Table des
mati�res - Pr�c�dente - Suivante
Pour une conservation de qualit� et de longue dur�e des produits il faut que les processus de d�gradation soient ralentis, ou m�me arr�t�s.
La d�gradation des grains pendant le stockage d�pend principalement de la combinaison de trois facteurs:
- la temp�rature,
- l'humidit�,
- la teneur en oxyg�ne.
Pendant le stockage, mais aussi pendant d'autres phases du syst�me apr�sr�colte, les effets combin�s de ces trois facteurs peuvent entra�ner des pertes parfois importantes de produit.
Temp�rature et humidit�
La temp�rature et l'humidit� contribuent de fa�on d�terminante � acc�l�rer ou � retarder les ph�nom�nes complexes de transformation biochimique (surtout la "respiration" des grains) qui sont � l'origine de la d�gradation des grains .
Elles ont en outre une influence directe sur la vitesse de d�veloppement des insectes et des micro-organismes (moisissures, levures et bact�ries), et sur la germination h�tive et intempestive des grains.
Dans le diagramme g�n�ral de conservation, con�u par Burges et Burrel, on �tablit la relation entre temp�rature et teneur en eau pour d�terminer la zone d'influence de certains ph�nom�nes de d�gradation importants, tels que: le d�veloppement d'insectes et de moisissures, et la germination des grains.
Diagramme de conservation des c�r�ales
Il est facile d'observer que plus la temp�rature est �lev�e, plus la teneur en eau des grains doit �tre faible pour que soit assur�e une bonne conservation des produits.
Vu leur influence sur la vitesse de d�veloppement des ph�nom�nes de d�gradation pr�cit�s, la temp�rature et la teneur en eau des grains conditionnent la dur�e maximale de stockage.
DUREE D'ENTREPOSAGE EN JOURS |
||||||
| HUMIDITE | TEMPERATURE |
|||||
| 5�C | 10�C | 15�C | 20�C | 25�C | 30�C | |
| 13% | 180 | 115 | 90 | |||
| 14% | 160 | 100 | 50 | 30 | ||
| 15% | 100 | 50 | 30 | 15 | ||
| 16% | 130 | 50 | 30 | 20 | 8 | |
| 17% | 65 | 35 | 22 | 12 | 5 | |
| 18% | 130 | 40 | 25 | 17 | 8 | 2 |
| 19% | 70 | 30 | 17 | 12 | 5 | 0 |
| 20% | 45 | 22 | 15 | 8 | ||
| 21% | 30 | 17 | 11 | 7 | ||
| 22% | 23 | 13 | 8 | 6 | ||
| 23% | 17 | 10 | 4 | 54 | ||
| 25% | 10 | 8 | 6 | 3 | ||
A titre d'exemple, nous avons report�, dans le tableau pr�c�dent, les dur�es d'entreposage recommand�es, en fonction de la temp�rature et de la teneur en eau des grains.
La temp�rature d�pend non seulement des conditions climatiques, mais aussi des transformations biochimiques qui se produisent � l'int�rieur d'une masse de grains, provoquant un �chauffement naturel ind�sirable des produits stock�s.
Quant � la teneur en eau des grains stockes, elle est fonction de l'humidit� relative de l'air, comme le montrent les courbes d'�quilibre air-grain.
Pour une humidit� relative de l'air inf�rieure � 65%-70%, nombre des ph�nom�nes de d�gradation des grains sont ralentis, sinon compl�tement bloqu�s.
En ce sens, la teneur en eau dite "de sauvegarde" est d�finie comme l'humidit� des grains � laquelle correspond une condition d'�quilibre avec l'air � 65%-70% d'humidit� relative.
