3. Aspects � inclure dans l'analyse et l'�valuation des effets sur l'environnement
Table des
mati�res - Pr�c�dente
- Suivante
3.1 Liens d'interd�pendance fondamentaux
Le plan directeur d'am�nagement et de gestion des ressources en eau doit tenir compte ad�quatement de tous les effets possibles des mesures d'am�nagement sur l'environnement. Pour cela, il doit appr�hender la situation actuelle du territoire concern�. Or cette situation peut pr�senter de grandes diff�rences d'une r�gion � l'autre.
Les probl�mes particuliers rencontr�s dans le secteur des eaux sont entre autres
- une pluviosit� annuelle extr�mement �lev�e ou extr�mement basse selon les r�gions,
- le risque de s�cheresse s'�tendant sur plusieurs ann�es,
- une baisse des taux de r�g�n�ration de la nappe phr�atique,
- des pluies trop abondantes et des ondes de crue extr�mes,
- un bas niveau de consommation et une faible proportion de population desservie,
- un faible niveau de s�curit� d'approvisionnement,
- l'agriculture irrigu�e repr�sentant une part importante des besoins,
- la r�utilisation plus fr�quente des eaux us�es et de l'eau sal�e, le recours au dessalement de l'eau de mer.
Pour analyser et �valuer les effets environnementaux induits par les activit�s dans le secteur des eaux, il convient de prendre en consid�ration l'ensemble du processus, c'est-�-dire l'ensemble du cycle hydrologique, depuis la chute de pluie jusqu'� l'�vacuation des eaux us�es et des d�chets.
Il faut pour cela disposer d'une base de donn�es s�res, d�crivant la situation �cologique actuelle (pollutions ant�rieures) de l'espace naturel concern� ou de la r�gion du projet. A l'aide d'une telle base de donn�es, il est possible de d�terminer le degr� de pollution actuel, et donc �galement les changements induits par les mesures d�j� r�alis�es, et d'estimer les effets des mesures pr�vues.
De telles bases de donn�es (p. ex. annuaires hydrologiques, cadastres de l'environnement, informations g�o-�cologiques) n'existent pas dans beaucoup de pays ou doivent d'abord �tre recueillies � l'aide d'indicateurs appropri�s pour permettre une �valuation ad�quate des mesures pr�vues. Les dispositions r�glementaires �tablies par certains pays ou par des organisations internationales peuvent fournir des indications pr�cieuses ; mais leur reprise directe est rarement possible, entre autres parce que les diff�rents d�crets et prescriptions doivent �tre vus comme parties d'un syst�me qui n'existe pas forc�ment dans tous les pays. Ainsi, lors de la d�termination de valeurs limites pour les rejets de polluants dans les eaux superficielles, il faut p. ex. prendre en consid�ration l'utilisation et la capacit� d'auto-�puration des cours d'eau.
Le plan directeur constitue la base d�cisive pour l'appr�ciation des autres possibilit�s ou alternatives de d�veloppement et d'extension. De telles appr�ciations doivent toutefois partir des m�mes objectifs. En essayant de limiter l'appr�ciation des alternatives � un seul crit�re (p. ex. indice des co�ts, "indice des dommages"), on risque de perdre de vue les diverses facettes de la question.
Une autre t�che importante consiste � r�duire � un niveau acceptable le nombre des crit�res � prendre en compte. Ainsi, il est possible p. ex. d'exclure de prime abord les projets ou variantes de d�veloppement qui ne satisfont pas � certaines exigences minimales (p. ex. les �tablissements humains, les implantations d'industries ou les pr�l�vements d'eau souterraine ne sont pas admis dans les zones de protection des eaux ou dans les zones inondables).
Lors de la pond�ration des effets environnementaux, les priorit�s doivent �tre plac�es en fonction des ressources en eau disponibles :
- dans les r�gions disposant de ressources en eau limit�es, priorit� aux mesures destin�es � assurer un approvisionnement suffisant et � �conomiser l'eau,
- dans les r�gions disposant de ressources suffisantes, priorit� � l'hygi�ne, � la protection de la sant�, � la garantie de la qualit�,
- dans les r�gions (temporairement) exc�dentaires, priorit� aux mesures de protection.
