Back to Home Page of CD3WD Project or Back to list of CD3WD Publications

Nettoyage des grains et traitements insecticides

Table des mati�res - Pr�c�dente - Suivante

D�finition

Certains des contr�les d�crits pr�c�demment visent principalement � �tablir l'�tat des grains � leur r�ception dans un centre de stockage.

Ces contr�les permettent non seulement de mieux d�finir la valeur commerciale des produits mais encore d'�tablir la typologie et le degr� d'urgence des traitements auxquels soumettre les grains avant le stockage, la commercialisation ou la transformation ult�rieure.

Par exemple, la pr�sence d'impuret�s exige une intervention appropri�e de nettoyage du lot de grains. Si les grains sont trop humides, il faut proc�der rapidement au s�chage des produits. Contre l'infestation par des insectes, une intervention urgente de d�sinsectisation des grains est n�cessaire.

Nous avons d�j� d�crit les op�rations de s�chage, consid�rons maintenant celles de nettoyage et d�sinsectisation.

Nettoyage

Apr�s le battage, les grains (les gousses s'il s'agit d'arachides) sont m�lang�s � des impuret�s (terre, petits cailloux, d�chets v�g�taux et d'insectes, grains vides, etc.).

Ces impuret�s entravent et rendent plus longues et plus co�teuses les op�rations de s�chage.

Apr�s le s�chage, surtout s'il est pratiqu� selon les m�thodes traditionnelles (par exemple l'exposition � l'air), les grains peuvent �tre encore m�lang�s � des impuret�s.

Ces impuret�s abaissent la qualit� du produit et repr�sentent en outre un foyer d'infestation potentielle lors du stockage.

Par "nettoyage", on entend la phase, ou les phases, du syst�me apr�sr�colte durant lesquelles sont �limin�es les impuret�s qui se trouvent m�lang�es � la masse de grains.

Cette op�ration, �ventuellement accompagn�e d'un triage qualitatif des produits, est indispensable avant le stockage, la commercialisation et la transformation ult�rieure des produits.

Elle est n�cessaire, en outre, comme op�ration pr�alable au s�chage artificiel des produits � l'aide de s�choirs.

En effet, il serait non seulement co�teux, mais aussi inutile, de gaspiller du temps, du travail et de l'argent pour s�cher les impuret�s en m�mes temps qu'on s�che les grains.

M�thodes traditionnelles

La m�thode la plus simple de nettoyage, appel�e aussi "vannage", consiste � lancer les grains en l'air et � laisser le vent emporter les impuret�s les plus l�g�res.

Bien que largement r�pandue en milieu paysan, cette m�thode de nettoyage ne permet pas d'�liminer les impuret�s les plus lourdes (gravier, graines �trang�res, terre, etc.).

Appareils de netoyage

Si l'on veut obtenir un produit compl�tement d�barrass� de ses impuret�s et apte au stockage de longue dur�e, il faut utiliser des appareils de nettoyage appropri�s, tels que: les tarares, les pr�-nettoyeurs et les nettoyeurs-s�parateurs.

Les tarares

Ces machines, dont le d�bit peut atteindre une tonne par heure pour certains mod�les, peuvent contribuer de fa�on significative � am�liorer la qualit� des produits et leurs conditions de commercialisation, surtout dans les zones de production.

Actionn�es � la main, mais plus souvent par un moteur, les tarares sont des machines relativement simples comprenant principalement une tr�mie de r�ception des grains, un ventilateur et un jeu de tamis.

D�charg�s dans les tr�mies de r�ception, les grains sont d'abord d�barrass�s des impuret�s les plus l�g�res en les faisant passer dans un courant d'air produit par un ventilateur.

Ensuite, le jeu de tamis compl�te le nettoyage des grains en assurant un triage par dimension.

Les pr�-nettoyeurs

Ces appareils, actionn�s par un moteur, sont ainsi appel�s parce que g�n�ralement employ�s dans les op�rations de pr�-nettoyage de grains r�colt�s humides, avant leur passage au s�choir artificiel.