Le tableau ci-apr�s indique la teneur en eau recommand�e pour un stockage de longue dur�e des diff�rentes sortes de grains en r�gions chaudes.
| GRAINS | HUMIDITE | GRAINS | HUMIDITE |
| Paddy | 14,0% | Tournesol | 9,0% |
| Riz | 13,0% | Bl� | 13% |
| Mais | 13,0% | Millet | 16,0% |
| Sorgho | 12,5% | Caf� | 13,0% |
| Haricot | 15,0% | Cacao | 7,0% |
| Arachide | 7,0% | Coprah | 7,0% |
Teneur en oxyg�ne
Les micro-organismes et les insectes, tout comme les grains, sont des organismes vivants qui ont besoin d'oxyg�ne.
Le stockage des grains dans des milieux pauvres en oxyg�ne provoque la mort des insectes, l'arr�t du d�veloppement des micro-organismes et le blocage, ou le ralentissement, des ph�nom�nes biochimiques de d�gradation des grains. Il favorise donc leur conservation, mais peut affecter leur pouvoir de germination.
Les principaux ennemis des grains stock�s sont les micro-organismes, les insectes et les rongeurs.
Les micro-organisme
Les micro-organismes (moisissures, levures, bact�ries) sont des agents biologiques pr�sents dans le sol qui, transport�s par l'air ou par l'eau, peuvent contaminer les produits avant, pendant et apr�s leur r�colte.
Leur pr�sence, et leur d�veloppement, entra�nent de graves alt�rations de la valeur nutritive et des caract�ristiques organoleptiques des grains (go�t, odeur, aspect).
En outre, ils sont responsables de l'alt�ration d'importances propri�t�s germinatives des semences (vigueur et pouvoir germinatif) et, dans le cas des moisissures, de l'�ventuelle formation de dangereuses substances toxiques (mycotoxines).
Les impuret�s, les grains cass�s et fissur�s, favorisent le d�veloppement de micro-organismes.
En outre, la temp�rature et l'humidit� ont une influence d�terminante sur la vitesse de d�veloppement de ces agents de d�gradation.
On a constat� que le d�veloppement de micro-organismes se produit � des temp�ratures comprises entre -8�C et +80�C lorsque l'humidit� relative de l'air est sup�rieure � 65%.
Par contre, des atmosph�res pauvres en oxyg�ne contribuent � arr�ter le d�veloppement de ces agents de d�gradation.
Les insectes
Les infestations par les insectes peuvent se produire soit sur le terrain, avant la r�colte, soit sur les lieux de stockage des produits.
Dans certains cas, ces infestations sont difficiles � d�celer � l'oeil nu, car les d�g�ts sont provoqu�s par les larves qui se d�veloppent � l'int�rieur des grains.
Les principaux insectes susceptibles d'infester les produits stock�s appartiennent aux familles suivantes:
- les col�opt�res (d�g�ts provoqu�s par les larves et les insectes adultes);
- les l�pidopt�res (d�g�ts provoqu�s seulement par les larves).
Les insectes sont responsables de pertes parfois significatives de produit.
En outre, leur activit� biologique (production de d�chets, respiration, etc.) compromet la qualit� et la valeur commerciale des grains stock�s, et favorise le d�veloppement de micro-organismes.
Les insectes peuvent vivre et se reproduire � des temp�ratures comprises entre +15�C et +35�C.
Par contre, une humidit� faible ralentit, voire m�me arr�te leur d�veloppement, et des milieux pauvres en oxyg�ne provoquent rapidement leur mort.
Les rongeurs
Les rongeurs s'installent et se multiplient � l'int�rieur ou au voisinage des lieux de stockage, car ils y trouvent leur nourriture en abondance.
Les importants d�g�ts qu'ils provoquent affectent non seulement les produits conserv�s, mais encore les emballages et m�me les structures de stockage.
Les principaux rongeurs, les plus communs, susceptibles de s'attaquer aux produits stockes, appartiennent aux esp�ces suivantes:
- rat noir, dit aussi "rat de grenier" (Rattus rattus),
- surmulot ou rat gris, dit aussi "rat d'�gout" (Rattus norvegicus),
- souris (Mus musculus).