D'une fa�on g�n�rale, il importe d'accorder davantage d'attention aux probl�mes du gaspillage de l'eau (p. ex. irrigation avec des eaux souterraines fossiles).
3.2 Analyse de l'utilisation et de la qualit� de la ressource naturelle "eau"
3.2.1 D�termination des r�serves naturelles en eau
Les r�serves en eau naturellement disponibles d�pendent des processus se d�roulant dans le cycle hydrologique, en particulier des pr�cipitations, de leur r�partition et de leur influence sur les composantes du bilan hydrique, telles que �vapotranspiration, ruissellement superficiel et souterrain, infiltration, recharge de la nappe phr�atique, etc. Les facteurs tels que le climat, la v�g�tation, la topographie, les sols, les conditions g�ohydrologiques, etc., jouent ici un r�le tr�s important. Il en est de m�me des actions anthropog�nes, telles que l'utilisation des sols (irrigation sur grande �chelle, surfaces b�ties r�duisant l'infiltration et augmentant le ruissellement).
La d�termination des ressources disponibles englobe
- les r�serves d'eau superficielles,
- le d�bit dans les cours d'eau de surface,
- les r�serves d'eaux souterraines, y compris les r�serves g�ologiques (fossiles) qui, dans la mesure du possible, ne devraient pas �tre consid�r�es comme des r�serves exploitables,
- la r�alimentation naturelle de la nappe phr�atique (en g�n�ral une faible part des pr�cipitations, sous l'influence de l'�vaporation, du ruissellement superficiel, de l'infiltration, du climat et de la v�g�tation, de la nature des sols, de la topographie, de la profondeur de la nappe, des conditions g�ohydrologiques).
Les donn�es sur le ruissellement, la r�alimentation naturelle des nappes ou d'autres param�tres du cycle hydrologique sont g�n�ralement bas�es sur des moyennes calcul�es sur de longues ann�es, avec mention des valeurs extr�mes (ann�es humides, ann�es s�ches). Pour le plan directeur, ces donn�es sont indispensables en tant que valeurs d'orientation, mais il faut en plus analyser leur r�partition dans le temps et l'espace, en raison des diff�rences saisonni�res et r�gionales extr�mes qui peuvent exister. Si, p. ex., l'ann�e hydrologique est compos�e d'une saison s�che et d'une saison des pluies, et que par ailleurs des fluctuations consid�rables de la pluviosit� se font sentir d'une ann�e � l'autre, les moyennes du ruissellement superficiel et des r�serves d'eaux souterraines calcul�es sur plusieurs ann�es ne sont gu�re utilisables pour des �tudes de projet.
Dans beaucoup de pays, la base de donn�es disponible est souvent insuffisante. La densit� des stations de mesure est trop faible. Le plan directeur indique les endroits o� il convient de densifier le r�seau de mesure. Les donn�es n�cessaires (p. ex. niveaux d'eau et d�bits ainsi que charges de mati�res en suspension et d�bits solides dans les eaux superficielles, niveaux de la nappe phr�atique, param�tres physiques, chimiques et biologiques de la qualit� de l'eau, donn�es hydrom�t�orologiques et hydrologiques) sont � observer et � exploiter conform�ment aux normes internationales (OMM, FAO, OMS). Leur publication r�guli�re dans les annuaires hydrologiques est n�cessaire pour donner un fondement solide aux planifications. Sinon, il peut �tre n�cessaire d'entreprendre des campagnes de mesure sp�ciales, co�teuses, mais malgr� tout insuffisantes en raison de leur courte dur�e.