Il existe plusieurs mod�les de pr�-nettoyeurs:

- le pr�-nettoyeur circulaire, o� l'�limination des impuret�s est obtenue principalement par aspiration (d�bit d'environ 150 quintaux par heure);

- le pr�-nettoyeur � tambour, o� l'�limination des impuret�s les plus lourdes est obtenue par passage des grains dans les mailles d'un tambour, tandis que les impuret�s les plus l�g�res sont �limin�es par aspiration (d�bit d'environ 10 � 50 tonnes par heure);

- l'�metteur, o� l'�limination des impuret�s les plus volumineuses est obtenue au moyen d'un tamis vibrant � grosses perforations.

Sch�ma de principe d'un �motteur

Les netoyeurs-s�parateurs

Ces machines, dont les d�bits importants peuvent atteindre 20 tonnes par heure, sont certainement les instruments les plus efficaces pour le nettoyage des grains, et tous les centres de stockage devraient en �tre �quip�s.

Les nettoyeurs-s�parateurs sont actionn�s par un moteur et constitu�s principalement d'une tr�mie de r�ception, d'un ventilateur et d'un jeu de tamis vibrants; ils effectuent le nettoyage des grains par aspirations r�p�t�es des impuret�s les plus l�g�res, suivies de tamisages des grains.

Le jeu de tamis, compos� d'un tamis � grosses perforations ("�motteur") pour les impuret�s les plus grosses, et d'un tamis � petites perforations ("cribleur") pour les impuret�s les plus fines, doit faire l'objet d'un choix attentif, qui tienne compte de la forme et de la taille des grains � nettoyer.

On recommande, en g�n�ral, d'employer un jeu de tamis � perforations oblongues s'il s'agit de nettoyer des grains de forme allong�e. Par contre, on adoptera un tamis �metteur � perforations rondes et un tamis cribleur � perforations oblongues pour les grains ronds.

Pour une utilisation optimale de la machine, il est important en outre d'effectuer avec soin les diff�rents r�glages (r�glages de l'arriv�e des grains, des aspirations, et �ventuellement de l'amplitude de vibration des tamis).

Traitement insecticides

La lutte pour la protection des grains contre les insectes peut �tre envisag�e sous deux aspects compl�mentaires:

- une lutte pr�ventive men�e avant le stockage des grains et d�s leur r�ception, m�me dans le cas o� il n'y a pas d'insectes visibles;

- une lutte curative � effectuer pendant ou m�me avant le stockage, si cela s'av�re n�cessaire.

Il s'agit dans les deux cas de d�truire les insectes sans alt�rer la qualit� alimentaire du produit.

Mais pour ce faire, il convient de prendre aussi en consid�ration quelques mesures d'hygi�ne g�n�rale et de traitement des locaux.

En ce qui concerne les grains, il existe diverses m�thodes de lutte: biologiques, physiques, m�caniques et chimiques. La lutte chimique reste aujourd'hui la m�thode la plus utilis�e. Elle se caract�rise par deux grands types de traitement:

- traitement par insecticide de contact,

- traitement par fumigation.

Traitement des locaux

Avant toute application d'insecticide sur les structures de stockage (magasin, silo), il est n�cessaire de proc�der � un nettoyage syst�matique et approfondi de toutes les surfaces des locaux.

On dispose d'une gamme de produits insecticides assez vaste pour traiter les surfaces selon leur nature.

Ainsi, s'il s'agit de surfaces in�gales (briques, parpaings, bois brut, etc.), le traitement s'effectue par pulv�risation de poudre mouillable � la limite du ruissellement; par contre dans le cas de surfaces lisses non poreuses (m�tal, polyester), on pr�f�re n�buliser un concentr� plus adh�rent.

Quant au traitement d'ambiance, il a pour but de d�truire les insectes volants avec des a�rosols utilis�s dans des lieux herm�tiquement ferm�s.

Ce traitement doit �tre effectu� de pr�f�rence le soir, lorsque les insectes volants sont les plus actifs.

Traitement des grains par insecticide de contact

Il consiste � recouvrir les grains d'une pellicule de produit insecticide qui agit par contact avec les insectes, et dont l'effet est plus ou moins rapide et la persistance d'action plus au moins longue.

La pr�sentation de ces produits est tr�s diversifi�e (poudres � poudrer, poudres mouillables, concentr�s liquides ou produits fumig�nes) et conditionne les diff�rentes techniques d'application du produit.

