1. Pr�sentation du domaine d'intervention
2. Effets sur l'environnement et mesures de
protection
2.1 Effets sur l'environnement
2.1. Effets sur l'environnement
2.1.1 Les sols
2.1.2 L'eau
2.1.3 L'air
2.1.4 La biosph�re2.2 Mesures de protection environnementale
2.2 Mesures de protection environnementale
2.2.1 Conditions d'ensemble
2.2.2 Agriculture �cologique, adapt�e aux conditions du milieu
3.
Aspects � inclure dans l'analyse et l'�valuation des effets sur
l'environnement
4. Interactions avec d'autres domaines
d'intervention
5. Appr�ciation r�capitulative de l'impact sur
l'environnement
6.
Bibliographie
1. Pr�sentation du domaine d'intervention
Les termes ci-dessous reviennent souvent dans ce dossier et demandent par cons�quent � �tre d�finis:
- La culture pure consiste � pratiquer une seule culture sur un terrain, comme par exemple le riz. La succession, dans le temps, de diff�rentes cultures pures sur un m�me champ est appel�e assolement.
- Les cultures associ�es consistent � faire pousser en m�me temps sur une parcelle plusieurs esp�ces de plantes utiles durant une partie ou la totalit� de la p�riode de v�g�tation. Exemple: la combinaison manioc - ni�b� - sorgho.
- Les cultures annuelles sont g�n�ralement issues de la v�g�tation herbac�e � cycle v�g�tatif d'une ann�e (par exemple c�r�ales, l�gumineuses, esp�ces l�gumi�res, tabac).
- Les cultures p�rennes sont des plantes exploit�es sur plusieurs ann�es. Chaque plante n'est sem�e ou plant�e qu'une fois, comme les arbres fruitiers, le th�, le caf� et le cacao.
- Une monoculture est une culture effectu�e pendant plusieurs saisons culturales sur le m�me terrain, par exemple la culture de la canne � sucre.
Si on inclut la production ligneuse ainsi que la production de mati�res premi�res renouvelables, de produits fourragers et de plantes stimulantes, la production v�g�tale repr�sente, du point de vue de la superficie occup�e, la principale forme d'emprise sur le milieu naturel de la plan�te.
Dans les syst�mes agraires traditionnels, les associations culturales sont la r�gle ; elles correspondent � des strat�gies d'autosubsistance des paysans. La mise en oeuvre d'intrants externes comme les engrais et les pesticides est r�duite et reste exceptionnelle.
En revanche, les grandes plantations sont g�n�ralement exploit�es en monoculture (canne � sucre, coton) ou en culture permanente (caf�, th�, cacao). Ces syst�mes culturaux s'inscrivent dans l'�conomie marchande et sont tributaires d'intrants externes.
La production v�g�tale a recours aux mesures relevant des domaines suivants:
- Protection des v�g�taux ;
- Machinisme agricole ;
- Irrigation ;
- S�lection des esp�ces et vari�t�s ;
- Travail du sol et fertilisation ;
- Soins culturaux et lutte contre les adventices, r�colte, traitement post- r�colte, stockage ;
- Lutte contre l'�rosion, etc.
Les plantes sont cultiv�es pour l'autoconsommation ou la commercialisation. Elles remplissent en outre des fonctions de protection vis-�-vis du sol, de l'air et de l'eau.
La production v�g�tale se d�roule dans les exploitations traditionnelles, qui font principalement appel � la main-d'oeuvre familiale pour assurer la subsistance du m�nage et obtenir un revenu mon�taire.
2. Effets sur l'environnement et mesures de protection
Dans les syst�mes agro-�cologiques, l'homme devient le maillon dominant de l'�cosyst�me (�cosyst�mes � dominance anthropog�ne). Ces �cosyst�mes se distinguent des �cosyst�mes naturels par le fait que les processus de r�gulation naturels c�dent le pas au contr�le exerc� par l'homme.
Dans le milieu naturel, les v�g�taux sont une composante de l'�cosyst�me de m�me qu'un facteur d�cisif pour sa pr�servation. Suivant la technique culturale mise en oeuvre, l'environnement peut subir des dommages ou des atteintes sp�cifiques, r�sultant de la nature, de l'intensit� et de la synergie des mesures culturales. Ils peuvent causer la disparition d'esp�ces, d�t�riorer la structure du sol et entra�ner des pollutions physiques (produits phytosanitaires, nitrates, salinisation par irrigation et fertilisation, etc.) des sols, de l'eau et de l'air. Les �cosyst�mes naturels aux fonctions multiples sont supplant�s progressivement par des syst�mes d'utilisation des terres artificiels et pauvres en esp�ces.
