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S�rie Technologie |
Dossier technique n° 11 |
Publi� conjointement par le Bureau international du Travail et l'Organisation des Nations Unies pour le d�veloppement industriel
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Programme |
Bureau international du Travail Gen�ve |
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Le Programme mondial de l'emploi a �t� lanc� par l'Organisation internationale du Travail en 1969 en tant que principale contribution de l'OIT � la Strat�gie internationale du d�veloppement pour la deuxi�me D�cennie des Nations Unies pour le d�veloppement. Le programme comprend trois grands moyens d'action: - les missions: compos�es de sp�cialistes de haut niveau, elles se rendent dans les Etats Membres en vue de les conseiller; Par ces activit�s, l'OIT entend aider les responsables nationaux � am�nager leur politique et leurs programmes de fa�on � vaincre le paup�risme et le ch�mage. Ev�nement marquant de l'action engag�e avec le Programme mondial de l'emploi, la Conf�rence mondiale de l'emploi, tenue en 1976, a proclam� que «les strat�gies, les politiques et les plans nationaux de d�veloppement devraient comporter comme objectif prioritaire la promotion de l'emploi et la satisfaction des besoins essentiels de la population de chaque pays». La d�claration de principes et le programme d'action adopt�s par la conf�rence demeurent le fondement du travail de coop�ration technique et de recherche accompli au titre du Programme mondial de l'emploi. Cet ouvrage fait partie des �tudes et des rapports publi�s dans le cadre du Programme mondial de l'emploi. |
Copyright © Organisation internationale du Travail 1986
Les publications du Bureau international du Travail jouissent de la protection du droit d'auteur en vertu du protocole n° 2, annexe � la Convention universelle pour la protection du droit d'auteur. Toutefois, de courts passages pourront �tre reproduits sans autorisation, � la condition que leur source soit d�ment mentionn�e. Toute demande d'autorisation de reproduction ou de traduction devra �tre adress�e au Service des publications (Droits et licences), Bureau international du Travail, CH-1211 Gen�ve 22, Suisse. Ces demandes seront toujours les bienvenues.
ISBN 92-2-205415-6
ISSN 0258-0462
Premi�re �dition 1986
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Les d�signations utilis�es dans les publications du BIT, qui sont conformes � la pratique des Nations Unies, et la pr�sentation des donn�es qui y figurent n'impliquent de la part du Bureau international du Travail aucune prise de position quant au statut juridique de tel ou tel pays, zone ou territoire, ou de ses autorit�s, ni quant au trac� de ses fronti�res. Les articles, �tudes et autres textes sign�s n'engagent que leurs auteurs et leur publication ne signifie pas que le Bureau international du Travail souscrit aux opinions qui y sont exprim�es. La mention ou la non-mention de telle ou telle entreprise ou de tel ou tel produit ou proc�d� commercial n'implique de la part du Bureau international du Travail aucune appr�ciation favorable ou d�favorable. Les publications du Bureau international du Travail peuvent �tre obtenues dans les principales librairies ou aupr�s des bureaux locaux du BIT. On peut aussi se les procurer directement, de m�me qu'un catalogue ou une liste des nouvelles publications, � l'adresse suivante: Publications du BIT, Bureau international du Travail, CH-1211 Gen�ve 22, Suisse. |
Imprim� par le Bureau international du Travail, Gen�ve, Suisse
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PREFACE
Pour un grand nombre de pays en d�veloppement, les c�r�ales et les l�gumineuses constituent la source principale de l'alimentation des populations, en particulier des couches sociales �conomiquement d�favoris�es. Certains pays, en Afrique notamment, n'arrivent pas � pourvoir aux besoins en grains de leurs populations et doivent souvent importer massivement des produits alimentaires. Il est donc paradoxal de constater que, dans nombre de ces pays, une partie parfois importante du grain stock� est soit perdue, soit d�t�rior�e et rendue impropre � la consommation. On ne dispose pas d'estimations pr�cises sur les taux de pertes ou de d�t�rioration pour l'ensemble des pays ou des syst�mes de stockage. On peut cependant affirmer que des pertes moyennes de 10 � 15 pour cent sont assez courantes dans un grand nombre de pays. Des taux beaucoup plus �lev�s (30 pour cent dans certains cas) ont aussi �t� relev�s dans des pays dont les conditions climatiques sont d�favorables au stockage et o� les syst�mes de stockage sont peu performants.
Les pertes ou d�t�riorations des c�r�ales et des l�gumineuses ne sont pas uniquement dues au stockage. Elles peuvent se produire au cours de la r�colte et des diff�rentes op�rations post�rieures: la manutention, le battage, le s�chage, le stockage et la transformation des produits. Il est donc important d'agir au cours de chacune de ces phases afin de r�duire autant que possible les taux de pertes et par l� de mieux satisfaire les besoins alimentaires des populations.
Dans le cas du stockage, les pertes peuvent �tre consid�rablement diminu�es par l'am�lioration des syst�mes de stockage traditionnels, l'introduction de nouveaux syst�mes dans les zones rurales, la bonne pr�paration du produit avant stockage et la bonne gestion des stocks tout au long de la dur�e du stockage. Pour cela, il importe que les responsables - directs ou indirects - du stockage soient inform�s des possibilit�s et des moyens qui s'offrent. Tel est le but de ce dossier technique, qui devrait �clairer les probl�mes de stockage du grain et assurer la diffusion d'informations techniques sur des syst�mes am�lior�s en aidant d'autre part les autorit�s gouvernementales � �laborer une strat�gie nationale de stockage du grain qui tienne compte, en particulier, des objectifs de d�veloppement �conomique du pays.
Ce texte fait partie d'une s�rie de huit dossiers sur le stockage et la transformation de produits alimentaires, publi�s ou en voie de publication par le Bureau international du Travail1. Certains dossiers, d'un int�r�t direct pour les petites entreprises, ont �t� ou seront publi�s - comme l'est aujourd'hui celui-ci - conjointement avec l'Organisation des Nations Unies pour le d�veloppement industriel (ONUDI).
1 Six autres dossiers seront prochainement publi�s en version fran�aise. Ils concernent la pr�paration des l�gumes, des fruits, du poisson, du boeuf, du porc et du ma�s. Un septi�me dossier concernant l'extraction d'huile de coco et d'arachide n'est disponible qu'en anglais.
Le pr�sent dossier couvre en particulier les syst�mes de stockage villageois, qui concernent une ou plusieurs familles et une quantit� de produit qui n'exc�de pas quelques tonnes, et les syst�mes de stockage communautaire, qui concernent un ou plusieurs villages et une quantit� de produit qui n'exc�de pas quelques centaines de tonnes. Compte tenu des objectifs de la s�rie, il ne couvre pas le stockage commercial, qui concerne plusieurs r�gions ou tout un pays et qui d�passe en g�n�ral plusieurs milliers de tonnes. Les lecteurs d�sireux d'obtenir de plus amples informations sur ces syst�mes pourront s'adresser � des fabricants d'�quipements ou � des firmes d'ing�nierie. Toutefois, les aspects socio-�conomiques des trois syst�mes de stockage sont �tudi�s dans le Chapitre I afin de mieux cerner l'ensemble des �l�ments � prendre en compte lors de l'�laboration d'une strat�gie nationale de stockage des grains. Ces �l�ments, qui sont entre autres le co�t du transport des produits, le niveau des pertes associ�es � diff�rents syst�mes de stockage, l'emploi rural et la balance des paiements, sont analys�s en d�tail dans ce chapitre et des suggestions sont faites en vue de l'application de la strat�gie nationale retenue.
Les trois chapitres suivants (Chapitres II � IV) traitent de questions purement techniques. Ils int�resseront plus particuli�rement les utilisateurs directs de ces techniques, tels que techniciens des centres de stockage communautaire et agents ruraux de vulgarisation par qui transite l'information sur le stockage villageois destin�e aux fermiers. Le Chapitre II d�crit les conditions qui favorisent des pertes ou des d�t�riorations des produits stock�s afin de mieux faire comprendre les solutions propos�es dans les chapitres suivants pour la r�duction de celles-ci.
Le Chapitre III d�crit un certain nombre de syst�mes de stockage villageois, y compris des syst�mes traditionnels am�lior�s et d'autres syst�mes mis au point plus r�cemment. Les plans des greniers propos�s dans ce chapitre ainsi que les m�thodes et mat�riaux de construction sont d�crits avec suffisamment de d�tail pour permettre la construction de ces greniers sans avoir recours � des informations compl�mentaires. les agents ruraux de vulgarisation devront n�anmoins tester la construction des greniers villageois d�crits dans ce chapitre avant d'organiser des s�ances de formation pour les villageois.
Le Chapitre IV d�crit deux syst�mes de stockage communautaire: stockage en vrac et stockage en sacs. Ces syst�mes sont �galement d�crits en d�tail. On trouvera des indications sur les diff�rentes parties des structures (fondations, sols, murs, toit). Il est toutefois recommand� de recourir aux conseils d'un architecte pour la pr�paration des plans pour des structures de cette importance. Ce chapitre traite �galement des �quipements utilis�s pour le stockage communautaire et de la gestion de ces centres. Le traitement des grains avant et pendant le stockage est d�crit dans les deux chapitres relatifs aux syst�mes de stockage villageois et communautaire.
Le Chapitre V int�resse plus particuli�rement les futurs responsables des syst�mes de stockage communautaire et les institutions financi�res. On y trouve une description d�taill�e de la m�thodologie d'estimation du co�t unitaire de stockage qui permettra aux responsables d'op�rer un choix parmi plusieurs solutions techniques. Cette m�thodologie tient compte tant des co�ts d'amortissement et de fonctionnement que des pertes �ventuelles r�sultant de chaque syst�me.
Un glossaire des termes techniques utilis�s dans le dossier figure � l'annexe I. L'annexe II fournit une liste d'institutions - nationales ou internationales - concern�es par le stockage des grains. Le lecteur pourra contacter ces institutions pour obtenir des informations et �ventuellement des documents. Une bibliographie sommaire est incluse � la fin du dossier.
Les lecteurs qui d�sirent formuler des observations ou des commentaires sur le contenu de ce dossier peuvent le faire en retournant le questionnaire joint au dossier au BIT ou � l'ONUDI. Ces commentaires ou observations seront pris en compte dans la pr�paration d'autres dossiers.
Ce dossier technique a �t� pr�par� par M. J.F. Cruz, ing�nieur au Centre d'�tudes et d'�xp�rimentation du machinisme agricole tropical (CIRAD), et M. M. Allal, responsable de la s�rie de dossiers techniques au Service de la technologie et de l'emploi du BIT.
A.S. Bhalla,
Chef du Service de la technologie et de
l'emploi
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REMERCIEMENTS
La publication de ce dossier a �t� rendue possible gr�ce � un don de l'Office central su�dois pour l'aide au d�veloppement international (Swedish International Development Authority). Le Bureau international du Travail et l'Organisation des Nations Unies pour le d�veloppement industriel lui expriment leur reconnaissance pour cette aide g�n�reuse.
Ils remercient �galement les institutions qui ont autoris� la reproduction des figures suivantes:
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Figures |
Auteur |
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II.5; II.6; III.26 |
Centre national du machinisme agricole, du g�nie rural, des eaux et des for�ts (CEMAGREF). |
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II.9; III.13; III.15(a) - III.15(g) |
Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). |
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III.11 |
ENDA Tiers-monde - Environnement et d�veloppement du tiers-monde. |
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Le Stockage du Grain (ILO - WEP, 1986, 140 p.)
CHAPITRE I. ELEMENTS POUR UNE STRATEGIE DU STOCKAGE
I. ROLE DU STOCKAGE
Pour de nombreux pays en d�veloppement o� la base de l'alimentation est principalement constitu�e de produits c�r�aliers, le stockage des grains joue un r�le socio-�conomique important. Il permet tout d'abord de diff�rer dans le temps l'utilisation de produits vivriers r�colt�s en grande quantit� � une p�riode donn�e, et de fournir ainsi aux populations des ressources alimentaires tout au long de l'ann�e. En assurant d'autre part la constitution de r�serves sur plusieurs ann�es, utilisables en cas de disette, il participe directement � la s�curit� alimentaire des zones g�ographiques o� les al�as du climat ne permettent pas toujours la reconstitution annuelle des stocks alimentaires.
En second lieu, le stockage joue un r�le r�gulateur au niveau de la commercialisation des grains. Il permet en effet de r�gulariser le flot de grains �coul� sur le march� et d'assurer ainsi un meilleur �quilibre entre l'offre et la demande afin d'�viter des fluctuations excessives des prix. Ce r�le �conomique important est tenu par les offices c�r�aliers qui disposent d'importantes capacit�s de stockage ainsi que par les syst�mes de stockage communautaire.
Le stockage permet enfin de conserver les semences n�cessaires aux r�coltes futures ainsi que l'approvisionnement r�gulier des industries de transformation telles que les rizeries, les maiseries et les semouleries.
Etant donn�e l'importance du stockage des grains, il est essentiel que celui-ci puisse �tre organis� de mani�re � assurer pleinement les diff�rents r�les �num�r�s ci-dessus.
Pour cela, il est n�cessaire de formuler une strat�gie nationale du stockage des grains qui tienne compte des �l�ments suivants:
- importance � attribuer � diff�rents syst�mes de stockage (stockage villageois, communautaire, commercial);- moyens � mettre en oeuvre pour am�liorer les diff�rents syst�mes de stockage utilis�s dans le pays;
- introduction de nouveaux syst�mes de stockage, si n�cessaire;
- n�cessit� d'introduire de nouvelles mesures sociales, fiscales et mon�taires afin d'assurer un stockage appropri� de la production nationale de grains;
- n�cessit� d'effectuer des recherches pour d�terminer, entre autres, le niveau des pertes ou pour d�velopper et tester de nouveaux syst�mes de stockage.
Tous ces aspects sont analys�s dans les sections suivantes et les �l�ments d'une strat�gie nationale du stockage des grains sont sugg�r�s � l'intention de ceux qui sont charg�s d'�laborer et d'appliquer une telle strat�gie.
II. SYSTEMES DE STOCKAGE
II.1 Groupes sociaux concern�s
Diff�rents groupes sociaux pratiquent le stockage de produits vivriers dans des buts bien sp�cifiques. On peut distinguer:
- les producteurs qui stockent les grains afin de satisfaire les besoins alimentaires de leur famille, conserver des semences et revendre les �ventuels surplus � une p�riode o� les prix sont r�mun�rateurs;- les n�gociants qui ach�tent les produits � bas prix en p�riode de r�colte et les stockent pour les revendre avec profit � des p�riodes ult�rieures;
- les responsables d'industries alimentaires qui doivent disposer en permanence d'une mati�re premi�re suffisante et de qualit� homog�ne;
- les responsables d'offices c�r�aliers qui, au niveau national, sont charg�s de r�gulariser le flux de grains afin d'assurer l'approvisionnement r�gulier des populations.
Le syst�me de stockage adopt� d�pend donc, en grande partie, des besoins et caract�ristiques des groupes sociaux concern�s. On peut toutefois distinguer trois syst�mes principaux de stockage des grains:
- le stockage villageois concerne une ou plusieurs familles, ne d�passe pas g�n�ralement quelques tonnes (la moyenne est souvent inf�rieure � une tonne) et est compl�tement g�r� par le producteur lui-m�me;- le stockage communautaire concerne un ou plusieurs villages, ne d�passe pas g�n�ralement quelques centaines de tonnes et est g�r� par des salari�s, y compris des ouvriers qualifi�s;
- le stockage commercial concerne plusieurs r�gions ou tout un pays, d�passe en g�n�ral plusieurs milliers de tonnes et est g�r� par de grandes entreprises priv�es ou para-�tatiques.
Compte-tenu des objectifs de la s�rie des dossiers techniques, seuls les deux premiers syst�mes de stockage (villageois et communautaire) sont d�crits en d�tail dans les chapitres suivants. Les lecteurs d�sireux d'obtenir plus d'informations sur les syst�mes de stockage commercial pourront s'adresser � des fabricants d'�quipements ou des firmes d'ing�nierie. Cependant, les aspects socio-�conomiques des trois syst�mes de stockage �num�r�s ci-dessus seront �tudi�s dans ce chapitre afin de mieux cerner l'ensemble des �l�ments � prendre en compte lors de l'�laboration d'une strat�gie nationale de stockage des grains.
II.2 Le stockage commercial
Le stockage commercial concerne de grandes quantit�s de grains (plusieurs milliers ou dizaines de milliers de tonnes) produits localement ou import�s (aide alimentaire, achats � l'ext�rieur). Les centres de stockage se trouvent g�n�ralement pr�s des centres urbains d'o� s'organisent la distribution des stocks sur l'ensemble du pays et, �ventuellement, l'exportation � partir de ports ou gares ferroviaires.
Le stockage commercial des grains est du ressort des entreprises priv�es ou para-�tatiques et des grands moulins qui stockent les grains dans le but d'�viter l'arr�t de la production, faute de mati�res premi�res.
Les entreprises para-�tatiques maintiennent des stocks pour quatre raisons principales:
- assurer l'approvisionnement des grands centres urbains et des r�gions qui ne produisent pas assez de grains pour leurs propres besoins;- temp�rer les grandes fluctuations de prix par une meilleure ad�quation de l'offre et de la demande;
- assurer une s�curit� alimentaire � long terme en stockant les surplus des bonnes ann�es agricoles;
- assurer le stockage d'importations massives de grains (par exemple aide alimentaire) ou celui de grains destin�s � l'exportation.
Quelles que soient les conditions de production et de commercialisation des grains dans un pays, il est difficile d'�viter le stockage commercial. Ce dernier diff�re d'un pays � l'autre en termes de quantit�s stock�es ou de techniques de stockage. Par exemple, les pays qui importent une grande partie de leurs besoins en grains utilisent davantage le stockage commercial que les pays � population fortement ruralis�e, produisant assez de grains pour leur propre consommation et en exportant peu ou pas.
De m�me, il existe deux techniques principales de stockage commercial: le stockage en sacs et le stockage en vrac. Les pays op�rent aussi des choix diff�rents entre ces deux techniques d'apr�s des consid�rations d'ordre technique, �conomique ou historique. Le tableau I.1 compare ces deux syst�mes de stockage de diff�rents points de vue. Cette comparaison est fournie uniquement � titre indicatif; ainsi, tout choix de syst�me de stockage commercial devra �tre fait sur la base de donn�es techniques et �conomiques pr�cises par des sp�cialistes du stockage. Cependant, les indications port�es au tableau I.1 sont souvent v�rifi�es dans la pratique. En particulier, les investissements par tonne log�e sont plus �lev�s pour un syst�me de stockage en vrac que pour un syst�me de stockage en sacs. Par contre, le co�t unitaire de fonctionnement (co�t de main-d'oeuvre en particulier) favorise, en g�n�ral, le choix d'un syst�me de stockage en vrac. Un autre facteur, d'un int�r�t particulier pour les pays en d�veloppement, concerne les qualifications requises pour le fonctionnement et la maintenance des centres de stockage. Ce facteur favorise davantage les syst�mes de stockage en sacs, qui n�cessitent un personnel beaucoup moins qualifi� que les syst�mes de stockage en vrac.
Les avantages et inconv�nients du syst�me de stockage commercial par rapport � d'autres syst�mes (villageois et communautaire) sont analys�s � la section IV de ce chapitre.
Tableau I.1
Comparaison entre les syst�mes de stockage en vrac et de stockage en sac
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Caract�ristiques |
Stockage en vrac |
Stockage en sac |
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Utilisation du volume offert |
Maximum |
Souvent r�duite |
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Polyvalence |
Faible |
Possible |
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Rotation des stocks |
Ais�e |
Difficile |
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Surveillance des stocks et facilit� de traitement |
Bonnes |
Difficiles |
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Protection contre les rongeurs |
Pratiquement totale |
Souvent difficile |
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Co�t d'investissement |
Elev� |
Moyen |
|
Recours � des entreprises sp�cialis�es |
Tr�s fr�quent |
Rare |
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Niveau de m�canisation |
Important |
Assez faible |
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Co�t de fonctionnement |
Moyen |
Elev� |
|
Besoins en main-d'oeuvre |
Faibles |
Elev�s |
|
Qualifications requises |
Importantes |
Faibles |
|
Sophistication de la technique |
Oui |
Non |
II.3 Le stockage villageois
Bien que le stockage villageois, implant� au niveau des zones de production, n'int�resse que de faibles quantit�s de produits (quelques centaines de kilogrammes � quelques tonnes), il joue un r�le capital en mati�re de s�curit� alimentaire. Dans les pays en d�veloppement, plus de 80 pour cent de la r�colte est en effet stock�e dans des greniers villageois.
Les m�thodes de stockage villageois varient d'un pays � l'autre voire dans certains cas d'une r�gion � l'autre d'un m�me pays selon:
- les conditions climatiques (zone s�che, zone humide);- la nature du produit (c�r�ales, l�gumineuses, �pis, gousses, grains);
- l'utilisation ult�rieure des grains (consommation, vente, semences),
- le mode de stockage des produits (grains en vrac, en sacs);
- les m�thodes de lutte contre les d�pr�dateurs;
- les mat�riaux de construction disponibles localement et le savoir-faire des artisans et entreprises locaux.
Dans le Chapitre III du pr�sent dossier technique, diff�rentes m�thodes de stockage villageois sont expos�es. Il est admis qu'en g�n�ral, les syst�mes utilis�s par les paysans sont souvent satisfaisants car ils sont le fruit d'une pratique traditionnelle de stockage qui s'est am�lior�e au cours des g�n�rations. Cependant, l'introduction de nouvelles m�thodes agriculturales ou de nouvelles vari�t�s de semences ont quelquefois donn� lieu � des situations difficilement ma�trisables par le savoir-faire traditionnel. Par exemple, certaines vari�t�s nouvelles de grains sont plus productives et moins r�sistantes � diverses attaques que les vari�t�s locales. Ainsi, il est n�cessaire d'am�liorer le syst�me de stockage traditionnel afin de minimiser les effets de ces attaques. De m�me, une augmentation importante de la production n�cessite souvent de nouvelles structures de stockage car il n'est pas toujours possible d'augmenter simplement le nombre ou le volume des structures traditionnelles. Le Chapitre III de ce dossier �value ces structures et propose un certain nombre d'am�liorations. De nouvelles structures de stockage villageois sont aussi d�crites. Cependant, comme on le verra plus loin, il est important de bien analyser le co�t et les effets possibles de ces structures am�lior�es ou nouvelles avant de les proposer aux b�n�ficiaires potentiels.
II.4 Le stockage communautaire
Le stockage communautaire couvre des quantit�s de produits variant de quelques tonnes � quelques centaines de tonnes. C'est un stockage interm�diaire entre le stockage villageois et le stockage commercial.
Le stockage communautaire est n�cessaire chaque fois que la production locale exc�de les besoins de la population rurale. Les exc�dents doivent alors �tre commercialis�s � un. prix r�mun�rateur pour l'agriculteur. Le stockage communautaire permet d'obtenir un tel prix gr�ce:
- � la possibilit� de maintenir le produit stock� pendant de longues p�riodes sans grands risques de d�t�rioration, en attendant que s'�tablisse une meilleure ad�quation entre l'offre et la demande;- au plus grand pouvoir de n�gociation dont b�n�ficient les propri�taires du stockage communautaire par rapport � celui dont b�n�ficierait un agriculteur isol�.