En ce qui concerne les grains, et s'il s'agit de stockage en vrac, on incorpore directement l'insecticide aux grains par n�bulisation avant le remplissage des silos.

S'il s'agit de stockage en sacs, l'incorporation doit se faire avant la mise en sacs des grains pr�alablement nettoy�s, et par m�lange de poudre ou par n�bulisation.

Pour �viter la r�infestation de grains stock�s en sacs, on effectue, en outre, des poudrages ou des pulv�risations r�p�t�s lors de l'�dification des piles et pendant la p�riode de stockage.

En ce qui concerne le traitement des grains, le mat�riel utilis� pour le poudrage peut aller de la simple poudreuse m�canique aux poudreuses motoris�es; cependant avec ce type d'�quipement les grains ne sont pas trait�s de fa�on homog�ne, certaines zones recevant davantage de poudre que d'autres.

Quant a la pulv�risation, qui peut �tre de types m�canique (pulv�risateur � pression), pneumatique ou thermique, elle permet une meilleure r�partition du produit sur les grains.

Dans les grands centres de stockage, pour obtenir une r�partition encore plus r�guli�re de l'insecticide et un bon enrobage, on traite les grains par n�bulisation � l'aide d'un compresseur �quip� d'une buse de n�bulisation.

N�bulisation des grains avant leur stockage dans un silo

Ces syst�mes de traitement par contact, s'ils pr�sentent une efficacit� certaine sur les formes libres d'insectes, n'ont cependant pas ou peu d'action sur ses formes cach�es (oeufs ou larves).

De plus, quelques r�sidus de produit, peu toxiques par ailleurs, peuvent persister sur les denr�es alimentaires.

Traitement des grains par fumigation

La fumigation est un traitement qui consiste � d�sinsectiser les grains stock�s au moyen d'un gaz toxique appel� fumisant, lequel est une substance qui, produite et concentr�e sous forme gazeuse, devient mortelle pour une esp�ce vivante donn�e.

Contrairement aux poudres de contact, le fumigant p�n�tre � l'int�rieur des grains et atteint les formes cach�es d'insectes qui s'y d�veloppent.

Les fulmigants diffusent dans tout le volume qui leur est offert: leur mise en oeuvre demande donc une �tanch�it� totale de l'enceinte concern�e.

Ainsi, dans le cas du stockage en vrac, pour proc�der � la fumigation des grains, il est n�cessaire que les cellules soient parfaitement �tanches.

En ce qui concerne le stockage en sacs, la m�thode couramment utilis�e consiste � recouvrir les sacs avec une b�che dont les bords sont plaqu�s au sol ou aux murs.

L'efficacit� de la fumigation d�pend d'une part de la concentration effective du gaz, d'autre part du temps pendant lequel les grains sont soumis au gaz.

Selon le produit utilis�, bromure de m�thyle ou phosphore d'hydrog�ne (phosphine), la dur�e de la fumigation doit �tre respectivement de 24 � 48 heures pour l'un, et au minimum de 5 jours pour le second.

Ce dernier produit est le plus utilis� car son application en pastilles � r�partir dans la masse des grains est la plus simple.

Cependant, il semble n�cessaire de rappeler que les fumigants sont des produits tr�s toxiques pour l'homme et que leur application doit en cons�quence �tre parfaitement ma�tris�e par un personnel comp�tent.

Pour l'ensemble de ces traitements, il importe de respecter scrupuleusement les mesures de protection et de s�curit� recommand�es (masques, gants, lavage des mains, fermeture herm�tique des tubes de phosphine, etc.).

De plus, n'oublions pas que ces traitements sont de type curatif, et n'ont donc aucune persistance dans le temps: la combinaison des techniques par insecticide de contact et par fumigation est donc � recommander.


Stockage en sacs

D�finition

Cette m�thode consiste � conserver les grains, pr�alablement s�ch�s et nettoy�s, en sacs (en fibre v�g�tale ou en mati�re plastique), et � empiler les sacs avec ordre dans des espaces convenablement am�nag�s.

Peu importante dans les pays d�velopp�s, cette m�thode de stockage des grains est par contre largement diffus�e dans les pays en voie de d�veloppement. En effet, elle est �conomique et s'adapte bien aux conditions locales de transport et de commercialisation des grains.