L'action prolong�e de ces ravageurs se traduit in�vitablement par de graves pertes quantitatives de produits stock�s.
Il faut ajouter � ces pertes celles qui d�coulent de la diminution de qualit� des denr�es, caus�e par les souillures (d�jections, s�cr�tions) abandonn�es par les rongeurs dans les produits stock�s.
Cette contamination est importante tant sur le plan commercial que sur celui de l'hygi�ne et de la sant�.
En effet, les rongeurs sont souvent les vecteurs de graves maladies (rage, leptospirose, etc.).
Les m�thodes de stockage sont essentiellement au nombre de deux: le stockage en sacs et le stockage en vrac.
Le premier s'effectue � l'air libre ou dans des magasins, le second dans des cellules ou des silos de capacit� plus ou moins importante.
Le choix de l'une ou de l'autre de ces m�thodes, et le degr� de sophistication technologique des structures de stockage, d�pendent de multiples consid�rations d'ordre technique, �conomique et socioculturel. iL ne faut pas non plus oublier tous les syst�mes de stockage traditionnels employ�s par les petits producteurs; utilisant des techniques de construction artisanales et des mat�riaux locaux, ce sont eux qui pr�valent dans les communaut�s rurales de nombreux pays en voie de d�veloppement.
Les produits � stocker peuvent pr�senter des caract�ristiques qui ne permettent pas un entreposage imm�diat. Un degr� d'humidit� excessif, la pr�sence d'insectes et d'impuret�s, peuvent en effet compromettre une conservation de qualit� et de longue dur�e des produits.
Si l'on veut assurer une bonne gestion technique et commerciale, il est important de v�rifier p�riodiquement la quantit� et la qualit� des produits stock�s. Avant les op�rations de stockage proprement dites, on doit soumettre les produits � des contr�les appropri�s, pour en v�rifier le poids, le taux d'impuret�s et l'humidit�.
En cours de stockage, il faut contr�ler l'�tat de conservation des produits. Dans ce but, on mesurera p�riodiquement, outre l'humidit� et le degr� d'infestation par les insectes, la temp�rature des grains.
Les op�rations de pesage s'effectuent � l'arriv�e des produits aux centres de stockage.
Selon les conditions de livraison (produits livr�s en sacs ou en vrac, syst�me de transport, etc.), on peut proc�der au pesage � l'aide de simples bascules m�caniques ou de ponts-bascules.
Bascules m�canique
Dans les centres de stockage relativement petits, et lorsque les produits sont livr�s en sacs, le pesage est effectu� � l'aide de simples bascules m�caniques.
Ces bascules, d'une port�e de 200 kg, permettent de peser plusieurs sacs de grains en m�me temps.
Un centre de stockage doit �tre �quip� d'un nombre de bascules suffisant pour permettre, � tout moment de l'ann�e, un afflux normal des produits au magasin.
Dans certains cas, quand on veut r�duire les temps de r�ception et si les sacs, � l'entr�e au magasin, sont d'un poids brut standard, on peut effectuer des pesages partiels des lots. On obtient alors le poids total en multipliant le nombre de sacs par le poids moyen des sacs effectivement pes�s.
Ponts-bascules
Les ponts-bascules permettent de peser les lots par des pes�es diff�rentielles des v�hicules � l'entr�e et � la sortie des centres de stockage.
Vu leur co�t �lev� et leur grande capacit� de port�e, ces syst�mes de pesage ne pr�sentent d'int�r�t que dans les centres de stockage importants, o� les produits sont livr�s (en sacs ou en vrac) sur des v�hicules.
L'emploi de ponts-bascules n�cessite de petits ouvrages d'infrastructure. Il faut en particulier creuser et am�nager une fosse qui puisse accueillir les m�canismes du pont-bascule.