3.2.2 D�termination des ressources en eau utilisables
Est consid�r�e comme utilisable la partie des ressources naturelles pouvant �tre mobilis�e selon des crit�res
| - techniques (captage) | Nature et emplacement du cours d'eau ou de l'aquif�re inf�rieur, conditions g�ologiques et g�omorphologiques pour le forage de puits, la construction d'ouvrages de d�rivation et de retenue, technologies disponibles, |
| - techniques (distribution) | R�partition temporelle et quantitative (stockage), r�partition dans l'espace (transport), |
| - �conomiques | Co�t de la prospection, de la mobilisation, du traitement et de la distribution de l'eau, de l'�puration des eaux us�es, |
| - chimiques/hygi�niques toxicologiques |
Qualit� de l'eau, risques de contamination, technologies de traitement, mesures de pr�vention de la pollution, r�utilisation, |
| - crit�res �cologiques et en rapport avec la protection et l'utilisation des ressources | Destruction de peuplements v�g�taux pr�cieux d�pendant de l'eau souterraine, ass�chement d'abreuvoirs et de cours d'eau, d�gradation des sols, �rosion, ass�chement de p�rim�tres humides et de for�ts fluviatiles, |
| - et d'autres raisons en rapport avec l'exploitation des eaux | p. ex. navigation, utilisation de la force hydraulique, priorit� d'utilisation hors de la r�gion concern�e |
Dans ce contexte, il importe de tenir compte des grandeurs minimums (quantit�, surface, etc.) pour la prise en compte des imp�ratifs �cologiques.
3.2.3 D�termination des besoins en eau
La demande d'eau comprend les composantes suivantes :
- eau potable pour l'approvisionnement de l'homme et des animaux, de l'industrie, de l'artisanat et du commerce ainsi que pour la lutte contre les incendies, du moins dans les zones de concentration urbaine,
- eau industrielle,
- eau d'irrigation,
- eau n�cessaire au maintien du d�bit minimum et � la navigation,
- eau n�cessaire � l'utilisation de la force hydraulique,
- eau n�cessaire au fonctionnement d'installations, p. ex. eau de refroidissement dans les centrales �lectriques.
Il est possible de pronostiquer les besoins futurs � partir de l'analyse des besoins actuels et de leur �volution au cours des ann�es pass�es, de la comparaison avec des p�riodes de d�veloppement analogues dans d'autres r�gions et des connaissances que l'on poss�de sur le d�veloppement de la population, sur l'�volution de la consommation par habitant, qui d�pend en particulier de l'�quipement des m�nages et de l'extension du r�seau d'approvisionnement (puits, fontaine centrale, adduction � domicile), sur le d�veloppement de l'industrie et de l'artisanat et sur celui de l'agriculture irrigu�e,.
Dans beaucoup de pays, les besoins pour les p�rim�tres d'irrigation repr�sentent la part la plus importante de la demande, tandis que la demande �manant de l'industrie, de l'artisanat et du commerce demeure encore relativement faible. Mais comme l'industrialisation progresse dans beaucoup de pays, il faut l� aussi s'attendre � des besoins croissants.
En ce qui concerne l'approvisionnement en eau potable, les quantit�s consid�r�es comme n�cessaires et ad�quates pour couvrir les besoins �l�mentaires d�pendent des habitudes de consommation des populations ainsi que des conditions climatiques et culturelles. Selon [ 4] , un approvisionnement de base suffisant peut �tre assur� avec 20 � 40 litres/jour/personne. Ces valeurs augmentent avec le standard d'approvisionnement. Les valeurs indicatives estim�es pour des quantit�s de consommation ad�quates sont les suivantes :
jusqu'� 40 litres/jour/personne aux bornes fontaines,
jusqu'� 60 litres/jour/personne aux branchements collectifs
ext�rieurs,
jusqu'� 120 litres/jour/personne aux adductions � domicile.
Dans beaucoup de r�seaux de distribution, les pertes repr�sentent 50 � 100 % de la consommation effective et doivent donc �tre prises en compte dans le calcul des besoins.
L'�volution future des besoins en eau d�pendra donc de
- la croissance d�mographique,
- l'urbanisation,
- l'expansion de la production alimentaire et donc de l'agriculture irrigu�e,
- le d�veloppement de l'artisanat et de l'industrie,
- l'augmentation de la consommation par habitant,
- l'augmentation des besoins d'�nergie hydraulique.
Les risques d'erreur dans les projections sur les besoins futurs en eau se pr�sentent en particulier lorsque surviennent des changements impr�vus dans l'�volution d�mographique, socio-�conomique ou technique. Le plan directeur d'am�nagement des ressources en eau doit donc �tre flexible et �tre r�vis� et mis � jour � des intervalles appropri�s, de mani�re � permettre l'estimation concr�te d'autres options ou sc�narios de d�veloppement et de leurs effets respectifs sur l'�cosyst�me, les ressources naturelles et l'utilisation de ces derni�res.