De plus, le stockage communautaire est quelquefois indispensable dans le cas o� les chemins ou routes d'acc�s aux villages sont impraticables pendant une partie de l'ann�e. Le grain doit alors �tre transport� dans des charrettes jusqu'au centre de stockage communautaire situ� pr�s d'une route principale.
Le Chapitre IV de ce dossier d�crit deux syst�mes de stockage communautaire: le stockage en vrac et le stockage en sacs. Compte tenu du fait que le stockage en sacs est plus utilis� par les petits centres communautaires, il est d�crit de mani�re plus d�taill�e.
III. LES PERTES APRES RECOLTE
Les pertes apr�s r�colte ne sont pas uniquement dues au stockage. Elles peuvent se produire au cours des diff�rentes phases du syst�me post-r�colte, soit pendant la r�colte, la manutention, le battage, le s�chage, le stockage et la transformation des produits. Ainsi, une am�lioration des syst�mes de stockage ne devrait contribuer qu'en partie � la diminution des pertes. Le tableau I.2 fournit une estimation des pertes apr�s r�colte sur le riz en Asie du Sud-Est. On peut noter que les pertes dues au stockage sont du m�me ordre de grandeur que celles d�es � la mauvaise manutention des grains, au battage ou � l'usinage.
Des estimations pr�cises des pertes durant le stockage ne sont pas disponibles pour l'ensemble des pays en d�veloppement. Ces pertes sont aussi bien d'ordre quantitatif (pertes pond�rales) que qualitatif (pertes de qualit� nutritionnelle, technologique ou germinative). Elles se traduisent par des pertes mon�taires pour le producteur, le d�taillant ou pour le pays qui doit alors recourir aux importations pour pallier le d�ficit national en produits vivriers qu'elles engendrent.
Tableau I.2
Pertes apr�s r�colte de riz en Asie
du Sud-Est
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Op�ration |
Fourchette de pertes pond�rales (pourcentage) |
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R�colte |
1 - 3 |
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Manutention |
2 - 7 |
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Battage |
2 - 6 |
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S�chage |
1 - 5 |
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Stockage |
2 - 6 |
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Transformation (usinage) |
2 - 10 |
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Total |
10 - 37 |
Source: D.B. Depadua
Le niveau des pertes ou d�gradations de grain varie d'un pays � l'autre et selon le type d'activit� (par exemple battage, stockage), le type de grains (par exemple riz, ma�s) et les techniques de stockage. Ainsi, le niveau varie de quelques points de pourcentage dans certains cas � plus de 30 pour cent dans certains pays ou pour certains syst�mes de stockage. Des pertes moyennes de 10 � 15 pour cent sont assez courantes dans un grand nombre de pays en d�veloppement. Ces estimations, que l'on retrouve dans de nombreux rapports ou �tudes, ne doivent cependant pas �tre prises � la lettre. Les recherches dans ce domaine sont encore assez fragmentaires et leurs r�sultats sont loin d'�tre g�n�ralisables. En effet, les m�thodes d'estimation des pertes ne sont pas encore tout � fait au point et leur application est souvent difficile, faute de moyens ou de temps suffisants. De plus, il arrive souvent que les agriculteurs refusent, pour diverses raisons, de coop�rer avec les chercheurs.
L'impr�cision des estimations de pertes de grain sont d�es principalement aux facteurs suivants:
- n�gligence de certains facteurs de d�t�rioration des grains lors du stockage du fait des difficult�s � estimer certaines pertes d'ordre qualitatif;- manque de moyens pour effectuer des recherches portant sur plusieurs ann�es cons�cutives et dans plusieurs villages. Les r�sultats de la recherche ne se pr�tent pas � une g�n�ralisation car ils ne portent que sur une ann�e (ou une partie d'ann�e) qui n'est pas caract�ristique du point de vue climatologique (par exemple ann�e de s�cheresse ou excessivement pluvieuse) ou sur un seul village qui utilise des m�thodes de stockage diff�rentes de celles des autres villages;
- r�ticence des villageois ou manque de coop�ration de leur part. Le chercheur doit alors compter uniquement sur ses propres ressources.
Il convient �galement de noter que l'estimation d'un taux moyen de pertes annuelles n'est souvent pas repr�sentatif de l'ampleur du probl�me. En effet, le taux des pertes augmente avec la dur�e de la p�riode de stockage. Ainsi, il est beaucoup plus faible en d�but qu'en fin de p�riode. C'est vers la fin de la p�riode que les r�serves de grains ne sont plus suffisantes pour satisfaire les besoins des populations rurales. Par cons�quent, un taux de pertes �lev� en fin de p�riode de stockage ne fait qu'aggraver la situation, bien que le taux moyen annuel soit relativement bas.
Les pertes ou d�gradation des grains sont g�n�ralement dues aux facteurs suivants:
- stockage de grains insuffisamment secs;- syst�me de stockage mal ventil�;
- chaleur excessive � l'int�rieur de la zone de stockage d�e � une mauvaise isolation ou � l'activit� des grains;
- mauvaise protection contre les rongeurs, insectes, et l'humidit� ext�rieure;
- stockage de grains cass�s, �rafl�s ou m�l�s � des impuret�s;
- manque de moyens pour acheter des insecticides ou autres produits de protection.
Les m�canismes qui d�terminent le niveau des pertes et des d�gradations des grains sont d�crits en d�tail au Chapitre II. Dans ce chapitre et dans les chapitres suivants sont sugg�r�s des moyens de lutte afin de minimiser les pertes. Cependant, l'utilisation de l'un ou l'autre de ces moyens n'est pas toujours justifi�e d'un point de vue �conomique et il est parfois difficile de convaincre les petits agriculteurs d'engager des d�penses pour limiter les pertes. Par exemple, il serait difficile de convaincre un agriculteur d'acheter des insecticides pour r�duire ses pertes de 1 � 2 pour cent si le co�t des insecticides est �gal ou sup�rieur � celui du grain perdu.
IV. ELEMENTS POUR UNE STRATEGIE NATIONALE DU STOCKAGE DES GRAINS
Une strat�gie nationale de stockage des grains a pour but de sp�cifier l'importance relative de chaque syst�me de stockage (commercial, communautaire et villageois) en tenant compte de certains facteurs techniques, �conomiques et sociaux. Une telle strat�gie doit aussi inclure tous les �l�ments n�cessaires pour d�terminer les sites et les techniques de stockage, le volume maximum des stocks, etc.
Il n'entre pas dans le cadre de ce dossier technique de fournir une description d�taill�e de tous les �l�ments de cette strat�gie. Les diff�rents �l�ments � prendre en consid�ration sont les suivants:
- co�t du transport du grain;- co�t unitaire du stockage pour chaque syst�me envisag�;
- co�t des pertes associ�es � chaque syst�me;
- objectifs de d�veloppement du pays (g�n�ration d'emplois productifs, balance des comptes, industrialisation rurale et am�lioration des revenus des couches sociales d�favoris�es).
Le but d'une strat�gie nationale du stockage est de minimiser la somme de ces co�ts compte tenu des objectifs de d�veloppement national. Ainsi, la strat�gie retenue n'est pas n�cessairement la moins co�teuse. Les diff�rents �l�ments d'une telle strat�gie sont bri�vement analys�s ci-dessous.
IV.1 Co�t du transport du grain
Le co�t annuel du transport du grain est fonction de la localisation des diff�rents syst�mes de stockage par rapport:
- aux zones de production;
- aux zones de commercialisation;
- aux zones de transformation du grain et de consommation.
Il est aussi fonction des diff�rents syst�mes de transport disponibles dans le pays et de leur co�t unitaire (par exemple, co�t par tonne-kilom�tre).
Dans certains cas, la localisation d'un ou plusieurs syst�mes de stockage est pr�d�termin�e. Un pays exportateur de grain doit par n�cessit� �tablir d'importants syst�mes de stockage � la p�riph�rie des ports ou des gares ferroviaires. De m�me, l'existence de grands centres urbains �loign�s des zones de production n�cessite l'�tablissement d'importants syst�mes de stockage pr�s de ces centres afin d'assurer la s�curit� alimentaire des populations urbaines.
Le co�t annuel du transport du grain devra �tre estim� pour chaque strat�gie de stockage consid�r�e par le gouvernement.
IV.2 Co�t unitaire du stockage
Le co�t unitaire du stockage varie en fonction du syst�me adopt� (villageois, communautaire ou commercial), du choix de la technique de stockage (en vrac, en sacs) et de la localisation des structures de stockage. Le Chapitre V d�crit une m�thodologie relativement simple qui peut �tre utils�e pour une premi�re estimation du co�t unitaire de stockage.
Il n'existe pas, � priori, un syst�me plus avantageux qu'un autre. Chaque syst�me peut, sous certaines conditions, �tre le moins co�teux. Cependant, les syst�mes de stockage villageois pr�sentent souvent les co�ts unitaires les plus bas car ils utilisent de la mati�re premi�re disponible localement et souvent gratuite (de la terre, des d�chets v�g�taux) et une main d'oeuvre peu co�teuse ou gratuite (par exemple, le fermier peut construire son propre syst�me de stockage pendant les p�riodes creuses).
IV.3 Co�t des pertes
Le co�t des pertes de grains doivent aussi �tre pris en consid�ration lors de l'�valuation de diff�rentes strat�gies nationales du stockage. Par exemple, des syst�mes de stockage � faible co�t unitaire peuvent donner lieu � des pertes relativement importantes de grain. Ainsi, il est quelquefois plus avantageux de choisir des syst�mes de stockage � co�t unitaire �lev� s'ils peuvent assurer une protection ad�quate du grain.
Comme on l'a vu pr�c�demment, il est difficile d'estimer les pertes associ�es � diff�rents syst�mes de stockage. Par cons�quent, il sera peut �tre n�cessaire d'effectuer des recherches dans ce domaine afin d'assurer le meilleur choix d'une strat�gie nationale du stockage.
IV.4 Objectifs de d�veloppement
Le choix d'une strat�gie nationale du stockage devra souvent prendre en consid�ration les objectifs de d�veloppement du pays. Par exemple, le choix d'un syst�me de stockage en vrac est en contradiction avec l'objectif de d�veloppement de l'emploi car un tel syst�me n�cessite moins de main-d'oeuvre par tonne log�e qu'un syst�me de stockage en sacs. De m�me, certains syst�mes n�cessitent davantage d'�quipements import�s que d'autres et sont donc en contradiction avec une politique visant � am�liorer la balance des comptes. Ainsi, le planificateur devra juger du m�rite de tel ou tel syst�me de stockage en fonction de ses effets socio-�conomiques et des objectifs de d�veloppement du pays.
V. MISE EN OEUVRE DE LA STRATEGIE NATIONALE DE STOCKAGE
Une fois formul�e, la strat�gie nationale du stockage des grains doit �tre appliqu�e. Pour ce faire, plusieurs mesures doivent �tre �labor�es et appliqu�es par le gouvernement afin de favoriser telle ou telle strat�gie retenue.
V.1 Mesures en faveur de la recherche-d�veloppement
Le gouvernement devra favoriser la recherche-d�veloppement en mati�re de stockage des grains. Cette recherche pourra se faire par les centres universitaires ou centres de recherches sp�cialis�s. Le probl�me des pertes devra �tre �tudi� en priorit� afin de d�terminer leur importance.
Les syst�mes de stockage villageois devront �galement �tre test�s et �ventuellement am�lior�s. La recherche ne devrait pas se limiter au seul domaine technique. Des investigations socio-�conomiques devront �galement �tre faites pour d�terminer les avantages des diff�rents syst�mes et leur acceptation par les agriculteurs.
V.2 Programmes de formation
La diffusion et l'application de nouveaux syst�mes de stockage villageois n�cessite une formation des utilisateurs par des agents de vulgarisation. La m�me d�marche est n�cessaire pour promouvoir des syst�mes de stockage am�lior�s ou des techniques de traitement des grains. Dans tous les cas, il faut s'assurer que les techniques propos�es sont appropri�es d'un point de vue technique, �conomique et social.
V.3 Assistance financi�re
Il est parfois plus avantageux pour un groupe de villages d'entreposer les grains dans une structure de stockage communautaire. Un tel syst�me est cependant co�teux et n�cessite des investissements importants. Pour autant qu'il soit justifi� sur un plan �conomique et social, un tel syst�me peut �tre subventionn� en totalit� ou en partie par le gouvernement. De m�me, des cr�dits pourraient �tre offerts aux groupements villageois � des taux pr�f�rentiels.
| |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Le Stockage du Grain (ILO - WEP, 1986, 140 p.)
CHAPITRE II. CARACTERISTIQUES DES GRAINS STOCKES ET FACTEURS DE DEGRADATION
I. CARACTERISTIQUES DES GRAINS STOCKES
Les pertes de grains en cours de stockage d�pendent des facteurs suivants:
- l'�tat des grains stock�s caract�ris� par leur degr� d'humidit�, leur temp�rature et l'�tat de leur surface (pr�sence d'�raflures, de fractures r�sultant d'un mauvais �grenage);- la pr�sence de diff�rentes impuret�s m�l�es aux grains;
- l'attaque des d�pr�dateurs (insectes, rongeurs, oiseaux);
- les conditions climatiques (humidit� relative, temp�rature) pendant le stockage;
- la dur�e du stockage;
- le syst�me de stockage utilis�.
Pour mieux comprendre l'action de d�gradation de ces diff�rents facteurs, il est bon de rappeler succintement les caract�ristiques des grains stock�s.
I.1 Composition physique des grains
Les grains sont constitu�s de trois parties: les enveloppes, l'albumen et le germe ou plantule. Les figure II.1 � II.4 montrent ces diff�rentes parties pour les grains de ma�s, sorgho, riz et haricot.
Figure II.1 Structure du grain de ma�s
Figure II.2 Coupe du grain de sorgho
Figure II.3 Coupe du grain de riz
Figure II.4 Grain de haricot
Les enveloppes
Les grains de c�r�ales sont prot�g�s par une ou plusieurs enveloppes. L'enveloppe ext�rieure, ou p�ricarpe, prot�ge la graine et ralentit les �changes avec l'ext�rieur. Elle peut cependant �tre travers�e par les micro-organisme s et par les gaz. Lors de la mouture, le p�ricarpe donnera le "son", substance riche en prot�ines. Par opposition aux c�r�ales dites "nues" (par exemple le ma�s, le sorgho, le mil), certaines c�r�ales, telles que le riz paddy, sont dites "v�tues" car elles poss�dent certaines enveloppes provenant de la fleur. Celles-ci am�liorent consid�rablement la protection de la graine. Les grains de l�gumineuses, telles que le haricot, sont de v�ritables graines recouvertes en g�n�ral de deux t�guments.
Les enveloppes prot�gent la graine de l'humidit�, de certaines moisissures et de diff�rents insectes. Cependant, cette protection n'est assur�e que si l'enveloppe n'a pas �t� �rafl�e ou rompue durant la moisson ou l'�grenage. Etant donn� que les grains endommag�s risquent de contaminer les grains sains, il est important d'en �liminer le maximum avant le stockage.
L'enveloppe ne prot�ge pas la totalit� du grain: une partie de ce dernier, le funicule, n'est pas prot�g�e et permet la p�n�tration de vapeur d'eau et de certaines moisissures � l'int�rieur du grain.
L'albumen
L'albumen occupe une grande partie de l'int�rieur du grain et correspond � l'organe de r�serve. Il est surtout constitu� de grains d'amidon dont l'assemblage plus ou moins l�che conf�re � l'albumen une structure vitreuse ou farineuse. Dans le cas de certaines l�gumineuses (haricot ou pois par exemple), l'albumen est rapidement dig�r� par les cotyl�dons qui deviennent alors l'organe de r�serve. On a ainsi des grains sans albumen. Certains insectes et moisissures se nourrissent ou se servent de l'albumen tout en produisant de l'humiditi�, du gaz carbonique et de la chaleur. L'humidit� et la chaleur ainsi d�gag�es favorisent les attaques par d'autres insectes ou engendrent des conditions favorables au d�veloppement des moisissures.
Le germe et la plantule
La plantule des c�r�ales est form�e du scutellum (ou cotyl�don) qui est riche en lipides (mati�res grasses) et du germe qui constitue une v�ritable plante miniature. La taille relative de la plantule par rapport au grain varie suivant les produits (par exemple 2 pour cent pour le riz cargo, 10 pour cent pour le sorgho et 11 pour cent pour le ma�s).
Les cons�quences de la d�gradation de la plantule en cours de stockage sont particuli�rement graves dans le cas o� les grains sont stock�s en tant que semences. Ainsi, une d�gradation importante de celles-ci r�duirait consid�rablement le rendement des r�coltes. Par cons�quent, les semences sont souvent stock�es s�par�ment afin de leur assurer une meilleure protection.
Le germe est aussi une source importante d'�l�ments nutritifs qui, tels que les vitamines, sont essentiels pour l'homme. Son importance du point de vue alimentaire est davantage d'ordre qualitatif que quantitatif. Par exemple, il est pr�f�rable de ne pas s�parer le germe du reste des constituants des grains lors de la mouture dans les pays o� la consommation des grains (ma�s par exemple) constitue l'essentiel du r�gime alimentaire des groupes �conomiquement d�favoris�s1. Cependant, on �limine parfois ces germes riches en lipides pour �viter que les farines auxquelles ils se retrouvent m�lang�s ne rancissent.
1 Voir � ce sujet le dossier technique sur la transformation du ma�s, o� plusieurs techniques d'usinage sont analys�es en fonction de leur effet sur la nutrition: BIT: Small-scale maize milling, Technology Series, Technical Memorandum No. 7 (Gen�ve, 1984), traduction fran�aise � para�tre.
L'importance relative des diff�rentes parties du grain est donn�e � titre indicatif dans le tableau II.1 pour le ma�s, le sorgho et le riz cargo.
Tableau II.1
Importance relative des diff�rentes
parties du grain
| |
Pourcentage | ||
|
Grain |
P�ricarpe |
Albumen |
Germe |
|
Ma�s |
5,5 |
83 |
11,5 |
|
Sorgho |
6 |
84 |
10 |
|
Riz cargo |
6 |
92 |
2 |
I.2. Propri�t�s physiques des grains
Certaines propri�t�s physiques des grains expliquent quelques uns des probl�mes d�s � un mauvais stockage.
Porosit�
Les grains en masse constituent un mat�riau poreux dont 30 � 50 pour cent du volume est occup� par l'air intersticiel. Le pourcentage des 'vides', fonction de la taille des grains, est par exemple plus faible pour le sorgho que pour le ma�s. Ces espaces intergranulaires permettent de faire traverser les grains par un courant d'air (ventilation). Dans les zones humides, certains syst�mes de stockage sont con�us de fa�on � favoriser une telle ventilation afin, par exemple, de parachever le s�chage des grains.
Conductibilit� thermique
Les grains ont une faible conductibilit� thermique, se comportant ainsi comme un isolant. Cette caract�ristique peut donner lieu � des pertes ou d�gradations lorsqu'une partie de ces grains est sujette � des attaques d'insectes ou de moisissures. En effet, ces attaques produisent de l'humditit�, du gaz carbonique et de la chaleur. Cette derni�re, ne pouvant se dissiper facilement du fait de la faible conductibilit� thermique des grains, peut donner lieu � des temp�ratures relativement �lev�es (par exemple 50 � 60°C) � l'int�rieur des stocks. Ces derniers perdent une partie de leur valeur nutritive et ne peuvent plus �tre utilis�s comme semence.
Hygroscopicit�
Le grain constitue un mat�riau hygroscopique capable d'�changer de la vapeur d'eau avec le milieu ambiant. Cet �change est fonction du degr� d'humidit� de l'air et de sa temp�rature et se poursuit jusqu'� ce qu'un �quilibre s'�tablisse entre l'humidit� de l'air et celle du grain. Cette caract�ristique du grain joue un r�le important lors du stockage car l'humidit� est l'un des facteurs les plus importants de d�t�rioration du grain.
Poids sp�cifiques
Il est important de conna�tre les poids sp�cifiques des diff�rents produits stock�s pour d�terminer les volumes et donc les dimensions des greniers ou des magasins qui seront n�cessaires pour stocker telle ou telle quantit� de grains. Le tableau II.2 donne quelques exemples de poids sp�cifiques.
Tableau II.2
Poids sp�cifique de diff�rents produits stock�s (en kilogrammes par m�tre cube)
|
Produit | |
Poids sp�cifique |
| |
|
(kg/m3) |
|
Ma�s |
Epis nus |
450 |
| |
Grains |
700 - 750 |
|
Riz |
Gerbes |
80 - 120 |
| |
Paddy |
520 - 740 (on retient souvent 550) |
| |
Cargo et usin� |
800 -1040 |
|
Sorgho |
Grains |
680 - 750 |
|
Mil |
Grains |
810 |
|
Haricots secs |
Grains |
720 |
| |
Gousses |
410 |
I.3 Composition biochimique
Les grains sont constitu�s de mati�re s�che et d'eau. La mati�re s�che est constitu�e des �l�ments suivants:
- Les glucides qui sont pr�sents principalement dans l'albumen sous forme de grains d'amidon. D'un point de vue nutritionnel, les glucides jouent un r�le essentiellement �nerg�tique;- les lipides, ou mati�res grasses, sont surtout concentr�s dans le germe et jouent aussi un r�le essentiellement �nerg�tique. En cas de mauvaise conservation, certains acides gras (dits "insatur�s") peuvent s'oxyder et donner un go�t et une odeur de rance aux grains;
- les protides sont surtout pr�sents dans le germe et l'assise prot�ique. Ce sont des compos�s azot�s form�s par l'association d'�l�ments de base, les acides amin�s. Certains de ces acides amin�s sont essentiels � l'alimentation humaine. Leur �limination en cours de stockage diminue donc la valeur nutritive des grains;
- Les vitamines sont surtout concentr�es dans le germe et le p�ricarpe. Intervenant au niveau des fonctions essentielles de l'organisme humain, leur carence entra�ne souvent des troubles graves. Or, les vitamines, pr�sentes dans le germe et l'enveloppe sont plus vuln�rables que les autres constituants du grain en cas de mauvais stockage.
Au cours des diff�rentes phases du syst�me apr�s r�colte et notamment du stockage, on doit veiller � bien conserver l'int�gralit� de ces diff�rents constituants biochimiques afin que les grains conservent leur qualit� nutritionnelle et alimentaire.
Le grain contient aussi de l'eau dans des proportions qui varient selon l'origine des grains et le s�chage auquel ils ont �t� soumis. Pr�sente � une certaine teneur, l'eau va favoriser l'attaque par des micro-organismes. Les effets conjugu�s du niveau d'humidit� du grain et de la temp�rature seront �tudi�s de mani�re plus d�taill�e dans ce chapitre.
