Table des
mati�res - Pr�c�dente - Suivante
L'op�ration de battage ou d'�grenage consiste � s�parer les grains, ou les gousses dans le cas de l'arachide, de la portion de plante qui les porte.
Cette s�paration, effectu�e manuellement ou � l'aide d'une machine, est obtenue par battage, par frottement ou par secouage des produits; elle est plus ou moins difficile, selon les vari�t�s cultiv�es, la teneur en eau et le degr� de maturit� des grains.
Les op�rations de battage ou d'�grenage suivent la r�colte et, �ventuellement, le pr�-s�chage des produits.
Ces op�rations s'effectuent g�n�ralement sur le champ ou � la ferme, � la main, avec l'aide d'animaux ou au moyen de syst�mes m�canis�s.
Selon l'influence des facteurs agronomiques, �conomiques et sociaux, on proc�de au battage ou � l'�grenage de diff�rentes fa�ons:
- battage ou �grenage � la main, et � l'aide d'un simple outillage;
- battage � l'aide d'animaux ou de v�hicules;
- battage ou �grenage m�caniques, � l'aide de simples machines actionn�es manuellement;
- battage ou �grenage m�caniques, � l'aide de machines motoris�es.
Comme nous l'avons d�j� indiqu�, les op�rations de r�colte et de battage ou d'�grenage peuvent aussi �tre effectu�es simultan�ment, � l'aide de moissonneuses-batteuses ou de cueilleurs-�greneurs.
Quel que soit le syst�me adopt�, il est tr�s important que les op�rations de battage ou d'�grenage soient men�es avec soin. Sinon, ces op�rations peuvent causer la brisure des grains ou des enveloppes protectrices, ce qui entralne un abaissement de la qualit� du produit et favorise des pertes ult�rieures, par l'action d'insectes et de moisissures.
Le transport du produit des lieux de r�colte aux lieux de battage ou d'�grenage doit �tre, de m�me, effectu� avec un soin particulier, car il peut occasionner des pertes importantes.
Battage � la main
L'un des syst�mes de battage du riz les plus simples consiste � prendre la gerbe de riz � la main et � frapper les panicules contre une surface dure .
Une autre m�thode de battage du riz fr�quemment employ�e consiste � fouler aux pieds les panicules.
Le battage du riz, mais aussi du sorgho, du haricot et de l'arachide, peut �tre effectu� en frappant les gerbes dispos�es sur une aire de battage, � l'aide d'un fl�au ou d'un b�ton.
Les aires de battage sur lesquelles on dispose les gerbes pour le battage doivent pr�senter un sol dur et propre.
On calcule qu'en adoptant l'une de ces m�thodes de battage � la main, un ouvrier peut obtenir de 15 � 40 kilogrammes de produit par heure.
Egrange � la main
Pour le mais, le syst�me d'�grenage traditionnel le plus simple consiste � exercer une pression des pouces sur les grains de fa�on � provoquer leur d�tachement des �pis.
Une autre m�thode d'�grenage tout aussi simple et r�pandue consiste � frotter deux �pis de mais l'un contre l'autre.
L'adoption de ces m�thodes demande cependant une main-d'oeuvre abondante. On calcule qu'un ouvrier ne peut �grener � la main que quelques kilogrammes de mais par heure.
Dans le cas du mais, mais aussi du tournesol, les op�rations d'�grenage peuvent s'effectuer avec une plus grande efficacit� en frappant avec un b�ton un sac rempli d'�pis ou de capitules.
On peut aussi �grener le ma�s et le tournesol en frottant les �pis ou les capitules sur une surface rugueuse.
Pour l'�grenage � la main du mais, on utilise parfois de petits outils, souvent fabriqu�s par des artisans locaux.
On calcule qu'� l'aide de ces outils, un ouvrier peut arriver � i �grener de 8 � 15 kg de mais par I heure.