Lors de toutes les analyses des besoins il convient, par principe, d'�tudier les possibilit�s d'influer sur la consommation et sur ses tendances d'�volution (priorit�s, quotas, tarification, s�curit� d'approvisionnement). Un instrument important pour assurer une utilisation rationnelle de l'eau est de r�clamer en particulier une tarification permettant de couvrir enti�rement les co�ts ; ceci assure en m�me temps l'application du "principe du pollueur-payeur". Il peut s'av�rer n�cessaire de reporter la mise en exploitation de nouvelles r�serves d'eau, tant que les potentiels d'�conomie d'eau ou de r�habilitation d'eaux pollu�es ne sont pas mis � profit.
3.2.4 Bilan hydrique et plan directeur
La comparaison des ressources utilisables et des besoins dans le bilan hydrique permet, en tenant compte des crit�res de la protection de la nature et des ressources, de d�duire diff�rentes mesures :
� pour intensifier l'utilisation des ressources
- construction de retenues d'eau
- mise en exploitation de r�serves d'eaux souterraines
- augmentation des d�bits
- extension du syst�me de distribution
- �ventuellement dessalement de l'eau de mer
� pour am�liorer la qualit� de l'eau trait�e
- am�lioration de la technologie de traitement
- dilution avec de l'eau moins charg�e, provenant d'autres r�gions
� pour assurer la protection de la ressource (quantit� et qualit�)
- mesures anti-�rosives, reboisement
- d�limitation de zones de protection des eaux, limitation de l'utilisation des pesticides et des engrais
- mise en oeuvre de mesures d'assainissement et d'�ducation sanitaire
- construction de stations d'�puration des eaux us�es
- restriction des rejets de polluants dans les eaux superficielles
- assainissement des cours d'eau
- conservation du pouvoir auto-�purateur des eaux par leur non am�nagement ou un am�nagement proche de l'�tat naturel
- utilisation combin�e des eaux superficielles et souterraines
� pour r�duire la consommation d'eau et assurer une utilisation rationnelle des r�serves
- changements fondamentaux de comportement par la conscientisation
- �conomie d'eau (�limination des fuites dans les r�seaux d'approvisionnement, contr�le de la consommation � l'aide de compteurs, tarifs assurant la couverture des co�ts pour l'eau et les eaux us�es)
- enrichissement artificiel de la nappe phr�atique
- utilisation de l'eau de pluie
- s�paration des syst�mes d'approvisionnement en eau industrielle et en eau potable
- r�utilisation de l'eau dans les m�nages, l'industrie et l'artisanat
- emploi de techniques d'irrigation permettant d'�conomiser l'eau (tarifs assurant la couverture des co�ts)
� pour prot�ger les sols et la v�g�tation
- mesures de r�humidification et d'enrichissement artificiel de la nappe phr�atique
- abaissement du niveau de la nappe afin de pr�venir la salinisation.
L'am�nagement des conditions �conomiques g�n�rales joue un r�le central dans tous les domaines cit�s. Beaucoup de changements peuvent �tre d�clench�s et dirig�s par le biais d'une politique active d'octroi de subventions (p. ex. financement de d�marrage), par la politique fiscale (p. ex. pr�l�vement d'imp�ts plus �lev�s sur les variantes non souhait�es) et par la fixation des tarifs et des redevances (politique des prix). Ici il convient d'�tudier soigneusement la question de l'acceptabilit� de telles mesures et de la capacit� de paiement de la population concern�e. L'eau n'est pas "un bien gratuit" comme on le croit souvent. Il importe de sensibiliser la population � la valeur de cette ressource.
3.3. Analyse de l'influence sur l'�cosyst�me, les ressources naturelles et l'utilisation des ressources
Des projets d'exploitation des ressources en eau peuvent avoir des incidences consid�rables sur les �cosyst�mes et les ressources naturelles. Celles-ci se font sentir soit directement, soit par l'interm�diaire de toute une s�rie d'effets indirects.