Les proportions des diff�rents constituants de quelques c�r�ales sont fournies au tableau II.3.
Tableau II.3
Composition biochimique de quelques c�r�ales
|
C�r�ales |
Constituants (pourcentage) | ||||
| |
Glucides |
Lipides |
Protides |
Cendres |
Eau |
|
Ma�s |
72 |
4 |
10 |
1 |
13 |
|
Riz | | | | | |
|
Paddy |
73 |
2 |
8 |
4 |
13 |
|
Cargo |
75,5 |
1,5 |
10 |
1 |
12 |
|
Sorgho |
73 |
3,5 |
11 |
1,5 |
11 |
II. FACTEURS D'ALTERATION DES GRAINS
II.1 Manifestation de l'activit� des grains
Afin de mieux comprendre le processus de d�t�rioration des grains, il est bon de rappeler une manifestation essentielle de l'activit� de ceux-ci: la respiration. Celle-ci peut sch�matiquement �tre assimil�e � la d�gradation des glucides suivant la r�action suivante:
C6H12 + 6 O2 Þ 6 CO2 + 6 H2O + 674 Kcal
soit:
Amidon + oxyg�ne Þ gaz carbonique + eau + chaleur
Durant le stockage, les organismes vivants que sont les grains respirent. Cette activit� provoque une perte de mati�re s�che, dans ce cas l'amidon, tout en produisant du gaz carbonique, de l'eau (sous forme de vapeur) et de la chaleur. Ce ph�nom�ne est fr�quemment observ� dans les masses de grains stock�s humides. Il donne lieu � une forte �l�vation de temp�rature, au d�veloppement de micro-organismes tels que les moisissures et finalement � la prise en masse des grains. Pour assurer une bonne conservation des produits, il faut donc limiter au maximum ce ph�nom�ne en agissant sur les principaux facteurs internes d'alt�ration des grains, essentiellement l'humidit� et la temp�rature. Un bon stockage doit aussi limiter les pertes et d�gradations occasionn�es par des d�pr�dateurs tels que les insectes et les rongeurs. Tous ces facteurs d'alt�ration des grains sont bri�vement analys�s dans la section suivante.
II.2 Facteurs d'alt�ration des grains
La dur�e du stockage
D'apr�s ce qui a �t� pr�c�demment expos� sur le ph�nom�ne de la respiration, il apparait �vident que plus la dur�e de stockage est longue, plus les pertes de mati�res s�ches sont importantes. Les grains destin�s � �tre conserv�s sur une longue p�riode, comme c'est le cas par exemple pour un stockage de s�curit� pluri-annuel, doivent ainsi �tre dans un �tat de siccit� important et dans un environnement favorable afin de limiter autant que possible les ph�nom�nes de respiration des grains.
La temp�rature
Elle joue un r�le important dans la conservation des produits agricoles car elle conditionne la vitesse de d�gradation des grains. Elle acc�l�re en effet la vitesse des r�actions chimiques et enzymatiques et la respiration des grains. Une augmentation de temp�rature se traduit par un d�gagement de chaleur au sein de la masse des grains. Ce d�gagement de chaleur double pratiquement pour chaque �l�vation de 5°C de la temp�rature, ceci jusqu'� environ 28 C (au del� l'effet diminue). La dur�e probable de conservation d'un stock est ainsi diminu�e de moiti� lorsque la temp�rature des grains augmente de 5°C. L'�chauffement des grains est un ph�nom�ne qui s'auto-acc�l�re et qui alt�re rapidement la qualit� des grains. Le niveau des temp�ratures atteintes est important � consid�rer. Le pouvoir germinatif des semences de c�r�ales est totalement alt�r� si l'on d�passe, par exemple, 40°C.
Les �chauffements peuvent �tre �vit�s ou frein�s par l'utilisation de diff�rentes techniques. La premi�re consiste � stocker les grains � basse temp�rature. Cette technique est rarement possible dans les zones tropicales. La ventilation des produits stock�s est une technique beaucoup plus fr�quemment utilis�e. Certains syst�mes de stockage favorisent l'a�ration naturelle des produits, et permettent ainsi d'�liminer la chaleur produite par les ph�nom�nes biologiques au fur et � mesure de son apparition. On peut enfin isoler les stocks des fortes temp�ratures ambiantes en construisant des greniers avec des mat�riaux relativement isolants (terre stabilis�e, par exemple) ou en les recouvrant d'un enduit de couleur claire (chaux, peinture blanche).
La temp�rature agit aussi indirectement sur les stocks en favorisant le d�veloppement des micro-organismes et des insectes. Les extr�mes de temp�rature tol�r�s par les moisissures varient d'une esp�ce � l'autre mais la majorit� d'entre elles ont une croissance acc�l�r�e entre 20 et 40°C pour autant que ces micro-organismes soient plac�s dans des conditions hydriques satisfaisantes. Quant aux insectes, leur d�veloppement est possible entre 10 et 45 C et connait, pour la plupart des esp�ces, un optimum vers 30 C. Les basses temp�ratures retardent ou arr�tent compl�tement la reproduction des insectes alors que les fortes temp�ratures entra�nent leur �limination. Dans les r�gions tropicales, les stocks sont souvent � des temp�ratures qui correspondent aux conditions optimales de croissance des insectes et des moisissures.
L'humidit�
L'humidit� est sans doute le facteur de d�gradation le plus important. Il est courant de constater que les grains stock�s humides sont le si�ge d'�chauffements, de d�veloppement de moisissures et parfois de germination. L'une ou l'autre de ces manifestations est la preuve flagrante d'un mauvais stockage.
L'humidit� favorise la respiration des grains et des micro-organismes qui lui sont associ�s et accentue en cons�quence le d�gagement de chaleur au sein des grains stock�s. Il est g�n�ralement admis que le d�gagement de chaleur double pour chaque accroissement de 1,5 pour cent de l'humidit� du grain. La dur�e probable de conservation d'un stock est ainsi diminu�e de moiti� si l'humidit� du grain stock� augmente de 1,5 pour cent. Les alt�rations sont accentu�es par le fait que les grains humides contiennent une eau faiblement absorb�e qui est rapidement mise � profit par les micro-organismes pr�sents � la surface du grain pour se d�velopper.
Afin de mieux cerner la relation qui existe entre la teneur en humidit� et la d�gradation des grains, il est essentiel de rappeler la notion d'�quilibre hygroscopique air-grain. Mis en contact prolong�, le grain et l'air ambiant atteignent un �tat d'�quilibre hygroscopique caract�ris� par une m�me temp�rature et une m�me pression de vapeur d'eau. Lorsqu'il y a d�s�quilibre, un transfert d'eau sous forme de vapeur d'�tablit entre les deux milieux. Plac� dans une atmosph�re s�che, un grain humide perd de l'eau (ce principe est utilis� en s�chage) alors qu'un grain sec plac� dans une ambiance humide se r�humidifie. A chaque degr� d'humidit� relative de l'air correspond un degr� d'humidit� du grain. Ces diff�rents �quilibres sont repr�sent�s par une courbe d'�quilibre hygroscopique qui, �tablie pour une temp�rature donn�e, est propre � chaque produit. Pour un m�me grain, plusieurs courbes sont trac�es qui correspondent � diff�rentes temp�ratures.
Les figures II.5 � II.8 repr�sentent les courbes d'�quilibre hygroscopique pour diff�rents produits: ma�s, riz, sorgho, l�gumineuse (haricot, soja). Par exemple, � une temp�rature de 25°C, le ma�s, qui a une teneur en eau de 15 pour cent, est en �quilibre avec l'air � 76,5 pour cent d'humidit� relative (point A sur la figure II.5). S'il est ventil� avec de l'air � 25°C et � 70 pour cent d'humidit� relative, sa teneur en eau va diminuer et s'�quilibrer � 14 pour cent (point B sur la figure II.5).
Figure II.5 Courbe d'�quilibre d'humidit� air-ma�s (grain) �tablie � 25*C
(Source: CEMAGREF)
Figure II.6 Courbe d'�quilibre d'humidit� air-riz �tablie � 25°C
(Source: CEMAGREF)
Figure II.7 Courbe d'�quilibre d'humidit� air-sorgho
Figure II.8 Courbes d'�quilibre d'humidit� air-haricot blanc et air-soja �tablies � 25°C
Entre 25 et 60 pour cent d'humidit� relative, il y a pratiquement blocage de toutes les r�actions de d�gradation des grains. Ce n'est qu'au-dessus de 65 � 70 pour cent d'humidit� relative que se d�veloppent les micro-organismes et que s'acc�l�rent les r�actions d'alt�ration. Pour une bonne conservation des grains stock�s, leur humidit� doit �tre inf�rieure � celle qui correspond � l'�quilibre avec de l'air � 70 pour cent d'humidit� relative.
Le tableau II.4 donne, pour diff�rents produits, la teneur en eau qui ne doit pas �tre d�pass�e afin d'�viter les risques de d�veloppement des moisissures au cours du stockage. Les valeurs donn�es tiennent compte du fait qu'en zone tropicale, la temp�rature des stocks est souvent �lev�e (25 � 30°C et parfois plus).
Tableau II.4
Humidit� maximum recommand�e pour le stockage des grains en r�gions chaudes
|
Produit |
Teneur en eau (pourcentage) |
|
Ma�s |
13 |
|
Paddy |
13-14 |
|
Riz |
13 |
|
Sorgho |
12,5-13 |
|
Mil |
15 |
|
Bl� |
13 |
|
Haricot |
14 |
|
Soja |
12 |
|
Arachide |
7 |
Action combin�e de la temp�rature et de l'humidit�
Les facteurs temp�rature et humidit� sont �troitement li�s. Les courbes d'�quilibre hygroscopique air-grain indiquent en effet que plus la temp�rature est �lev�e, plus l'humidit� du produit doit �tre faible pour assurer une bonne conservation. C'est pourquoi les taux d'humidit� maximaux recommand�s pour le stockage dans les r�gions chaudes sont toujours inf�rieurs � ceux retenus dans les r�gions temp�r�es ou froides. Le diagramme de conservation des c�r�ales �tabli par Burgess et Burrel (voir figure II.9) donne les diff�rents types d'alt�ration possible, en fonction de la temp�rature et de l'humidit�. Ce diagramme permet de v�rifier que du grain � une teneur en eau de 15 pour cent et stock� � une temp�rature de 25°C (point A) va pr�senter des risques de d�veloppement d'insectes et de moisissures alors que s'il est stock� � cette m�me temp�rature, mais � une humidit� de 12,5 pour cent, il est seulement expos� aux attaques d'insectes (point B). On note �galement que du grain � 15 pour cent d'humidit� se conserve parfaitement s'il est stock� � 10°C (point C). En zone tropicale, on ne dispose g�n�ralement pas de temp�ratures aussi basses.
Composition des gaz du milieu
Les grains en masse constituent un mat�riau poreux dont 30 � 50 pour cent du volume est occup� par de l'air qui d�termine leur m�tabolisme a�robie. La respiration des grains stock�s dans une structure �tanche appauvrit l'atmosph�re intersticielle en oxyg�ne et l'enrichit en gaz carbonique. Cette modification de la composition des gaz du milieu peut bloquer le d�veloppement des moisissures et d�truire les insectes �ventuellement pr�sents. Ce principe est appliqu� dans les m�thodes de stockage souterrain. Ces m�thodes sont pratiqu�es de mani�re traditionnelle dans de nombreuses r�gions du monde o� les producteurs utilisent des fosses creus�es dans le sol pour stocker leur r�colte. Cependant, si les grains sont emmagasin�s avec une humidit� excessive, des risques de fermentation apparaissent et donnent lieu � des pertes importantes pouvant atteindre l'ensemble du stock.
II.3 Les agents biologiques de d�gradation des grains
Les principaux agents biologiques responsables de l'alt�ration des grains au cours du stockage sont les moisissures, les insectes et les rongeurs. Ceux-ci sont bri�vement analys�s dans cette section.
Figure II.9 Diagramme de conservation des c�r�ales
(Source: FAO)
La microflore des grains
La surface des grains est toujours impr�gn�e d'une microflore. Les �chauffements qui apparaissent dans les masses de produits stock�s sont d�s aussi bien � la respiration des grains qu'� la pr�sence du "complexe grain-micro-organismes". La microflore pr�sente sur les grains se compose de bact�ries de levures et de moisissures. Leur d�veloppement n'est possible que dans des conditions bien pr�cises de temp�rature et d'humidit�. Les limites inf�rieures moyennes de d�veloppement en fonction de l'humidit� relative de l'air sont de 90 pour cent pour les bact�ries, 85 pour cent pour les levures et 65 � 70 pour cent pour les moisissures. En g�n�ral, ce sont uniquement les moisissures qui sont � craindre pendant le stockage, bien que tous les micro-organismes pr�c�demment cit�s soient susceptibles de polluer les grains � fort degr� d'humidit�. Il existe de tr�s nombreuses esp�ces de moisissures dont certaines sont caract�ristiques du stockage (par exemple les "p�nicillium" et les "aspergillus"). Au cours de leur d�veloppement, elles produisent parfois des toxines qui rendent les produits sur lesquels elles sont pr�sentes impropres � la consommation humaine ou animale. Le cas le plus connu est celui de l'aflatoxine, une mycotoxine canc�rig�ne produite par l'Aspergillus flavus.
Les conditions d'un bon stockage doivent emp�cher le d�veloppement de moisissures qui risquent d'alt�rer les propri�t�s organoleptiques des grains de consommation (aspect, odeur, go�t), la valeur nutritionnelle du produit (perte de mati�re s�che) et parfois sa qualit� alimentaire (pr�sence de mycotoxines).
Les insectes
En zone tropicale, les insectes sont � l'origine de nombreux d�gats dans les produits stock�s. Le d�veloppement de la plupart des esp�ces se situe entre 15 et 35°C avec un optimum d'environ 25-30°C. Leur multiplication est r�duite dans le cas de faible humidit� du grain (11 pour cent pour le ma�s par exemple). Les insectes ne r�sistent pas � une teneur en oxyg�ne du milieu inf�rieure � 1 pour cent.
Dans les stocks, les insectes occasionnent des pertes quantitatives importantes en consommant l'albumen et parfois le germe des grains. Ce sont bien souvent les larves, pour certaines esp�ces vivant � l'int�rieur m�me des grains, qui provoquent les d�gats les plus sensibles. Les denr�es qu'ils infestent sont �galement d�pr�ci�es par leurs d�jections ou secr�tions.
Enfin, par leur activit� biologique qui produit des d�chets (fines farines par exemple), et des d�gagements de chaleur et de vapeur d'eau, les insectes cr�ent un milieu propice au d�veloppement des micro-organismes.
De tr�s nombreuses esp�ces d'insectes s'attaquent aux denr�es stock�es. Certaines sont sp�cifiques au stockage alors que d'autres peuvent infester les produits dans le champ. Les principaux insectes d�pr�dateurs des produits vivriers sont r�pertori�s dans le tableau II.5.
Les rongeurs
Les rongeurs occasionnent des pertes importantes dans les greniers et les magasins de stockage: des pertes quantitatives en consommant les produits et des pertes qualitatives en souillant les denr�es par leurs s�cr�tions. Les rongeurs provoquent �galement des d�gats au niveau des structures de stockage ou des emballages (sacs). Selon le syst�me de stockage utilis�, les risques d'attaque par les rongeurs sont plus ou moins �lev�s. Le stockage en vrac est de ce point de vue, plus efficace que le stockage en sacs.
Les principaux rongeurs d�pr�dateurs des stocks sont le rat gris, le rat noir et la souris, que l'on rencontrent pratiquement sous tous les climats. Selon les r�gions, des esp�ces locales de rongeurs peuvent �galement s'attaquer aux produits stock�s.
La lutte contre les rongeurs est importante tant d'un point de vue �conomique que d'un point de vue sanitaire car ces animaux sont souvent porteurs de maladies. Cette lutte doit d'abord �tre pr�ventive. Les m�thodes utilis�es consistent � placer des "�crans" infranchissables entre les rongeurs et les stocks (par exemple, barri�res anti-rats et fermeture herm�tique des locaux) et surtout � observer une hygi�ne rigoureuse dans les entrepots. Dans certains cas, des m�thodes curatives s'av�rent n�cessaires pour r�duire des populations importantes de rongeurs. Ces op�rations sont souvent difficiles � mettre en oeuvre et d�licates car elles n�cessitent l'emploi de poisons (anticoagulants) dangereux pour l'homme et les animaux domestiques.
III. APTITUDE DES GRAINS AU STOCKAGE
Avant le stockage, les grains et les structures destin�es � les recevoir doivent �tre correctement pr�par�s pour �viter les risques de mauvaise conservation.
Tableau II. 5
Principaux insectes d�pr�dateurs des stocks
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Esp�ces d'insectes |
Produits alimentaires | |
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Nom commun |
Nom scientifique |
|
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Charan�on |
Sitophilus spp. |
Ma�s, sorgho, bl�, riz, paddy |
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Bostryche ou capucin des grains |
Rhizopertha dominica |
Paddy, riz, bl�, ma�s, manioc |
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Dermeste des grains |
Trogoderma granarium |
Ma�s, bl�, sorgho, riz, l�gumineuses, ol�agineux, tourteaux |
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Silvain |
Oryzaephilus spp. |
Ma�s, bl�, riz, ol�agineux, fruits s�ches |
|
Ver de farine |
Tribolium spp. |
Ma�s, bl�, farine, arachides, farines de c�r�ales, fruits s�ches, cacao, tourteaux et farines pour l'alimentation du b�tail |
|
Bruche des haricots |
Callosobruchus spp. |
Doliques, fas�oles |
| |
Acanthoscelides obtectus |
Haricots |
| |
Zabrotes subfasciatus | |
| |
Caryedon serratus |
Arachides |
|
Dermeste |
Dermestes spp. |
Poisson s�ch� |
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Lasioderne du tabac |
Lasioderma serricorne |
Cacao, manioc |
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Col�opt�re plat |
Cryptolestes spp. |
Ma�s, riz, arachides, cacao farine |
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Alucite des grains |
Sitotroga cerealella |
Ma�s, bl�, paddy, sorgho |
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Teigne du cacao |
Ephestia cautella |
Arachides, riz, ma�s, bl�, cacao, sorgho |
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Plodia |
Plodia interpunctella |
Ma�s, arachides, fruits s�ches |
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Teigne du riz |
Corcyra cephalonica |
Ma�s, bl�, riz, sorgho, arachides |
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Bruche du caf� |
Araecerus fasciculatus |
Caf�, cacao, ma�s |
III.1 Siccit� des grains
Il a �t� pr�c�demment d�montr� que l'humidit� �tait le facteur d'alt�ration le plus important. Avant tout stockage, il est donc n�cessaire de v�rifier que les grains sont bien secs, c'est-�-dire que leur humidit� correspond � l'�quilibre hygroscopique avec de l'air � 70 pour cent d'humidit� relative. Le tableau II.4 rappelle ces humidit�s pour diff�rents produits.
Dans les zones s�ches, les grains sont souvent tr�s secs � la r�colte et ne sont pas expos�s � priori au d�veloppement des moisissures au cours du stockage. Dans les zones humides, les conditions climatiques ne permettent pas le s�chage sur pied des r�coltes. Il est alors n�cessaire de ramener les produits � un �tat de siccit� qui emp�che le d�veloppement des moisissures, par des moyens de s�chage appropri�s.
III.2 Propret� des produits et des locaux de stockage
Pour obtenir un stockage correct, il est indispensable que le produit soit propre. Les diff�rentes impuret�s, souvent plus humides que le grain lui-m�me et plus facilement vuln�rables aux attaques d'insectes et de moisissures (par exemple les grains bris�s, les farines, les d�bris v�g�taux) constituent des foyers d'infestation privil�gi�s.
Pour le stockage en �pis (ma�s par exemple), il est indispensable d'effectuer, avant la mise au grenier, un triage du produit pour ne conserver que les �pis parfaitement sains. Les grains doivent �galement �tre exempts d'insectes qui, tout en consommant le produit, cr�ent un milieu favorable � lattaque par des micro-organismes.
Avant le stockage, les structures d'emmagasinage (greniers, magasins, silos) doivent �tre parfaitement pr�par�s pour recevoir les r�coltes. Les greniers doivent �tre d�barass�s des restes de grains provenant des r�coltes pr�c�dentes, puis soigneusement nettoy�s et �ventuellement trait�s avec un insecticide de contact. Les entrepots doivent �galement �tre bien nettoy�s et les sacs d�fectueux remplac�s.
III.3 Contr�le en cours de stockage
Les grains sont des organismes vivants qui, en fonction des conditions environnantes, subissent des alt�rations pendant le stockage. Le fait qu'ils aient �t� emmagasines dans un �tat sain n'exclue donc pas la n�cessit� d'un contr�le suivi de leur �tat au cours du stockage. Le contr�le des grains stock�s est n�cessaire tout au long de la p�riode de stockage.
Au niveau villageois, ce contr�le est essentiellement visuel et permet de d�celer les indices d'attaques par les moisissures, les insectes ou les rongeurs. Au niveau des stocks de plus grand volume, le contr�le doit devenir syst�matique. Il n�cessite l'utilisation de divers appareils de mesure comme, par exemple, des sondes thermom�triques pour d�celer d'�ventuels �chauffements r�v�lateurs d'un mauvais stockage, et l'analyse d'�chantillons pour conna�tre le niveau d'infestation par les insectes. Les diff�rents contr�les � effectuer en cours de stockage sont expos�s de mani�re plus d�taill�e dans les chapitres suivants.
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Le Stockage du Grain (ILO - WEP, 1986, 140 p.)
CHAPITRE III. STOCKAGE AU NIVEAU VILLAGEOIS
I. LE STOCKAGE TRADITIONNEL
I.1 G�n�ralit�s
Les caract�ristiques du stockage villageois sont les suivantes:
- Bien que repr�sentant la forme essentielle du stockage dans les pays en d�veloppement, il int�resse g�n�ralement des quantit�s unitaires tr�s faibles avoisinnant 1 � 2 tonnes (pour les c�r�ales) et d�passant rarement 5 tonnes;- Les grains sont principalement destin�s � l'autoconsommation. Cependant, une part des stocks est r�serv�e � la semence et parfois � la vente;
- Les stocks, dont une partie est pr�lev�e chaque jour pour la consommation imm�diate, sont surtout � moyen terme (une ann�e) pour couvrir les besoins familiaux jusqu'� la r�colte suivante. Le stockage � long terme (pluriannuel) est plus rare. Ce stockage pr�visionnel est surtout pr�sent dans les r�gions ou les al�as climatiques (s�cheresse) ont de tous temps oblig� les hommes � constituer des r�serves pour plusieurs ann�es (en zone sah�lienne par exemple);
- Les r�coltes ont g�n�ralement subi un s�chage sur pied, au champ, durant une p�riode plus ou moins longue suivant les conditions climatiques. Au cours de cette p�riode, les grains ont pu subir des attaques par les d�pr�dateurs (insectes, rongeurs, oiseaux);
- Les produits sont parfois stock�s en �pis, notamment durant les premiers mois du stockage et sont souvent propres du fait d'un triage manuel effectu� par le paysan avant l'emmagasinage.