Battage � l'aide d'animaux ou de v�hicules
Si l'on dispose d'animaux de trait et que les quantit�s de riz sont importantes, le battage peut consister � faire marcher les animaux (attel�s, le cas �ch�ant, � des dispositifs de battage) sur une couche de gerbes d'environ 30 cm.
Il faut signaler que cette m�thode de battage du riz est adopt�e dans certains pays d'Asie, qui utilisent le tracteur comme engin m�canique motoris�.
Cette m�thode est semblable � celle mise en oeuvre pour le battage � l'aide d'animaux, � cette diff�rence pr�s que l'on utilise un tracteur � la place d'animaux de trait.
On obtient le paddy en faisant passer deux fois le tracteur sur les gerbes de riz dispos�es en couches sur une aire de battage circulaire de 15-18 m de diam�tre. Entre les deux passages du tracteur, il faut retourner les gerbes.
Si les op�rations s'effectuent en alternance sur deux aires de battage contigu�s, on peut obtenir des rendements de l'ordre de 640 kg/h.
Battage a l 'aide de machines actionn�es mannuellement
Pour am�liorer les rendements et les conditions de travail durant le battages on emploie souvent des machines actionn�es par un dispositif m�canique manuel ou � p�dale.
En agissant sur la manivelle ou la p�dale, on fait tourner un gros tambour sur lequel sont fix�s des boucles m�talliques ou des dents.
En tenant les gerbes � la main et en appuyant les panicules contre le tambour en rotation, on obtient le battage du riz.
Il faut maintenir la vitesse de rotation du tambour-batteur aux environs de 300 tours par minute (tr/mn).
Les gerbes tenues � la main doivent �tre de m�me longueur, les panicules �tant toutes dispos�es dans le m�me sens, les grains bien m�rs et secs.
Il faut alimenter la machine de fa�on continue et r�guli�re, sans introduire des quantit�s excessives de produit.
Lorsque le paddy obtenu contient une quantit� trop �lev�e de panicules non battues et de r�sidus v�g�taux, il faut effectuer un compl�ment de battage suivi d'un nettoyage efficace du produit.
Le battage � l'aide de ces batteuses peut n�cessiter l'intervention de deux ou trois op�rateurs.
Les rendements, bien qu'ils soient fonction du type de machine, de l'habilet� des op�rateurs et de l'organisation du travail, peuvent �tre estim�s � 100 kg/h maximum.
Egrenage du ma�s a l'aide de machines action�es manuellement
Les �greneuses manuelles, relativement r�pandues et quelquefois construites par des artisans locaux, permettent un �grenage plus facile et plus rapide des �pis de mais.
Il en existe de plusieurs mod�les, et certaines sont �quip�es pour recevoir un moteur; elles sont g�n�ralement actionn�es par une manivelle ou un dispositif � p�dale.
Les op�rations d'�grenage � l'aide d'�greneuses manuelles ne n�cessitent en g�n�ral qu'un seul op�rateur.
Avec des rendements qui varient de 14 � 100 kg/h, elles sont bien adapt�es aux exigences d'une production � petite �chelle.
Battage ou �grenage � l'aide de machines motoris�es
Dans la description des op�rations de battage ou d'�grenage � l'aide de machines motoris�es, on se r�f�re principalement aux batteuses � moteur.
M�me si elles sont peu � peu remplac�es par les moissonneuses-batteuses, ces machines occupent encore une place importante dans le cadre des processus productifs d'apr�s-r�colte, surtout gr�ce � leur polyvalence.
En effet, la simple substitution de quelques accessoires et des r�glages appropri�s permettent souvent � ces machines de traiter diff�rentes cat�gories de grains (par exemple: riz, mais, sorgho, haricot, tournesol, bl�, soja, etc.). dispositifs de secouage des pailles, de nettoyage et de mise en sacs des grains.
