Le stockage villageois correspond � des quantit�s unitaires relativement faibles dont une petite partie seulement (moins de 20 pour cent) est destin�e � la vente au d�tail ou � des offices c�r�aliers. Ces derniers, qui disposent de capacit�s de stockage importantes, rencontrent souvent de grandes difficult�s lors de leur campagne d'achat de grains. Une des causes de ces difficult�s est la grande dispersion des centres d'achat qui n'offrent g�n�ralement qu'une faible quantit� de grains. Une �tape interm�diaire entre le stockage villageois et les grands centres de stockage s'av�re souvent n�cessaire. Le stockage communautaire permet de drainer et de regrouper le surplus commercialisable des producteurs et, par l� m�me, constituer un fournisseur privil�gi� pour les offices c�r�aliers. Etant donn� l'importance des quantit�s stock�es (plusieurs centaines de tonnes), il est possible de justifier des investissements importants dans des structures de stockage permettant un meilleur contr�le des stocks et un traitement des grains beaucoup plus efficace que ceux envisageables dans le cadre d'un stockage au niveau villageois.
Le stockage communautaire peut aussi �tre utilis� de fa�on rentable pour la conservation des l�gumineuses qui, au niveau paysan, sont toujours expos�es aux attaques des insectes. Le volume plus important des stocks dans les magasins communautaires permet de justifier l'utilisation d'une technique de d�sinsectisation telle que la fumigation. De plus, l'introduction de la m�canisation - et surtout de la motorisation - qui permet d'utiliser des �quipements et des m�thodes modernes de s�chage, ventilation, nettoyage et manutention des grains peut �tre efficace au niveau des centres communautaires alors qu'elle reste tr�s rare et difficile � introduire au niveau villageois.
Dans les r�gions chaudes, deux types de stockage sont possibles au niveau des centres communautaires et � celui des grands centres: le stockage en vrac et le stockage en sacs. Le stockage en sacs est beaucoup plus employ� que le stockage en vrac. Les avantages et inconv�nients de ces deux types de stockage ont d�j� �t� rappel�s au Chapitre I.
Ce mode de stockage est int�ressant car il permet une utilisation maximum du volume offert par les structures. L'architecture des petits centres de stockage en vrac varie selon le type de cellules utilis�. Certaines unit�s de stockage communautaire sont constitu�es de cellules rondes, m�talliques ou en b�ton. Les cellules dispos�es en arc de cercle ou align�es sont en g�n�ral �quip�es d'un toit individuel. L'ensemble des cellules est parfois prot�g� par un hangar. Ces cellules peuvent �tre du type de celles d�crites au chapitre pr�c�dent.
Une manutention m�canique des grains peut �tre justifi�e pour certains centres de stockage. Dans ce cas, les vis sous tube sont des appareils de manutention bien adapt�s aux petites unit�s de stockage.
La r�alisation de cellules rondes de capacit� moyenne (quelques dizaines de m�tres cube) peut pr�senter des difficult�s de construction. Ainsi, les unit�s de stockage communautaire qui utilisent le principe du stockage en vrac sont souvent constitu�es de cellules carr�es juxtapos�es. A volume �gal, les cellules de forme carr�e n�cessitent plus de mat�riaux que les cellules rondes. Cependant, leur g�om�trie permet de bien les assembler entre elles et d'utiliser au mieux la surface au sol disponible.
Les banques de c�r�ales vulgaris�es par les organisations non gouvernementales1 dans certains pays en d�veloppement constituent un exemple int�ressant de stockage en vrac au niveau communautaire. La premi�re exp�rience men�e au Rwanda par ces organismes avait pour but d'am�liorer le stockage des haricots et de mettre � la disposition permanente des populations locales des produits de base � un prix r�gulier. Ils jouent un r�le important pendant la p�riode de "soudure" pr�c�dant la moisson durant laquelle les fermiers rencontrent des difficult�s d'approvisionnement en c�r�ales.