Il existe plusieurs mani�res d'effectuer le stockage des grains en sacs. On peut empiler les sacs de grains � l'ext�rieur, � l'abri de b�ches, ou bien les disposer � l'int�rieur de magasins, hangars ou entrep�ts.

Dans certains cas et notamment pour les semences, le stockage des grains en sacs s'effectue parfois dans des magasins r�frig�r�s.

Stockage en plein air

On regroupe sous cette d�finition les syst�mes de stockage qui ne comportent pas l'empilage des sacs � l'int�rieur de b�timents construits "en dur".

Les principaux syst�mes de stockage en plein air sont:

- le stockage en pyramides,
- le stockage en magasins souples (silos souples).

Ces syst�mes offrent l'avantage d'�tre rapidement et plut�t facilement mis en place: il sont pour cela g�n�ralement adopt�s l� ou se pr�sentent des n�cessit�s sp�cifiques et urgentes de stockage.

Stockage en pyramides

Ce syst�me, souvent utilis� en zones s�ches pour un stockage de courte dur�e, consiste a confectionner, sur des plates-formes, des pyramides de sacs �ventuellement prot�g�es des intemp�ries.

Les plates-formes sur lesquelles sont empil�s les sacs doivent pouvoir prot�ger efficacement les grains contre les attaques des termites.

B�tonn�es, goudronn�es ou constitu�es d'une couche de parpaings recouverte de b�ches ou de mati�re plastique, les plates-formes doivent emp�cher la r�humidification des grains provoqu�e par la remont�e d'humidit� du terrain.

Dans ce but, il faut non seulement choisir avec discernement les lieux o� situer les air-es de stockage, mais aussi creuser autour des platesformes une rigole d'�vacuation des eaux de pluie.

Pour �viter la r�humidification des grains en cas de pluie il est important de recouvrir les pyramides de sacs avec des b�ches

Cette technique est tr�s fr�quemment utilis�e pour le stockage des arachides.

Stockage en silons souples

Le stockage en silos souples, souvent adopt� pour constituer un stock de s�curit�, est tr�s semblable au stockage en pyramides.

La diff�rence substantielle r�side dans la complexit� plus grande de la structure de stockage.

En effet, un silo souple est form� d'une plate-forme b�tonn�e, de forme g�n�ralement circulaire, sur le pourtour de laquelle des parois d'environ 2,5 m�tres de haut sont r�alis�es en grillage galvanis�.

La face interne des parois est doubl�e d'une �paisse pellicule de mati�re plastique. Vers l'ext�rieur, � environ 50 cm des parois, des t�les ondul�es dispos�es tout autour du silo sur I m de hauteur prot�gent les grains de l'attaque des rongeurs.

On couvre les sacs empil�s dans le silo avec une b�che de forme conique fix�e aux parois et maintenue en place par un syst�me de cordes.

Vu l'�tanch�it� de ces structures, il est important de stocker les grains quand ils sont tr�s secs.

Les silos souples de 500 tonnes sont les plus courants, mais on en construit aussi d'une capacit� de stockage variant entre 250 et 1.000 tonnes.

Les investissements n�cessaires pour r�aliser ces structures sont assez modestes, mais leur vie utile est relativement br�ve: elle d�passe rarement 5 ans.

Entrep�ts en magasins

Qu'il s'agisse de simples cases transform�es en magasins chez les producteurs, ou d'entrep�ts modernes et bien �quip�s, les structures de stockage doivent r�pondre aux exigences suivantes:

- emp�cher la r�humidification des grains;
- prot�ger les grains des temp�ratures �lev�es;
- interdire l'acc�s des insectes, des rongeurs et des oiseaux aux locaux de stockage;
- faciliter le contr�le de l'�tat de conservation des grains;
- permettre le traitement en temps voulu des sacs et des locaux avec des produits insecticides;
- faciliter la manutention des engins affect�s au d�placement et au transport des sacs

Localisation et orientation des b�timents

La protection efficace des grains stock�s contre les agents atmosph�riques (ensoleillement, pluie, humidit�) et la fonctionnalit� des structures de stockage d�pendent d'une bonne localisation et d'une bonne orientation des b�timents.