Entra�n�es par un moteur ou par la prise de force d'un tracteur, ces batteuses sont souvent mont�es sur roues � pneumatiques, de fa�on � pouvoir facilement �tre transport�es au champ.
Le battage � l'aide de batteuses � moteur peut n�cessiter l'intervention de deux ou trois op�rateurs.
Les rendements d�pendent du type de machine, de la nature des grains et de leur degr� de maturit�, de l'habilet� des op�rateurs et de l'organisation du travail, et peuvent varier de 100 � 5.000 kg/h.
A titre purement indicatif, nous reportons dans le tableau suivant les principales caract�ristiques techniques de la batteuse � moteur polyvalente BAMBA (Bourgoin-France)
| CARACTERISTIQUES | GRAINS |
|||
| MAIS | RIZ | SORGHO | HARICOT | |
| Vitesse batteur (tr/mn) | 800 | 800 | 1.200 | 600 |
| Rendements (kg/h) | de 1.500 | de 450 | de 450 | de 450 |
| � 2.000 | � 600 | � 600 | � 600 | |
Apr�s le battage, les grains pr�sentent dans la plupart des cas une teneur en eau sup�rieure � celle n�cessaire pour une bonne conservation (13-14%).
Par "s�chage", on entend la phase du syst�me apr�s-r�colte au cours de laquelle le produit est rapidement d�shydrat� jusqu'� une humidit� dite de "sauvegarde".
Cette dessiccation a pour but de r�duire suffisamment la teneur en eau des grains pour garantir des conditions favorables de stockage ou de transformation ult�rieure du produit.
Le s�chage permet de r�duire les pertes dues � des ph�nom�nes se produisant lors du stockage des produits, � savoir:
- germination h�tive et intempestive des grains;
- d�veloppement de moisissures;
- prolif�ration d'insectes.
La teneur en eau d'un produit est une valeur num�rique exprim�e en pourcentage.
Cette valeur est d�termin�e par le rapport entre le poids de l'eau contenue dans un �chantillon donn� de grains et le poids total de cet �chantillon:
H%=
o�: H% est la teneur en eau de l'�chantillon (en %);
Peau est le poids de l'eau de l'�chantillon (en kg);
PMS est le poids de mati�re s�che de l'�chantillon (en kg).
Par cons�quent, dire que du paddy est � 25% d'humidit� signifie que dans un �chantillon de 100 g de produit brut il y a 25g d'eau et 75g de mati�re s�che.
Les grains sont "hygroscopiques", c'est-�-dire qu'ils peuvent c�der de l'eau � l'air ambiant, ou en absorber, sous forme de vapeur.
A une temp�rature donn�e, l'air ne peut cependant pas absorber des quantit�s illimit�es de vapeur d'eau.
On dit que l'air est "satur�" quand, ne pouvant plus absorber de vapeur d'eau � une temp�rature donn�e, il a une humidit� relative de 100%.
L'humidit� relative de l'air, exprim�e en pourcentage, est d�finie comme le rapport entre le poids de vapeur d'eau contenue dans 1 kg d'air et le poids de vapeur d'eau contenu dans 1 kg d'air satur�, � une temp�rature donn�e:
H.R.%=
o�: H.R.% est l'humidit� relative de l'air (en %);
Le tableau suivant indique les poids maxima de vapeur d'eau contenue dans 1 kg d'air.
| Temp�rature de l'air | 0�C | 10�C | 20�C | 30�C | 40�C |
| Poids maximum vapeur d'eau (en g) | 3,9 | 7,9 | 15,2 | 28,1 | 50,6 |
| Temp�rature de l'air | 50�C | 60�C | 70�C | 80�C | 90�C |
| Poids maximum vapeur d'eau (en g) | 99,5 | 158,5 | 289,7 | 580,0 | 1.559 |
De l'air contenant une quantit� donn�e de vapeur d'eau tend � se saturer s'il est refroidi.