1 Par exemple, Service de secours catholique.
Le plan d'un des magasins �tablis par une organisation non gouvernementale1 est pr�sent� � la figure IV.1. Il comprend plusieurs cellules de stockage en vrac de 20 m3 chacune. Les cellules ont une forme cubique de 2,7 m de cot�. L'unit� de stockage est �quip�e d'une aire de r�ception des produits et d'un petit bureau de 10 m2 environ. L'ensemble des installations est recouvert d'un toit. La construction peut �tre r�alis�e en briques cuites ou en parpaings de b�ton. Les cellules ont des murs de 30 cm d'�paisseur et des cloisons de 20 cm d'�paisseur. Elles sont ferm�es par une dalle perc�e d'un trou d'homme pour le remplissage. Une barri�re pare-vapeur en bitume est int�gr�e � la dalle de fond afin d'�viter les tranferts d'humidit�. Les murs ext�rieurs et int�rieurs sont enduits de ciment additionn� d'un produit hydrofuge.
1 Catholic Relief Services.
Bien que les cellules soient conques pour un stockage en atmosph�re confin�e, il est recommand� de traiter les grains avec un insecticide avant de les emmagasiner.
L'unit� de stockage illustr�e � la figure IV.1 a une capacit� d'environ 85 tonnes. On peut ais�ment augmenter la capacit� de stockage en ajoutant des modules de deux cellules.
L'originalit� de ces centres tient surtout � leur mode de gestion. Ils fonctionnent comme des banques de c�r�ales. Le g�rant du centre contr�le la livraison de grains faite par un producteur et remet � celui-ci un bon de d�p�t ainsi qu'une somme en argent �quivalent � la valeur du grain. Muni de ce bon, le producteur peut racheter du grain � un prix major� d'un montant correspondant aux frais de stockage.
Le stockage en sacs est tr�s r�pandu dans les pays tropicaux o� le sac est l'unit� de base du commerce des grains. Les centres de stockage et les techniques de manutention et de transport sont souvent adapt�s � ce mode de conditionnement des produits.
Les magasins de stockage en sacs ne sont parfois que de simples abris qui n'offrent pas toutes les garanties de bonne conservation des produits. Ainsi, des pertes plus importantes qu'au niveau de stockage villageois peuvent se produire.
Les structures de stockage en sacs ou en vrac doivent r�pondre � un certain nombre d'exigences si l'on veut �viter des pertes ou d�gradations de grains excessives. Ces exigences peuvent se r�sumer comme suit;
- ne pas permettre l'entr�e d'eau ou d'humidit� � l'int�rieur des magasins;
- prot�ger les stocks contre les temp�ratures excessives;
- ne pas permettre l'entr�e des insectes, rongeurs et oiseaux � l'int�rieur des structures.
Le choix de l'implantation des centres de stockage doit tenir compte d'un ensemble de crit�res.
Si le centre communautaire couvre plusieurs villages, il est recommand� de le situer, dans la mesure du possible, � �gale distance de chacune des aires de production afin de ne pas privil�gier certains utilisateurs par rapport � d'autres. Le site retenu doit �tre en bordure d'un axe de communication. Dans le choix du terrain, des crit�res topographiques et g�ologiques sont � consid�rer. Les zones � haut risque d'inondation sont � �viter de m�me que les terrains argileux et mal drain�s. D'autres facteurs, tels que la proximit� du r�seau d'eau ou du r�seau �lectrique jouent un r�le important dans le choix du site. Dans tous les cas, il est important de consulter pr�alablement les services du g�nie rural.
Dans les r�gion chaudes, le rayonnement solaire est plus intense sur les fa�ades est et ouest. Il est donc pr�f�rable d'orienter les b�timents de fa�on � ce que seules les petites surfaces soient expos�es au fort rayonnement solaire.
Les dimensions des centres de stockage sont fonction de la quantit� de produit � stocker et des param�tres suivants:
- volume occup� par les denr�es stock�es en sac;
- hauteur des piles de sacs;
- individualisation des lots selon le type de denr�e;
- importance des all�es de manutention et de contr�le;
- n�cessit� de locaux annexes (bureau, local de rangement, aire de travail).
Les magasins de stockage sont en g�n�ral de forme rectangulaire, car cette forme permet une gestion des stocks plus ais�e. Les dimensions les plus courantes correspondent � une longueur du b�timent �gale approximativement � deux fois sa largeur.