I.2 Les greniers traditionnels
Les structures traditionnelles de stockage varient selon les pays et selon les zones climatiques. Toutefois, toutes sont construites avec des mat�riaux disponibles localement qui sont essentiellement la terre, la pierre, les fibres v�g�tales et le bois.
Les greniers ferm�s
Les greniers "en banco" des zones sah�liennes de l'Afrique repr�sentent un cas typique de grenier ferm�. De section circulaire ou carr�e, ces greniers sont construits en terre plus ou moins arm�e de fibres v�g�tales. La base de l'�difice, parfois constitu�e de rondins de bois, repose sur des pierres pour �viter les remont�es d'humidit�. Le toit de chaume prot�ge l'ouverture de remplissage (et de vidange) situ�e dans sa partie sup�rieure. Certains greniers de forme sph�rique ont une ouverture sup�rieure de taille r�duite qui peut �tre obtur�e par un couvercle (par exemple en pierre) lut� � l'argile. Les greniers sont parfois divis�s en plusieurs compartiments pour stocker des produits diff�rents.
Ces structures ferm�es sont adapt�es aux zones s�ches o� les grains sont, d�s la r�colte, dans un �tat de siccit� important, donc stables vis-�-vis du d�veloppement des micro-organismes. Leur principal d�faut est de ne pas pr�senter une protection efficace contre les attaques d'insectes et de rongeurs. Les greniers mal construits (emploi de mauvais mat�riaux par exemple) et mal entretenus peuvent pr�senter de nombreuses fissures qui sont autant de caches pour les insectes et qui constituent des foyers d'infestation quasi-permanents.
Les figures III.1 et III.2 illustrent ces greniers traditionnels en terre.
Les greniers a�r�s
Les greniers a�r�s constituent la structure de stockage typique des zones humides, bien qu'on les retrouve parfois dans les zones s�ches (voir figures III.3 et III.4). Ils sont g�n�ralement constitu�s de fibres v�g�tales tress�es et r�unies en une sorte de grand panier pos� sur une plateforme en bois situ�e � plusieurs dizaines de centim�tres du sol. Cette plateforme est soutenue par un ensemble de petits piliers (rondins de bois par exemple). L'ensemble est recouvert d'un toit de chaume. Suivant les zones, les fibres v�g�tales utilis�es sont des chaumes de c�r�ales ou des feuilles de palmier maintenues par des armatures en branchage ou en bambou. La nature ajour�e des parois ne permet que le stockage de produits en �pis.
Figure III.1 Grenier en banco (C�te-d'Ivoire)
Figure III.2 Grenier en banco (Niger)
Figure III.3 Grenier en paille tress�e (Indon�sie)
Figure III.4 Grenier a�r� en chaume (Burkina Faso)
Les greniers a�r�s sont adapt�s aux zones humides ou les produits, malgr� un pr�s�chage au champ, n'atteignent pas au moment de la r�colte, l'humidit� de sauvegarde. Leur paroi non �tanche permet la libre circulation de l'air � travers la masse ensil�e et par cons�quent la finition du s�chage au cours des premiers mois de stockage.
Certains greniers, qui peuvent �tre class�s dans la cat�gorie des greniers a�r�s, ne pr�sentent pas de parois propres. Ils sont simplement constitu�s d'un empilement d'�pis sur une plateforme sur�lev�e. Le tout est parfois recouvert d'un toit de chaume. C'est le cas par exemple des "meules" de paddy (figure III.5) ou des "ebliva" togolais pour le stockage du ma�s (figure III.6). La forme arrondie de l'ensemble et la disposition serr�e des �pis lors de la confection du grenier ne permettent pas d'assurer une bonne ventilation naturelle du produit. La pr�sence des spathes sur les �pis de ma�s emp�che la bonne a�ration des grains et le s�chage des �pis. Des moisissures peuvent alors se d�velopper dans la masse stock�e, notamment dans les greniers de diam�tre important.
Les greniers a�r�s traditionnels ne pr�sentent pas en g�n�ral de protection contre les rongeurs ni contre les insectes. De plus, dans les zones humides ou ils sont utilis�s, le risque de d�veloppement des moisissures subsiste. Ces greniers a�r�s doivent �tre consid�r�s comme des structures de s�chage ou de finition de s�chage plut�t que comme des structures de stockage proprement dit.
Autres types de greniers
Les greniers de type classique d�crits pr�c�demment sont g�n�ralement �difi�s pr�s des habitations et, plus rarement, sur le lieu de r�colte. D'autres structures de stockage sont plac�es � l'int�rieur m�me des locaux. Ce sont les jarres en terre ou des coffres en bois souvent utilis�s pour le stockage des grains. Dans les locaux d'habitation, l'entreposage des produits en �pis sur un faux plafond (le soberado en Am�rique du Sud) est �galement pratique courante, notamment pour les produits auxquels les paysans attachent un int�r�t particulier (semences par exemple).
Figure III.5 Meule de paddy (C�te d'Ivoire)
Figure III.6 Grenier de ma�s type "ebliva" (Togo)
I.3 Probl�mes en cours de stockage
Dans les zones s�ches, telles que les zones sah�liennes, les conditions climatiques post-r�colte sont favorables au stockage, du moins en ce qui concerne le facteur essentiel qu'est l'humidit�. Les structures traditionnelles en terre permettent en g�n�ral une bonne conservation des produits r�colt�s secs. Certaines �tudes montrent en effet que le niveau des pertes pond�rales au cours du stockage des c�r�ales traditionnelles (mil, sorgho) conserv�es en �pis est relativement faible et est souvent inf�rieur � 5 pour cent. Il faut cependant se garder de g�n�raliser car d'autres produits, tel que le ni�b�, restent tr�s vuln�rables. Dans ces zones, les risques de d�gradation des stocks proviennent essentiellement des insectes et des rongeurs.
Dans les zones humides, le probl�me est plus grave et le niveau des pertes appara�t nettement plus �lev� bien qu'on ne dispose pas de donn�es pr�cises � ce sujet. Outre les d�g�ts dus aux insectes et aux rongeurs, le risque essentiel est celui du d�veloppement des moisissures, notamment pour les r�coltes de premi�re saison des pluies. Le syst�me traditionnel consiste � laisser s�cher le produit sur pied (ma�s par exemple) jusqu'� une humidit� de 20 pour cent au moins avant de le stocker dans des structures traditionnelles a�r�es.
Ce syst�me de stockage pr�sente deux inconv�nients majeurs:
- en ne lib�rant pas les terres d�s que le grain est m�r, il retarde la pr�paration des champs pour une �ventuelle seconde culture;- il expose les r�coltes aux attaques des diff�rents d�pr�dateurs.
Une solution consiste � r�colter le produit des qu'il a atteint sa maturit�. Son humidit� est cependant telle (25 � 30 pour cent pour le ma�s par exemple) qu'il est impossible de le stocker dans les structures classiques sans risquer le d�veloppement des moisissures. Il est donc indispensable dans tous les cas de s�cher le produit.
II. AMELIORATION DU STOCKAGE VILLAGEOIS
II.1 Am�lioration du s�chage
L'objet de ce dossier n'est pas le s�chage des grains. Cependant, il s'av�re n�cessaire de rappeler bri�vement quelques m�thodes qui permettent de faciliter le s�chage des denr�es au niveau villageois. En effet, dans de nombreuses zones, l'am�lioration du stockage passe n�cessairement par l'am�lioration du s�chage.
Le s�chage solaire est souvent utilis� dans les r�gions tropicales o� il est courant d'�tendre le produit en couches minces, sur le sol ou sur le toit des habitations. Diff�rentes techniques peuvent �tre utilis�es pour parfaire le s�chage. Celles-ci sont bri�vement d�crites dans cette section.
a) S�choirs solaires am�lior�s
Aire de s�chage: Il s'agit d'une plateforme b�tonn�e, quelque peu sur�lev�e par rapport au sol, et l�g�rement en pente pour permettre l'�vacuation rapide des eaux de pluie. Le terrain sur lequel repose la plateforme doit �tre parfaitement drain�. Un abri, o� l'on pourra entreposer le produit en cas de pluie, est construit � proximit�. Pour de petites quantit�s de produit, le s�chage peut se faire en couche mince sur de simples tables sur�lev�es. Des b�ches plastiques peuvent �tre pr�vues pour recouvrir le produit en cas de pluie.
B�ches plastiques: Pour de petites quantit�s de produit, des b�ches en plastique de couleur noire peuvent �tre utilis�es comme aire de s�chage portative (figure III.7). Certaines sont pourvues d'oeillets pour le passage d'une corde qui permet de refermer la b�che en cas de pluie. Ces b�ches sont tr�s utiles pour le s�chage des haricots en grains. Les plus grands mod�les peuvent contenir jusqu'� 150 kg de produit.
Claies: L'utilisation de diff�rentes claies (par exemple, s�choir basculant illustr� � la figure III.8, "s�choir autobus") peut �galement �tre pr�conis�e pour am�liorer le s�chage solaire des produits. La figure III.9 repr�sente une claie utilisable pour le s�chage des �pis de mil. De conception simple (rondins de bois), elle est facilement r�alisable par les villageois. La figure III.10 illustre une technique tr�s simple pour am�liorer le s�chage des panicules de riz paddy.
Figure III.7 Utilisation de b�ches plastiques pour l'am�lioration du s�chage du grain
Figure III.8 S�choir de grain basculant
Figure III.9 Claies de s�chage du mil
Figure III.10 S�chage de panicules de riz sur perroquet
b) Autres s�choirs
D'autres syst�mes de s�chage sont �galement utilis�s au niveau villageois. Le s�choir � bio-combustible (bois), vulgaris� en Afrique de l'Ouest sous le nom de s�choir de brousse Brooks permet de r�chauffer l'air gr�ce � un foyer constitu� de f�ts m�talliques. L'air s'�l�ve par convection naturelle et traverse une grille sur laquelle est �tendu le produit � s�cher (en couches minces de 10 cm pour du ma�s en grain et de 30 cm pour des �pis). Ce s�choir, tr�s rustique, permet de s�cher environ 200 � 300 kg de ma�s de 20 � 14 pour cent d'humidit� en une journ�e. Son rendement �vaporatoire tr�s faible (environ 5000 Kcal par kg d'eau �vapor�e) fait que ce s�choir n'a connu qu'un d�veloppement tr�s limit�.
Le crib permet de s�cher lentement du ma�s r�colt� � un taux d'humidit� important. Cette structure de s�chage est recommand�e dans les zones tropicales, m�me les plus humides. Le crib est �galement une structure de stockage.
II.2 Am�lioration des structures traditionnelles de stockage
Pour am�liorer le stockage au niveau villageois, deux types d'interventions peuvent �tre envisag�es: l'une consiste � modifier partiellement ou enti�rement les structures existantes et l'autre � introduire des techniques de stockage totalement nouvelles. Cette section traite du premier type d'interventions.
Les interventions visant � am�liorer les greniers existants sont toujours tr�s d�licates. Elles ne sont accept�es par les paysans que si elles donnent des r�sultats probants � peu de frais.
a) Greniers ferm�s
Les greniers ferm�s des zones s�ches sont en g�n�ral bien adapt�s au stockage des c�r�ales locales. Les structures pourraient cependant �tre renforc�es en ajoutant 10 pour cent de ciment � la terre. Il faut �galement veiller au lissage correcte des parois internes et externes des silos. L'effort doit surtout porter sur le bon entretien des greniers, notamment par un lutage de toutes les fissures de fond et de parois, par des r�fections de toiture et par des nettoyages rigoureux des greniers et de leurs abords.
Certains organismes de d�veloppement proposent des interventions beaucoup plus pouss�es tant au niveau des principes de construction que des mat�riaux utilis�s tout en se r�f�rant aux m�thodes traditionnelles de stockage. Trois types de greniers ferm�s promus par ces organismes sont d�crits ci-dessous.
(i) Silo en briques de terre stabilis�e
Cette structure am�lior�e est propos�e par l'ENDA (Dakar, S�n�gal)1. Il s'agit d'un petit silo cylindrique de 1 m3, construit en briques de terre ou banco, et destin� au stockage des c�r�ales en grains. Les diff�rentes phases de la construction de ce silo sont illustr�es dans la figure III.11 qui est une reproduction d'une des fiches techniques du GRET2.
1 ENDA: Organisation non gouvernementale �tablie � Dakar, S�n�gal.
2 GRET; Groupe de recherches et d'�changes technologiques (Paris, France).
Apr�s avoir r�alis� les briques de terre, destin�es � la confection des parois, on construit la plateforme sur laquelle doit reposer le silo. Cette plateforme est constitu�e de grosses pierres recouvertes d'une couche de ciment. Elle emp�che l'humidit� contenue dans le sol de remonter au niveau des parois du silo. Le fond du silo est r�alis� en forme d'entonnoir afin de faciliter la vidange. Les parois du silo sont mont�es par couches successives jusqu'� une hauteur d'environ 1,50 m. Le corps cylindrique du grenier est recouvert d'une dalle de toiture en b�ton arm� dans laquelle est m�nag� un orifice de remplissage. Une fois termin�e, la structure est recouverte d'un enduit de couleur claire afin d'�viter un r�chauffement trop �lev� de la masse de grains durant les p�riodes chaudes. De par sa conception (grenier ferm�) et sa r�alisation (briques de terre), ce silo est principalement destin� aux zones s�ches.
(ii) Silo artisanal vulgaris� par l'USAID3 au Nigeria
3 USAID: Agence pour le d�veloppement international des Etats-Unis.
Ce silo peut �tre consid�r� comme une variante du type pr�c�dent. Il s'agit d'un silo cylindrique ayant une capacit� d'environ 1 tonne de ma�s-grain. La base de la structure est constitu�e d'une dalle en b�ton arm� de 1,5 m de diam�tre reposant sur trois piliers de fondations en b�ton ou en pierres. Le corps cylindrique du silo est mont� en parpaings de terre (10 x 10 x 15 cm) et enduit au ciment sur les deux faces. L'enduit ext�rieur est arm� avec du grillage � poulailler. L'orifice de remplissage, situ� en partie sup�rieure, re�oit un couvercle (ou d�me de couverture) constitu� de terre recouverte d'un enduit de ciment et reposant sur des bambous ou sur un fond de f�t m�tallique. Un orifice de vidange, m�nag� dans la base du silo, est obtur� par une trappe de vidange m�tallique.
Figure III.11 Phases de la construction d'un silo de briques de terre stabilis�e
Phases
1. Moule � briques construit avec des planches de bois.2. Malaxer le banco (terre argileuse + paille + fumier de vache m�lang� avec de l'eau).
3. Mouiller le bois avant de tasser le banco dans le moule. Retirer le moule d'un geste sec et laisser s�cher les briques au soleil.
4. Placer de grosses pierres sur la terre dam�e. Recouvrir les pierres de ciment (1 seau de ciment pour 5 seaux de sable).
5. D�versoir de grains en bois ou en m�tal.
6. Placer une premi�re rang�e de briques avec un mortier ciment (ciment + sable) ou banco. Sceller le d�versoir en place.
7. Construire le fond en forme d'entonnoir pour faire couler le grain vers le d�versoir.
8. Monter le mur sur 14 ou 15 rang�es de briques.
9. Fabriquer un coffrage en bois pour la dalle de la toiture et le couvercle: mettre du grillage de poulailler dans le coffrage pour renforcer la dalle.
10. Couler la dalle de la toiture et le couvercle: laisser s�cher au moins 6 jours en arrosant avec de l'eau 2-3 fois/jour (m�lange de b�ton: 1 seau de ciment + 2 seaux de sable + 3 seaux de gravier).
11. Enlever le bois du coffrage.
12. Placer la dalle de la toiture sur le mur en la scellant avec du mortier. Peindre l'ensemble avec de la chaux blanche, pour que le silo absorbe moins de chaleur.
13. COMMENT UTILISER LE SILO:
- garder les grains apr�s le battage seulement (on ne peut stocker les �pis);- bien s�cher les �pis avant le battage;
- m�langer le grain sec soit avec de la cendre de bois (10 litres de cendres pour 100 kg de grain), soit avec de l'insecticide (suivre soigneusement les instructions);
- apr�s remplissage du silo, placer le couvercle en fermant le joint avec du banco. Bien enfoncer le bouchon du d�versoir et sceller avec du banco;
- pour prendre le grain, ouvrir le d�versoir;
- si on a utilis� l'insecticide, bien laver le grain avant de piler et de pr�parer;
- le silo a un volume d'un peu plus de 1 m3: on peut stocker 800-850 kg de mil ou 760-800 kg de sorgho.
Les mat�riaux n�cessaires � la construction de ce type de silos sont:
- 4 � 5 sacs de ciment
- 22 m de fer � b�ton,
- 9 m2 de grillage � maille de 26 mm
- pour la trappe de vidange:
1 plaque m�tallique de 15 cm x 30 cm,
et de 1,5 mm d'�paisseur
- pour le moule � parpaings de terre:
1 planche de 60 cm x 10 cm
et de 2.5 cm d'�paisseur,
1,5 kg de clous de 6 cm
Le silo USAID est illustr� � la figure III.12.
(iii) Silo "pusa"
Exp�riment� en Inde, il s'agit d'un silo en boue ou briques crues dont la forme parall�l�pip�dique reprend celle des structures traditionnelles de ce pays. Le mod�le suivant est pr�vu pour le stockage de 2 tonnes de produit en vrac (Fig. III.13).
La structure, de forme rectangulaire, a des dimensions int�rieures de 1,40 m par 1 m, et une hauteur de 1,60 m. Elle repose sur une dalle de briques ou directement sur un sol sain, compact�. La base et le toit sont constitu�s d'une plateforme en b�ton de terre de 10 cm d'�paisseur dans laquelle est ins�r�e une feuille plastique (poly�thyl�ne de 175 microns d'�paisseur). Les parois sont doubles, avec une feuille de poly�thyl�ne intercal�e. Cette feuille platique est en continuit� avec celles du plafond et du sol. Les parois sont �galement constitu�es de b�ton de terre. Un trou de remplissage et de visite de 60 cm par 60 cm est m�nag� dans le toit. A cet endroit, la feuille plastique n'est pas d�coup�e mais seulement fendue selon la diagonale de l'ouverture. Pour la vidange, un orifice est pr�vu � la partie inf�rieure de la cellule. Cette goulotte de vidange est � l'�preuve des rongeurs.
Figure III.12 Silo artisanal vulgaris� au Nig�ria
Figure III.13 Silo de type "pusa"
Pour r�aliser ce type de silos, on construit d'abord la base sur laquelle on monte ensuite les parois int�rieures. L'ensemble est alors recouvert d'une enveloppe en poly�thyl�ne mise en forme � l'avance et raccord�e � la feuille de base par soudure � chaud. La paroi ext�rieure est mont�e en dernier lieu.
La pr�sence de la feuille plastique prise "en sandwich" dans les parois du silo est n�cessaire si l'on veut assurer un stockage herm�tique. Etanche, elle permet un traitement contre les insectes par fumigation. 11 est cependant important que les grains ensil�s soient parfaitement secs, sinon ils risquent de se d�t�riorer par les moisissures ou �ventuellement par le d�veloppement de fermentations.
b) Greniers a�r�s
Deux types de greniers a�r�s sont d�crits ci-dessous: le grenier de type "ebliva" et les cribs.
(i) Grenier de type "ebliva"
La forme arrondie de ce grenier (figure III.14) et son mode de r�alisation - consistant � ranger intimement les �pis de ma�s les uns sur les autres - ne permet g�n�ralement pas une ventilation correct du ma�s stock�. Cela est particuli�rement vrai pour les greniers de grand diam�tre qui sont souvent le si�ge d'un important d�veloppement de moisissure.
Une chemin�e d'a�ration peut �tre adapt�s � ce type de grenier pour am�liorer la circulation de l'air entre les �pis. Cette chemin�e centrale, construite avec des mat�riaux disponibles localement (bois, grillage ou encore des f�ts m�talliques perc�s), r�duit de moiti� l'�paisseur de produit que l'air doit traverser et favorise la ventilation naturelle du stock. La plateforme inf�rieure du grenier doit reposer sur un nombre restreint de poteaux supports pour pouvoir adapter ais�ment des barri�res anti-rats.
Le sch�ma de construction de la chemin�e centrale est pr�sent� � la figure III.14.
Figure III.14 Grenier de type "ebliva" am�lior�
(ii) Les cribs
Les cribs sont des structures qui permettent un s�chage lent du produit par ventilation naturelle. Leur emploi est int�ressant dans les zones humides ou les produits, qui ont un taux d'humidit� �lev� � la r�colte, ne peuvent �tre stock�s en structures ferm�es. Ainsi, du ma�s � 30 ou 35 pour cent d'humidit� r�colt� en premi�re saison des pluies, peut �tre s�ch� jusqu'� 15 pour cent en moins de trois mois pendant la seconde saison des pluies. L'humidit� du ma�s de seconde saison peut aussi �tre abaiss�e de 25 � 15 pour cent en 10 jours. L'efficacit� du crib comme structure de s�chage d�pend de plusieurs facteurs: la largeur du crib (le facteur le plus important) et la forme sous laquelle sont stock�s les �pis. La pr�sence de spathes sur les �pis emp�che l'a�ration correcte des grains et perturbe le s�chage.
Dimensions des cribs
Le choix des dimensions d'un crib et sa r�alisation sont bri�vement d�crits ci-dessous.
Largeur: Dans les zones tr�s humides o� le ma�s est r�colt� � 30-35 pour cent d'humidit�, la largeur ne doit pas d�passer 60 cm. Dans les zones plus s�ches, o� le ma�s est r�colt� � 25 pour cent d'humidit�, la largeur peut atteindre 1 m. Dans les zones tr�s s�ches, elle peut atteindre 1,5 m.
Hauteur: Le choix de la hauteur est un compromis entre la recherche d'une capacit� de stockage la plus grande possible et les risques d'instabilit� de la structure, notamment dans les r�gions � forts vents dominants. La facilit� de remplissage est �galement un facteur � prendre en compte. Les hauteurs de stockage les plus courantes avoisinent 1,5 m � 2 m. Il faut ajouter � la hauteur du stockage la distance entre le sol et la plateforme du crib, soit 80 cm � 1 m. Un espace de quelques dizaines de centim�tres est pr�vu entre la limite sup�rieure de stockage des �pis et le toit du crib. La hauteur totale d'un crib peut atteindre 2,5 m � 3,5 m.
Capacit�: Pour une zone climatique donn�e, la largeur et la hauteur du crib sont des donn�es peu modifiables. Le volume de la structure est donc surtout fonction de la longueur de celle-ci. Dans 1 m3 de crib, on peut stocker 500 kg d'�pis de ma�s � 30 pour cent d'humidit�, ce qui correspond � environ 300 kg de grains � 14 pour cent d'humidit�. Un crib dont la hauteur de produit stock� est de 1,7 m et la largeur de 60 cm a une capacit� de 1 m3 par m�tre linaire. Pour une longueur de 5 m, le crib peut contenir 2,5 tonnes d'�pis humides soit 1,5 tonne de grains secs.