En revanche, si l'on veut augmenter le "pouvoir s�chant" de cet air (c'est-�-dire sa capacit� d'absorber davantage de vapeur d'eau), il faut le chauffer.
Par exemple, de l'air contenant 15,2 g de vapeur d'eau par kilogramme a une humidit� relative de:
- H.R.% = 15,2 /15,2 x 100 = 100% � 20�C;
- H.R.: = 15,2/28,1 x 100 = 54% � 30 C;
- H.R.% = 15,2/89,5 x 100 = 17% � 50�C;
Pour une certaine cat�gorie de produits et pour une temp�rature donn�e, la condition d'�quilibre dans l'�change de vapeur d'eau entre les grains et l'air est repr�sent�e par la courbe dite "courbe d'�quilibre hygroscopique".
Cette courbe indique, � une temp�rature donn�e, les conditions d'�quilibre entre la teneur en eau des grains (HI) et l'humidit� relative de l'air (H.R.%).
Le graphique suivant donne les courbes d'�quilibre air-mais � trois temp�ratures (15�C, 20�C et 35�C).
Comme on peut ais�ment l'observer:
A) � 20�C, pour une humidit� relative de l'air de 70%, la condition d'�quilibre est atteinte lorsque la teneur en eau des grains de mais est de 14% (point A);
B) ventil�s par de l'air � 55% d'humidit� relative, les grains de mais perdent de l'humidit�, et atteignent la condition d'�quilibre lorsque leur teneur en eau est de 12% (point B);
C) ventil�s par de l'air � 80% d'humidit� relative, les grains de mais se r�humidifient, et atteignent la condition d'�quilibre lorsque leur teneur en eau est de 16% (point C).
On peut donc obtenir le s�chage des produits en faisant circuler de l'air plus ou moins chaud dans une masse de grains.
Dans son mouvement, l'air c�de de la chaleur aux grains, en absorbant l'humidit� des couches les plus superficielles.
Sch�ma des �changes d'humidit� entre air et grains
Du point de vue physique, l'�change de chaleur et d'humidit� entre l'air et le produit � s�cher se traduit par les ph�nom�nes suivants:
- r�chauffement des grains, accompagn� par un refroidissement de l'air de s�chage.
- r�duction de la teneur en eau des grains, accompagn�e par une augmentation de l'humidit� relative de l'air de s�chage. Mais ce processus n'a pas lieu de fa�on uniforme.
L'eau pr�sente dans les couches superficielles des grains s'�vapore en effet beaucoup plus facilement et plus rapidement que celle des couches internes.
Il est donc beaucoup plus difficile d'abaisser la teneur en eau d'un produit de 25% � 15% que de 35% � 25%.
On aurait tort de penser que l'on peut surmonter cette difficult� en proc�dant � un s�chage rapide � temp�rature �lev�e.
En effet, de telles conditions de s�chage engendrent des tensions internes, produisant de petites fissures qui peuvent aboutir � une rupture des grains pendant les traitements ult�rieurs.
Pour le s�chage des grains, les m�thodes employ�es sont, en substance, au nombre de deux:
- le s�chage naturel,
- le s�chage artificiel.
Elles pr�sentent l'une et l'autre des avantages et des inconv�nients, et il n'existe aucune m�thode id�ale permettant de satisfaire tous les besoins.
La m�thode de s�chage naturel, � laquelle se rapportent �galement les techniques illustr�es dans le chapitre consacr� aux op�rations de pr�s�chage, consiste essentiellement � exposer � l'air (au soleil ou � l'ombre) les produits battus.
Pour obtenir la teneur en eau souhait�e, on r�pand les grains en minces couches sur une aire de s�chage, o� ils sont expos�s � l'air (au soleil ou � l'ombre) pendant un maximum de 10-15 jours.
Pour favoriser un s�chage uniforme, il faut remuer fr�quemment les grains, surtout s'ils sont expos�s directement aux rayons du soleil.