Les effets directs sont dus pour la plupart aux causes suivantes
- pr�l�vement d'eau : abaissement du niveau des eaux superficielles et souterraines, diminution des d�bits, destruction de l'habitat naturel de la faune et de la flore,
- stockage de l'eau : �l�vation du niveau de l'eau, submersion de surfaces,
- pollution : rejet de substances nocives et/ou entra�nant une diminution de la teneur de l'eau en oxyg�ne, une modification de sa couleur, de son odeur,
- r�tention de l'eau : menace pour les zones p�riodiquement inond�es (telles que for�ts fluviatiles, biotopes humides).
A cela s'ajoutent les effets secondaires et tertiaires qui s'exercent par des voies complexes, p. ex. par le biais d'effets socio-�conomiques ou socioculturels et dont certains ne sont discernables qu'� long terme. Deux cas peuvent �tre cit�s � titre d'exemple pour illustrer ces liens de cause � effet :
- pour appr�cier l'impact consid�rable qu'un barrage peut avoir sur l'environnement, il ne suffit pas d'�tudier les caract�ristiques physiques du sol et les aspects hydrauliques et techniques de sa faisabilit�. Il faut �galement recueillir des informations permettant de parvenir � une estimation r�aliste des besoins et ressources en eau, du transport et du d�p�t des s�diments dans le r�servoir, de la modification du r�gime d'�coulement en aval, des conflits d'utilisation entre bassin versant et zone d'exploitation ainsi que des effets pour les r�gions et habitants en aval.
- l'am�nagement de puits profonds �quip�s de pompes � moteur dans les savanes du nord du Sahel a amen� des �leveurs jusque-l� nomades � se s�dentariser en partie et � augmenter leur cheptel. Lorsque certains puits tombent en panne, il y a surp�turage et d�nudation progressive des surfaces aux alentours des installations encore en service. Comme la r�gulation des conditions de vie n'est plus assur�e, comme autrefois, par les ressources en eau utilisables des nappes aquif�res sup�rieures de la r�gion, il s'ensuit une d�gradation acc�l�r�e de la situation �cologique et socio-�conomique.
Une autre cons�quence de l'augmentation des disponibilit�s d'eau peut �tre la salinisation des sols par l'application de techniques d'irrigation inadapt�es dans les zones arides et semi-arides.
3.4 Analyse des effets sur la sant� et l'hygi�ne
L'�tude des ressources en eau de la r�gion faisant l'objet du plan doit d�terminer les disponibilit�s en eau saine et non contamin�e par des substances toxiques. Il s'agit donc de d�terminer non seulement la quantit� mais aussi la qualit� de l'eau. Le choix des param�tres de qualit� d�pend de l'usage pr�vu, c'est-�-dire que les crit�res peuvent �tre tr�s diff�rents selon qu'il s'agit d'eau potable, d'eau d'irrigation ou d'eau destin�e � la production d'�nergie.
Des effets positifs sur la qualit� de l'eau peuvent �tre obtenus � l'aide d'objectifs de conservation de la qualit� de l'eau formul�s � partir du plan directeur et de leur mise en application par des mesures d'�puration des eaux us�es, d'interdiction de certaines utilisations des eaux, de classement de zones de protection des eaux souterraines et par des mesures simultan�es d'�ducation sanitaire mises en oeuvre dans le cadre de projets d'approvisionnement en eau.
Lors de l'estimation de l'�volution future de la consommation d'eau on oublie souvent, p. ex., qu'une consommation plus �lev�e entra�ne �galement une augmentation des rejets d'eaux us�es. Les eaux us�es sont souvent collect�es dans des canaux ouverts et d�vers�es dans les eaux de surface, ou tout simplement infiltr�es dans le sol � proximit� imm�diate de leur lieu de production. Ces rejets ont pour effet de polluer les eaux de surface et constituent une grande menace pour la nappe phr�atique. En outre, l'utilisation des eaux us�es pour l'arrosage de jardins potagers peut �tre pr�judiciable � la sant� des consommateurs.
C'est pourquoi aucun r�seau d'approvisionnement en eau ne devrait �tre pr�vu sans un syst�me correspondant d'assainissement destin� � r�duire les pollutions et nuisances. Ceci vaut aussi bien pour l'approvisionnement en eau potable que pour l'irrigation des surfaces agricoles.
Des efforts compl�mentaires de mobilisation de l'auto-assistance sous forme de campagnes d'information et de sensibilisation en mati�re d'hygi�ne, impliquant souvent une participation d�cisive des femmes au niveau de la planification et de la mise en oeuvre, contribuent � �viter la surexploitation et la pollution de l'eau.