L'utilisation croissante de moyens de production industriels (engrais, pesticides, machines agricoles, �nergie) et l'inadaptation des syst�mes d'exploitation entra�nent la pollution de l'eau potable par les engrais et les pesticides, l'�rosion des sols, la d�sertification et l'�rosion g�n�tique.
2.1 Effets sur l'environnement
2.1.1 Les sols
Les sols sont le fondement m�me de la production v�g�tale et sont donc indispensables � la survie de l'esp�ce humaine.
La protection des sols est une mesure indispensable si l'homme veut conserver un cadre de vie sain et garantir durablement son approvisionnement en produits alimentaires de qualit�.
Les possibilit�s de modifier les caract�ristiques du site sont restreintes. Les pratiques culturales doivent, de ce fait, �tre adapt�es aux conditions naturelles dans lesquelles s'effectue l'utilisation d'un sol.
L'�rosion, c'est-�-dire l'enl�vement des couches arables par l'eau ou le vent, est l'une des cons�quences les plus probl�matiques de l'exploitation agricole, surtout dans les pays tropicaux.
Les pertes de terre effectives varient suivant les esp�ces cultiv�es et les fa�ons culturales. Pour les minimiser, on cherchera � garantir une couverture v�g�tale du sol tout au long de l'ann�e. En monoculture et en culture pure, le danger d'�rosion est d'autant plus grand que la croissance des jeunes plants (ma�s ou l�gumineuses � graines par exemple) est lente, que la densit� de plantation est faible et que le d�sherbage est syst�matique. Les cultures annuelles, comme les c�r�ales, les tubercules ou les l�gumineuses � graines, n�cessitent des travaux du sol fr�quents ; elles ont donc des effets plut�t n�gatifs sur la structure du sol et favorisent ainsi la d�gradation des sols.
A l'oppos�, les cultures p�rennes telles les cultures fruiti�res emp�chent, dans la majorit� des cas, l'�rosion du sol d�s lors que le couvert est ferm� ; elles offrent un ombrage permanent qui m�nage la structure du sol.
L'�rodibilit� d'un sol d�pend, entre autres facteurs, de ses caract�ristiques physiques: le sable fin et les particules abrasives sont les �l�ments les plus faciles � transporter, tandis qu'une proportion �lev�e de graviers, de cailloux et d'argile a pour effet de freiner l'�rosion. Une forte teneur en humus stabilise la structure d'un sol et accro�t sa capacit� de r�tention en eau ; elle a donc des effets anti-�rosifs.
Les principales techniques de lutte contre l'�rosion sont:
- une couverture suffisante du sol (cultures associ�es, semis sous couverture, etc.),
- les cultures pluri-�tag�es int�grant des essences arborescentes et arbustives,
- la parcellisation des superficies cultiv�es et l'installation de brise-vent perpendiculairement � la direction principale du vent,
- les mesures visant � �viter la surcharge de b�tail et � emp�cher le p�turage sur les parcelles portant de nouveaux semis (cf. dossier sur l'environnement "Production animale").
Une m�canisation trop pouss�e des travaux de pr�paration du sol et de r�colte peut entra�ner le compactage du sol, la formation de soles de labour et l'envasement des terrains, en particulier sur les sols tropicaux � structure instable. Il peut en r�sulter une diminution de l'infiltration d'eau et de l'a�ration pour la faune et la flore microbienne du sol ainsi que pour les plantes cultiv�es. La m�canisation peut aussi modifier la division du travail entre hommes et femmes.
Un travail du sol fr�quent a g�n�ralement un effet stimulant sur l'activit� microbienne et, par cons�quent, sur la mobilisation d'�l�ments fertilisants, mais il pr�sente aussi de graves inconv�nients dans les r�gions tropicales ; en effet:
- les pertes d'humus sont acc�l�r�es en raison des temp�ratures �lev�es,
- la faune du sol est perturb�e, ce qui ralentit l'humification.
Les cultures pures favorisent la pullulation d'organismes nuisibles et ont tendance � n�cessiter une protection phytosanitaire accrue. La contamination des sols par les pesticides met en p�ril la faune et la microflore terricoles.