En outre, pour que le s�chage soit efficace, l'humidit� relative de l'air ambiant ne doit pas d�passer 70%.
A cet �gard, il faut �viter l'exposition nocturne des grains.
En effet, le froid de la nuit, en entra�nant une augmentation de l'humidit� relative de l'air, favorise la r�humidification des grains.
Pour les m�mes raisons, cette m�thode est d�conseill�e en r�gion humide, ou pendant la saison des pluies.
Rappelons qu'un s�chage insuffisant ou excessivement lent peut, lors du stockage, entra�ner d'importances pertes de produit par �chauffement des grains.
Enfin, l'exposition prolong�e des grains aux agents atmosph�riques et donc � l'action de ravageurs (insectes, rongeurs, oiseaux) et de microorganismes (moisissures), peut aussi causer des pertes de produit.
Malgr� ces inconv�nients, il est avantageux de proc�der au s�chage naturel dans les contextes suivants:
- lorsque les conditions atmosph�riques sont favorables � une r�duction de la teneur en eau dans un laps de temps raisonnablement court;
- lorsque les quantit�s de grains � s�cher sont modestes;
- lorsque l'organisation de la production et les conditions socio�conomiques ne justifient pas les d�penses relatives � l'achat d'une installation de s�chage artificiel.
L'introduction de vari�t�s culturales � rendement �lev� et la m�canisation progressive de l'agriculture permettent d�sormais de r�colter en peu de temps de grosses quantit�s de grains � forte
Dans les zones tropicales et subtropicales humides, compte tenu des conditions climatiques d�favorables au moment de la r�colte, il est souvent difficile de sauvegarder la qualit� des produits.
Pour satisfaire au besoin d'augmenter les productions agricoles, il est donc n�cessaire de faire s�cher les produits dans des d�lais relativement brefs, et quelles que soient les conditions ambiantes. Par cons�quent, on doit recourir au s�chage artificiel des produits.
Cette m�thode consiste essentiellement � soumettre les grains � une ventilation forc�e d'air plus ou moins chauff�.
Elle n�cessite l'emploi d'appareils sp�ciaux appel�s "s�choirs".
S�chage artificiel et s�choirs
Du point de vue de la construction, les �l�ments essentiels d'un s�choir sont:
- le corps du s�choir, qui contient les grains � s�cher;
- le g�n�rateur d'air chaud, qui permet de r�chauffer l'air de s�chage;
- le ventilateur, qui permet la circulation de l'air de s�chage dans la masse de grains.
Pour le s�chage artificiel des grains, on utilise deux types de s�choirs:
- les s�choirs statiques ou discontinus;
- les s�choirs continus.
Les premiers sont peu co�teux et ne r�ussissent � traiter que de modestes quantit�s de grains; ils sont donc plus adapt�s aux besoins de petits et moyens centres de collecte et de transformation des produits.
Quant aux seconds, ce sont des s�choirs � grand d�bit qui n�cessitent des infrastructures plus complexes, un �quipement compl�mentaire et surtout une planification et une organisation particuli�res . Ils sont donc plus appropri�s pour de gros centres, silos ou magasins, o� l'on traite de tr�s grandes quantit�s de produit.
S�chage et s�choirs statistique
Une couche �paisse de grains est travers�e par un courant d'air chaud qui se d�place de bas en haut.
Le s�chage de la masse de grains ne se r�alise pas de fa�on uniforme: � mesure qu'il se d�place de bas en haut, l'air de s�chage c�de de la chaleur aux grains et en absorbe l'humidit�, perdant ainsi son "pouvoir s�chant". Les couches inf�rieures s�cheront donc plus rapidement que les couches sup�rieures.
Au cours du processus de s�chage, la masse de grains se trouve ainsi divis�e en trois zones:
- zone de grains secs,
- zone de s�chage,
- zone de grains humides.
La ligne fictive qui s�pare la zone de grains secs de la zone de s�chage est appel�e "front de s�chage".