Le tableau III.1 donne des exemples de capacit� de stockage par m�tre de longueur de crib et pour diff�rentes largeurs. La hauteur de stockage des �pis est �gale � 1,70 m.
Tableau III.1.
Capacit� de stockage par m�tre lin�aire de crib pour une hauteur de stockage de 1,7 m.
|
Largeur du crib (en centim�tres) |
Capacit� en �pis humides a 30 pour cent |
Capacit� correspondante en grains secs (14 pour cent) |
| |
(kilogrammes) |
(kilogrammes) |
|
60 |
500 |
300 |
|
80 |
680 |
400 |
|
100 |
850 |
500 |
|
120 |
1000 |
600 |
R�alisation du crib
Pour construire le crib, il est pr�f�rable d'utiliser au maximum les mat�riaux disponibles localement. L'ossature de la structure peut �tre en bambous ou rondins de bois. Les poteaux, espac�s de 1 m, sont enfonc�s dans le sol sur plus de 50 cm. Cette partie souterraine des montants doit pr�alablement �tre recouverte d'un enduit tel que le goudron ou une vieille huile de vidange pour la prot�ger des termites et de l'humidit�. Les parois, g�n�ralement en grillage dans les cribs modernes, peuvent parfaitement �tre r�alis�es en raphia, bambou fendu ou baguettes de bois. Il suffit que la paroi n'offre pas au passage de l'air une r�sistance sup�rieure � celle des �pis eux-m�mes.
Le plancher du crib est constitu� d'�l�ments amovibles (rondins, bambous) pour permettre la vidange.
Il n'est pas indispensable d'utiliser des plaques de t�le ou d'amiante-ciment pour couvrir le crib. La couverture peut �tre r�alis�e en mat�riaux traditionnels (chaume, feuilles de bananiers). Dans ce cas, l'entretien et la r�fection totale du toit sont plus fr�quents. Les diff�rents �l�ments du crib sont assembl�s par des clous ou par des lianes. Les "pieds" du crib doivent �tre �quip�s de c�nes m�talliques pour prot�ger le produit stock� de l'attaque des rongeurs.
Les figures III.15(a) � III.15(g) illustrent les diff�rentes phases de construction d'un crib.
III. UTILISATION DE STRUCTURES NOUVELLES
On qualifie de structures nouvelles les solutions de stockage mises au point par diff�rents centres de recherche et n�cessitant en g�n�ral pour leur Construction des mat�riaux non traditionnels (ciment, m�tal, plastique).
III.1 Les silos en b�ton
Deux types de silos en b�ton, parmi les nombreux types de structures en b�ton d�velopp�s ces derni�res ann�es, sont d�crits dans ce dossier technique.
a) Silos en agglom�r�s de ciment de type Carreras1
1 D'apr�s F. Carreras: Une construction rurale appropri�e pour les exploitations paysannes des r�gions tropicales (Montpellier, Institut de recherches agronomiques tropicales, 1982).
L'originalit� de la technique mise au point au S�n�gal par F. Carreras r�side dans la r�alisation de parpaings courbes dont la courbure est plus ou moins forte suivant le diam�tre de silo souhait�. Ces blocs sont pourvus d'�videments pour la mise en place d'un ferraillage. Ces agglom�r�s de b�ton autocoffrants permettent de r�aliser des silos cylindriques renforc�s d'armatures verticales et horizontales sans n�cessiter de coffrage. Cette technique de construction reste � la port�e d'une main-d'oeuvre non sp�cialis�e.
Figure III.15 (a) Phase I de la construction d'un crib
A. 5 Montants Ant�rieurs de 3,6 m de longB. 5 Montants Post�rieurs de 3.0 m de long
C. 10 Montants de 1,5 m de long supportant la plate-forme
D. 5 Traverses de 85 cm de long
E. 5 Traverses de 1,4 m de long
F. 2 Traverses de 4,5 m de long supportant le plancher
G. 6 Traverses de 4.5 m de long supportant les parois
H. 6 Traverses de 85 cm de long supportant les parois
I. Environ 50 barreaux de 1 m de long, en bambou ou en un autre mat�riel, pour former le plancher.
J. Raphia ou autres mat�riaux appropri� pour les parois
K. Trois traverses de 4.5 m de long supportant le toit
L. Toiture en t�le ou un autre mat�riel appropri�, chaume par exemple
M. Protection contra les rats - t�le d� coup�e en forme d'entonnoir
(Source: FAO)
Figure III.15 (b) Phase II de la construction d'un crib
Assembler 5 ch�ssis en clouant ensemble les pi�ces A, B, C, D et E.
Figure III.15 (c) Phase III de la construction d'un crib
Enduire le bas des montants avec un agent de pr�servation tel que cuprinol, cr�osote ou huile de moteur usag�e, pour �viter la pourriture et les d�g�ts caus�s par les termites.
Figure III.15 (d) Phase IV de la construction d'un crib
Creuser deux trous de 50 cm de profondeur, espac�s de 70 cm (voir y ci-dessus), puis r�p�ter l'op�ration � 1m de distance (voir y ci-dessus). Enfoncer les montants dans les trous et clouer les traverses F. supportant le plancher. Placer sur F les barreaux formant le plancher.
Figure III.15 (e) Phase V de la construction d'un crib
Clouer sur les ch�ssis les traverses G et H qui supporteront les parois, ainsi que les traverses k qui supporteront le toit.
Figure III.15 (f) Phase VI de la construction d'un crib
Fixer la toiture L et la parois J.
Figure III.15 (g) Phase VII de la construction d'un crib
Fixer les dispositifs anti-rats M, et le grenier de 4 m de long est pr�t.
Les diff�rentes phases de l'�dificaton du silo sont illustr�es aux figures III.16(a) � III.16(d). Les num�ros des diff�rents �l�ments sont r�pertori�s � la figure III.16(e).
Des silos de diff�rentes capacit�s peuvent �tre construits selon cette technique. A titre d'exemple, un silo de 3 tonnes de capacit� � les caract�ristiques suivantes:
|
Diam�tre int�rieur |
: 1,50 m (12 agglom�r�s par rang) |
|
Epaisseur des parois |
: 12 cm |
|
Hauteur int�rieure |
: 2 m (soit 10 rangs d'agglom�r�s) |
Les besoins en mat�riaux n�cessaires � sa r�alisation sont:
- 13 sacs de ciment de 50 kg;
- 1,10 m3 de sable; 3
- 1,4 m3 de laterite cribl�e;
- environ 150 m de fer rond d'un diam�tre de 6;
- 1,5 kg de fil de fer pour les ligatures;
- 1 trappe d'ensilage;
- 1 goulotte de vidange;
- 8 kg de chaux pour le badigeon ext�rieur.
Le co�t actuel (1985) de construction d'un tel silo est d'environ 20 000 francs CFA par tonne log�e (400 FF par tonne).
b) Silos en ferrociment
Le ferrociment est une forme particuli�re de b�ton arm� ou les armatures en fer sont constitu�es de grillage serr� auquel on donne la forme de la structure souhait�e. L'ossature ainsi form�e est "remplie" par un mortier de ciment.
Figure III.16 (a) Silo en agglom�r�s de ciment de type Carreras - Production d'agglom�r�s courbes
Figure III.16 (b) Silo en agglom�r�s de ciment de type Carreras - R�alisation de la base du silo
Figure III.16 (c) Silo en agglom�r�s de ciment de type Carreras - Mise en place des parois
Figure III.16 (d) Silo en agglom�r�s de ciment de type Carreras R�alisation du toit du silo
Figure III.16 (e) Silo en agglom�r�s de ciment de type Carreras - Inventaire des diff�rents �l�ments en fer n�cessaires � la construction du silo
Le ferrociment constitue un mat�riau r�sistant, facile � utiliser localement, � r�parer et � fa�onner. Cette technique est tr�s utilis�e en Asie du Sud-Est pour construire les barques et petits bateaux. Elle est �galement utilis�e pour r�aliser divers r�cipients et notamment des structures de stockage des grains.
Cette technique a �t� test�e � plusieurs reprises en Afrique, et notamment en Zambie par K. N. Ostergaard. De petits silos villageois, appel�s ferrumbu, ont �t� construits dans ce pays. La figure III.17 illustre les principales �tapes de constructions
La base du silo est constitu�e d'un amas de pierres empil�es jusqu'� une hauteur d'environ 80 cm du sol. Le haut du tas est recouvert d'une fine couche de b�ton sur laquelle est soud� un tube de vidange r�alis� pr�alablement. Un ch�ssis en bois, pr�figurant la forme d�finitive du silo est construit et mis en place sur la plateforme. Une sorte de panier en grillage est form� ensuite autour de ce ch�ssis. Lorsque deux �l�ments de grillage doivent se chevaucher, le recouvrement est d'au moins 10 cm.
Le nombre de couches de grillage n�cessaire est fonction de la taille du silo. On pr�voit une couche de grillage pour un silo d'une tonne de capacit�, et deux couches pour un silo de quatre tonnes. Le haut du silo se termine en tronc de c�ne sur lequel une ouverture circulaire de remplissage d'environ 50 cm de diam�tre est m�nag�e.
Apr�s la r�alisation de l'ossature g�n�rale en grillage, l'ext�rieur du silo est fa�onn� avec un mortier de ciment (une unit� de ciment pour 4 unit�s de sable) que l'on laisse prendre pendant plus de trois jours. Durant la prise, on recouvre le silo de vieux sacs de jute humidifi�s en permanence pour �viter les fentes de retrait. Lorsque la couche externe est s�che, les armatures de soutien sont retir�es, puis l'int�rieur de la paroi est humidifi� et recouvert d'une couche de mortier de ciment. Un couvercle amovible de forme conique (angle 45° et diam�tre de base de 70 cm), construit suivant la m�me technique, est pr�vu pour recouvrir l'orifice de remplissage.
Le silo est ensuite recouvert d'un enduit �tanche constitu� de ciment et d'eau. Il est recommand� de recouvrir cet enduit d'une peinture de couleur claire pour que la structure absorbe moins de chaleur.
Figure III.17 Phases de construction d'un silo en ferrociment (le ferrumbu)
Le tableau III.2 donne un exemple des dimensions � retenir en fonction des capacit�s de stockage souhait�es.
Tableau III.2
Caract�ristiques des silos de ferrociment en fonction de leur capacit�
| |
Capacit� de stockage | ||
| |
1 tonne |
4 tonnes | |
|
Dimensions: diam�tre (en m) |
1,1 |
1,8 | |
| |
hauteur (en m) |
1,5 |
2,1 |
|
Epaisseur des murs (en cm) |
3,5 |
5 | |
|
Nombre de couches de grillage |
1 |
2 | |
|
Surface de grillage de 12-15 mm (en m2) |
20 |
50 | |
|
Ciment (en kg) |
200 |
400 | |
|
Sable (en m3) |
0,75 |
1,5 | |
Le co�t de construction d'un silo en ferrociment est d'environ 15 000 francs CFA � la tonne log�e (300 francs fran�ais par tonne).
III.2 Les silos m�talliques
Les f�ts m�talliques de 200 litres (figure III.18) utilis�s dans le commerce pour le stockage des hydrocarbures peuvent �tre utilis�s comme structures de stockage. Ils constituent une structure �tanche permettant d'obtenir une atmosph�re confin�e et un moyen efficace de lutte contre les insectes. Cependant, il est indispensable d'ensiler des grains bien secs car des risques de condensation peuvent conduire � une d�t�rioration du produit. Etant donn� l'importante siccit� des grains, l'obtention d'une atmosph�re confin�e par la seule respiration du complexe grain-micro-organismes est un processus lent. Il est donc conseill� de traiter pr�alablement les grains par un insecticide de contact.
Les silos m�talliques ont une capacit� relativement faible (150 kg de grains). Ils peuvent n�anmoins �tre utilis�s pour stocker les l�gumineuses (haricot, ni�b�) dont la conservation par les m�thodes de stockage traditionnelles est difficile et qui sont g�n�ralement stock�es en petites quantit�s. Pour �viter de trop fortes temp�ratures, les f�ts doivent �tre entrepos�s sous abri ou � l'int�rieur des habitations. Ces silos peuvent avoir une dur�e de vie d'une dizaine d'ann�es s'ils ne servent qu'au stockage des grains et ne sont pas utilis�s pour le transport et le stockage de l'eau. Cependant, ils deviennent de plus en plus rares car le commerce des hydrocarbures �volue vers des livraisons en vrac.
Figure III.18 F�t m�tallique servant pour le stockage des grains en vrac
Figure III.19 Silo m�tallique d'une capacit� de 3 tonnes
Des cellules m�talliques de plus grande capacit� (1 � 3 tonnes) sont parfois propos�es dans des projets de d�veloppement (figure III.19). Dans certaines r�gions (Am�rique centrale, par exemple), elles sont largement utilis�es au niveau villageois depuis de nombreuses ann�es. Ces structures peuvent ais�ment �tre fabriqu�es par des artisans locaux, et permettent de lutter contre les insectes et les rongeurs. Il est important de rappeler que le grain doit �tre stock� propre et sec.
III.3 Structures en plastique
L'utilisation de sacs en plastique �tanches permettant une fumigation au t�trachlorure de carbone (CCl4) fut pr�conis�e dans le pass� afin d'am�liorer le stockage villageois. Les r�sultats obtenus en Afrique n'ont pas �t� tr�s probants, surtout � cause de la fragilit� des sacs, des difficult�s d'approvisionnement et de l'attaque par les rongeurs (figure III.20). Dans d'autres r�gions (Br�sil, Australie), le stockage des grains � long terme se fait dans des poches plastiques ou sont stock�s plusieurs centaines de kilos de grains. Une fois remplies, ces poches sont recouvertes de terre. Leur �tanch�it� permet la cr�ation progressive d'une atmosph�re confin�e favorable � un bon stockage (Figure III.21).
IV. LA DESINSECTISATION
Les insectes, en particulier dans les r�gions chaudes, sont une des principales causes de d�gradation des denr�es stock�es. L'am�lioration du stockage villageois passe donc en priorit� par la lutte contre ces agents d�pr�dateurs, responsables d'importantes pertes.
IV.1 M�thodes de lutte traditionnelles
Plusieurs m�thodes traditionnelles de lutte contre les insectes sont utilis�es dans les pays en d�veloppement. Certaines de ces m�thodes sont bri�vement d�crites dans cette section.
Figure III.20 Stockage des grains en sacs de plastique �tanche
Figure III.21 Stockage en poches de plastique �tanche semi-enterr�es
Exposition au soleil
L'exposition au rayonnement solaire direct du produit, �tal� en couches minces, fait fuir les insectes adultes qui n'appr�cient ni les fortes chaleurs, ni la lumi�re vive. Les petites b�ches noires pr�conis�es pr�c�demment pour le s�chage permettent d'am�liorer ce proc�d�.
Enfumage
Dans certaines r�gions, il est courant de stocker une partie de la r�colte de ma�s au dessus de l'endroit qui fait office de cuisine. Le produit est ainsi travers� par la fum�e du foyer qui tout en favorisant le s�chage des grains, �loigne les insectes adultes. L'efficacit� de ce proc�d� semble cependant r�duite dans le cas ou les �pis de ma�s sont pourvus de spathes bien enveloppantes. Il est donc pr�f�rable d'enfumer des �pis nus.
Addition de mati�res inertes solides
L'addition de mati�res inertes aux grains pour en am�liorer la conservation est une technique connue depuis fort longtemps. Les pratiques varient d'un pays � l'autre, mais les mat�riaux utilis�s sont en g�n�ral le sable et la cendre. Au si�cle dernier, les agronomes fran�ais conseillaient �galement la suie et le charbon pulv�ris�.
M�lang�es aux grains, ces mati�res inertes emp�chent la progression des insectes adultes en comblant les vides intersticiels pr�sents entre les grains. Selon leur composition, elles peuvent �galement avoir une action abrasive et dessicative sur les insectes qui meurent par d�shydratation. Des essais de conservation du ni�b� (l�gumineuse) r�alis�s au Togo ont prouv� l'efficacit� de ces techniques de d�sinsectisation. Les quantit�s de mati�re sont cependant assez importantes: 1,6 kg de sable ou 400 g de cendre par kilo de grains.
Addition d'huile
L'enrobage des grains de ma�s par une fine pellicule d'huile (arachide, palme, ricin) � raison de 5 litres d'huile par tonne de grains est une technique qui semble donner de bons r�sultats bien qu'elle ne soit applicable que sur de faibles quantit�s de produit stock�. L'utilisation de ce proc�d� sur les l�gumineuses (haricot, ni�b�) peut �tre int�ressante dans la lutte contre les bruches.
Utilisation de plantes r�pulsives
Dans certaines r�gions, il est courant d'utiliser des plantes ou des extraits de plantes (neem par exemple) pour prot�ger les denr�es stock�es contre les attaques d'insectes. Ces plantes ont plut�t une action insectifuge qu'insecticide. Des recherches sont actuellement poursuivies pour conna�tre pr�cis�ment leur principe d'action et les meilleurs modes d'utilisation.
Toutes ces techniques traditionnelles de lutte contre les insectes apparaissent aujourd'hui d�pass�es. Dans certains cas, il peut �tre int�ressant de les analyser afin de mieux cerner leur efficacit�. Leur utilisation est cependant limit�e � des quantit�s tr�s faibles de grains. Ainsi, les agriculteurs font de plus en plus appel � la lutte chimique.
IV.2 Utilisation d'insecticides chimiques
La vulgarisation de l'emploi des insecticides chimiques est � l'heure actuelle le moyen le plus efficace de lutte contre les insectes, surtout dans les r�gions s�ches ou ces derniers repr�sentent le facteur principal de pertes de grains.
Les insecticides
Il n'entre pas dans le cadre de ce dossier de dresser une liste exhaustive des insecticides chimiques utilisables sur les denr�es stock�es. Quelques notions importantes seront simplement rappel�es.
Il existe deux types de traitement par insecticide chimique:
- le traitement pr�ventif, qui a pour but de pr�venir linfestation ou la r�infestation des stocks. Dans ce cas, la technique consiste � recouvrir le grain ou la surface d'un lot de grain d'un insecticide de contact qui agit plus ou moins rapidement sur les formes libres d'insectes;- le traitement curatif, utilis� pour d�truire rapidement les insectes contenus dans les grains, quel que soit leur stade de d�veloppement (oeuf, larve, nymphe, adulte) n�cessite l'utilisation de gaz insecticides (fumigants), qui n'ont qu'une action limit�e.
En g�n�ral, l'utilisation d'insecticides de contact est le seul type de traitement chimique envisageable au niveau villageois. Parce qu'elle n�cessite des pr�cautions d'emploi, la fumigation ne peut �tre mise en oeuvre que par des �quipes sp�cialis�es des services de protection des v�g�taux.
Les insecticides de contact de la famille des organochlor�s (DDT, lindane), sont aujourd'hui interdits dans les pays industrialis�s. Dans les zones tropicales, le lindane est de moins en moins utilis� car les insectes ont d�velopp� des r�sistances � son action.
Les insecticides de contact les plus utilis�s � l'heure actuelle sont les organophosphor�s (malathion, bromophos, dichlorvos, pirimiphos-m�thyl, chlorpyrifos-m�thil). Des cas de r�sistance au malathion et au bromophos ont parfois �t� signal�s. C'est pourquoi l'utilisation d'insecticides relativement nouveaux et plus performants, tel que le pirimiphos-m�thyl et le chlorpyriphos-m�thyl est de plus en plus fr�quente. La persistance d'action du pirimiphos-m�thyl (connu dans le commerce sous le nom de Actellic) est estim�e � plus de six mois. La g�n�ralisation de son utilisation risque toutefois de faire appara�tre des groupes d'insectes r�sistants.
Traitements
Les insecticides de contact sont commercialis�s sous diff�rentes formes: poudre � poudrer, poudre diluable, concentr� liquide pour pulv�risation, liquide pour n�bulisation et solide fumig�ne.
Au niveau villageois, le poudrage reste le type de traitement des stocks le plus r�pandu. Il est souvent r�alis� � la main par saupoudrage du stock en place, par m�lange manuel dans de petits r�cipients, ou par pelletage du tas de grains.
Diff�rents appareils (repr�sent�s aux figures III.22 � III.24) sont utilis�s pour le poudrage. L'utilisation d'un f�t m�tallique mont� sur un axe excentr� permet de bien m�langer la poudre � une petite quantit� de grain (figure III.24). Cette technique peut �tre efficacement utilis�e pour le traitement des semences, qui sont en g�n�ral conserv�es en petites quantit�s.
Pour les grains ou les �pis conserv�s dans les silos villageois, la m�thode de poudrage utilis�e est souvent celle du "traitement en sandwich". Elle consiste � traiter les parois et le fond de la structure, puis � placer une premi�re couche de grains ou d'�pis sur laquelle est r�pandu l'insecticide. Les couches successives de produit sont trait�es de la m�me mani�re jusqu'au remplissage complet du grenier. La repr�sentation sch�matique de ce type de traitement est illustr�e � la figure III.25.
Figure III.22 Bocal � couvercle perc� utilis� comme poudreuse
Figure III.23 Poudreuse � membrane manuelle artisanale
Figure III.24 Poudreuse type "baratte"
Le traitement par poudrage est tr�s irr�gulier; certaines zones peuvent �tre surdos�es et d'autres sous-dos�es. Une telle m�thode n'assure donc pas une protection totale contre l'attaque des insectes.
Pour traiter les parois verticales des magasins de stockage et des greniers, il est pr�f�rable de pulv�riser l'insecticide. Divers appareils de traitement, tel que le pulv�risateur m�canique � pression entretenue, sont utilis�s (figure III.26). On pulv�rise �galement les piles de sacs dans les entrep�ts.
Exemple de traitement
Le traitement d'un crib de 60 cm de large sur 1,70 m de haut et 4 m de long (volume de 4 m3, soit 2 tonnes de grains en �pis) avec un insecticide tel que le pirimiphos-m�thyl � 2 pour cent n�cessite 1 kg de poudre. Ce poids de poudre � 2 pour cent est calcul� comme suit:
- une dose de 10 parties par million (ppm) repr�sente 10 g de mati�re active par tonne de grains;- Une poudre � 2 pour cent contient 2 g de mati�re active par 100 g de poudre. Il faut donc 500 g de produit commercial pour obtenir la dose de 10 ppm. Le traitement d'un crib de 4 m n�cessite donc 1 kg de poudre � 2 pour cent (500 g/tonne multipli� par 2 tonnes) soit, par exemple, 4 sachets de 250 g chacun.
Un traitement "en sandwich" tous les 20 cm n�cessite 10 couches d'insecticide (y compris la couche de fond), soit 100 g de poudre par couche. Le traitement est achev� par une pulv�risation d'insecticide liquide sur les parois du crib.