Le d�veloppement rapide de la production agricole dans beaucoup de pays entra�ne en plus d'une augmentation continuelle des besoins d'eau d'irrigation une consommation croissante d'engrais artificiels et de pesticides. L'utilisation en g�n�ral incontr�l�e de tels produits peut �tre �galement cause de pollution des eaux superficielles et souterraines. L'utilisation des eaux de drainage pour l'irrigation de terres agricoles - une op�ration souvent r�p�t�e � plusieurs reprises - peut conduire � une forte augmentation de la teneur de l'eau en sel et donc � des probl�mes de salinisation chez les exploitants situ�s en aval.
Les retenues d'eaux superficielles favorisent la s�dimentation des substances solides charri�es par l'eau dans la cuvette de r�serve. Ceci favorise le remblaiement progressif de la cuvette et, lorsque viennent s'ajouter des rejets solides, l'eutrophisation des eaux. Dans les conditions climatiques pr�valant dans beaucoup de pays, ce milieu aquatique peu profond et riche en substances nutritives favorise la prolif�ration des vecteurs de maladies hydriques telles que la malaria, la bilharziose ou le ver de Guin�e.
3.5 Effets socio-�conomiques et socioculturels
Le bilan hydrique �tabli dans le cadre du plan directeur d'am�nagement et de gestion des ressources en eau est un facteur important pour un d�veloppement r�gional planifi�. Il est �galement la base de transformations d�cisives et de grande port�e dans les domaines socio-�conomiques et socioculturels.
La mise en exploitation de nouvelles ressources d'eau utilisables peut, entre autres, favoriser un afflux massif et incontr�l� de populations en provenance de r�gions souffrant d'un d�ficit d'eau. Outre les risques de surexploitation des ressources naturelles que cela implique, une telle �volution peut entra�ner l'�tablissent de diff�rents groupes de population sur un m�me territoire. Les syst�mes sociaux sur lesquels reposaient jusque-l� les strat�gies de survie de ces populations, peuvent �tre remis en question et devenir fragiles.
Les cons�quences �cologiques de retenues d'eau am�nag�es dans un but de protection contre les crues et de s�curit� d'approvisionnement peuvent avoir un impact sur la base d'existence des p�cheurs riverains, si ces am�nagements ont des incidences sur les populations de poissons. Les surfaces agricoles ou mara�ch�res perdues au niveau du r�servoir de la retenue ne peuvent pas, la plupart du temps, �tre remplac�es pour des raisons topographiques et p�dologiques. Ceci peut avoir de graves cons�quences pour les habitants concern�s et, dans le cours inf�rieur, causer une diminution du d�bit d'eau et par voie de cons�quence un abaissement du niveau de la nappe phr�atique ou une d�t�rioration des sols sur les champs situ�s de part et d'autre du cours d'eau, d�sormais priv�s des inondations p�riodiques avec de l'eau riche en mati�res nutritives. L� aussi il peut en r�sulter des pr�judices �conomiques pour la population.
De meilleures possibilit�s d'irrigation dans la production agricole et mara�ch�re peuvent d�clencher des changements dans les pratiques culturales (emploi d'engrais artificiels, monoculture) qui, apr�s une courte p�riode d'augmentation des rendements, se traduisent par un appauvrissement progressif des sols et l'obligation d'augmenter les apports d'engrais. D'autre part, ces changements peuvent entra�ner des probl�mes de salinisation des sols et une forte augmentation des charges polluantes dans les eaux superficielles et souterraines.
L'analyse socio-�conomique devrait comprendre des �tudes diff�renci�es en fonction des sexes et des groupes sociaux, permettant d'identifier dans quelle mesure les femmes ou certains groupes particuliers sont b�n�ficiaires ou au contraire victimes de l'am�nagement en question.
Les pratiques r�gionales et traditionnelles d'utilisation des terres, entre autres les droits coutumiers d'utilisation de l'eau, des sols et des p�turages, les structures ethniques, les privil�ges des exploitants �tablis au niveau du cours sup�rieur d'un fleuve, rev�tent de l'importance et peuvent �ventuellement constituer des contraintes. Leur prise en compte dans le plan directeur d'am�nagement des ressources en eau est indispensable.