A cet �gard, les b�timents � utiliser comme magasins de stockage doivent:

- �tre situ�s, dans la mesure du possible, dans des zones peu humides et non susceptibles d'�tre inond�es; il faut donc �viter les zones basses, les terrains argileux ou mal drain�s, la proximit� de cours d'eaux et de lacs;

- �tre localis�s hors des agglom�rations et, si possible, dans des zones �quidistantes des lieux de production agricole et � proximit� de voies de communication importantes;

- �tre situ�s, dans la mesure du possible, au voisinage des r�seaux de distribution electrique et d'approvisionement en eau:

- �tre orient�s selon l'axe est-ouest, de fa�on � ce que ce soient les fa�ades de moindre surface qui subissent l'ensoleillement le plus fort.

Dimensions des b�timents

Les magasins de stockage sont g�n�ralement de forme rectangulaire, le c�t� le plus long �tant �gal � environ deux fois la largeur.

On peut �tablir les dimensions de ces b�timents en connaissant:

- le type, les quantit�s et le volume sp�cifique des grains a stocker en sacs;
- la hauteur maximum des piles de sacs;
- le nombre de lots que l'on veut s�parer et la largeur des couloirs d'acc�s;
- l'ampleur et la disposition des locaux de service.

Volume sp�cifique

Le volume sp�cifique indique, pour chaque type de grains, l'espace occup� par une tonne de produit stocke en sacs. Son unit� de mesure est le m�tre cube par tonne de produit (m3/t).

Le tableau suivant donne les volumes sp�cifiques de quelques produits stock�s en sacs.

GRAINS STOCKES EN SACS VOLUME SPECIFIQUE
Riz usin�, bl�, caf� 1,6 m3/t
Mais, sorgho, arachide (d�cortiqu�e) 1,8 m3/t
Haricots, pois, lentilles 1,3 m3/t
Tournesol 2,8 m3/t
Soja, cacao 2,0 m3/t
Mil 1,25 m3/t
Graines de coton 2,5 m3/t
Farine de bl�, farine de mais 2,1 m3/t

En multipliant la valeur du volume sp�cifique (en m3/t par la quantit� de grains (en t) que l'on veut stocker, on obtient le volume (en m3) occup� par les sacs dans le magasin.

Hauteur des piles de sac

La hauteur maximum des piles de sacs est fonction du type de sacs employ�s pour le stockage des grains.

Pour des sacs en fibre v�g�tale (jute, sisal, etc.) on peut pr�voir des hauteurs maxima de 5-6 m�tres, tandis que pour les sacs en mati�re plastique (polypropyl�ne tiss�), il ne faut pas d�passer 3 m�tres de hauteur.

Par ailleurs, il faut laisser entre le toit du b�timent et le haut des piles un espace suffisant pour la libre circulation d'un homme.

All�es et couloires

La largeur des all�es entre les lots peut varier de 2 � 4 m�tres, tandis que les couloirs entre les murs et les lots doivent avoir une largeur minimum de I m�tre.

Locaux de service

La largeur et la disposition des locaux de service sont fonction de l'importance de la structure de stockage.

Dans tous les cas, il convient de pr�voir, outre les locaux de stockage proprement dits:

- un bureau, �quip� le cas �ch�ant d'appareils de laboratoire pour le contr�le de qualit�;
- une remise, pour le rangement de sacs, mat�riels, outils et produits chimiques;
- une aire de travail, qui peut n'�tre que couverte, pour la r�ception et le contr�le des grains et leur reconditionnement

Sch�ma de principe pour un magasin

D�tail de construction

Le sol

Le sol du magasin doit emp�cher les remont�es d'humidit� du terrain. Pour ce faire, il est utile de poser une couche de mat�riau imperm�able (couches de bitume, toile bitum�e, film de mati�re plastique) au-dessous de la dalle en ciment.

Les murs

Les murs, g�n�ralement en briques ou en parpaings (mais aussi en t�le), doivent �tre cr�pis � l'int�rieur comme � l'ext�rieur, et recouverts d'une peinture claire.

La toiture

La toiture doit d�border sur 113 a 1/4 de la hauteur des murs, pour �viter que ne p�n�tre l'eau de pluie par les ouvertures d'a�ration.

Les ouvertures d'a�ration

Les ouvertures d'a�ration doivent �tre de dimensions appropri�es, et perc�es en haut des murs, sous le d�bordement du toit et sur les fa�ades correspondant aux c�t�s longs du b�timent.