La profondeur de cette fosse est g�n�ralement de 1,60 m; certains mod�les sp�ciaux de ponts-bascules peuvent �tre install�s dans des fosses de 90 cm de profondeur seulement.
Certains constructeurs ont aussi pr�vu une installation � ciel ouvert, sans fosse. Dans ce cas, le pont-bascule �tant sur�lev� par rapport au terrain, il faut construire des rampes d'acc�s pour permettre la mont�e et la descente des v�hicules.
Rappelons enfin que la charge utile indiqu�e par les constructeurs se rapporte au poids maximum que peut supporter le pont-bascule. Ce poids comprend donc � la fois le poids du v�hicule de transport et le poids du chargement.
A l'arriv�e aux centres de stockage et pendant l'entreposage, il est important de v�rifier la qualit� et l'�tat de conservation des produits.
Il est pratiquement impossible d'analyser la totalit� des lots. On proc�de alors au pr�l�vement d'un �chantillon repr�sentatif de la masse de produit, pour effectuer ensuite sur celui-ci les analyses appropri�es.
Pour obtenir un �chantillon repr�sentatif, il faut pr�lever plusieurs �chantillons �l�mentaires: ceux-ci, une fois recueillis et m�lang�s dans un r�cipient propre, forment l'�chantillon global sur lequel on effectue les contr�les n�cessaires.
Si l'�chantillon global obtenu est quantitativement trop important, on doit adopter des techniques de division de fa�on � obtenir un �chantillon plus petit, mais toujours repr�sentatif.
Les modes de pr�l�vement des �chantillons sont diff�rents, selon qu'il s'agit de produits livr�s ou stock�s en sacs ou en vrac.
Echantillonnage de grains livr�s en sacs
Pour un lot de grains donn�, le nombre de sacs sur lesquels on doit effectuer les pr�l�vements d�pend du nombre total de sacs, comme l'indique le tableau suivant:
| COMPOSITION DU LOT | SACS ECHANTILLONNES |
| 1 � 10 sacs | Tous |
| 10 � 100 sacs | 10 sacs choisis au hasard |
| Plus de 100 sacs | Un nombre �quivalent a la racine carr�e du nombre total de sacs |
Une fois les sacs s�lectionn�s, on peut proc�der de deux fa�ons pour composer l'�chantillon global: par sondage ou par vidage des sacs.
Echantillonage par sondage
On pr�l�ve directement les �chantillons �l�mentaires en introduisant dans les sacs s�lectionn�s des sondes creuses (sondes a sacs, cannes sondes, etc.).
Les pr�l�vements doivent �tre d'environ 50 g par sac de 100 kg et, de toute fa�on, suffisants pour composer un �chantillon global d'au moins 500 g; une fois pr�lev�s, les �chantillons �l�mentaires doivent �tre soigneusement m�lang�s.
Echantillonage par vidage des sacs
Le contenu de chaque sac est brass� et �tal� en couche mince de 10 cm d'�paisseur sur une surface propre; on pr�l�ve dans chaque couche de grains un �chantillon �l�mentaire de I kg environ; les diff�rents �chantillons �l�mentaires sont ensuite soigneusement m�lang�s pour obtenir l'�chantillon global.
Echantillonnage de grains livr�s en vrac
On peut obtenir l'�chantillonnage de grains livr�s en vrac en effectuant des pr�l�vements d'�chantillons �l�mentaires soit sur produit � l'arr�t (par exemple sur un camion ou une remorque), soit sur produit en mouvement (par exemple, pendant les op�rations de remplissage d'un silo).
Echantillonnage sur produit � l'arr�t
On obtient l'�chantillonnage sur produit � l'arr�t en effectuant plusieurs pr�l�vements � l'int�rieur de la masse de grains et en m�langeant les �chantillons �l�mentaires obtenus.
Dans la mesure du possible, le pr�l�vement d'�chantillons doit concerner toute l'�paisseur de la couche de grains.