Pour �tre efficace, un tel traitement doit se faire sur des �pis despath�s car les spathes ne permettent pas � l'insecticide d'�tre en contact avec les grains et d'assurer pleinement son r�le protecteur. L'enl�vement des spathes peut sembler paradoxal car on consid�re que celles-ci prot�gent naturellement les �pis contre les insectes. En fait, si cette protection naturelle est plus ou moins efficace pour les vari�t�s traditionnelles de ma�s aux spathes tr�s enveloppantes, elle l'est beaucoup moins pour les vari�t�s am�lior�es dont les spathes recouvrent mal les �pis.
Figure III.25 Sch�ma de traitement du grain dit "en sandwich"
Figure III.26 Pulv�risateur � dos � pression entretenue par pompe � piston
1. Pompe � piston (en coupe)
2. Cloche � air
3. R�glage de la course du piston
4. Levier de pompage
5. Sangles
6. Lance
7. R�servoir de bouillie
8. Orifice de remplissage avec couvercle
(Source: CEMAGREF)
Une lutte chimique bien men�e donne souvent de bons r�sultats et permet d'am�liorer de mani�re sensible le stockage des produits au niveau villageois. Cependant, le premier type d'action dans la lutte contre les d�pr�dateurs de stocks (insectes, rongeurs) consiste simplement � observer de bonnes mesures d'hygi�ne pr�ventive, y compris un nettoyage soigneux des greniers et de leurs abords, l'�limination des d�chets, la r�fection des constructions d�fectueuses et le nettoyage des produits � stocker.
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Le Stockage du Grain (ILO - WEP, 1986, 140 p.)
CHAPITRE IV. STOCKAGE COMMUNAUTAIRE
I. OBJET DU STOCKAGE COMMUNAUTAIRE
Le stockage villageois correspond � des quantit�s unitaires relativement faibles dont une petite partie seulement (moins de 20 pour cent) est destin�e � la vente au d�tail ou � des offices c�r�aliers. Ces derniers, qui disposent de capacit�s de stockage importantes, rencontrent souvent de grandes difficult�s lors de leur campagne d'achat de grains. Une des causes de ces difficult�s est la grande dispersion des centres d'achat qui n'offrent g�n�ralement qu'une faible quantit� de grains. Une �tape interm�diaire entre le stockage villageois et les grands centres de stockage s'av�re souvent n�cessaire. Le stockage communautaire permet de drainer et de regrouper le surplus commercialisable des producteurs et, par l� m�me, constituer un fournisseur privil�gi� pour les offices c�r�aliers. Etant donn� l'importance des quantit�s stock�es (plusieurs centaines de tonnes), il est possible de justifier des investissements importants dans des structures de stockage permettant un meilleur contr�le des stocks et un traitement des grains beaucoup plus efficace que ceux envisageables dans le cadre d'un stockage au niveau villageois.
Le stockage communautaire peut aussi �tre utilis� de fa�on rentable pour la conservation des l�gumineuses qui, au niveau paysan, sont toujours expos�es aux attaques des insectes. Le volume plus important des stocks dans les magasins communautaires permet de justifier l'utilisation d'une technique de d�sinsectisation telle que la fumigation. De plus, l'introduction de la m�canisation - et surtout de la motorisation - qui permet d'utiliser des �quipements et des m�thodes modernes de s�chage, ventilation, nettoyage et manutention des grains peut �tre efficace au niveau des centres communautaires alors qu'elle reste tr�s rare et difficile � introduire au niveau villageois.
II. TYPES DE STOCKAGE COMMUNAUTAIRE
Dans les r�gions chaudes, deux types de stockage sont possibles au niveau des centres communautaires et � celui des grands centres: le stockage en vrac et le stockage en sacs. Le stockage en sacs est beaucoup plus employ� que le stockage en vrac. Les avantages et inconv�nients de ces deux types de stockage ont d�j� �t� rappel�s au Chapitre I.
II.1 Le stockage en vrac
Ce mode de stockage est int�ressant car il permet une utilisation maximum du volume offert par les structures. L'architecture des petits centres de stockage en vrac varie selon le type de cellules utilis�. Certaines unit�s de stockage communautaire sont constitu�es de cellules rondes, m�talliques ou en b�ton. Les cellules dispos�es en arc de cercle ou align�es sont en g�n�ral �quip�es d'un toit individuel. L'ensemble des cellules est parfois prot�g� par un hangar. Ces cellules peuvent �tre du type de celles d�crites au chapitre pr�c�dent.
Une manutention m�canique des grains peut �tre justifi�e pour certains centres de stockage. Dans ce cas, les vis sous tube sont des appareils de manutention bien adapt�s aux petites unit�s de stockage.
La r�alisation de cellules rondes de capacit� moyenne (quelques dizaines de m�tres cube) peut pr�senter des difficult�s de construction. Ainsi, les unit�s de stockage communautaire qui utilisent le principe du stockage en vrac sont souvent constitu�es de cellules carr�es juxtapos�es. A volume �gal, les cellules de forme carr�e n�cessitent plus de mat�riaux que les cellules rondes. Cependant, leur g�om�trie permet de bien les assembler entre elles et d'utiliser au mieux la surface au sol disponible.
Les banques de c�r�ales vulgaris�es par les organisations non gouvernementales1 dans certains pays en d�veloppement constituent un exemple int�ressant de stockage en vrac au niveau communautaire. La premi�re exp�rience men�e au Rwanda par ces organismes avait pour but d'am�liorer le stockage des haricots et de mettre � la disposition permanente des populations locales des produits de base � un prix r�gulier. Ils jouent un r�le important pendant la p�riode de "soudure" pr�c�dant la moisson durant laquelle les fermiers rencontrent des difficult�s d'approvisionnement en c�r�ales.
1 Par exemple, Service de secours catholique.
Le plan d'un des magasins �tablis par une organisation non gouvernementale1 est pr�sent� � la figure IV.1. Il comprend plusieurs cellules de stockage en vrac de 20 m3 chacune. Les cellules ont une forme cubique de 2,7 m de cot�. L'unit� de stockage est �quip�e d'une aire de r�ception des produits et d'un petit bureau de 10 m2 environ. L'ensemble des installations est recouvert d'un toit. La construction peut �tre r�alis�e en briques cuites ou en parpaings de b�ton. Les cellules ont des murs de 30 cm d'�paisseur et des cloisons de 20 cm d'�paisseur. Elles sont ferm�es par une dalle perc�e d'un trou d'homme pour le remplissage. Une barri�re pare-vapeur en bitume est int�gr�e � la dalle de fond afin d'�viter les tranferts d'humidit�. Les murs ext�rieurs et int�rieurs sont enduits de ciment additionn� d'un produit hydrofuge.
1 Catholic Relief Services.
Bien que les cellules soient conques pour un stockage en atmosph�re confin�e, il est recommand� de traiter les grains avec un insecticide avant de les emmagasiner.
L'unit� de stockage illustr�e � la figure IV.1 a une capacit� d'environ 85 tonnes. On peut ais�ment augmenter la capacit� de stockage en ajoutant des modules de deux cellules.
L'originalit� de ces centres tient surtout � leur mode de gestion. Ils fonctionnent comme des banques de c�r�ales. Le g�rant du centre contr�le la livraison de grains faite par un producteur et remet � celui-ci un bon de d�p�t ainsi qu'une somme en argent �quivalent � la valeur du grain. Muni de ce bon, le producteur peut racheter du grain � un prix major� d'un montant correspondant aux frais de stockage.
II.2 Le stockage en sacs
Le stockage en sacs est tr�s r�pandu dans les pays tropicaux o� le sac est l'unit� de base du commerce des grains. Les centres de stockage et les techniques de manutention et de transport sont souvent adapt�s � ce mode de conditionnement des produits.
Figure IV.1 Sch�ma d'un silo communautaire
Les magasins de stockage en sacs ne sont parfois que de simples abris qui n'offrent pas toutes les garanties de bonne conservation des produits. Ainsi, des pertes plus importantes qu'au niveau de stockage villageois peuvent se produire.
Les structures de stockage en sacs ou en vrac doivent r�pondre � un certain nombre d'exigences si l'on veut �viter des pertes ou d�gradations de grains excessives. Ces exigences peuvent se r�sumer comme suit;
- ne pas permettre l'entr�e d'eau ou d'humidit� � l'int�rieur des magasins;
- prot�ger les stocks contre les temp�ratures excessives;
- ne pas permettre l'entr�e des insectes, rongeurs et oiseaux � l'int�rieur des structures.
III. CONCEPTION ET CONSTRUCTION DES CENTRES DE STOCKAGE COMMUNAUTAIRE
III.1 Implantation et exposition des b�timents
Le choix de l'implantation des centres de stockage doit tenir compte d'un ensemble de crit�res.
Si le centre communautaire couvre plusieurs villages, il est recommand� de le situer, dans la mesure du possible, � �gale distance de chacune des aires de production afin de ne pas privil�gier certains utilisateurs par rapport � d'autres. Le site retenu doit �tre en bordure d'un axe de communication. Dans le choix du terrain, des crit�res topographiques et g�ologiques sont � consid�rer. Les zones � haut risque d'inondation sont � �viter de m�me que les terrains argileux et mal drain�s. D'autres facteurs, tels que la proximit� du r�seau d'eau ou du r�seau �lectrique jouent un r�le important dans le choix du site. Dans tous les cas, il est important de consulter pr�alablement les services du g�nie rural.
Dans les r�gion chaudes, le rayonnement solaire est plus intense sur les fa�ades est et ouest. Il est donc pr�f�rable d'orienter les b�timents de fa�on � ce que seules les petites surfaces soient expos�es au fort rayonnement solaire.
III.2 Conception des installations
Les dimensions des centres de stockage sont fonction de la quantit� de produit � stocker et des param�tres suivants:
- volume occup� par les denr�es stock�es en sac;
- hauteur des piles de sacs;
- individualisation des lots selon le type de denr�e;
- importance des all�es de manutention et de contr�le;
- n�cessit� de locaux annexes (bureau, local de rangement, aire de travail).
Les magasins de stockage sont en g�n�ral de forme rectangulaire, car cette forme permet une gestion des stocks plus ais�e. Les dimensions les plus courantes correspondent � une longueur du b�timent �gale approximativement � deux fois sa largeur.
Surface au sol n�cessaire pour le stockage en sacs
Pour un tonnage donn�, la surface au sol d�pend du volume sp�cifique des denr�es stock�es en sacs, de la hauteur du stockage et de la surface des all�es. Le tableau IV.1 indique les volumes sp�cifiques de certains produits:
Tableau IV. 1
Volumes sp�cifiques de diff�rents produits stock�s en sacs
|
Produit |
Volume sp�cifique |
| |
(m3 par tonne) |
|
Mil |
1,25 |
|
Haricots, pois, lentilles |
1,3 |
|
Riz usin�, bl�, caf� |
1,6 |
|
Ma�s, sorgho |
1,8 |
|
Farine de ma�s, farine de bl� |
2,1 |
200 tonnes de mais en grain stock� en sacs occupent donc un volume d'environ 360 m3. Compte tenu de ce volume, la surface au sol du centre peut �tre calcul� en fonction des param�tres retenus pour la hauteur de stockage et la configuration des all�es (voir ci-dessous).
Hauteur du stockage
La hauteur des piles d�pend de la nature des sacs utilis�s. Pour des sacs en polypropil�ne tiss�, la hauteur limite des piles doit �tre de 3 m car ces sacs ont tendance � glisser. Pour en am�liorer l'assise, on peut les disposer en pyramide. Par contre, les sacs en jute ou en sisal peuvent �tre empil�s sur une hauteur de 5 � 6 m. La hauteur des piles d�pend aussi de la nature du produit stock�. Par exemple, les piles de sacs de farine doivent �tre moins haute que celles de sacs de grains afin d'�viter des compactions au niveau des couches inf�rieures. La hauteur du stockage d�pend enfin de l'habilet� du personnel � r�aliser des piles stables. D'autre part, il faut r�server un espace libre d'un m�tre environ au dessus des piles pour permettre la libre circulation du personnel charg� d'inspecter, de traiter les lots de grains et de d�placer les sacs.
Selon l'exemple cit� pr�c�demment et compte tenu d'une hauteur de piles de 3 m, la surface au sol n�cessaire pour stocker 200 tonnes de ma�s en sacs est de 120 m2. A cette surface, il faut ajouter celles des all�es et locaux annexes.
R�partition des stocks en plusieurs lots
Le stockage en un seul lot permet d'occuper au maximum le volume disponible. Dans la pratique, cette solution est rarement applicable car les lots doivent �tre r�partis selon la nature des produits et de mani�re � faciliter les contr�les et les traitements insecticides. Les dimensions des diff�rents lots d�pendent parfois uniquement de la taille des b�ches utilis�es pour la fumigation. Il est indispensable dans tous les cas de r�server un couloir de circulation de 1 m entre les piles de sacs et les murs et de pr�voir une all�e de manutention d'une largeur de 2 � 3 m.
Exemple de calcul des dimensions d'un magasin
Les dimensions d'un centre pouvant stocker 200 tonnes de ma�s en sacs peuvent �tre estim�es de la mani�re suivante:
Le volume sp�cifique du ma�s stock� en sacs est de 1,8 m3 par tonne. Le volume total occup� par le produit est donc de 360 m3. Pour une hauteur de piles de 3 m, la surface au sol n�cessaire est de 120 m2. Cette surface n'inclue pas les all�es et locaux annexes.
Un magasin de forme rectangulaire, avec une longueur �gale au double de la largeur, aurait les dimensions suivantes correspondant aux 120 m2 n�cessaires:
- largeur: 8 m
- longueur: 15 m
La r�partition des sacs en deux lots d'�gal volume s�par�s par une all�e centrale de manutention de 3 m de large et l'am�nagement d'une all�e d'inspection de 1 m de large le long des murs n�cessitent un magasin dont les dimensions totales sont les suivantes:
- largeur: 1 m + 8 m + 1 m = 10 m
- longueur: 1 m + 7,5 m + 3 m + 7,5 m + 1 m = 20 m.
Pour des murs d'une hauteur de 4 m, le volume total du magasin est de 800 m3 (10 m x 20 m x 4 m). Les 200 tonnes de ma�s n'occupant que 360 m3, le pourcentage de volume utilis� par rapport au volume disponible n'est que de 45 pour cent. L'all�e de manutention pourrait �ventuellement �tre r�duite afin d'augmenter ce pourcentage. Cependant, des calculs similaires pour de grands centres de stockage montreraient que le pourcentage d'utilisation de ces derniers est bien sup�rieur (environ 80 pour cent) � celui des petits et moyens magasins.
Locaux annexes
Il est n�cessaire de pr�voir des annexes au b�timent, soit un bureau pour le responsable du centre et un local destin� au rangement des divers �quipements (bascule, balais, b�ches de fumigation, produits insecticides).
Les diff�rentes op�rations courantes de gestion des stocks telles que le pesage, le nettoyage, ou le conditionnement des lots d�fectueux doivent pouvoir �tre effectu�es par tous les temps. Il est donc indispensable de pr�voir une aire de travail couverte attenante au magasin.
La figure IV.2 fournit un exemple d'am�nagement des locaux annexes.
Figure IV.2 Sch�mas types d'unit�s de stockage communautaire avec locaux annexes
M = Magasin de stockage
R = Remise pour mat�riel
B = Bureau du g�rant
A = Aire de travail
III.3 D�tails de construction
Les fondations
Pour l'implantation du magasin, il faut �viter les terrains argileux ou remblay�s et instables, et choisir un terrain bien drain� et de bonne portance. Lors des fouilles, il faut atteindre un sol offrant une r�sistance suffisante � la pression exerc�e par la masse du b�timent. Toutes les charges de la structure se r�partissent au niveau des poteaux, support�s � la base par des semelles en b�ton arm�. Une poutrelle en b�ton arm� (longrine) relie en g�n�ral ces semelles.
La figure IV.3 donne un exemple de ce type de fondations.
Le sol du magasin
Une attention particuli�re doit �tre port�e � la r�alisation du sol des magasins. Il doit r�sister � la charge des piles de sacs et emp�cher les remont�es d'humidit�. Le sol est g�n�ralement constitu� d'une dalle de b�ton arm� pos�e sur une couche de base compacte. Cette derni�re est compos�e d'un remblai stabilis� (lit de pierres, mat�riaux concass�s, sable additionn� de ciment) recouvert d'une fine couche de b�ton de propret�. Un rideau pare-vapeur (constitu� de bitume ou d'asphalte �tendus � chaud, d'un feutre bitumeux ou d'un film plastique "polyane") est intercal� entre la dalle de b�ton arm� et la couche de base stabilis�e (voir figure IV.4). La dalle de b�ton arm� doit comporter des joints de dilatation (g�n�ralement en bitume-sable) afin d'�viter les fissurations. Elle peut recevoir une couche de finition (chappe de b�ton de quelques centim�tres) liss�e mais non glissante.
Les solutions qui consistent � pr�voir un sol sur�lev� pos� sur un remblai compact� ou sur vide sanitaire sont en g�n�ral tr�s co�teuses et rarement justifi�es.
Ossature des b�timents
L'ossature du b�timent est constitu�e de poteaux soutenant les fermes de la toiture et reli�s entre eux par un cha�nage. Elle peut �tre r�alis�e en b�ton ou �ventuellement, en �l�ments m�talliques.
Figure IV.3 Sch�ma des fondations d'un magasin de stockage communautaire
Figure IV.4 Sch�ma montrant la construction d'un sol de magasin de stockage
Les murs peuvent �tre constitu�s de parois l�g�res ou lourdes. Les parois l�g�res, en amiante-ciment, en t�le de zinc ou d'aluminium permettent une construction rapide, mais sont assez fragiles. De plus, elles ne sont pas totalement herm�tiques et ne facilitent pas la lutte contre les d�pr�dateurs. Un autre inconv�nient de ces parois est leur faible inertie thermique. Dans les r�gions chaudes et s�ches, cette caract�ristique ne permet pas d'amortir les �carts diurnes de temp�rature et donne donc lieu � des condensations qui favorisent le d�veloppement de moisissures. Par contre, les parois lourdes en ma�onnerie offrent une bonne isolation thermique. Ces parois, en agglom�r� de ciment ou en briques, doivent �tre recouvertes d'un enduit de ciment sur les deux faces. Si leur �paisseur est inf�rieure � celle des poteaux, il est n�cessaire de pr�voir les saillies des poteaux � l'ext�rieur des b�timents. En effet, les murs int�rieurs des b�timents ne doivent pr�senter aucun d�crochement susceptible de g�ner les op�rations de manutention et de nettoyage. Les murs devront reposer sur une couche imperm�able en continuit� avec la barri�re pare-vapeur de la dalle.
IV.4 La toiture
La charpente peut �tre r�alis�e soit en bois, soit en �l�ments m�talliques. L'utilisation de pannes m�talliques permet d'�tendre les trav�es (espacement entre les fermes) de 7 � 8 m alors que les pannes en bois limitent l'espacement � 4 ou 5 m. Les charpentes en bois constituent un refuge privil�gi� pour les insectes et rendent difficile la d�sinsectisation des locaux.
Les charpentes m�talliques sont r�alis�es en fer profil�. Les fermes sont constitu�es d'un entrait et d'un arbal�trier m�talliques reli�s par un treillis de fers corni�res soud�s ou fix�s � l'aide de boutons ou de rivets. Les charpentes ne doivent pas n�cessiter la mise en place de poteaux-supports � l'int�rieur des b�timents.
Les figures IV.5 et IV.6 illustrent les deux types de charpentes.
La couverture des b�timents peut �tre r�alis�e en plaques d'amiante ciment ou en t�les d'acier galvanis� ou d'aluminium. Les plaques de fibrociment sont plus isolantes que les t�les m�talliques mais elles sont relativement fragiles et leur pose est moins ais�e que celle des t�les.
Figure IV.5 Charpentes en bois
Figure IV.6 Charpentes m�talliques
Il est n�cessaire de pr�voir un d�bordement de la toiture de 0,7 m � 1 m au niveau des pignons et d'environ 1 m en long pan. Ce d�bordement doit �tre suffisant afin d'�viter l'entr�e des eaux de pluie par les ouvertures d'a�ration. Les portes peuvent �galement �tre prot�g�es de la pluie par un auvent.
Les ouvertures
Les petits magasins de capacit� inf�rieure � 500 tonnes n'ont g�n�ralement qu'une seule porte. Deux portes seraient cependant pr�f�rables pour une meilleure gestion des stocks. De plus, celles-ci permettraient une meilleure ventilation naturelle du magasin. Les portes doivent �tre de dimensions suffisantes (au minimum 3 m de large et 2,5 m de haut) et assurer une fermeture herm�tique du magasin pour emp�cher l'entr�e des insectes et des rongeurs. Les portes � battants permettent une meilleure fermeture des magasin que les portes coulissantes. Elles doivent s'ouvrir vers l'ext�rieur afin de ne pas diminuer le volume de stockage offert par le magasin. L�s portes m�talliques sont plus r�sistantes que les portes en bois. Si celles-ci ne sont pas disponibles, il est n�cessaire de recouvrir la face ext�rieure des portes en bois d'un feuillard m�tallique pour les prot�ger de l'attaque des rongeurs.
Les a�rations basses ne sont pas conseill�es car elles sont � l'origine de nombreux probl�mes (entr�e d'eau, de rongeurs par exemple). Elles doivent de pr�f�rence se trouver au fa�t des murs pour �tre prot�g�es des pluies par les avant-toits. Ces ouvertures doivent �tre �quip�es d'un grillage anti-oiseaux et d'une moustiquaire fix�e sur un cadre amovible, l'espace entre ces deux grillages devant �tre sup�rieur � 10 cm. La figure IV.7 fournit une repr�sentation sch�matique d'une ouverture d'a�ration grillag�e.
Les finitions
Les murs doivent recevoir un enduit de ciment, et si possible une couche de peinture vinylique ou glyc�rophtalique sur la face interne et un badigeon de chaux sur la face externe. Les murs de couleur claire refl�tent le rayonnment solaire et diminuent ainsi l'accumulation de chaleur � l'int�rieur du magasin.
Il est conseill� d'arrondir la jonction entre les murs et les dalles du sol afin de faciliter le nettoyage. La r�alisation de la jonction entre les murs et le toit doit �tre r�alis�e avec beaucoup de soin afin d'assurer une parfaite �tanch�it�.
Figure IV.7 D�tail d'une ouverture grillag�e
Les am�nagements ext�rieurs
Un trottoir ext�rieur, d'une largeur sup�rieure au d�bordement de la toiture, doit �tre pr�vu autour du b�timent afin que les eaux de pluie n'affouillent pas le bas des murs. Des drains doivent �galement �tre pr�vus pour l'�vacuation des eaux de pluie.
Le magasin doit �tre implant� sur un terrain suffisamment grand, prot�g� par une cl�ture. Il est n�cessaire de le relier aux voies d'acc�s principales par des chemins permettant le passage des camions ou charrettes en toutes saisons.
IV. EQUIPEMENT DES CENTRES DE STOCKAGE COMMUNAUTAIRE
Il est n�cessaire d'�quiper les centres de stockage des mat�riels suivants afin de faciliter la gestion et le contr�le des stocks:
- balais- mat�riel pour le contr�le des stocks
- bascule classique de 200 kg;
- sondes pour �chantillonnage (une sonde � sac est repr�sent�e � la figure IV.8);
- tamis pour analyser les impuret�s;
- appareil de mesure de l'humidit� des grains.