3.6 Cadre administratif et politique
Le plan directeur d'am�nagement des ressources en eau doit reposer sur une base administrative et l�gale (l�gislation sur les eaux). L'applicabilit� des r�glements et des prescriptions politiques (priorit�s d'utilisation, interdiction d'utilisations multiples, prise en compte des formes d'utilisation traditionnelles, r�glements transfrontaliers et inter�tats, etc.) doit �tre assur�e par l'existence d'une Administration comp�tente ou par des organisations appropri�es.
La mise en place ou le renforcement des services publics ou institutions en charge de la gestion des ressources en eau est donc absolument indispensable. Les �l�ments essentiels ici sont, entre autres, la fixation des fili�res et organes de d�cision, l'�limination de l'�parpillement des responsabilit�s, une dotation suffisante en moyens financiers et en personnel qualifi� et motiv�. La participation ad�quate des femmes concern�es et d'autres groupes aux organes et aux processus de d�cision rev�t une importance d�cisive.
4. Interaction avec d'autres domaines d'intervention
Le plan directeur d'am�nagement et d'exploitation des ressources en eau est une base essentielle pour la r�solution de tous les probl�mes en rapport avec la gestion des eaux. Il intervient donc profond�ment dans l'ensemble du d�veloppement infrastructurel de la r�gion concern�e et d�finit les conditions g�n�rales d'application des plans sectoriels les plus divers. C'est donc un document d'importance multisectorielle pour la planification des mesures � mettre en oeuvre dans les diff�rents secteurs, notamment dans les domaines suivants :
- Am�nagement du territoire et planification r�gionale ;
- Planification de la localisation des activit�s industrielles et artisanales ,
- Planification du secteur �nerg�tique ;
- Adduction et distribution d'eau en milieu urbain
- Alimentation en eau des r�gions rurales ;
- Assainissement ;
- Elimination des d�chets ;
- Ports int�rieurs ;
- Navigation int�rieure ;
- Ports maritimes - construction et fonctionnement portuaires ;
- Navigation maritime ;
- Ing�nierie fluviale ;
- Mesures techniques de lutte anti�rosive ;
- Hydraulique rurale ;
- Hydraulique lourde ;
- Barrages, installations hydro�lectriques ;
- Secteur minier - Exploitations � ciel ouvert et souterraines ;
- Centrales thermiques.
5. Appr�ciation r�capitulative de l'impact sur l'environnement
Si le plan directeur d'am�nagement et de gestion des ressources en eau est utilis� en temps opportun comme instrument de planification, il peut contribuer sensiblement � assurer la sauvegarde de la ressource naturelle "eau" et, en d�finissant les objectifs � atteindre, aider � �viter des dommages � l'environnement. Il est possible d'am�nager et de g�rer les ressources en eau de telle sorte que les mesures requises soient con�ues de mani�re � m�nager les ressources et � en assurer l'exploitation durable.
Le plan directeur d�finit les objectifs g�n�raux non seulement selon des crit�res techniques et �conomiques, mais saisit et d�crit les interactions des multiples facteurs influen�ant le bilan hydrique, en tenant compte des conditions �cologiques, socio-�conomiques et socioculturelles. Le plan directeur montre les possibilit�s de d�veloppement futur des conditions de vie et de l'�conomie par rapport au facteur eau. C'est une base permettant d'identifier les diff�rentes possibilit�s d'utiliser les r�serves d'eau, de les comparer les unes aux autres et d'appr�cier dans quelle mesure il est possible de parvenir � une planification et une mise en oeuvre de projets d'am�nagement hydraulique respectueuses de l'environnement.
Cette planification doit saisir les effets secondaires et les r�percussions possibles et int�grer � la conception des projets des propositions permettant d'�viter les effets n�gatifs, contr�ler les principaux indicateurs �cologiques et �ventuellement appliquer des mesures de redressement. Les groupes cibles doivent �tre associ�s d�s le d�part � l'�laboration de cette strat�gie d'action.
(1) Baumann, W. et al., BMZ (�dit.) : �kologische Auswirkungen von Staudammvorhaben, Forschungsberichte des Bundesministeriums f�r wirtschaftliche Zusammenarbeit, Vol. 60, Munich, 1984.