Dans son lent d�placement de bas en haut, le front de s�chage s�pare les grains d�j� secs de ceux qui sont en cours ou en attente de s�chage.
La vitesse de d�placement du front de s�chage d�pend des caract�ristiques de l'air de s�chage (temp�rature, humidit� relative) et de la masse de grains � s�cher (type, teneur en eau, �paisseur de la couche)
Sch�ma du processus de s�chage
Une fois le s�chage termin�, les grains des couches inf�rieures sont de toute fa�on plus secs que ceux des couches sup�rieures.
Pour maintenir cette diff�rence de teneur en eau dans des limites acceptables, il est important que l'air chaud utilis� soit de temp�ratures et de d�bits appropri�s.
A titre indicatif, disons qu'� une temp�rature �lev�e doit correspondre un d�bit d'air plus important.
Pour r�duire les risques d'h�t�rog�n�it� de la teneur en eau, mais aussi pour limiter les co�ts de l'op�ration, on doit �viter le s�chage prolong� de couches trop �paisses de grains.
Pour obtenir une teneur en eau des grains plus homog�ne, il est possible de pr�voir une ventilation avec de l'air � temp�rature ambiante, apr�s le s�chage � l'air chaud.
La construction et l'emploi des diff�rents types de s�choirs � cases et des s�choirs � ventilation radiale sont bas�s sur ces principes de fonctionnement et sur ces pr�cautions.
Afin de r�duire encore la diff�rence de teneur en eau des grains, certains s�choirs sont �quip�s de dispositifs sp�ciaux pour le brassage des grains au cours du s�chage.
C'est sur ce principe que se basent, par exemple, les s�choirs circulaires, les s�choirs "in bin drying" et les s�choirs � lots successifs.
S�chage et s�choirs continus
On fait passer en couche mince un flux continu de grains dans un conduit travers� par un courant d'air fortement chauff�. Dans son mouvement, la masse de grains est constamment soumise � un brassage.
La masse de grains s�ch�e pr�sente dans ce cas une teneur en eau assez uniforme.
La temp�rature de l'air de s�chage doit �tre maintenue dans certaines limites afin de ne pas alt�rer les qualit�s alimentaires et les propri�t�s germinatives des grains (cette temp�rature se rapporte � l'air de s�chage et non aux grains); en effet, les grains ne restent pas assez longtemps dans le courant d'air fortement chauff� pour atteindre des temp�ratures tr�s �lev�es).
C'est dans la phase finale du s�chage, lorsqu'il est n�cessaire d'extraire l'humidit� la plus interne, que l'on risque d'entra�ner une br�ve surchauffe des grains.
Il faut se souvenir n�anmoins qu'un s�chage rapide � haute temp�rature ainsi qu'un refroidissement brusque peuvent provoquer la fissure et la brisure des grains � l'usinage.
Pour pallier ces inconv�nients, on effectue parfois les op�rations de s�chage en soumettant rapidement les grains, � plusieurs reprises, au courant d'air fortement chauff�.
Entre deux passages, les grains sont laiss�s pendant plusieurs heures en repos, afin que la teneur en eau soit homog�n�is�e dans la masse de grains.
Un autre syst�me adopt� pour r�duire les risques de brisures consiste � soumettre les grains � l'air chaud de s�chage jusqu'� ce que leur teneur en eau soit l�g�rement sup�rieure � celle que l'on d�sire (2%-3% en plus), puis � les laisser pendant plusieurs heures en repos pour leur faire subir ensuite une ventilation � l'air ambiantes.
La construction et l'emploi des diff�rents types de s�choirs continus verticaux (s�choirs � colonnes, � persiennes, � chicanes), et horizontaux ou inclin�s (s�choirs � d�placement du grain par palettes, � tablier transporteur, � cascades, mobiles), sont bas�s sur ces principes de fonctionnement et sur ces pr�cautions.