Il faut pr�f�rer les pr�l�vements effectu�s en profondeur, � l'aide de sondes sp�ciales, � ceux que l'on effectue en surface, au moyen de puisettes ou autres petits r�cipients.
Les points o� effectuer les pr�l�vements et leur nombre d�pendent de la quantit� totale de grains, comme l'indique la suite de sch�mas suivants.
Pour des lots particuli�rement h�t�rog�nes, il est recommand� d'effectuer les pr�l�vements toutes les 5 tonnes de produit, avec un minimum de 10 pr�l�vements.
Echantillonage sur produit en mouvement
Plus fiable et plus pr�cise que la technique d'�chantillonnage sur produit � l'arr�t, cette technique consiste � effectuer un ou plusieurs pr�l�vements instantan�s sur la masse de grains en mouvement.
On peut effectuer les pr�l�vements normalement, � l'aide de simples outils (puisettes, pelles, etc.) ou bien au moyen de pr�leveurs automatiques situ�s dans les conduits o� circulent les grains.
R�duction de l'�chantillon
Si l'�chantillon global obtenu est quantitativement trop important, il faut adopter des m�thodes permettant d'obtenir des �chantillons plus petits, mais toujours repr�sentatifs.
L'une des m�thodes les plus simples, bien que peu pr�cise, est celle que l'on appelle la m�thode "du c�ne".
Elle permet d'obtenir des �chantillons plus petits, par division en deux ou en quatre parties �gales de l'�chantillon global brass� et mis en tas sur une surface propre.
On peut aussi obtenir la r�duction de l'�chantillon � l'aide d'appareils sp�ciaux tels que l'�chantillonneur-diviseur conique, �galement appel� "diviseur Boerner", et le diviseur � rifles, plus souvent employ� pour les semences.
Les impuret�s n'ont pas seulement une influence n�gative sur le stockage des produits; elles concourent � d�finir la qualit� m�me de ces produits.
Il est donc important de d�terminer le taux d'impuret�s d'un lot de grains, avant de proc�der � son stockage, ou lors des transactions commerciales.
On consid�re g�n�ralement comme des impuret�s:
- les d�bris v�g�taux (pailles, feuilles),
- les �l�ments min�raux (terre, graviers),
- les �l�ments divers (particules m�talliques, morceaux de ficelle),
- les graines �trang�res,
- les grains immatures,
- les grains germ�s,
- les grains bris�s,
- les grains endommag�s (par insectes, rongeurs),
- les grains avari�s, moisis ou de coloration anormale.
On d�termine le taux d'impuret�s sur des �chantillons de poids relativement modeste (quelques centaines de grammes).
En pratique, on proc�de en s�parant les grains sains des impuret�s par tri visuel et tamisage. Ensuite, on classe et on p�se les impuret�s au moyen d'une balance.
Le rapport, exprim� en pourcentage, entre le poids des impuret�s et le poids de l'�chantillon fournit le taux d'impuret�s du lot de grains analys�.
La d�termination de la teneur en eau des grains est une op�ration d'une importance particuli�re dans toutes les phases du syst�me apr�s-r�colte.
Avant la r�colte, par exemple, elle permet d'appr�cier l'�tat de maturit� des grains. Apr�s le battage, elle sert � d�cider des modes et des temps de s�chage. Avant la transformation des produits, elle indique si les grains sont en �tat d'�tre trait�s.
Lors de la commercialisation, elle permet de conna�tre la quantit� de mati�re s�che que l'on ach�te, et d'�tablir ainsi le juste prix de vente (l'eau n'a pas la m�me valeur commerciale que les grains).
Avant et pendant le stockage, elle aide � d�cider des conditions d'entreposage et � appr�cier l'�tat de conservation des grains.
M�thod empiriques
Dans les campagnes, les paysans ont l'habitude d'�valuer de fa�on approximative la teneur en eau des grains par des m�thodes empiriques.