La mati�re organique joue un r�le �minent dans la dynamique des sols tropicaux. Elle sert de r�serve d'eau, abrite des organismes vivants, favorise la stabilit� structurale du sol et constitue une source et une r�serve d'�l�ments fertilisants. C'est dans sa fonction de r�servoir d'�l�ments nutritifs que la mati�re organique a une importance capitale, car les sols tropicaux contiennent rarement ces min�raux argileux pr�cieux capables de fixer les �l�ments indispensables aux plantes. L'emploi d'engrais min�raux d�pendra donc de la fraction de mati�re organique dans le sol. Si les apports d'engrais ne s'effectuent pas selon un rapport d�termin� avec la substance organique, la mati�re fertilisante risque d'�tre lessiv�e et export�e vers les horizons inf�rieurs du sol. Des apports excessifs d'engrais sont donc discutables au plan �cologique et d�savantageux au plan �conomique.
C'est en monoculture et en culture pure (par exemple ma�s, cacao, l�gumes-racines et l�gumes-tubercules) que le risque de d�s�quilibre dans l'assimilation des �l�ments fertilisants est en principe le plus �lev�. Plus le nombre d'esp�ces pr�sentes dans l'association ou la rotation culturale est �lev�, plus l'assimilation d'�l�ments fertilisants est �quilibr�e, puisque des besoins vari�s en nutriments doivent �tre satisfaits. Comme les plantes ainsi combin�es poss�dent des syst�mes racinaires diff�rents (enracinement faible � profond) et des besoins nutritifs variables (faibles � �lev�s), la concurrence pour les nutriments, l'eau et la lumi�re est beaucoup plus faible.
2.1.2 L'eau
Le ph�nom�ne d'�rosion �voqu� plus haut peut provoquer une eutrophisation des eaux par entra�nement d'�l�ments fertilisants comme le lisier ou le nitrate par exemple, mais aussi leur pollution par les r�sidus toxiques de pesticides.
2.1.3 L'air
Le climat �daphique des cultures associ�es pluri-�tag�es est en principe plus favorable et plus �quilibr� que celui des monocultures et des cultures pures annuelles. La vitesse du vent est ralentie, ce qui est profitable aux cultures sensibles au vent (bananiers par exemple).
En production v�g�tale, les �missions de mati�res toxiques dans l'atmosph�re proviennent principalement des traitements phytosanitaires chimiques. La volatilisation d'ammoniac lors de l'�pandage de fumier ou de lisier ne joue qu'un r�le n�gligeable jusqu'� pr�sent. En milieu tropical (temp�ratures �lev�es, capacit� de sorption limit�e des sols), elle peut repr�senter jusqu'� 80 % de la quantit� totale d'azote.
La pollution de l'air et de l'atmosph�re provient des gaz de fum�e produits par l'utilisation d'engins agricoles, le d�frichement par essartage et le br�lage des r�sidus de r�colte ; elle r�sulte aussi du d�gagement de gaz comme le m�thane et l'oxyde azot� par les rizi�res inond�es et par les grands troupeaux de bovins. Ces facteurs sont en partie responsables de l'effet de serre.
2.1.4 La biosph�re
Fondamentalement, plus l'exploitation s'intensifie, plus on risque d'assister � la rar�faction des esp�ces repr�sent�es et � la modification de l'�quilibre entre les esp�ces. La culture itin�rante sarcl�e, pratiqu�e dans les r�gles, c'est-�-dire en observant les temps de jach�re n�cessaires, repr�sente l'intervention la plus limit�e sur le plan spatial, � condition que seules les surfaces � relief plat soient d�frich�es s�lectivement. Ce syst�me sert non seulement � pr�server les surfaces bois�es, particuli�rement les for�ts ombrophiles et leurs ressources, mais aussi � prot�ger les personnes habitant aux alentours des for�ts. Ces derniers d�tiennent souvent des connaissances pr�cieuses sur les plantes int�ressantes, par exemple au plan pharmaceutique, et sur les interactions �cologiques du milieu dans lequel ils vivent.
La culture syst�matique de plantes utiles et le d�sherbage m�canique et chimique effectu� � cette occasion conduisent � refouler les plantes sauvages. Il se produit une diminution du nombre d'esp�ces.
Dans les zones caract�ris�es par des p�riodes de s�cheresse prolong�e, le risque d'incendie est consid�rablement accru dans les monocultures de certaines essences pratiqu�es � grande �chelle. Le feu peut entra�ner non seulement la perte d'�l�ments fertilisants et le lessivage des sols, mais aussi la destruction de certaines essences et de certaines esp�ces de gramin�es non r�sistantes au feu.