Surface au sol n�cessaire pour le stockage en sacs
Pour un tonnage donn�, la surface au sol d�pend du volume sp�cifique des denr�es stock�es en sacs, de la hauteur du stockage et de la surface des all�es. Le tableau IV.1 indique les volumes sp�cifiques de certains produits:
Tableau IV. 1
Volumes sp�cifiques de diff�rents produits stock�s en sacs
|
Produit |
Volume sp�cifique |
| |
(m3 par tonne) |
|
Mil |
1,25 |
|
Haricots, pois, lentilles |
1,3 |
|
Riz usin�, bl�, caf� |
1,6 |
|
Ma�s, sorgho |
1,8 |
|
Farine de ma�s, farine de bl� |
2,1 |
200 tonnes de mais en grain stock� en sacs occupent donc un volume d'environ 360 m3. Compte tenu de ce volume, la surface au sol du centre peut �tre calcul� en fonction des param�tres retenus pour la hauteur de stockage et la configuration des all�es (voir ci-dessous).
Hauteur du stockage
La hauteur des piles d�pend de la nature des sacs utilis�s. Pour des sacs en polypropil�ne tiss�, la hauteur limite des piles doit �tre de 3 m car ces sacs ont tendance � glisser. Pour en am�liorer l'assise, on peut les disposer en pyramide. Par contre, les sacs en jute ou en sisal peuvent �tre empil�s sur une hauteur de 5 � 6 m. La hauteur des piles d�pend aussi de la nature du produit stock�. Par exemple, les piles de sacs de farine doivent �tre moins haute que celles de sacs de grains afin d'�viter des compactions au niveau des couches inf�rieures. La hauteur du stockage d�pend enfin de l'habilet� du personnel � r�aliser des piles stables. D'autre part, il faut r�server un espace libre d'un m�tre environ au dessus des piles pour permettre la libre circulation du personnel charg� d'inspecter, de traiter les lots de grains et de d�placer les sacs.
Selon l'exemple cit� pr�c�demment et compte tenu d'une hauteur de piles de 3 m, la surface au sol n�cessaire pour stocker 200 tonnes de ma�s en sacs est de 120 m2. A cette surface, il faut ajouter celles des all�es et locaux annexes.
R�partition des stocks en plusieurs lots
Le stockage en un seul lot permet d'occuper au maximum le volume disponible. Dans la pratique, cette solution est rarement applicable car les lots doivent �tre r�partis selon la nature des produits et de mani�re � faciliter les contr�les et les traitements insecticides. Les dimensions des diff�rents lots d�pendent parfois uniquement de la taille des b�ches utilis�es pour la fumigation. Il est indispensable dans tous les cas de r�server un couloir de circulation de 1 m entre les piles de sacs et les murs et de pr�voir une all�e de manutention d'une largeur de 2 � 3 m.
Exemple de calcul des dimensions d'un magasin
Les dimensions d'un centre pouvant stocker 200 tonnes de ma�s en sacs peuvent �tre estim�es de la mani�re suivante:
Le volume sp�cifique du ma�s stock� en sacs est de 1,8 m3 par tonne. Le volume total occup� par le produit est donc de 360 m3. Pour une hauteur de piles de 3 m, la surface au sol n�cessaire est de 120 m2. Cette surface n'inclue pas les all�es et locaux annexes.
Un magasin de forme rectangulaire, avec une longueur �gale au double de la largeur, aurait les dimensions suivantes correspondant aux 120 m2 n�cessaires:
- largeur: 8 m
- longueur: 15 m
La r�partition des sacs en deux lots d'�gal volume s�par�s par une all�e centrale de manutention de 3 m de large et l'am�nagement d'une all�e d'inspection de 1 m de large le long des murs n�cessitent un magasin dont les dimensions totales sont les suivantes:
- largeur: 1 m + 8 m + 1 m = 10 m
- longueur: 1 m + 7,5 m + 3 m + 7,5 m + 1 m = 20 m.
Pour des murs d'une hauteur de 4 m, le volume total du magasin est de 800 m3 (10 m x 20 m x 4 m). Les 200 tonnes de ma�s n'occupant que 360 m3, le pourcentage de volume utilis� par rapport au volume disponible n'est que de 45 pour cent. L'all�e de manutention pourrait �ventuellement �tre r�duite afin d'augmenter ce pourcentage. Cependant, des calculs similaires pour de grands centres de stockage montreraient que le pourcentage d'utilisation de ces derniers est bien sup�rieur (environ 80 pour cent) � celui des petits et moyens magasins.
Locaux annexes
Il est n�cessaire de pr�voir des annexes au b�timent, soit un bureau pour le responsable du centre et un local destin� au rangement des divers �quipements (bascule, balais, b�ches de fumigation, produits insecticides).
