hydraulique rurale: interactions avec la taille des parcelles ;
- Energies renouvelables (provenant de la biomasse) ;
- Constructions m�caniques, ateliers et chantiers navals ;
- La meunerie.

5. Appr�ciation r�capitulative de l'impact sur l'environnement

La base de la production agricole est constitu�e par la production v�g�tale � laquelle est associ�e la production animale. L'homme se sert de moyens techniques pour all�ger et rendre plus productives ses activit�s dans les syst�mes de production. Le machinisme agricole est une partie int�grante de ces syst�mes et son impact sur l'environnement ne peut �tre consid�r� s�par�ment des productions v�g�tale et animale. Les moyens m�caniques sont utilis�s le plus souvent pour le travail du sol et le transport et leurs effets s'exercent avant tout sur le sol, les plantes et les hommes.

Parmi les effets n�gatifs caus�s par l'exploitation du sol, c'est l'�rosion qui atteint la plus grande ampleur � l'�chelle mondiale. Toutes les autres incidences �cologiques du machinisme agricole restent limit�es � l'�chelle locale ou du moins r�gionale.

Le stockage et l'�pandage incorrects de pesticides, d'engrais min�raux et d'excr�ments d'animaux peuvent conduire � une contamination et/ou � une fumure excessive (eutrophisation) des eaux superficielles et des nappes d'eau souterraines.

Les efforts de m�canisation sont entrepris la plupart du temps pour des raisons d'�conomie du travail. Le maniement, l'entretien et la gestion des machines et appareils exigent de grandes comp�tences de la part de la main-d'oeuvre si l'on veut �viter les cons�quences n�fastes pouvant d�couler de leur emploi. C'est pourquoi, dans beaucoup de pays, les responsabilit�s dans ces domaines sont de plus en plus concentr�es entre les mains des hommes.

L'intensification de l'agriculture, favoris�e par le machinisme agricole, peut entra�ner une modification de la composition des esp�ces de la flore et de la faune et une diminution de la biodiversit� au niveau r�gional.

Les mesures de protection de l'environnement consistent en particulier �

- donner une formation et offrir un encadrement intensifs aux utilisateurs et utilisatrices et
- d�velopper et appliquer des syst�mes de production agricole m�canisables, tenant compte � la fois des imp�ratifs �conomiques (travail) et �cologiques.

6. Bibliographie

Krause, R., F. Lorenz et W.B. Hoogmoed: Soil tillage in the tropics and subtropics. S�rie Schriftenreihe der GTZ No. 150, Eschborn 1984, p. 320

Derpsch, R., C.H. Roth, N. Sidiras et U. K�pke: Erosionsbek�mpfung in Parana, Brasilien: Mulchsysteme, Direktsaat und konservierende Bodenbearbeitung. S�rie Schriftenreihe der GTZ No. 205, Eschborn 1988, p. 270.

Zweier, K.: Energetische Beurteilung von Verfahren und Systemen in der Landwirtschaft der Tropen und Subtropen - Grundlagen und Anwendungsbeispiele. Forschungsbericht Agrartechnik des Arbeitskreises Forschung und Lehre der Max-Eyth-Gesellschaft (MEG), vol. 115, 1985, p. 341.

GTZ: Sustainable agriculture in german and swiss technical cooperation. Registre No. 15 du "Working paper for rural development", GTZ, Section 4210, Syst�mes d'exploitation paysanne, Eschborn, f�vrier 1989, p. 148.

UNEP: Agricultural mechanization. UNEP environmental management guidelines, United Nations Environment Programme, Nairobi, 1986, p. 17.

FAO: Agricultural mechanization in development - guidelines for strategy formulation. Agricultural Services Bulletin 45, Rome 1984, p. 77.

Banque mondiale: Agricultural Mechanization - Issues and Options. A World Bank policy study. Washington D.C., juin 1987, p. 85.

Exemples de prescriptions et normes nationales:

BBA: Prescriptions de l'Office f�d�ral de Biologie relatives � l'emploi des pesticides.

Berufsgenossenschaften (Caisses mutuelles d'assurance-accident): Prescriptions relatives � la pr�vention des accidents publi�es par les caisses mutuelles agricoles et professionnelles d'assurance-accident.

DIN: Normes et dispositions r�glementaires de construction et de dimensionnement.

STVZO: Prescriptions relatives � l'homologation des v�hicules routiers

TA L�rm (Instructions techniques pour la protection contre le bruit "TA-L�rm") 1968/1974.

TA Luft (Instructions techniques pour le maintien de la puret� de l'air "TA-Luft"). Premi�re disposition administrative relative � la loi f�d�rale de protection contre les immissions du 27.02.1986.


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