Le refoulement et l'extinction d'esp�ces v�g�tales a pour cons�quence de r�duire la diversit� biologique. L'exploitation extensive des for�ts denses humides a elle aussi pour effet de restreindre notablement la diversit� des esp�ces animales, par exemple celle des primates et des oiseaux.
Les atteintes port�es aux �cosyst�mes naturels ne sont pas seulement le r�sultat de l'accaparement de nouvelles superficies pour les besoins de l'agriculture, mais d�coulent aussi du morcellement de ces �cosyst�mes (par le syst�me de voirie par exemple). Il peut en r�sulter une d�stabilisation des �cosyst�mes.
Les interventions culturales se traduisent en g�n�ral par un amenuisement des biotopes forestiers, secs, humides et aquatiques et par une homog�n�isation du paysage, due notamment aux op�rations de d�frichage, de drainage, de nivellement et d'irrigation.
Par rapport � la v�g�tation naturelle, la production v�g�tale contribue � �roder les habitats et � r�duire la diversit� r�gionale. La standardisation des produits destin�s � la commercialisation et la s�lection de vari�t�s en fonction de crit�res sp�cifiques (comme le rendement, la forme ou la couleur) contribuent � la disparition de vari�t�s locales (�rosion g�n�tique).
2.2 Mesures de protection environnementale
2.2.1 Conditions d'ensemble
Le domaine de la production v�g�tale est particuli�rement influenc� par les conditions d'ensemble, climatiques par exemple, mais aussi par le contexte national (r�gime foncier, par exemple) ou international (relations �conomiques).
De nombreuses zones climatiques et zones de v�g�tation r�agissent de fa�on tr�s sensible aux interventions anthropiques. Il se produit g�n�ralement une destruction du couvert v�g�tal, par exemple dans les cas suivants:
- D�frichement de la for�t tropicale humide en Amazonie pour exploiter les bois pr�cieux ;
- D�frichage par le feu de la savane arbor�e du Nigeria par les cultivateurs, qui passent � la culture permanente et n'accordent plus � la terre de phase de r�g�n�ration de la fertilit� ;
- Surp�turage dans la zone sah�lienne par des troupeaux trop nombreux qui �liminent la v�g�tation d�j� maigre.
Les cons�quences sont d�sastreuses, non seulement pour les r�gions tropicales humides, c'est-�-dire caract�ris�es par une pluviosit� �lev�e, mais aussi pour les zones � climat plus sec: en l'espace d'� peine quelques ann�es, le sol d�nud� se modifie profond�ment ; la min�ralisation acc�l�r�e de la mati�re organique dans le sol et les apports de mati�re organique, r�duits au minimum, jouent un r�le d�cisif � cet �gard.
Dans l'ordre �conomique mondial actuel, les relations commerciales entre pays (termes de l'�change) n'ont cess� de se d�grader au d�triment des pays en d�veloppement, qui sont les premiers touch�s par le rench�rissement de l'�nergie et des produits finis. De m�me, la politique agricole internationale ne contribue gu�re � un d�veloppement �quilibr� de la production v�g�tale.
L'envol�e d�mographique fait que les exploitations agricoles deviennent de plus en plus exigu�s et que les superficies sont soumises par cons�quent � une exploitation de plus en plus intensive. A l'heure actuelle, la taille moyenne des exploitations n'est d�j� plus que de 2,7 ha en Am�rique latine et de 1,3 ha en Afrique ; en Asie, elle est m�me inf�rieure � 1 ha. La proportion des sans terre dans l'ensemble de la population vivant de l'agriculture est de 10 % en Afrique, de 25 % au Proche-Orient et de 30 % en Am�rique latine. Les deux tiers des agriculteurs propri�taires de leur terre exploitent des superficies tr�s r�duites et n'ont pas les moyens d'acheter des intrants relativement co�teux comme les pesticides, les herbicides et les engrais min�raux.
En raison de la p�nurie croissante de terres, les syst�mes de production agricole se trouvent dans une phase de transition entre la culture itin�rante, la culture semi-permanente et la culture permanente. En Asie, le processus est pratiquement achev�, mais il est encore en cours dans la plus grande partie des continents africain et latino-am�ricain. Par suite de la culture permanente, les p�riodes de jach�re (for�t, brousse, p�turages) n�cessaires � la r�g�n�ration de la fertilit� du sol sont supprim�es ; celle-ci diminue et se stabilise � un niveau plus bas, ne permettant d'obtenir que des rendements sensiblement plus faibles. Par ailleurs, la rar�faction des terres oblige par exemple � mettre en culture les terrains en pente, qui sont menac�s d'�rosion, et contribue de la sorte � la d�gradation de l'environnement.