Ces m�thodes, bas�es sur l'exp�rience de chacun, ne donnent pas une v�ritable mesure objective, mais une estimation du degr� d'humidit�, par la perception subjective et sensorielle (tactile, visuelle, olfactive) de certaines caract�ristiques des grains.
Ainsi certains paysans ont l'habitude de croquer les grains, ou de les �rafler avec l'ongle du pouce, ou de les �craser entre les doigts, pour en �valuer la duret� et la consistance, et en estimer ainsi la teneur en eau.
D'autres se fient � l'odeur, plus ou moins agr�able, qui se d�gage d'une poign�e de grains; d'autres encore se basent sur le tintement, plus ou moins sourd, produit par quelques grains secou�s dans une boite m�tallique.
Certains �valuent la fluidit� des grains en essayant de plonger le bras, la main ouverte, dans une masse de grains relativement importante (dans un sac ou dans une couche �paisse de grains en vrac).
De toutes les m�thodes empiriques, la moins approximative est peut-�tre celle du test du sel. Elle consiste � m�langer dans un r�cipient en verre un �chantillon de grains avec du sel de cuisine ordinaire, bien sec.
Apr�s avoir secou� plusieurs fois le r�cipient, on examine si le sel a adh�r� ou non aux parois.
Si le sel adh�re aux parois, cela signifie que la teneur en eau de l'�chantillon de grains est sup�rieure � 15% environ.
Bien qu'elles soient largement r�pandues en milieu paysan, il est souhaitable que ces m�thodes empiriques soient progressivement remplac�es par l'utilisation d'instruments permettant une mesure r�elle de la teneur en eau des grains.
L'emploi de ces m�thodes empiriques dans les centres de stockage ou lors de transactions commerciales est � d�conseiller formellement.
Actuellement, les m�thodes qui recourent � l'emploi d'instruments de mesure appropri�s peuvent se diviser en deux cat�gories: les m�thodes de mesure directe et les m�thodes de mesure indirecte.
M�thodes de mesure directe
L'�chantillon � mesurer est pes� sur une balance de pr�cision, puis s�ch� dans une �tuve, et pes� � nouveau.
La diff�rence de poids avant et apr�s le s�chage exprime la valeur de la quantit� d'eau contenue dans l'�chantillon.
Le degr� de sophistication technologique des instruments et la complexit� des mesures n�cessitent l'intervention d'un personnel qualifi�.
On peut citer, parmi les instruments de mesure qui mettent en oeuvre le principe de la d�shydratation du produit:
- l'�tuve lente,
- l'�tuve rapide CHOPIN,
- la lampe infrarouge.
Aussi pr�cis que complexes, ces instruments sont mieux adapt�s aux besoins de laboratoires sp�cialis�s, charg�s de l'�talonnage d'autres appareils de mesure indirecte (par exemple des humidim�tres) ou de la d�termination de la teneur en eau dans d'importants organismes stockeurs ou dans le cadre de transactions commerciales.
M�thodes de mesure indirecte
Ces m�thodes permettent de d�terminer la teneur en eau par la mesure de grandeurs ou de caract�ristiques �lectriques lices � l'humidit� des grains.
On peut citer, parmi les instruments de mesures qui utilisent ce principe:
- les humidim�tres mesurant la r�sistivit� �lectrique des grains,
- les humidim�tres mesurant la constante di�lectrique des grains.
Les humidim�tres sont des appareils �lectriques au moyen desquels on lit directement et imm�diatement, sur un cadran, la valeur de la teneur en eau d'un �chantillon de grains.
Les humidim�tres mesurant la r�sistivit� �lectrique des grains sont des instruments portatifs relativement peu pr�cis mais extr�mement pratiques et peu chers.
Quant aux humidim�tres mesurant la constante dielectrique des grains, plus chers et plus complexes, ils sont g�n�ralement utilis�s dans les grands centres de stockage et pour les transactions commerciales.