Principales caract�ristiques techniques des s�choirs
Le choix le plus appropri� et l'utilisation optimale d'un s�choir d�pendent de la correspondance entre certaines caract�ristiques techniques des appareils et les besoins de la production locale.
Les principales caract�ristiques techniques des s�choirs sont les suivantes:
- la puissance �vaporatoire,
- le d�bit de renouvellement d'air, ou d�bit sp�cifique.
- la consommation thermique sp�cifique.
Puissance �voparatoire
Pour d�finir le type de s�choir dont on a besoin, il faut avant tout d�terminer la valeur de la quantit� d'eau par heure que l'on veut �liminer lors du s�chage.
Cette valeur exprime de fa�on compl�te les besoins locaux de s�chage des produits. Elle est d�ductible de l'analyse des donn�es de production annuelles et saisonni�res.
La caract�ristique technique qui met en �vidence les performances d'un s�choir est sa "puissance �vaporatoire".
La puissance �vaporatoire indique la quantit� d'eau qu'un s�choir est capable de faire �vaporer en une heure de la masse de produit � s�cher. Son unit� de mesure est le kilogramme d'eau �vapor�e par heure (kg d'eau/h).
Cependant les constructeurs n'indiquent pas tous de fa�on explicite dans leur documentation commerciale la puissance �vaporatoire; c'est pourtant la seule caract�ristique capable de faire comprendre les performances r�elles d'un s�choir.
En effet, si l'on connait la puissance �vaporatoire et la quantit� d'eau � �liminer par quintal de produit, on peut calculer le "d�bit du s�choir", c'est-�-dire la quantit� de produit s�ch�e en une heure.
L'unit� de mesure du d�bit du s�choir est le quintal de produit (humide ou sec) par heure (q/h de produit).
Nombre de constructeurs, au lieu de la puissance �vaporatoire, indiquent d'habitude le "d�bit du s�choir", comme caract�ristique des appareils.
Cette indication n'est juste que si l'on pr�cise pour quelles humidit�s initiale et finale du produit cette valeur a �t� calcul�e, et si elle est exprim�e par rapport au produit humide ou sec.
D'autres constructeurs ont �galement l'habitude de donner la puissance �vaporatoire, ou mieux la "capacit� d'�vaporation" d'un s�choir, en "points/heure": on entend par "point" la quantit� d'eau �limin�e lorsqu'on baisse de 1% l'humidit� d'un quintal de produit.
Gr�ce � cette notion de "point" d'humidit�, on pr�tend ramener le calcul du "d�bit du s�choir" � un simple rapport entre la capacit� d'�vaporation et la diff�rence entre l'humidit� initiale du produit et l'humidit� finale, apr�s s�chage.
On observera toutefois que pour une m�me quantit� unitaire de produit humide, � un "point" d'humidit� peuvent correspondre des quantit�s d'eau � �liminer variables, selon l'humidit� finale que l'on veut obtenir.
Il est donc tr�s important, pour faire comprendre les performances r�elles de l'appareil, que les constructeurs pr�cisent � quelle humidit� finale du produit se rapporte la valeur, exprim�e en points/heure, de la capacit� d'�vaporation du s�choir.
Debit de renouvellement d'air
Le "d�bit de renouvellement d'air" d'un s�choir, ou "d�bit sp�cifique", indique la quantit� d'air qui traverse, en une heure, un m�tre cube de produit. Son unit� de mesure est le m�tre cube d'air par heure par m�tre cube de produit (m3/h/m3).
Cette caract�ristique, �troitement li�e � la puissance �vaporatoire, d�pend essentiellement de la puissance du dispositif de ventilation et de l'�paisseur de la couche de grains � s�cher.
Des valeurs �lev�es du d�bit de renouvellement d'air (6.000-8.000 m3/h/m3) permettent de r�duire la dur�e du s�chage.