Elles assurent l'a�ration et la ventilation des locaux de stockage et l'�clairage partiel du magasin.

Afin d'�viter la p�n�tration d'oiseaux, de rongeurs et d'insectes, il est important que ces ouvertures soient munies de grillages appropri�s et de moustiquaires.

Les portes

Les portes doivent �tre assez larges pour faciliter le passage des hommes, des mat�riels de manutention et des produits.

De pr�f�rence en m�tal, � battants, elles doivent s'ouvrir vers l'ext�rieur du magasin, et �tre prot�g�es de la pluie par un auvent.

Entretien des b�timents

Pour garantir de bonnes conditions de stockage et augmenter la dur�e de vie des structures, il faut contr�ler de fa�on permanente l'�tat des b�timents et, le cas �ch�ant, effectuer les travaux d'entretien qui s'imposent, en temps voulu.

Les petits travaux d'entretien courant des b�timents peuvent porter sur:

- la r�paration du toit (remise en place de t�les �ventuellement d�plac�es, remplacement de clous, bouchage de trous ou de fentes, remplacement de t�les d�fectueuses, etc.);

- la r�paration du cr�pi et de la peinture des murs;

- la r�paration des encadrements des portes;

- le nettoyage et la r�paration des syst�mes d'a�ration;

- l'entretien du sol.

Pour garantir une bonne hygi�ne, il faut en outre nettoyer les locaux et les espaces environnants avec grand soin et de fa�on syst�matique.

Equipements

Pour une bonne gestion du stockage, il est important de doter les magasins d'�quipements appropri�s.

Certains sont indispensables pour que la conservation des stocks puisse s'effectuer dans de bonnes conditions, d'autres sont moins n�cessaires mais facilitent et rendent moins p�nibles le travail du personnel.

En fonction de l'importance des structures de stockage, il est recommand� d'�quiper les magasins du mat�riel suivant:

- mat�riels de r�ception et contr�le (poids, humidit�, temp�rature, etc.);
- mat�riels de manutention pour faciliter le d�placement des sacs;
- �quipements pour le reconditionnement des produits;
- �quipements pour le traitement insecticide de grains, sacs et locaux;
- sacs et palettes.

Mat�riels de manutetion

La manutention des sacs de grains est g�n�ralement manuelle et s'effectue � dos d'homme.

Pour rendre plus ais�e cette t�che, on utilise des "diables", qui permettent le transport des sacs � l'unit�.

On rappelle qu'il ne faut pas utiliser de crochets, car ils d�t�riorent consid�rablement les sacs.

Dans les grands entrep�ts, on effectue le gerbage des sacs a l'aide d'un convoyeur de sacs ou "sauterelle", mais dans les petits magasins on leur pr�f�re le monte-sacs mobile, d'un usage plus facile car il ne requiert que peu de surface au sol.

Cependant, ce dernier ne travaille qu'� l'unit� alors que le premier a l'avantage de travailler en continu.

Equipement pour le reconditionnement des produits

Il peut �tre n�cessaire de proc�der au reconditionnement de produits dont la qualit� � la r�ception semble douteuse.

Dans ce cas, il faut avoir une unit� de reconditionnement des grains constitu�e de deux vis d'alimentation avec tr�mie, un nettoyeur-s�parateur, un appareil pour le traitement insecticide, un peseur-ensacheur, une causeuse de sacs.

Sch�ma d'une unit� de reconditinnement

Sacs et palettes

Les grains sont emball�s dans des sacs, dont le magasin doit �tre largement pourvu: sacs en fibres v�g�tales (jute, coton, etc.), ou en plastique (polypropyl�ne).

Le choix du type de sac est important car il d�termine la hauteur des piles.

Les piles sont �difi�es sur des plates-formes en bois appel�es "palettes", qui �vitent le contact direct des sacs avec le sol. Elles sont donc indispensables pour �viter les remont�es d'humidit� par le sol du magasin.

Il est recommand� de choisir ou de confectionner des palettes l�g�res afin de faciliter leur d�placement � l'int�rieur des magasins.