(2) Biswas, A. K., Qu Geping (�dit.) : Environmental Impact Assessment for Developing Countries Natural Resources and the Environment Series Volume 19, Londres, 1987.
(3) BMZ (�dit.) : Sektorpapier Wasserversorgung und Sanit�rma�nahmen in Entwicklungsl�ndern.
(4) Buchwald, K., Engelhardt, W. (�dit.) : Die Bewertung und Planung der Umwelt, Handbuch f�r Planung, Gestaltung und Schutz der Umwelt, Munich, 1980.
(5) Deutscher Verband f�r Wasserwirtschaft und Kulturbau e. V. (DVWK) (�dit.) : Ermittlung des nutzbaren Grundwasserdargebotes, DVWK-Schriften, n� 58/1 und 58/2, 1982.
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(10) Munasinghe, M. : Managing Water Resources to avoid Environmental Degradation, World Bank Environmental Paper n� 41, Washington, 1990.
(11) National Committee of the UNESCO Man and the Biosphere, Programme at the Ministry of Environmental Protection and Water Management of the GDR, Reservoirs as major engineering works in nature, Interactions and after-effects shown at the example of the highlands of the GDR, UNESCO, 1984.
(12) Niemeyer-L�llwitz, A., Zucchi, H. : Flie�gew�sserkunde, �kologie flie�ender Gew�sser unter besonderer Ber�cksichtingung wasserbaulicher Eingriffe, Verlag Diesterweg, 1985.
(13) OECD (�dit.) : Management of water projects, Paris, 1985.
(14) Olbrisch, H.-D. et al. : Wasserwirtschaftliche Me�- und Auswerteverfahren in Trockengebieten, published by the Deutscher Verband f�r Wasserwirtschaft und Kulturbau (DVWK), DVWK Schriften n� 96, 1991.
(15) Richtlinien f�r die Aufstellung von wasserwirtschaftlichen Rahmenpl�nen, paru dans "Gemeinsames Ministerialblatt", publi� par le Minist�re f�d�ral de l'Int�rieur, n� 16, Bonn, 29 Juin 1984.
(16) BMZ (�dit.) : Sektorkonzept Wasserwirtschaft, ao�t 1987 (version pr�liminaire).
(17) Tehranien, D. : Die Relevanz der Umweltprobleme f�r die �konomische Entwicklung in den Entwicklungsl�ndern, Verlag K. Reim, 1976.
(18) Umweltbundesamt (�dit.) : Handbuch zur �kologischen Planung, Vol. 1 et 2, Erich Schmidt, Berlin, 1981.
(19) NU : Water Resources Planning to meet Long-Term Demand, Guidelines for Developing Countries, Natural Resources/Water Series n� 21, New York, 1988.
(20) NU : Criteria and Approaches to Water Quality Management in Developing Countries, New York, 1990.
(21) NU : Criteria for and Approaches to Water Quality Management in Developing Countries, Natural Resources/Water Series No. 26, New York, 1990.
(22) UNESCO/PNUE (�dit.) : The impact of large water projects on the environment, Proceedings of an international symposium 21 - 31 October 1986, UNESCO, Paris.
(23) OMS : Legal Issues in Water Resources Allocation, Wastewater Use and Water Supply Management, Gen�ve, 1990.
Dossier Am�nagement et gestion des ressources en eau
Mots-cl�s
* Eaux superficielles
* Eaux souterraines
* Qualit� de l'eau
* Climat
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* Production v�g�tale
* Irrigation
* Production animale
* Tourisme
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* Engrais
* S�dimentation
* Am�nagement du territoire et planification r�gionale
* Planification de la localisation des activit�s industrielles
et artisanales
* Planification du secteur �nerg�tique
* Adduction et distribution d'eau en milieu urbain
* Alimentation en eau des r�gions rurales
* Assainissement
* Elimination des d�chets
* Ports int�rieurs
* Navigation int�rieue
* Ing�nierie fluviale
* Mesures techniques de lutte anti�rosive
* Hydraulique rurale
* Hydraulique lourde
* Secteur minier - Exploitations � ciel ouvert et souterraines
* Centrales thermiques