Les diff�rentes op�rations courantes de gestion des stocks telles que le pesage, le nettoyage, ou le conditionnement des lots d�fectueux doivent pouvoir �tre effectu�es par tous les temps. Il est donc indispensable de pr�voir une aire de travail couverte attenante au magasin.
La figure IV.2 fournit un exemple d'am�nagement des locaux annexes.
M = Magasin de stockage
R = Remise pour mat�riel
B = Bureau du g�rant
A = Aire de travail
Les fondations
Pour l'implantation du magasin, il faut �viter les terrains argileux ou remblay�s et instables, et choisir un terrain bien drain� et de bonne portance. Lors des fouilles, il faut atteindre un sol offrant une r�sistance suffisante � la pression exerc�e par la masse du b�timent. Toutes les charges de la structure se r�partissent au niveau des poteaux, support�s � la base par des semelles en b�ton arm�. Une poutrelle en b�ton arm� (longrine) relie en g�n�ral ces semelles.
La figure IV.3 donne un exemple de ce type de fondations.
Le sol du magasin
Une attention particuli�re doit �tre port�e � la r�alisation du sol des magasins. Il doit r�sister � la charge des piles de sacs et emp�cher les remont�es d'humidit�. Le sol est g�n�ralement constitu� d'une dalle de b�ton arm� pos�e sur une couche de base compacte. Cette derni�re est compos�e d'un remblai stabilis� (lit de pierres, mat�riaux concass�s, sable additionn� de ciment) recouvert d'une fine couche de b�ton de propret�. Un rideau pare-vapeur (constitu� de bitume ou d'asphalte �tendus � chaud, d'un feutre bitumeux ou d'un film plastique "polyane") est intercal� entre la dalle de b�ton arm� et la couche de base stabilis�e (voir figure IV.4). La dalle de b�ton arm� doit comporter des joints de dilatation (g�n�ralement en bitume-sable) afin d'�viter les fissurations. Elle peut recevoir une couche de finition (chappe de b�ton de quelques centim�tres) liss�e mais non glissante.
Les solutions qui consistent � pr�voir un sol sur�lev� pos� sur un remblai compact� ou sur vide sanitaire sont en g�n�ral tr�s co�teuses et rarement justifi�es.
Ossature des b�timents
L'ossature du b�timent est constitu�e de poteaux soutenant les fermes de la toiture et reli�s entre eux par un cha�nage. Elle peut �tre r�alis�e en b�ton ou �ventuellement, en �l�ments m�talliques.
Les murs peuvent �tre constitu�s de parois l�g�res ou lourdes. Les parois l�g�res, en amiante-ciment, en t�le de zinc ou d'aluminium permettent une construction rapide, mais sont assez fragiles. De plus, elles ne sont pas totalement herm�tiques et ne facilitent pas la lutte contre les d�pr�dateurs. Un autre inconv�nient de ces parois est leur faible inertie thermique. Dans les r�gions chaudes et s�ches, cette caract�ristique ne permet pas d'amortir les �carts diurnes de temp�rature et donne donc lieu � des condensations qui favorisent le d�veloppement de moisissures. Par contre, les parois lourdes en ma�onnerie offrent une bonne isolation thermique. Ces parois, en agglom�r� de ciment ou en briques, doivent �tre recouvertes d'un enduit de ciment sur les deux faces. Si leur �paisseur est inf�rieure � celle des poteaux, il est n�cessaire de pr�voir les saillies des poteaux � l'ext�rieur des b�timents. En effet, les murs int�rieurs des b�timents ne doivent pr�senter aucun d�crochement susceptible de g�ner les op�rations de manutention et de nettoyage. Les murs devront reposer sur une couche imperm�able en continuit� avec la barri�re pare-vapeur de la dalle.
IV.4 La toiture
La charpente peut �tre r�alis�e soit en bois, soit en �l�ments m�talliques. L'utilisation de pannes m�talliques permet d'�tendre les trav�es (espacement entre les fermes) de 7 � 8 m alors que les pannes en bois limitent l'espacement � 4 ou 5 m. Les charpentes en bois constituent un refuge privil�gi� pour les insectes et rendent difficile la d�sinsectisation des locaux.