Gestion du stockage en sacs

Pour une bonne gestion des activit�s de r�ception et de stockage des grains livr�s ou entrepos�s en sacs, il est n�cessaire de respecter les r�gles g�n�rales suivantes:

- �viter la r�ception de quantit�s de grains sup�rieures � la capacit� du magasin, laquelle d�pend aussi du nombre de lots individualis�s que l'on pr�tend mettre en place;

- stocker uniquement des produits bien secs et propres;

- reconditionner les produits dans le cas de sacs mouill�s, d�chir�s, ou quand la qualit� des grains appara�t douteuse;

- �difier des piles de sacs stables et facilement accessibles;

- pr�voir, lors de l'�dification des piles, l'individualisation des lots, en les s�parant par type de produit, qualit� et date d'entr�e au magasin;

- appliquer le principe selon lequel le lot entr� le premier doit sortir le premiers;

- veiller � l'hygi�ne et au bon �tat des locaux et de ses abords, des �quipements et des produits stock�s;

- pr�voir a temps les approvisionnements en combustibles, sacs, insecticides et produits divers.

Edification des piles de sacs

Chaque type de produit doit poss�der un emplacement r�serv� dans le magasin.

A cet effet, on peut tracer, � l'aide de peinture, des marques sur le sol en laissant libres des couloirs d'inspection entre les murs et les piles de sacs, ainsi que des all�es de manutention face aux portes.

Avant d'�difier les piles sur les palettes, il faut v�rifier que cellesci sont en bon �tat (sans clous qui d�passent par exemple).

Afin d'assurer une bonne stabilit� � la pile, chaque sac doit �tre empil� de fa�on � �tre toujours recouvert par deux autres sacs.

De plus, les parois des piles doivent pr�senter une pente vers l'int�rieur du tas, pente d'autant plus accentu�e que les sacs sont plus glissants (sacs en plastique surtout).

Les sacs peuvent aussi �tre empil�s de fa�on � obtenir des pyramides.

Quant a la hauteur, elle est conditionn�e par le type de sacs � empiler (sacs en fibre v�g�tale ou en plastique), par la fragilit� des produits � entreposer et, �videmment, par les dimensions m�mes du magasin.

Par ailleurs, la hauteur des piles de sacs ne doit pas �tre sup�rieure � leur largeur.

L'utilisation de sacs de m�mes type et dimensions, et l'�dification de piles r�guli�res, permettent un contr�le rapide des quantit�s emmagasin�es.

En effet, en multipliant le nombre de sacs d'une couche par le nombre de couches de la pile, on peut d�terminer le nombre total de sacs de chaque lot individualis�.

Une fois la pile �difi�e, elle doit faire l'objet d'un contr�le administratif. Dans ce but, on doit remplir et tenir � jour des fiches sur lesquelles sont report�es, au moins, les donn�es suivantes: nombre de sacs, nature et date de r�ception du produit, date de l'�dification de la pile, nature et date des traitements insecticides effectu�s.

Il est n�cessaire de remplir ces fiches en deux exemplaires, l'un pour l'administration du magasin, l'autre restant �pingl� sur un sac de la pile correspondante.

Inspections

Les magasins doivent faire l'objet d'inspections fr�quentes afin de v�rifier l'�tat des produits et des structures.

Au-del� des visites journali�res, il est n�cessaire d'effectuer des inspections plus approfondies chaque semaine ou chaque quinze jours, pour pr�venir les pertes occasionn�es par l'action de rongeurs, insectes et moisissures.

Ces inspections, � effectuer de pr�f�rence en fin de journ�e, doivent concerner:

- l'�tat des piles de sacs (coutures, d�chirures et �coulement, pr�sence d'insectes et moisissures, taches d'humidit�, traces du passage de rongeurs, etc.);

- l'�tat des grains: contr�les sur �chantillons (humidit�, degr� d'infestation, etc.).

Enfin un contr�le g�n�ral et complet des installations et des produits est recommand� chaque mois.


Stockage en vrac

D�finition

Cette m�thode consiste � conserver les grains, sans aucun emballage, � l'int�rieur de structures construites � cet effet (cellules, silos).

Les types de construction sont assez diff�renci�s. On peut en effet avoir des structures relativement simples et de faible capacit� pour le stockage des exc�dents agricoles dans les zones de production, ou bien des installations complexes de grandes dimensions pour le stockage commercial ou industriel des produits.