- mat�riel n�cessaire au traitement insecticide
- pulv�risateur pour insecticide liquie;
- poudreuse (une poudreuse � main est repr�sent�e � la figure IV.9).
- mat�riel de manutention
- diables: le transport des sacs dans les magasins se fait g�n�ralement � dos d'homme. La t�che des manoeuvres peut �tre facilit�e par l'acquisition de petits diables (voir figure IV.10)- monte-sacs: la confection des piles de sacs est une op�ration d�licate et p�nible. La charge de travail peut �tre all�g�e par l'utilisation de petits �l�vateurs de sacs fonctionnant avec un moteur �lectrique ou thermique. La figure IV.11 illustre un monte-sac mobile �quip� d'un moteur thermique. Ces mat�riels ne requi�rent qu'une faible surface au sol. Il est conseill� d'en �quiper les petits magasins o� il serait difficile d'utiliser les �quipements standards assez volumineux.
- Mat�riels de nettoyage et de reconditionnement des produits.
Figure IV.8 Sonde & sac pour �chantillonage du grain stock�
Figure IV.9 Poudreuse � main
Figure IV.10 Diable utilis� pour le transport des sacs de grain
Figure IV.11 Monte-sac mobile
Il est quelquefois n�cessaire de reconditionner une livraison de grains contenant des impuret�s avant de la stocker avec du grain de bonne qualit�. Ceci n�cessite une unit� de nettoyage et de reconditionnement des produits qui est g�n�ralement install�e sur l'aire de travail du centre. Une cha�ne de reconditionnement (repr�sent�e � la figure IV.12) doit comporter les mat�riels suivants:
- une tr�mie pour la vidange des sacs;
- une vis d'alimentation du nettoyeur;
- un nettoyeur s�parateur;
- un appareil pour le traitement insecticide en continu
- (par pulv�risation);
- un peseur ensacheur;
- une couseuse de sac.
Le fonctionnement d'une telle unit� n�cessite l'alimentation du centre de stockage en �lectricit�, soit par raccordement au r�seau �lectrique national soit par l'installation d'un groupe �lectrog�ne � l'ext�rieur du b�timent.
V. GESTION ET MAINTENANCE DES CENTRES DE STOCKAGE
V.1. Pr�paration des centres avant le stockage
L'�tat g�n�ral des locaux doit �tre v�rifi� avant tout stockage. Il est indispensable de nettoyer soigneusement les diverses parties du magasin et de r�parer ou de boucher toutes les fissures. Par la suite, l'int�rieur des locaux doit �tre trait� avec un insecticide de contact.
Figure IV.12 Sch�ma d'une unit� de reconditionnement
Les abords des magasins doivent �tre entretenus (herbes coup�es, immondices �vacu�s ou br�l�es) afin de d�gager une aire parfaitement propre autour des b�timents. Ces mesures d'hygi�ne constituent un moyen de lutte pr�ventive contre les rongeurs.
Les diff�rents �quipements doivent aussi �tre v�rifi�s et, le cas �ch�ant, r�par�s. Le centre doit maintenir des stocks suffisants d'insecticides, carburants, sacs et autres mat�riels pour le cas ou ils ne sont pas disponibles r�guli�rement dans le pays.
V.2 Mise en place des stocks
Les sacs � stocker ne doivent pas pr�senter de ruptures. Le contenu de quelques sacs choisis au hasard devra �tre analys� afin de s'assurer que les grains sont sains pour le stockage (par exemple, ils doivent �tre suffisamment secs et ne pas �tre m�l�s � trop d'impuret�s). Dans le cas contraire, il est n�cessaire de reconditionner le stock de grains.
La mise en place des stocks se fait en fonction de la nature du produit (des produits diff�rents doivent �tre stock�s s�par�ment) et du type d'op�rations qu'il faudrait effectuer au cours du stockage. Ainsi, des all�es doivent �tre am�nag�es entre les lots afin de faciliter la manutention, le traitement et le contr�le des sacs. Le nombre de lots dans les petits centres communautaires devrait �tre aussi bas que possible afin de maximiser le volume de produit stock�. L'utilisation de crochets pour d�placer les sacs est � �viter pour ne pas d�t�riorer les emballages.
L'emploi de palettes sur lesquelles sont �difi�es les piles est n�cessaire lorsque l'�tanch�it� du sol du magasin n'est pas parfaite ou quand le centre de stockage est situ� en zone humide. Les deux exemples de palettes illustr�es � la figure IV.13 ont des dimensions r�duites (1,5 m x 2 m) qui facilitent le transport. L'emploi de palettes dans les zones s�ches n'est pas n�cessaire en g�n�ral.
Des m�thodes tr�s pr�cises de disposition des sacs sont utilis�es lors de la r�alisation des piles. L'unit� de base est en g�n�ral constitu�e de 3 ou 5 sacs, suivant la taille de ces derniers (voir figure IV.14).
Figure IV.13 Palettes pour le stockage des grains en sacs
Figure IV.14 Deux sch�mas de base classiques pour la confection des piles de sacs
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Le Stockage du Grain (ILO - WEP, 1986, 140 p.)
CHAPITRE V. ESTIMATION DES COUTS DE STOCKAGE
I. INTRODUCTION
Le stockage des grains peut n�cessiter des investissements importants surtout au niveau du stockage communautaire. Aussi est-il important d'identifier le type de stockage le moins co�teux et le plus performant du point de vue de la protection des grains contre les mauvaises conditions climatiques et les d�pr�dateurs. En g�n�ral, le co�t par tonne de grains log�e devrait augmenter avec le degr� de protection offert par le syst�me de stockage car une augmentation du co�t unitaire de stockage ne serait pas autrement justifi�e. Ainsi, le choix d'un syst�me de stockage "A" plus performant mais aussi plus co�teux qu'un syst�me de stockage "B" devrait satisfaire la relation suivante:
[Co�t annuel de stockage + valeur annuelle des pertes]Aest �gal ou inf�rieur au
[Co�t annuel de stockage + valeur annuelle des pertes]B
Dans la relation ci-dessus, la valeur annuelle des pertes (par suite de moisissures, attaques de rongeurs, etc.) est fonction de la seule performance du syst�me de stockage choisi.
Ce chapitre propose une m�thode d'estimation du co�t unitaire de stockage qui pourrait �tre utilis�e pour �valuer les diff�rents syst�mes de stockage communautaire. L'estimation du co�t unitaire devrait se faire pour chacun des syst�mes r�pondant � un certain nombre de crit�res (par exemple, volume � stocker, mat�riaux de construction disponibles, main-d'oeuvre locale qualifi�e) dans le but d'identifier le syst�me qui satisfait la relation ci-dessus.
Cette m�thode d'estimation peut aussi �tre utilis�e dans le cas du stockage villageois. Cependant, elle devra �tre modifi�e compte tenu du fait qu'il est souvent difficile d'estimer les co�ts de main-d'oeuvre. En effet, les syst�mes de stockage villageois sont souvent construits par les villageois eux-m�mes durant les p�riodes o� ils ne doivent pas travailler dans les champs. Il est par cons�quent difficile de chiffrer le co�t d'opportunit� de la main-d'oeuvre. De plus, plusieurs syst�mes de stockage villageois utilisent des mat�riaux locaux disponibles et gratuits (par exemple la terre, les d�chets v�g�taux). Ainsi, le choix d'un syst�me de stockage villageois d�pend davantage de l'efficacit� du syst�me que de son co�t "mon�taire", qui est g�n�ralement assez bas.
II. METHODOLOGIE DE CALCUL DU COUT DE STOCKAGE
Dans le cas du stockage communautaire, un choix doit souvent �tre fait entre un stockage en vrac et un stockage en sacs. Pour une capacit� donn�e, ces deux techniques diff�rent de par la taille des installations qu'elles requi�rent (le volume sp�cifique du produit stock� en sacs �tant diff�rent de celui du produit stock� en vrac) et par les �quipements n�cessaires au fonctionnement des centres.
Le co�t unitaire de stockage devra tenir compte d'un certain nombre de charges fixes et variables. Les charges fixes comprennent les �l�ments suivants:
- co�t d'amortissement des installations (b�timents et �quipements);
- valeur locative du terrain;
- salaires du personnel permanent du centre de stockage;
- co�t des assurances diverses.
Les charges variables comprennent les �l�ments suivants:
- frais de r�paration et d'entretien des b�timents et �quipements;
- frais de consommation d'�nergie (�lectricit�, carburant);
- frais de main-d'oeuvre temporaire;
- frais de sacherie (pour un stockage en sacs);
- frais de traitement insecticide et rodenticide.
Il convient d'ajouter � ces charges fixes et variables le co�t des pertes en grains dans le cas o� le degr� d'efficacit� des syst�mes de stockage potentiels n'est pas le m�me pour l'ensemble des syst�mes. Dans le cas contraire, ou s'il est difficile d'estimer de fa�on pr�cise les pertes associ�es � chacun des syst�mes, il n'est pas n�cessaire de tenir compte du co�t des pertes lors du choix d'un syst�me de stockage.
Les m�thodes d'estimation des diff�rentes charges fixes et variables sont bri�vement d�crites dans les paragraphes suivants.
II.1 Co�t d'amortissement des installations et assurances
a) M�thode de calcul du co�t d'amortissement
Le montant de l'amortissement annuel des installations (b�timents et �quipements) est fonction du co�t de construction et de celui des �quipements, de leur dur�e de vie et du taux d'int�r�t.
Le co�t d'amortissement des b�timents peut �tre calcul� de la mani�re suivante:
Consid�rons un magasin dont le co�t de construction est �gal � C (500 000 francs fran�ais (FF)) et ayant une dur�e de vie de 20 ans. Supposons un taux d'int�r�t de 18 pour cent. L'amortissement annuel du b�timent peut �tre calcul� � l'aide du tableau V.1 qui fournit le facteur d'annuit� constante (T) pour diff�rentes valeurs du taux d'int�r�t (de 5 pour cent � 40 pour cent) et pour diff�rentes dur�es d'amortissement (de 1 � 25 ans). Il suffit pour cela de diviser le co�t de la construction C par le facteur T. Dans l'exemple ci-dessus, T est �gal � 5,353 et l'amortissement annuel du b�timent est donc �gal �:
La m�me m�thode peut �tre appliqu�e pour calculer le co�t d'amortissement annuel des �quipements1.
1 Cette m�thode de calcul ne tient pas compte de la valeur r�siduelle des b�timents et des �quipements � la fin de leur vie. La prise en compte de celle-ci n�cessite l'utilisation de la relation suivante:
A = co�t annuel d'amortissement;
R = valeur r�siduelle du b�timent ou de l'�quipement;
i = taux d'int�r�t;
n = dur�e de vie du b�timent ou des �quipements.
Le fait d'assumer une valeur de R �gale � z�ro ne devrait pas augmenter de mani�re significative la valeur de A.
Le calcul du co�t d'amortissement des b�timents et des �quipements n�cessite l'estimation des �l�ments suivants:
Co�t de construction des b�timents
De tr�s nombreux facteurs interviennent dans la d�finition des co�ts de construction: taille des installations, �loignement du site, co�t du transport des mat�riaux, choix des mat�riaux, disponibilit� et co�t de la main-d'oeuvre, etc. Dans tous les cas, une �tude pr�cise des co�ts de construction qui tient compte des conditions locales doit �tre effectu�e. Cependant, l'exp�rience montre que les investissements n�cessaires � la construction d'installations de stockage en vrac sont en g�n�ral sup�rieurs � ceux n�cessaires � la construction d'installation de stockage en sacs.
Co�t des �quipements
Le co�t des �quipements doit inclure les frais de transport et, le cas �ch�ant, les frais de d�douanement ainsi que diverses taxes. Ces co�ts peuvent �tre obtenus aupr�s des fabricants ou des importateurs locaux.
Dur�e de vie des b�timents et des �quipements
La dur�e de vie des b�timents d�pend, en grande partie, du type de mat�riaux utilis�s dans la construction. Les dur�es de vie suivantes sont en g�n�ral retenues:
- magasins en ma�onnerie: 20 � 25 ans
- magasins m�talliques: 10 � 15 ans
- magasins souples en plastique: 5 ans
Une dur�e de vie de 7 ans est g�n�ralement retenue pour les divers �quipements bien qu'en pratique la long�vit� de ceux-ci d�pend surtout de la mani�re dont ils ont �t� utilis�s et entretenus.
b) Assurances
Les frais annuels d'assurance des installations correspondent g�n�ralement � environ 1 pour cent du montant de l'investissement.
II.2 Valeur locative du terrain
La valeur locative du terrain doit �tre ajout�e aux diff�rentes charges fixes annuelles. Elle est estim�e en fonction de la surface de la concession sur laquelle est implant� le magasin et du co�t de location des terrains dans la zone du projet. La valeur locative du terrain doit �tre ajout�e aux charges fixes m�me si le terrain appartient aux propri�taires du magasin de stockage. En effet, il pourrait �tre vendu ou lou� dans le cas o� il ne serait pas utilis� en vue du stockage des grains.
II.3 Salaires du personnel permanent
Un centre de stockage communautaire n�cessite un g�rant ou un magasinier, un technicien dans le cas o� les �quipements motoris�s sont utilis�s ainsi que quelques ouvriers non qualifi�s (pour la manutention, le nettoyage, la fumigation, etc.). Dans certains cas, les services d'un secr�taire-comptable peuvent �tre n�cessaires. L'estimation du co�t annuel du personnel permanent se fait sur la base des salaires pay�s � ces diff�rents salari�s dans la r�gion concern�e.
II.4 Frais de r�paration et d'entretien des �quipements et des b�timents
Les frais de r�paration des �quipements par des artisans sp�cialis�s ou petites entreprises m�caniques d�pendent en grande partie de leur qualit�, de la dur�e annuelle d'utilisaton, et du soin apport� � leur fonctionnement et entretien. La maintenance qui doit normalement se faire par les techniciens du centre de stockage (par exemple le nettoyage et le graissage des machines, le remplacement des pi�ces d'usure) n�cessite l'acquisition d'un stock suffisant de pi�ces de rechange. En g�n�ral, le montant annuel pour les r�parations et la maintenance est estim� � 10 pour cent du montant de l'investissement. Un pourcentage inf�rieur peut �tre utilis� pour les b�timents surtout si ces derniers sont bien con�us et construits.
II.5 Frais de consommation d'�nergie
Les mat�riels motoris�s peuvent �tre �quip�s de moteurs �lectriques ou thermiques. Le choix de la source d'�nergie d�pend du lieu d'implantation des unit�s de stockage. L'utilisation de groupes �lectrog�nes est assez fr�quente du fait que les syst�mes de stockage communautaires sont souvent install�s dans les zones rurales qui ne sont pas raccord�es au r�seau �lectrique national. Les indications sur les �quipements motoris�s dans les brochures de fabricants sont en g�n�ral suffisantes pour estimer la consommation �lectrique ou en carburant de ces �quipements.
II.6 Frais de main-d'oeuvre temporaire
En p�riode de mise en place des stocks et de vidange des magasins, il est fr�quent de faire appel � une main-d'oeuvre temporaire. Le co�t de cette main d'oeuvre n'est pas toujours facile � estimer car il n'existe pas de donn�es pr�cises sur la productivit� des diff�rentes techniques de manutention (manuelle, assist�e de divers �quipements). De plus, la productivit� de la main-d'oeuvre d�pend entre autres du type de stockage choisi (en sacs, en vrac) de la distance entre l'aire de chargement ou d�chargement et des emplacements de stockage � l'int�rieur du magasin et de la r�gularit� dans le temps des op�rations de chargement ou d�chargement. Le lecteur est donc avis� d'obtenir des donn�es sur la productivit� de la main-d'oeuvre � partir de centres similaires d�j� �tablis.
II.7 Frais de sacherie
Les frais de sacherie peuvent repr�senter un co�t annuel relativement important. Les sacs en polypropil�ne tiss� sont moins co�teux que les sacs en jute mais ils ne permettent pas toujours de r�aliser un bon stockage (voir Chapitre IV). Ils r�sistent mal aux diff�rentes op�rations de manutention et doivent �tre remplac�s plus souvent que les sacs en toile de jute. Le co�t de diff�rents types de sacs peut �tre obtenu aupr�s de fournisseurs locaux.
II.8 Frais de traitement insecticide
Les frais de traitement insecticide incluent le co�t des insecticides en poudre (utilis�s lors de la confection des piles de sacs) et de celui des insecticides liquides (utilis�s en pulv�risation). La quantit� de poudre n�cessaire est fonction du volume des stocks et de la rotation de ces derniers car le poudrage n'est r�alis� qu'au moment de la mise en place des stocks. Par contre, les pulv�risations sont plus fr�quentes: il faut pr�voir environ quatre pulv�risations par an de l'ensemble des stocks. Les quantit�s de poudre et de liquide peuvent �tre estim�es pour un volume donn� de produits stock�s, en fonction de la p�riodicit� des traitements et des instructions d'utilisation fournies sur les paquets d'insecticide en poudre ou les r�cipients d'insecticide liquide. Les centres de stockage qui devront utiliser r�guli�rement des �quipes sp�cialis�es de fumigation peuvent obtenir une estimation du co�t des interventions des services concern�s ou d'entreprises locales.
II.9 Calcul du co�t unitaire de stockage
Le co�t unitaire de stockage peut �tre exprim� en termes de co�t de stockage journalier d'une tonne de produit. Ainsi, il est n�cessaire d'estimer le nombre de tonnes de produit stock� pour chaque jour de l'ann�e afin de calculer le nombre de tonnes-jour pour toute une ann�e. Le co�t unitaire de stockage est calcul� en divisant la somme des charges fixes et variables annuelles par le nombre total de tonnes-jour (par exemple, x francs fran�ais par tonne-jour).
Le co�t unitaire de stockage est fonction, entre autres, du taux d'occupation journalier de la structure et de la p�riodicit� de rotation des stocks (le taux d'occupation est �gal � la fraction du volume disponible de la structure occup�e par les stocks de grains). Il est d'autant plus �lev� que le taux d'occupation est bas car les charges fixes annuelles demeurent les m�mes quel que soit le taux d'occupation. De m�me, le co�t unitaire est d'autant plus �lev� que la p�riode de rotation des stocks est courte car ceci augmente les charges variables par tonne-jour (en particulier les co�ts de main-d'oeuvre temporaire).
III. CONSIDERATION DES PERTES DANS LE CHOIX D'UN SYSTEME DE STOCKAGE
Il est en g�n�ral difficile d'estimer de mani�re pr�cise le niveau des pertes associ�es � diff�rents syst�mes de stockage, et donc de faire un choix parmi ces syst�mes, compte tenu des co�ts d'investissement et de fonctionnement de chacun de ceux-ci. Ceci est d'autant plus vrai si le choix doit �tre fait entre, par exemple, un syst�me de stockage villageois de quelques tonnes et un syst�me de stockage communautaire de quelques centaines de tonnes. Cependant, une estimation tr�s pr�cise des pertes n'est souvent pas n�cessaire lorsqu'il s'agit de comparer deux syst�mes assez similaires du point de vue de la technique du stockage et du volume des stocks.
Consid�rons par exemple le cas d'un syst�me de stockage en sacs suffisant pour 300 tonnes de sorgho. Supposons que le choix doit �tre fait entre un magasin construit en �l�ments m�talliques et un magasin en ma�onnerie et que des estimations assez pr�cises des co�ts de construction et d'�quipement de chacun des deux magasins soient disponibles. Par contre, les taux de pertes associ�es aux deux types de magasins ne sont pas connus. On peut seulement affirmer que les taux de pertes des magasins m�talliques varient entre 5 et 15 pour cent alors que ceux des magasins en ma�onnerie varient entre 3 et 10 pour cent. Ainsi, les magasins m�talliques peuvent occasioner de 2 � 5 pour cent de pertes en plus, soit l'�quivalent de 6 � 15 tonnes de sorgho pour un magasin d'une capacit� de 300 tonnes. Pour un prix du sorgho �gal � 2 000 FF la tonne (1985), les pertes r�sultant du choix d'un magasin en �l�ments m�talliques varieraient donc entre 12 000 FF et 30 000 FF par an. Si l'on suppose que ces pertes sont uniquement dues � une diff�rence de qualit� entre les structures en ma�onnerie et celles en �l�ments m�talliques, il serait rentable de choisir une structure en ma�onnerie pour autant que le co�t d'amortissement annuel suppl�mentaire des b�timents ne d�passe pas la valeur des pertes. Quelle devra donc �tre la diff�rence maximum entre le co�t de construction d'une structure en ma�onnerie et celui d'une structure m�tallique qui justifierait le choix d'une structure en ma�onnerie? Cette diff�rence peut �tre calcul�e comme suit:
Supposons une dur�e de vie de 20 ans pour les deux types de structures et un taux d'int�r�t de 15 pour cent. Dans ce cas, la valeur du facteur d'annuit� constante T est �gale � 6,259. Un amortissement annuel suppl�mentaire de 12 000 FF par an correspondrait donc � un investissement suppl�mentaire de:
12 000 FF x 6,259 = 75 108 FF
De m�me, un amortissement annuel suppl�mentaire de 30 000 FF par an correspondrait � un investissement suppl�mentaire de:
30 000 FF x 6,259 = 187 770 FF
Le choix d'une structure en ma�onnerie serait donc justifi� si l'investissement suppl�mentaire est inf�rieur � 75 108 FF1. Par contre, une structure m�tallique devrait �tre adopt�e si l'investissement suppl�mentaire est sup�rieur � 187 770 FF.
1 Une estimation assez pr�cise de linvestissement suppl�mentaire est relativement ais�e. Il suffit de demander un devis � une entreprise locale.
Enfin, un choix qui comporterait peu de risques n'est pas possible si l'investissement suppl�mentaire est compris entre 75 108 FF et 187 770 FF. Cependant, une telle situation ne devrait pas �tre tr�s courante et il devrait �tre possible de choisir sans risques entre deux syst�mes de stockage de capacit� similaire.