Les charpentes m�talliques sont r�alis�es en fer profil�. Les fermes sont constitu�es d'un entrait et d'un arbal�trier m�talliques reli�s par un treillis de fers corni�res soud�s ou fix�s � l'aide de boutons ou de rivets. Les charpentes ne doivent pas n�cessiter la mise en place de poteaux-supports � l'int�rieur des b�timents.
Les figures IV.5 et IV.6 illustrent les deux types de charpentes.
La couverture des b�timents peut �tre r�alis�e en plaques d'amiante ciment ou en t�les d'acier galvanis� ou d'aluminium. Les plaques de fibrociment sont plus isolantes que les t�les m�talliques mais elles sont relativement fragiles et leur pose est moins ais�e que celle des t�les.
Il est n�cessaire de pr�voir un d�bordement de la toiture de 0,7 m � 1 m au niveau des pignons et d'environ 1 m en long pan. Ce d�bordement doit �tre suffisant afin d'�viter l'entr�e des eaux de pluie par les ouvertures d'a�ration. Les portes peuvent �galement �tre prot�g�es de la pluie par un auvent.
Les ouvertures
Les petits magasins de capacit� inf�rieure � 500 tonnes n'ont g�n�ralement qu'une seule porte. Deux portes seraient cependant pr�f�rables pour une meilleure gestion des stocks. De plus, celles-ci permettraient une meilleure ventilation naturelle du magasin. Les portes doivent �tre de dimensions suffisantes (au minimum 3 m de large et 2,5 m de haut) et assurer une fermeture herm�tique du magasin pour emp�cher l'entr�e des insectes et des rongeurs. Les portes � battants permettent une meilleure fermeture des magasin que les portes coulissantes. Elles doivent s'ouvrir vers l'ext�rieur afin de ne pas diminuer le volume de stockage offert par le magasin. L�s portes m�talliques sont plus r�sistantes que les portes en bois. Si celles-ci ne sont pas disponibles, il est n�cessaire de recouvrir la face ext�rieure des portes en bois d'un feuillard m�tallique pour les prot�ger de l'attaque des rongeurs.
Les a�rations basses ne sont pas conseill�es car elles sont � l'origine de nombreux probl�mes (entr�e d'eau, de rongeurs par exemple). Elles doivent de pr�f�rence se trouver au fa�t des murs pour �tre prot�g�es des pluies par les avant-toits. Ces ouvertures doivent �tre �quip�es d'un grillage anti-oiseaux et d'une moustiquaire fix�e sur un cadre amovible, l'espace entre ces deux grillages devant �tre sup�rieur � 10 cm. La figure IV.7 fournit une repr�sentation sch�matique d'une ouverture d'a�ration grillag�e.
Les finitions
Les murs doivent recevoir un enduit de ciment, et si possible une couche de peinture vinylique ou glyc�rophtalique sur la face interne et un badigeon de chaux sur la face externe. Les murs de couleur claire refl�tent le rayonnment solaire et diminuent ainsi l'accumulation de chaleur � l'int�rieur du magasin.
Il est conseill� d'arrondir la jonction entre les murs et les dalles du sol afin de faciliter le nettoyage. La r�alisation de la jonction entre les murs et le toit doit �tre r�alis�e avec beaucoup de soin afin d'assurer une parfaite �tanch�it�.
Les am�nagements ext�rieurs
Un trottoir ext�rieur, d'une largeur sup�rieure au d�bordement de la toiture, doit �tre pr�vu autour du b�timent afin que les eaux de pluie n'affouillent pas le bas des murs. Des drains doivent �galement �tre pr�vus pour l'�vacuation des eaux de pluie.
Le magasin doit �tre implant� sur un terrain suffisamment grand, prot�g� par une cl�ture. Il est n�cessaire de le relier aux voies d'acc�s principales par des chemins permettant le passage des camions ou charrettes en toutes saisons.
Il est n�cessaire d'�quiper les centres de stockage des mat�riels suivants afin de faciliter la gestion et le contr�le des stocks:
- balais- mat�riel pour le contr�le des stocks
- bascule classique de 200 kg;
- sondes pour �chantillonnage (une sonde � sac est repr�sent�e � la figure IV.8);
- tamis pour analyser les impuret�s;
- appareil de mesure de l'humidit� des grains.
- mat�riel n�cessaire au traitement insecticide
- pulv�risateur pour insecticide liquie;
- poudreuse (une poudreuse � main est repr�sent�e � la figure IV.9).