L'importance relative des diff�rentes cultures se modifie, elle aussi. Dans les zones � climat tropical humide � semi-humide, l'igname, le sorgho et le ma�s sont en recul, tandis que des cultures comme le manioc et la patate douce progressent. Ces deux plantes donnent d'assez bons rendements, m�me sur des sites pauvres et peu propices � la culture, mais elles �puisent plus rapidement les sols.
En m�me temps, nombreux sont les pays dans lesquels l'intensification de l'agriculture et le processus d'industrialisation ont des retomb�es de plus en plus pr�judiciables � l'environnement. Par suite de l'engorgement des sols, de leur salinisation et de leur s�dimentation, les parcelles de culture irrigu�es, souvent am�nag�es � grands frais, perdent leur fertilit� au bout de peu d'ann�es et les pertes de rendement sont consid�rables. De plus en plus, on rel�ve la pr�sence de produits phytosanitaires persistants dans les eaux de surface et les nappes phr�atiques. Le nombre de victimes d'intoxications par les pesticides a connu une progression spectaculaire au cours de la derni�re d�cennie. Dans le m�me temps, on constatait une hausse sans pr�c�dent du nombre de ravageurs r�sistant aux produits pesticides courants.
Les ph�nom�nes d�crits pr�c�demment s'observent syst�matiquement lorsqu'on cherche � augmenter les rendements par la modernisation classique et cibl�e de l'agriculture. Ces probl�mes n'apparaissent cependant pas uniquement � la suite de grands projets agricoles, ils sont aussi le r�sultat cumul� de nombreuses activit�s paysannes.
Puisque les co�ts environnementaux effectifs ne sont pas ou pas suffisamment r�percut�s sur les exploitants, rien n'incite ces derniers � prendre des mesures conservatrices ou des mesures induisant un accroissement durable de l'efficience. L'am�nagement du droit foncier, de la politique fiscale et de la politique de subventions, de m�me que le recensement des co�ts externes de la production et de la consommation sont autant de t�ches que l'Etat doit ma�triser pour promouvoir une production v�g�tale favorable � l'environnement.
Certaines strat�gies, comme celle de l'�cod�veloppement, reposent sur une approche globale d�sormais indispensable. Des concepts d�j� �prouv�s comme la protection int�gr�e des v�g�taux, l'agriculture adapt�e aux conditions du milieu et d'autres encore indiquent des voies menant � un d�veloppement durable.
2.2.2 Agriculture �cologique, adapt�e aux conditions du milieu
L'agriculture adapt�e aux conditions du milieu a pour objectif d'atteindre une productivit� �lev�e et durable sur le site consid�r� en limitant les intrants externes au strict minimum, et en pr�servant, ou reconstituant, un �cosyst�me �quilibr�.
L'approche s'applique particuli�rement aux r�gions � forte densit� d�mographique o� se pratique une agriculture traditionnelle et o� les conditions �conomiques excluent pratiquement le recours aux moyens de production externes (engrais min�raux, par exemple), soit parce leur mise en oeuvre ne serait ni rentable ni payable, soit parce que les exploitants n'y ont pas acc�s en raison de goulots d'�tranglement dans l'approvisionnement. L'intensification du syst�me de production doit reposer par cons�quent sur une utilisation plus productive de biens rares (�l�ments fertilisants, eau, �nergie) et de potentiels sous-utilis�s ou rest�s en friche (par exemple main-d'oeuvre ou capacit� d'initiative).
Stabilit� et p�rennit� (durabilit�): ces deux imp�ratifs proc�dent de l'obligation morale selon laquelle chaque g�n�ration se doit de transmettre aux g�n�rations suivantes un environnement continuant � leur offrir des bases d'existence suffisantes. L'association de l'imp�ratif de productivit� � celui de stabilit�, est souvent per�ue comme un conflit entre objectifs incompatibles, opposant des optiques de court et de long terme (souvent aussi des optiques micro et macro-�conomiques), et la d�cision se fait la plupart du temps en faveur de l'optique micro-�conomique de court terme. L'agriculture adapt�e aux conditions du milieu doit tenter de satisfaire � parts �gales � ces deux imp�ratifs.