Le contr�le de la temp�rature est une op�ration indispensable pour v�rifier l'�tat de conservation des produits stock�s.
En effet, une �l�vation anormale de la temp�rature des grains peut �tre le signe d'un d�but de d�gradation du stock.
Il faut donc effectuer r�guli�rement des contr�les pour �viter des pertes consid�rables de produit.
De plus, les masses de grains �tant peu homog�nes, il est n�cessaire de faire des relev�s en des points diff�rents de la masse stock�e.
Voyons tout d'abord les caract�ristiques requises pour des appareils de mesure efficaces, et quels sont ensuite les diff�rents types d'appareils existants.
Etant donn� l'h�t�rog�n�it� des grains dans la masse stock�e, les appareils de mesure ne doivent pas n�cessairement �tre d'une grande pr�cision, et des �carts atteignant le degr� centigrade sont n�gligeables.
Par contre, ils doivent �tre tr�s sensibles, afin de d�celer le plus rapidement possible le moindre �cart de temp�rature anormal.
Leur lecture doit �tre simple et ne demander que peu de manipulations.
Enfin, pour r�sister aux chocs encourus lors de manipulations r�p�t�es, ces appareils doivent avoir une structure solide et une robustesse � toute �preuve.
Il en existe plusieurs types, dont les principes de fonctionnement et le mode d'utilisation diff�rent.
Ces appareils sont indispensables pour des installations de stockage en vrac, mais peuvent aussi �tre utiles pour le contr�le de produits stock�s en sacs.
Outre les appareils, plus ou moins sophistiqu�s, d�crits ci-dessous, il existe des thermom�tres � lecture digitale, d'une utilisation facile et d'un co�t relativement modeste.
Thermom�tres � liquide
Ils fonctionnent sur le principe de la dilatation d'un liquide (mercure ou alcool), sous l'influence de la temp�rature.
On peut les placer � l'int�rieur de sondes m�talliques que l'on plonge � l'int�rieur des sacs ou dans la masse de grains.
Il s'agit d'un syst�me relativement peu co�teux, utilisable pour le stockage en sacs comme en vrac; son inconv�nient reste cependant le peu de pr�cision de la mesure effectu�e, d� au d�placement du thermom�tre du point de mesure ou point de lecture.
Thermom�tres � r�sistance
Le principe de fonctionnement de ces thermom�tres se base sur la mesure du courant �lectrique qui traverse un filament en platine, cuivre, acier ou nickel, dont la r�sistance varie en fonction de la temp�rature.
Ce dernier, plac� dans une longue gaine pendue au plafond de la cellule, se trouve plong� dans la masse de grains.
L'avantage dans l'emploi de ces thermom�tres est de pouvoir effectuer une seule lecture de la temp�rature globale des produits stock�s, alors qu'avec les thermom�tres � liquide il est n�cessaire de r�p�ter les op�rations de mesure en plusieurs points de la masse de grains.
Sondes � thermistances ou a thermococuples
Il s'agit de sondes �quip�es de capteurs ou points sensibles
(thermistances ou thermocouples), qui se comportent comme des thermom�tres �lectriques avec lecture � distance.
Introduites dans les grains apr�s remplissage des cellules, ces sondes sont reli�es �lectriquement, avec du c�ble t�l�phonique, aux appareils de lecture individuelle (bo�tiers de lecture portatif) ou centralis�e (tableaux de contr�le).
Sondes et leurs positions dans un silo
A cause de l'h�t�rog�n�it� de la temp�rature dans les grains, il est n�cessaire de distribuer de fa�on ad�quate les capteurs dans la masse de produits stock�s.
En g�n�ral il est recommand� de positionner:
- 1 capteur tous les 3-4 m�tres, dans le sens de la hauteur;
- 1 capteur tous les 5-6 m�tres, dans le sens de la largeur.