- mat�riel de manutention
- diables: le transport des sacs dans les magasins se fait g�n�ralement � dos d'homme. La t�che des manoeuvres peut �tre facilit�e par l'acquisition de petits diables (voir figure IV.10)- monte-sacs: la confection des piles de sacs est une op�ration d�licate et p�nible. La charge de travail peut �tre all�g�e par l'utilisation de petits �l�vateurs de sacs fonctionnant avec un moteur �lectrique ou thermique. La figure IV.11 illustre un monte-sac mobile �quip� d'un moteur thermique. Ces mat�riels ne requi�rent qu'une faible surface au sol. Il est conseill� d'en �quiper les petits magasins o� il serait difficile d'utiliser les �quipements standards assez volumineux.
- Mat�riels de nettoyage et de reconditionnement des produits.
Il est quelquefois n�cessaire de reconditionner une livraison de grains contenant des impuret�s avant de la stocker avec du grain de bonne qualit�. Ceci n�cessite une unit� de nettoyage et de reconditionnement des produits qui est g�n�ralement install�e sur l'aire de travail du centre. Une cha�ne de reconditionnement (repr�sent�e � la figure IV.12) doit comporter les mat�riels suivants:
- une tr�mie pour la vidange des sacs;
- une vis d'alimentation du nettoyeur;
- un nettoyeur s�parateur;
- un appareil pour le traitement insecticide en continu
- (par pulv�risation);
- un peseur ensacheur;
- une couseuse de sac.
Le fonctionnement d'une telle unit� n�cessite l'alimentation du centre de stockage en �lectricit�, soit par raccordement au r�seau �lectrique national soit par l'installation d'un groupe �lectrog�ne � l'ext�rieur du b�timent.
L'�tat g�n�ral des locaux doit �tre v�rifi� avant tout stockage. Il est indispensable de nettoyer soigneusement les diverses parties du magasin et de r�parer ou de boucher toutes les fissures. Par la suite, l'int�rieur des locaux doit �tre trait� avec un insecticide de contact.
Les abords des magasins doivent �tre entretenus (herbes coup�es, immondices �vacu�s ou br�l�es) afin de d�gager une aire parfaitement propre autour des b�timents. Ces mesures d'hygi�ne constituent un moyen de lutte pr�ventive contre les rongeurs.
Les diff�rents �quipements doivent aussi �tre v�rifi�s et, le cas �ch�ant, r�par�s. Le centre doit maintenir des stocks suffisants d'insecticides, carburants, sacs et autres mat�riels pour le cas ou ils ne sont pas disponibles r�guli�rement dans le pays.
Les sacs � stocker ne doivent pas pr�senter de ruptures. Le contenu de quelques sacs choisis au hasard devra �tre analys� afin de s'assurer que les grains sont sains pour le stockage (par exemple, ils doivent �tre suffisamment secs et ne pas �tre m�l�s � trop d'impuret�s). Dans le cas contraire, il est n�cessaire de reconditionner le stock de grains.
La mise en place des stocks se fait en fonction de la nature du produit (des produits diff�rents doivent �tre stock�s s�par�ment) et du type d'op�rations qu'il faudrait effectuer au cours du stockage. Ainsi, des all�es doivent �tre am�nag�es entre les lots afin de faciliter la manutention, le traitement et le contr�le des sacs. Le nombre de lots dans les petits centres communautaires devrait �tre aussi bas que possible afin de maximiser le volume de produit stock�. L'utilisation de crochets pour d�placer les sacs est � �viter pour ne pas d�t�riorer les emballages.
L'emploi de palettes sur lesquelles sont �difi�es les piles est n�cessaire lorsque l'�tanch�it� du sol du magasin n'est pas parfaite ou quand le centre de stockage est situ� en zone humide. Les deux exemples de palettes illustr�es � la figure IV.13 ont des dimensions r�duites (1,5 m x 2 m) qui facilitent le transport. L'emploi de palettes dans les zones s�ches n'est pas n�cessaire en g�n�ral.
Des m�thodes tr�s pr�cises de disposition des sacs sont utilis�es lors de la r�alisation des piles. L'unit� de base est en g�n�ral constitu�e de 3 ou 5 sacs, suivant la taille de ces derniers (voir figure IV.14).