Les notions d'agriculture "�cologique" ou "adapt�e aux conditions du milieu" sugg�rent que les r�gions utilis�es � des fins agricoles ainsi que les exploitations individuelles de ces r�gions doivent �tre trait�es comme des syst�mes �cologiques. A cet �gard, la notion de "milieu" ne doit pas �tre restreinte aux seules conditions naturelles (sols, climat) .
L'�tude du milieu doit inclure le d�veloppement de l'�conomie nationale (rapports co�ts-prix, revenus), la situation de l'exploitation (dotation en facteurs de production) et les forces en jeu au sein de l'unit� de production (autosubsistance, minimisation des risques, maintien de la fertilit� des sols). Il est non moins important de consid�rer l'�tre humain, avec sa culture, ses besoins, tabous et habitudes, comme formant un tout avec le syst�me �cologique, et non comme un �l�ment �tranger � ce syst�me.
Cette optique globale doit �tre nuanc�e selon le contexte g�ographique. L'agriculture de nombreux pays est gravement touch�e par la p�nurie de mati�res premi�res et d'�nergie et par les hausses de prix qui en d�coulent. Ceci est particuli�rement le cas des Etats endett�s et pauvres en devises. Ce sont pr�cis�ment ces pays qui doivent parvenir � des formes d'agriculture permettant une autarcie (et coh�sion du syst�me) tr�s pouss�e de m�me qu'une d�centralisation (et autor�gulation) au niveau national, r�gional et au sein de chaque exploitation.
L'agriculture adapt�e aux conditions du milieu a pour composantes essentielles:
- l'agencement de la v�g�tation:
� int�gration des arbres et des arbustes sur les surfaces cultiv�es,
� mise en place de bandes anti-�rosives selon les courbes de niveau et parcellisation de l'exploitation en de nombreux champs de dimensions r�duites au moyen de haies,
� reboisement des terrains les plus pauvres et les plus d�grad�s ;
- la rotation des cultures alternant avec des
jach�res intensives ;
- la fumure organique ;
- l'int�gration de l'�levage ;
- l'am�lioration de la m�canisation ;
- la fertilisation min�rale d'appoint ;
- la lutte int�gr�e contre les ennemis des cultures et le
d�sherbage s�lectif.
Les �l�ments cit�s ci-dessus sont class�s par ordre d'importance. Puisque l'exploitant ne peut adopter imm�diatement toute cette panoplie de mesures, la hi�rarchie ci-dessus lui indique les mesures les plus urgentes pour conserver, accro�tre et stabiliser la productivit� du sol.
Les principaux domaines d'action de la production v�g�tale sont �num�r�s ci-dessous ; il s'agit d'options qui seront combin�es les unes aux autres selon les sp�cificit�s du site:
- Am�nagement de la production et organisation
de l'exploitation (syst�mes d'information, seuils de d�g�ts,
analyses de sols, donn�es climatiques) ;
- Choix du syst�me cultural (cultures pures, cultures
associ�es, etc. ;)
- S�lection des vari�t�s et des semences (r�sistance,
qualit�, quantit�) ;
- Travail du sol
� conventionnel,
� minimal,
� semis direct (sans travail du sol) ;
- Occupation du sol (assolement, rendements
soutenus) ;
- Nutrition des plantes (fertilisation)
� organique
� min�rale ;
- Protection des v�g�taux
� lutte m�canique
� lutte biologique
� lutte chimique.
En r�sum�, une agriculture respectueuse de l'environnement et adapt�e aux conditions du milieu a comme objectifs:
- d'�tablir une production v�g�tale s'harmonisant avec les conditions naturelles, c'est-�-dire adapt�e aux conditions du site ;
- de pr�server durablement la structure, les processus biologiques et la fertilit� du sol ;
- de pr�venir les dommages caus�s par l'�rosion ;
- d'�viter la pollution des eaux souterraines et de surface ;
- d'�viter de porter atteinte aux biotopes jouxtant les surfaces agricoles cultiv�es en veillant � ce qu'ils ne soient pas contamin�s par des substances nocives ou ne subissent d'autres cons�quences des mesures culturales ;
- de sauvegarder les �l�ments typiques du paysage ;
- de respecter les imp�ratifs de protection de la nature et des esp�ces, et sp�cialement de conservation des biotopes pr�cieux sur le plan �cologique, en ayant une vision globale de l'environnement ;
- d'int�grer l'�levage � la culture.