Dans ces conditions, on peut avoir des augmentations de d�bit du s�choir qui entra�nent cependant une �l�vation de la consommation d'�nergie et, surtout, des risques accrus de fissure et de brisure des grains par s�chage rapide des produits.
Par contre, des valeurs plus modestes (2.000-4.000 m3/h/m3) permettent un meilleur s�chage des produits mais r�duisent le d�bit du s�choir.
On doit donc choisir le d�bit de renouvellement d'air d'un s�choir en cherchant le meilleur compromis possible entre ces facteurs et les conditions locales de production.
Consomation thermique sp�cifique
La "consommation thermique sp�cifique" d'un s�choir indique la quantit� de chaleur n�cessaire pour �liminer un kilogramme d'eau de la masse de produit � s�cher.
Cette quantit� de chaleur comprend �videmment � la fois la chaleur utilis�e pour chauffer (s�choir, produit) et faire �vaporer l'eau, et la chaleur en partie dispers�e dans l'air ambiant.
L'unit� de mesure de la consommation thermique sp�cifique est la millithermie par kilogramme d'eau �vapor�e (mth/kg d'eau �vapor�e).
Les s�choirs du type discontinu ont en g�n�ral des valeurs de consommation thermique sup�rieures � 1.500 mth/kg d'eau �vapor�e.
Par contre, les s�choirs du type continu ont une valeur de consommation thermique comprise entre 850 et 1.200 mth/kg
La valeur de la consommation thermique doit toujours �tre explicitement demand�e aux constructeurs de s�choirs.
On a vu que le s�chage naturel est lent et pr�sente des risques importants de perte de produit.
Par contre, le s�chage artificiel est plut�t co�teux (achat de s�choirs, emploi de combustibles souvent d�riv�s du p�trole, etc.).
Pour trouver une solution de compromis pouvant satisfaire les besoins de petites communaut�s rurales, surtout dans les r�gions tropicales humides, l'on a entrepris au d�but des ann�es Soixante-dix une s�rie d'exp�riences visant aussi bien � l'am�lioration des m�thodes traditionnelles de s�chage naturel, qu'au contr�le de la validit� de solutions technologiques qui privil�gient le soleil comme source d'�nergie alternative.
Ces exp�riences non seulement ont d�velopp� la connaissance des proc�d�s de dessiccation, mais ont �galement abouti � la construction de nombreux prototypes de s�choirs solaires.
Au moyen de ces appareils, le s�chage des produits est obtenu:
- par "effet de serre", produit � l'int�rieur d'une "boite de s�chage" expos�e directement au soleil;
- par une circulation d'air chauff� provenant de "capteurs solaires";
- par l'action combin�e des deux ph�nom�nes pr�c�dents.
Cependant, des co�ts de fabrication relativement �lev�s, une courte dur�e de vie et des performances variables ont jusqu'� pr�sent limit� l'adoption des s�choirs solaires, notamment pour le s�chage des grains.
On entend par "stockage" la phase du syst�me apr�s-r�colte durant laquelle les produits sont conserv�s, de fa�on appropri�e, afin de garantir la s�curit� alimentaire des populations en dehors des p�riodes de production agricole.
Les principaux objectifs du stockage des produits peuvent se r�sumer de la fa�on suivante:
- permettre, sur le plan alimentaire, une utilisation diff�r�e (sur une base annuelle et pluriannuelle) des produits agricoles r�colt�s;
- assurer, sur le plan agricole, la disponibilit� en semences pour les cycles culturaux suivants;
- garantir, sur le plan agro-industriel, l'approvisionnement r�gulier et continu en mati�res premi�res des industries de transformation;
- �quilibrer, sur le plan commercial, l'offre et la demande de produits agricoles, en stabilisant ainsi les prix sur le march�.
Pour atteindre ces objectifs g�n�raux, il faut �videmment adopter des mesures visant � pr�server, dans le temps, la qualit� et la quantit� des produits stock�s.