En g�n�ral, les structures de stockage en vrac peuvent se regrouper en deux cat�gories: les silos ou cellules de petite capacit� pour le stockage � la ferme et les silos de grande capacit�.

Ces derniers, largement utilis�s dans les pays d�velopp�s, ne sont pas encore tr�s r�pandus dans les pays en voie de d�veloppement.

Des syst�mes de transport et de commercialisation inad�quats ou faisant compl�tement d�faut, l'absence d'investissements initiaux d'une certaine importance, et la complexit� des installations ont en effet limit�, jusqu'� pr�sent, la diffusion de ces structures de stockage.

Silos de petite capacit� pour stockage a la ferme

Le stockage � la ferme est la forme essentielle de stockage en milieu rural dans beaucoup de pays en d�veloppement.

Il ne concerne que des quantit�s tr�s limit�es de grains, dont la majeure partie est destin�e a l'autoconsommation.

Il existe plusieurs types de structures traditionnelles de stockage, chacune �tant adapt�e aux climats propres aux diff�rents pays.

Leur caract�ristique commune est l'emploi de mat�riaux disponibles localement.

Citons pour m�moire les greniers ferm�s en terre des zones s�ches et les greniers a�r�s en fibre v�g�tale et bois, employ�s en zones humides.

Dans les zones s�ches, les risques de d�gradation des stocks proviennent essentiellement des insectes et des rongeurs, et sont g�n�ralement moins �lev�s que dans les zones humides, o� a l'attaque de ces animaux s'ajoute celle des moisissures.

Pour pallier ces pertes de produit, deux types d'intervention ont �t� envisag�s sur le plan de la construction: d'une part, l'am�lioration des structures traditionnelles de stockage, d'autre part la construction de structures nouvelles reposant sur l'emploi de mat�riaux non traditionnels.

Le premier type d'intervention a entra�n�, par exemple, l'am�lioration de la construction des greniers en terre, par l'emploi de petites quantit�s de ciment � m�langer � la terre, ou par la finition soign�e (lissage) des parois du silo.

D'autres exp�riences, plus novatrices, portent sur l'utilisation de silos de petite capacit� (I � 2 tonnes) en briques ou parpaings de terre stabilis�e, ou en boue ou briques crues.

Le deuxi�me type d'intervention a entra�n� l'introduction de nouvelles structures de stockage n�cessitant en g�n�ral des techniques de construction et des mat�riaux non traditionnels.

On peut citer, par exemple, les silos en b�ton, en ferro-ciment, et les silos m�talliques.

Parmi les silos en b�ton, celui du type "Carreras", r�alis� en agglom�r� de ciment, pr�sente une forme cylindrique, et sa capacit� est de l'ordre de quelques tonnes.

Son originalit� r�side dans l'utilisation de parpaings courbes et dans le fait que sa construction ne n�cessite pas de coffrage.

Les silos en ferro-ciment sont, quant � eux, r�alis�s � partir d'une armature (ossature) en grillage m�tallique remplie d'un mortier de ciment.

Cette technique de construction permet de construire facilement des silos r�sistants, et de bonne capacit�.

Les silos m�talliques peuvent �tre de deux types:

- les f�ts m�talliques de faible capacit� (150 kg de grains environ), servant g�n�ralement au stockage des hydrocarbures;

- les cellules m�talliques de plus grande capacit� (1 � 3 tonnes) construites tout expr�s pour le stockage des grains.

Les premiers, vu leur faible capacit�, sont plus adapt�s au stockage, en milieu rural, de semences ou de produits dont la conservation est difficile (par exemple le haricot).

Quant aux deuxi�mes, il faut les consid�rer comme de v�ritables structures de stockage � la ferme.

L'�tanch�it� g�n�ralement offerte par ces structures permet une bonne protection contre l'attaque des rongeurs, mais aussi un stockage herm�tique des grains.

Quel que soit le type de structure utilis� pour le stockage � la ferme, il est essentiel de respecter certaines r�gles fondamentales; entre autres:

- stocker les grains seulement lorsqu'ils sont bien secs et d�barrass�s des impuret�s;

- contr�ler, avant et pendant le stockage, l'�tat de conservation des grains et le degr� d'infestation par les insectes, et appliquer, le cas �ch�ant, un traitement insecticide.


Table des mati�res - Pr�c�dente - Suivante