3. Aspects � inclure dans l'analyse et l'�valuation des effets sur l'environnement
Dans le domaine de la production v�g�tale, on se livrera � des mesures directes ou indirectes des atteintes � l'environnement selon les crit�res de v�rification suivants:
- modifications du biotope (diversit� de la faune et de la flore) ;
- incidences sur les r�serves de mati�res premi�res non renouvelables (min�raux, minerais, eau, atmosph�re) ;
- incidences sur les relations �cologiques globales (production �nerg�tique nette: bilan �nerg�tique entre l'�nergie fix�e par la plante cultiv�e ou le produit de r�colte et l'�nergie mise en oeuvre pour la production) ;
- pollution physique (produits chimiques, sels, poussi�res, gaz).
Des valeurs limites ont �t� fix�es pour un grand nombre de mati�res utilis�es dans l'agriculture ; elles varient d'un pays � l'autre. De nombreux Etats se sont dot�s de l�gislations concernant les concentrations maximales autoris�es pour les immissions dans l'eau, l'air et le sol ; la majorit� d'entre elles se r�f�rent toutefois � l'incidence sur la sant� humaine.
Etant donn� la grande diversit� des caract�ristiques et la sensibilit� des sols tropicaux, toute planification de projet devrait �tre pr�c�d�e d'une reconnaissance du site ; celle-ci sert au recensement cartographique des types de sols selon leur bilan en chaleur, en eau, en air et en �l�ments fertilisants ainsi que selon leur �rodibilit�. La d�termination de la nature du sol peut s'effectuer sur le terrain ou en laboratoire, par une analyse granulom�trique, et permet d'�valuer le danger de compactage du sol. La mesure de la vitesse d'infiltration permet de mieux �valuer le danger d'�rosion. Les limites de tol�rance pour la min�ralisation de l'humus ne peuvent �tre formul�es qu'en fonction de l'�tat et des conditions d'utilisation du sol. La teneur en humus peut �tre d�termin�e grossi�rement sur le terrain ; sa d�termination en laboratoire peut s'effectuer par les techniques suivantes: perte par calcination, digestion acide ou chromatographie en phase gazeuse.
L'examen du sol � la b�che permet de se faire une premi�re id�e de sa structure et de l'activit� biologique ; l'enracinement rev�t une importance particuli�re � cet �gard. Les r�sultats pourront �tre affin�s en laboratoire par plusieurs m�thodes: s�ries de tamisages effectu�s sous l'eau (test de stabilit� structurale), analyse du rapport C/N (renseigne sur les disponibilit�s en azote), etc. Seuls des tests d'infection peuvent d�celer la pr�sence de symbiotes des racines (fixateurs d'azote, mycorhizes).
La d�termination de la capacit� au champ du profil de sol jusqu'� la profondeur effective de l'enracinement fournit des indications sur le risque de lessivage d'un sol (particuli�rement pour les nitrates et les pesticides). L'�valuation sur le terrain s'effectue par carottage ; une analyse de porosit� d'horizons caract�ristiques de sol est pr�conis�e pour �talonner le terrain. Dans certains cas cependant, notamment lorsqu'on soup�onne des ph�nom�nes d'engorgement ou d'encro�tement du sol, on ne pourra pas se dispenser de creuser un profil de sol.
Des sympt�mes de carence, de d�ficience ou de toxicit� relev�s chez les plantes cultiv�es peuvent �tre l'occasion de dresser le bilan en �l�ments nutritifs et de d�terminer la contamination par des substances toxiques. La mesure du pH en fonction de la profondeur du sol permet fr�quemment de restreindre le travail d'analyse et de conna�tre les besoins en chaux. La mesure de la capacit� effective d'�change cationique, du taux de saturation et des bases totales est un moyen de d�terminer les d�s�quilibres en �l�ments fertilisants ainsi que le degr� de salinisation du sol. Pour �valuer les oligo-�l�ments et les m�taux lourds, on pr�f�rera l'analyse des plantes. Les r�sultats de cette analyse permettent de formuler des recommandations de fertilisation ou, le cas �ch�ant, d'assainissement du sol.
Il est relativement facile de caract�riser une eau ; on se sert de la classification de qualit�, qui s'effectue en d�terminant le pH, la conductibilit�, la temp�rature, la teneur en oxyg�ne et les principaux organismes indicateurs. Si ces derniers sont absents ou inconnus, la teneur en ammonium et en phosphate peut �galement renseigner sur le degr� d'eutrophisation des eaux. Gr�ce � l'analyse de la demande biologique d'oxyg�ne et de la demande chimique d'oxyg�ne (DBO, DCO), on obtient des indications sur la charge en substances organiques d�gradables. Suivant l'utilisation pr�vue, la qualit� de l'eau devra satisfaire � des exigences diff�rentes.
Notamment dans les zones climatiques semi-arides, des �tudes hydrog�ologiques sont indispensables � l'�valuation des r�serves en eau souterraines. Ces analyses fournissent de pr�cieuses indications sur l'�tat du sous-sol et la situation des bassins versants. Selon les utilisations et la r�partition des terres recens�es dans le cadre de la reconnaissance du site, il sera possible d'�valuer l'�vaporation annuelle actuelle et le taux de renouvellement des nappes phr�atiques. Si les pr�l�vements (approvisionnement en eau potable, irrigation) sont constamment sup�rieurs au renouvellement, les espaces semi-naturels et rebois�s risquent d'�tre gravement endommag�s par suite du rabattement de la nappe phr�atique. Les exigences vis-�-vis de la qualit� des eaux souterraines seront plus s�v�res car leur utilisation comme eau de boisson ne peut pas faire l'objet de restrictions.
Les surfaces utilis�es � des fins agricoles exercent souvent des fonctions de compensation et de d�gradation vis-�-vis des �missions d'autres zones. Bien con�us, des syst�mes agro-�cologiques intensifs sont m�me susceptibles, le cas �ch�ant, de remplir plus efficacement ces fonctions qu'une v�g�tation naturelle, car � partir d'un certain niveau de rendement, il devient rentable de neutraliser les dommages occasionn�s par les immissions en appliquant certains intrants (par exemple chaulage apr�s acidification des sols). De m�me, les effets climatiques peuvent �tre corrig�s par le choix de surfaces et de pratiques culturales appropri�es.
Sans une connaissance suffisante des esp�ces et des relations qu'elles entretiennent les unes avec les autres, il devient tr�s hasardeux de dresser le bilan des flux �nerg�tiques et biochimiques, qui renseigne aussi sur les capacit�s de charge.
4. Interactions avec d'autres domaines d'intervention
La production v�g�tale a un impact sur l'environnement, soit directement, soit en interaction avec d'autres secteurs de l'activit� humaine. Par ses finalit�s et ses incidences, elle est �troitement connect�e aux secteurs de production agricole suivants:
- Protection des v�g�taux ;
- Foresterie ;
- Production animale ;
- P�che et aquaculture ;
- Machinisme agricole ;
- Irrigation.
Les objectifs de ces secteurs (cf. dossiers sur l'environnement correspondants) peuvent �tre compatibles, neutres ou oppos�s � ceux de la production v�g�tale. Les effets de la production v�g�tale peuvent donc �tre renforc�s, att�nu�s ou annul�s par toute mesure prise dans ces secteurs. Aussi les �tudes d'impact devront-elles �tre attentives � la possibilit� de cumul d'effets et � l'amplification des d�g�ts pouvant en r�sulter. Il est possible d'intervenir dans ces processus pour les contr�ler gr�ce aux activit�s de recherche, de conseil et de vulgarisation et en s'appuyant sur les instruments de la l�gislation, la lutte contre la pauvret�, l'autopromotion, la promotion f�minine, etc.
Lorsqu'elle d�passe le stade de la subsistance, la production v�g�tale pr�sente des liens avec l'agro-industrie. La construction de puits dans le cadre de l'alimentation en eau des r�gions rurales peut acc�l�rer la d�sertification et ses cons�quences d�sastreuses pour la production v�g�tale.
Dans de nombreux pays, l'habitat, les r�seaux de communication, l'industrie et l'artisanat ont un besoin d'espace croissant ; celui-ci doit, en partie, �tre satisfait par la reconversion de superficies agricoles et donne ainsi naissance � des conflits (am�nagement du territoire et planification r�gionale, planification de la localisation des activit�s industrielles et commerciales, am�nagement des transports et communications, hydraulique lourde). L'am�lioration des transports facilite, certes, l'acc�s aux moyens de production (engrais, lieux de production) et la vente des produits, mais il n'en demeure pas moins que la mise en valeur d'�cosyst�mes naturels peut aussi acc�l�rer la destruction de ces derniers. La n�cessit� d'appliquer des mesures techniques de lutte anti�rosive est g�n�ralement la cons�quence d'une d�t�rioration des sols caus�e par des pratiques agricoles non adapt�es aux conditions du site. Enfin, l'existence de sources d'�nergie renouvelables et de d�chets m�nagers compostables peut aussi avoir son importance pour la production v�g�tale.