Tableau V.1
Table d'actualisation: valeur actuelle, au taux d'int�r�t i, de la somme de n annuit�s d'un franc payables en fin d'ann�e (les points correspondent � des virgules)
|
Nombre d'ann�es n |
Int�r�t i | |||||||||||||||||
| |
5% |
6% |
0% |
10% |
12% |
14% |
15% |
16% |
18% |
20% |
22% |
24% |
25% |
26% |
28% |
30% |
35% |
40% |
|
1 |
0.952 |
0.943 |
0.926 |
0.909 |
0.893 |
0.877 |
0.870 |
0.862 |
0.847 |
0.833 |
0.820 |
0.806 |
0.800 |
0.794 |
0.781 |
0.769 |
0.741 |
0.714 |
|
2 |
1.859 |
1.833 |
1.783 |
1.736 |
1.690 |
1.647 |
1.626 |
1.605 |
1.566 |
1.528 |
1.492 |
1.457 |
1.440 |
1.424 |
1.392 |
1.361 |
1.289 |
1.224 |
|
3 |
2.723 |
2.673 |
2.577 |
2.487 |
2.402 |
2.322 |
2.283 |
2.246 |
2.174 |
2.106 |
2.042 |
1.901 |
1.952 |
1.923 |
1.860 |
1.016 |
1.696 |
1.589 |
|
4 |
3.546 |
3.465 |
3.312 |
3.170 |
3.037 |
2.914 |
2.855 |
2.798 |
2.690 |
2.589 |
2.494 |
2.404 |
2.362 |
2.320 |
2.241 |
2.166 |
1.997 |
1.849 |
|
5 |
4.330 |
4.212 |
3.993 |
3.791 |
3.605 |
3.433 |
3.352 |
3.274 |
3.127 |
2.991 |
2.864 |
2.745 |
2.689 |
2.635 |
2.532 |
2.436 |
2.220 |
2.035 |
|
6 |
5.076 |
4.017 |
4.623 |
4.355 |
4.111 |
3.889 |
3.784 |
3.685 |
3.498 |
3.326 |
3.167 |
3.020 |
2.951 |
2.885 |
2.759 |
2.643 |
2.385 |
2.168 |
|
7 |
5.786 |
5.582 |
5.206 |
4.868 |
4.564 |
4.288 |
4.160 |
4.039 |
3.812 |
3.605 |
3.416 |
3.242 |
3.161 |
3.003 |
2.937 |
2.802 |
2.508 |
2.263 |
|
8 |
6.463 |
6.210 |
5.747 |
5.3)5 |
4.968 |
4.639 |
4.487 |
4.344 |
4.078 |
3.837 |
3.619 |
3.421 |
3.329 |
3.241 |
3.076 |
2.925 |
2.598 |
2.331 |
|
9 |
7.108 |
6.802 |
6.247 |
5.759 |
5.328 |
4.946 |
4.772 |
4.607 |
4.303 |
4.031 |
3.786 |
3.566 |
3.463 |
3.366 |
3.184 |
3.019 |
2.665 |
2.379 |
|
10 |
7.72? |
7.360 |
6.710 |
6.145 |
5.650 |
5.216 |
5.019 |
4.833 |
4.494 |
4.192 |
3.923 |
3.682 |
3.571 |
3.465 |
3.269 |
3.092 |
2.715 |
2.414 |
|
11 |
8.306 |
7.887 |
7.139 |
6.495 |
5.938 |
5.453 |
5.234 |
5.029 |
4.656 |
4.327 |
4.035 |
3.776 |
3.656 |
3.544 |
3.335 |
3.147 |
2.752 |
2.438 |
|
12 |
8.863 |
8.384 |
7.536 |
6.814 |
6.194 |
5.660 |
5.421 |
5.197 |
4.793 |
4.439 |
4.127 |
3.851 |
3.725 |
3.606 |
3.387 |
3.190 |
2.779 |
2.456 |
|
13 |
9.394 |
8.853 |
7.904 |
7.103 |
6.424 |
5.842 |
5.583 |
5.342 |
4.910 |
4.533 |
4.203 |
3.912 |
3.780 |
3.656 |
3.427 |
3.223 |
2.799 |
2.468 |
|
14 |
9.899 |
9.295 |
8.244 |
7.367 |
6.628 |
6.002 |
5.724 |
5.468 |
5.008 |
4.611 |
4.265 |
3.962 |
3.824 |
3.695 |
3.459 |
3.249 |
2.814 |
2.477 |
|
15 |
10.380 |
9.712 |
8.559 |
7.606 |
6.811 |
6.142 |
5.847 |
5.575 |
5.092 |
4.675 |
4.315 |
4.001 |
3.859 |
3.726 |
3.483 |
3.268 |
2.825 |
2.484 |
|
16 |
10.830 |
10.106 |
8.851 |
7.824 |
6.974 |
6.265 |
5.954 |
5.669 |
5.162 |
4.730 |
4.357 |
4.033 |
3.887 |
3.751 |
3.503 |
3.283 |
2.834 |
2.489 |
|
17 |
11.274 |
10.477 |
9.122 |
8.022 |
7.120 |
6.373 |
6.047 |
5.749 |
5.222 |
4.775 |
4.391 |
4.059 |
3.910 |
3.771 |
3.518 |
3.295 |
2.640 |
2.492 |
|
18 |
11.690 |
10.828 |
9.372 |
8.201 |
7.250 |
6.467 |
6.128 |
5.818 |
5.273 |
4.812 |
4.419 |
4.080 |
3.928 |
3.786 |
3.529 |
3.304 |
2.844 |
2.494 |
|
19 |
12.085 |
11.158 |
9.604 |
8.365 |
7.366 |
6.550 |
6.198 |
5.877 |
5.316 |
4.844 |
4.442 |
4.097 |
3.942 |
3.799 |
3.539 |
3.311 |
2.848 |
2.496 |
|
20 |
12.462 |
11.470 |
9.818 |
8.514 |
7.469 |
6.623 |
6.259 |
5.929 |
5.353 |
4.870 |
4.460 |
4.110 |
3.954 |
3.808 |
3.546 |
3.316 |
2.850 |
2.497 |
|
21 |
12.821 |
11.764 |
10.017 |
8.649 |
7.562 |
6.687 |
6.312 |
5.973 |
5.384 |
4.891 |
4.476 |
4.121 |
3.963 |
3.816 |
3.551 |
3.320 |
2.852 |
2.498 |
|
22 |
13.163 |
12.042 |
10.201 |
8.772 |
7.645 |
6.743 |
6.359 |
6.011 |
5.410 |
4.909 |
4.488 |
4.130 |
3.970 |
3.822 |
3.556 |
3.323 |
2.853 |
2.498 |
|
23 |
13.489 |
12.303 |
10.371 |
8.883 |
7.718 |
6.792 |
6.399 |
6.044 |
5.432 |
4.925 |
4.499 |
4.137 |
3.976 |
3.827 |
3.559 |
3.325 |
2.854 |
2.499 |
|
24 |
13.799 |
12.550 |
10.529 |
8.985 |
7.784 |
6.835 |
6.434 |
6.073 |
5.451 |
4.937 |
4.507 |
4.143 |
3.981 |
3.831 |
3.562 |
3.327 |
2.855 |
2.499 |
|
25 |
14.094 |
12.783 |
10.675 |
9.077 |
7.843 |
6.873 |
6.464 |
6.097 |
5.467 |
4.948 |
4.514 |
4.147 |
3.985 |
3.834 |
3.564 |
3.329 |
2.856 |
2.499 |
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ANNEXE I. GLOSSAIRE DE TERMES TECHNIQUES
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Acide amin� |
Substance organique ayant une fonction acide et une fonction amin�. Les acides amin�s sont les constituants fondamentaux des prot�ines. |
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Activit� de l'eau |
Grandeur �gale, � une temp�rature donn�e, au rapport de la pression partielle de vapeur d'eau � la surface du grain et de la pression de vapeur saturante. A l'�quilibre hygroscopique, l'activit� de l'eau est identique � l'humidit� relative de l'air. Elle est �gale � 1 pour une humidit� relative de 100 pour cent. |
|
A�robie |
Se dit d'�tres vivants dont l'existence ne peut se poursuivre qu'en pr�sence d'oxyg�ne et par extension, qualifie souvent l'atmosph�re (riche en oxyg�ne) elle-m�me. |
|
Albumen |
Tissu de r�serve contenu dans certaines graines entourant et nourissant la plantule. |
|
Banco |
Mat�riau traditionnel de construction constitu� d'un mortier d'argile plus ou moins additionn� de paille. |
|
Caryopse |
Fruit sec � graine unique soud�e au p�ricarpe. |
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Chainage |
Armature ou �l�ment de contruction destin� � renforcer une ma�onnerie. |
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Col�opt�res |
Ordre d'insectes dont la premi�re paire d'ailes est transform�e en �tuis chitineux rigides (les �lytres) prot�geant la seconde paire d'ailes membraneuses. |
|
Enzyme |
Substance organique soluble provoquant ou acc�l�rant une r�action. Les enzymes sont des mol�cules prot�iques complexes agissant comme catalyseurs des r�actions biochimiques. |
|
Ferme |
Assemblage d'�l�ments de charpente triangul�s dispos�s verticalement pour servir de support � la couverture. Les diff�rentes fermes formant l'ossature de la toiture sont reli�es par des pannes. |
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Fumigant |
Substance qui, � une temp�rature et pression donn�es, peut �tre produite sous forme gazeuse � une concentration mortelle pour une esp�ce vivante donn�e. |
|
Humidit� |
Exprime, en pourcentage, le rapport de la masse d'eau contenue dans un �chantillon de grain � la masse totale de l'�chantillon. |
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Hydrofuge |
Qui pr�serve l'humidit�, qui s'oppose au passage de l'eau. |
|
Hygrom�trie |
Evaluation du degr� d'humidit� de l'air. |
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Hygroscopique |
Qui absorbe la vapeur d'eau contenue dans l'air. A l'�quilibre hygroscopique la pression partielle de vapeur d'eau � la surface du produit est �gale � la pression partielle de vapeur d'eau dans le milieu ambiant. Il n'y a plus �change de vapeur d'eau entre le produit (par exemple grains) et l'air ambiant. |
|
Insectifuge |
Substance qui prot�ge les grains contre les insectes en tenant ceux-ci � l'�cart. |
|
Larve |
Forme active, tr�s diff�rente de l'adulte, pr�sent�e par de nombreux animaux au sortir de l'oeuf. Les larves d'insectes sont souvent les principaux responsables des d�g�ts dans les denr�es stock�es. |
|
L�pidopt�res |
Ordre d'insectes nomm�s couramment papillons, � deux paires d'ailes membraneuses couvertes d'�caill�s color�es. |
|
M�tabolisme |
Ensemble de r�actions biochimiques qui se produisent au sein de la mati�re vivante et par lesquelles certaines substances s'�laborent (anabolisme) ou se d�gradent en lib�rant de l'�nergie (catabolisme). |
|
Microflore |
Ensemble des v�g�taux microscopiques pr�sents dans les grains ou autres produits (moisissures, levures, etc.). |
|
Moisissures |
Nom commun aux champignons de petite taille qui vivent sur les produits agricoles, les aliments, et qui leur font subir des alt�rations chimiques. |
|
Mycotoxine |
Substance toxique produite par les moisissures (par exemple Aflatoxine produite par Aspergillus Flavus). |
|
N�bulisation |
Mode de traitement dans lequel un pesticide est appliqu� sous forme de brouillard. |
|
Ni�b� |
L�gumineuse � petites graines surtout cultiv�e en zone s�che. |
|
Organoleptique |
Se dit de la propri�t� que poss�dent les corps de faire directement impression sur les organes des sens: le go�t, l'odeur, l'aspect, la texture, la couleur d'une substance. |
|
Pannes |
En construction, il s'agit d'�l�ments horizontaux d'une charpente de couverture qui supportent les chevrons. |
|
Parpaings |
El�ments de construction pr�fabriqu�s, en agglom�r� de ciment de forme parall�lipip�dique et g�n�ralement creux. |
|
P�ricarpe |
Ensemble de tissus (�picarpe, mesocarpe, endocarpe) qui entourent la graine des fruits. |
|
Pignon |
Partie sup�rieure triangulaire d'un mur sur laquelle portent les pannes d'un toit � deux pentes. |
|
Poudrage |
Traitement consistant � appliquer de la poudre insecticide sur les produits � conserver. |
|
Pulv�risation |
Traitement consistant � appliquer un insecticide liquide sous la forme de fines gouttelettes. |
|
Spathes |
Feuilles (grandes bract�es) recouvrant l'�pi de ma�s. L'�pi de ma�s recouvert de ses spathes est parfois appel� "panouille". |
|
Thermom�trique |
Relatif � la mesure des temp�ratures (par exemple, sondes thermom�triques). |
|
Traitement |
Op�ration consistant � appliquer ou � mettre en oeuvre un ou plusieurs agents physiques, chimiques ou biologiques en vue de prot�ger ou d'am�liorer la production agricole. |
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Trav�e |
Espace compris entre deux piliers ou deux points d'appuis, ou entre deux fermes successives d'une charpente. |
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ANNEXE II. LISTE DE QUELQUES ORGANISMES DE RECHERCHE OU D'ORGANISATIONS S'INTERESSANT AU STOCKAGE DES PRODUITS AGRICOLES
REPUBLIQUE FEDERALE D'ALLEMAGNE
German Agency for Technical Cooperation,
Dag Hammarskjold Weg
1,
6236 ESCHBORN
AUSTRALIE
Commonwealth Scientific and Industrial Research
Organisation,
CANBERRA
BANGLADESH
Bangladesh Agricultural University,
Department of
Agricultural Engineering,
MYMENSINGH
BELGIQUE
Collectif d'echanges pour la technologie appropri�e,
28, rue
de la Sablonni�re,
B 1000 BRUXELLES
CANADA
Centre de recherches pour le d�veloppement
international,
P.O. Box 8500,
OTTAWA K1G3H9
EQUATEUR
Centro Andino de Tecnolog�a Rural,
U.N.L. Casilla
399,
LOJA
ETATS-UNIS
Food and Feed Grain Institute,
Kansas State
University,
MANHATTAN, Kansas 66502
Volunteers in Technical Assistance (VITA),
3706 Rhode Island
Avenue,
MOUNT RAINIER, Maryland.
FRANCE
Centre d'etudes et d'exp�rimentation du machinisme agricole
tropical (CEEMAT),
Parc de Tourvoie,
F-92160 ANTONY
Antenne CEEMAT de Montpellier,
CEEMAT-ENSAM,
Domaine de
Lavalette,
Avenue du Val de Montferrand,
F-34060 MONTPELLIER
Centre international de recherches agronomiques pour le
d�veloppement
42, rue Scheffer,
F-75016 PARIS
Institut de recherches agronomiques tropicales et des cultures
vivri�res
B.P. 5035,
F-34032 MONTPELLIER
Groupe de recherches et d'echanges technologiques
34, rue
Dumont d'Urville, F-75116 PARIS
INDE
Agricultural Research Institute,
NEW DELHI
Indian Grain Storage Institute,
P.O. Box 22,
BAPATLA
(Andhra Pradesh)
Indian Grain Storage Institute,
P.O. Box 10,
HAPUR (Uttar
Pradesh)
Indian Institute of Technology,
Appropriate Technology
Unit,
Pawai,
BOMBAY 400 076
INDONESIE
Food Technology Development Centre,
I.P.B.
BOGOR
ITALIE
FAO,
Via delle Terme di Caracalla,
00100 ROME
NIGERIA
International Institute of Tropical Agriculture,
P.O. Box
5320,
IBADAN
PAYS-BAS
Royal Tropical Institute,
Mauritskade 63,
AMSTERDAM
PHILIPPINES
South-East Asia Cooperative,
Post-Harvest Research and
Development Programme,
Searca College,
LAGUNA 3720
International Rice Research Institute,
P.O. Box
933,
MANILA
ROYAUME-UNI
Tropical Development Research Institute,
Storage
Department,
London Road,
SLOUGH SL3 7HL, Benks
SENEGAL
Institut de technologie alimentaire,
B.P. 2765,
DAKAR
Institut s�n�galais de recherches agronomiques,
BAMBEY
THA�LANDE
Asian Institute of Technology
P.O. Box 2754,
BANGKOK
TOGO
Service de la protection des v�g�taux,
B.P.
1263,
LOME
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ANNEXE III. BIBLIOGRAPHIE
Audette, R; Grolleaud, M: Le stockage non �tatique des grains dans les pays sah�liens (Paris, OCDE, 1984).
Araullo, E.V.; Depadua, D.B.; Graham, M.: Rice post harvest technology (Ottawa, International Development Research Centre, 1976).
Boxall, R.A.; Gillet, R.: "Farm level storage losses in Eastern Nepal" in Tropical Stored Products Information (London, Tropical and Development Research Institute), no. 50, 1984.
Carreras, F.: Une construction rurale appropri�e pour les exploitations paysannes des r�gions tropicales (Montpellier, Institut de recherches agronomiques tropicales, 1982).
Cruz, J.F.; Troude, F.: Manuel de conservation des produits agricoles tropicaux (Paris, Minist�re de la Coop�ration, � para�tre).
Deluca, Y.: "Ingr�dients naturels de pr�servation des grains stock�s dans les pays en d�veloppement", Journal d'agriculture (Paris, Laboratoire d'Ethnobotanique), vol. XXVI, 1979.
Deuse, J.: "Protection chimique des denr�es stock�es", in Am�lioration des syst�mes post-r�colte en Afrique de l'Ouest (Paris, Agence de Coop�ration culturelle et technique, 1980).
Dichter, D.: Manual on improved farm and village level grain storage methods (Eschborn, GTZ, 1978).
Dichter, D.: "Improved mud brick silo for storing grain", in Appropriate Technology (London, Intermediate Technology Development Group), Vol. 7, No. 2, 1980.
Ducome, P.: "Protection chimique des grains en climat tropical" in Conservation et stockage des grains et graines (Paris, Lavoisier Apria, 1982).
FAO: On-farm maize drying and storage in the humid tropics, report no. 40 (Rome, 1980).
FAO: Annuaire de la production 1982 (Rome, 1982).
FAO: Food storage manual (Rome, World Food Programme, 1983).
Gast, M.; Sigaut, F.: Les techniques de conservation des grains � long terme (Paris, Centre National de la Recherche Scientifique, 1979).
Gilman G.A.; Tyker, P.S.: "Stockage familial et villageois", in Afrique Agriculture (Paris, SAPEF), ao�t 1981.
Golob, P.: "Improvements in maize storage for the small holder farmer" in Tropical Stored Products Information (London, Tropical Development and Research Institute) no. 50, 1984.
Greeley, M. "Grain par grain" in Ceres (Rome, FAO, janvier 1982).
Groupe de recherches et d'�changes technologiques: Silo � c�r�ales en briques de banco, fiche no. 545 du fichier technique du d�veloppement (Paris, GRET, d�c. 1981).
Hall, D.W.: Manutention et emmagasinage des graines alimentaires dans les r�gions tropicales et subtropicales (Rome, FAO, 1971).
Hindmarsh, P.S.; Tyler, P.S.; Webley, D.J.: "Grain storage techniques for the small farmer in the tropics", World Farming (Overland Park, USA, Intertec Publishing Corporation), mai 1979.
Lindblad, C.: "La r�volution verte: stockage des c�r�ales" in Rural Technology Bulletin (Washington D.C., Improved Rural Technology Project), no. 12, 1982.
Lindblad, C.; Druben L: Small farm grain storage (VITA, 1977), 3 vol.
Multon, J.L.: Conservation et stockage des grains et graines (Paris, Lavoisier Apria, 1982).
O'Kelly, E.: Processing and storage of food grains by rural families (Rome, FAO, 1979).
Ostergaard, K.N.: "Grain storage for the Third World: the Ferrumbu" in World Crops (Horley, U.K., Agraria Press, 1981).
Pointel, J.G.: "La protection des stocks au niveau du cultivateur africain", Cahiers d'agriculture pratique des pays chauds (Paris, Groupement d'Edition et d'Information Technique), no. 3, 1971.
Purwadaria, M.K., Winarno, F.G.: "The development of grain storage Systems and structures for the village level in Indonesia", document pr�sent� � un s�minaire sur la m�canisation appropri�e (Jakarta, janvier 1981).
Romain, J.C.: "Grains du nord, grains du sud" in La lettre de SOLAGRAL (Rennes), No. 30, 1984.
Samajpati, J.N.; Sheikh, S.A.: "Conventional rural storage structures: Bangladesh experience" in Agricultural Mechanisation in Asia (Tokyo, Agricultural Mechanisation in Asia), Vol. XI, No. 3, 1980.
Schulten, G.G.M.: Report on loss assessment (Rome, FAO, 1982).
Troude, F.: "Elements sur le stockage des c�r�ales dans les pays en d�veloppement de la zone tropicale" in Conservation et stockage des grains et graines (Paris, Lavoisier Apria, 1982).
Volunteers in Technical Assistance (VITA): Small farm grain storage (Arlington, Va., USA, VITA, 1977); volumes I, II et III.
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QUESTIONNAIRE
|
1. Nom............................................................................................. 2.
Adresse........................................................................................ 3. Profession (pri�re de cocher la case correspondante) Responsable d'un syst�me de stockage du
grain.........................../__/ Fonctionnaire d'un organisme
d'�tat.............................................../__/ Collaborateur d'une institution
financi�re........................................./__/ Membre d'une universit� ou d'un centre de
recherche....................../__/ Collaborateur d'une institution
technologique.................................../__/ Collaborateur d'un institut de
formation.........................................../__/ Agent de
vulgarisation.................................................................../__/ Autre 4. Comment avez vous obtenu une copie du pr�sent dossier
technique? 5. Ce dossier vous a-t-il aid� � (cocher la case correspondante): Prendre connaissance de techniques de stockage du grain que vous
ne Estimer le co�t unitaire de stockage dans le cas d'un syst�me
de Am�liorer la gestion d'un centre de stockage communautaire dont
vous Mieux comprendre les causes des pertes et d�t�riorations des
grains et Choisir le syst�me de stockage le plus appropri� � vos besoins......../__/ Am�liorer votre syst�me de stockage actuel..................................../__/ Diminuer vos pertes en cours de stockage......................................./__/ Am�liorer votre technique de traitement des grains.........................../__/ Si vous �tes haut fonctionnaire, � �laborer de nouvelles mesures
et Si vous �tes un agent de vulgarisation, � utiliser l'information
contenue Si vous �tes collaborateur d'une institution financi�re, �
�tudier une Si vous �tes un expert international, � am�liorer la qualit� des
conseils | |||
|
6. Ce dossier est-il suffisamment d�taill� en mati�re de: |
(Oui) |
(Non) | |
| | | | |
| |
- description des techniques de stockage |
/__/ |
/__/ |
| |
- estimation des co�ts de stockage |
/__/ |
/__/ |
| |
- �valuation des effets socio-�conomiques des techniques de stockage |
/__/ |
/__/ |
| |
- indications bibliographiques |
/__/ |
/__/ |
|
Si vous avez fourni des r�ponses n�gatives, pri�re d'en donner
les raisons ci-dessous, ou sur une feuille
s�par�e: 7. Comment pourrait-on am�liorer le pr�sent dossier dans
l'�ventualit� d'une seconde
�dition?........................................................................... 8. Pri�re de faire parvenir le pr�sent questionnaire, d�ment rempli, �: Service de la Technologie et de l'Emploi 9. Dans la mesure o� vous souhaiteriez des informations compl�mentaires sur certaines questions trait�es par le pr�sent dossier, le BIT et l'ONUDI feront leur possible pour vous les fournir. | |||
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QUELQUES PUBLICATIONS DU BIT
S�rie Technologie
Les dossiers techniques publi�s dans cette s�rie s'adressent aux petites entreprises, aux services de planification et de promotion de la petite industrie comme aux organismes de coop�ration technique. Leur but est de faire conna�tre des techniques de production � petite �chelle particuli�rement adapt�es aux conditions socio-�conomiques qui se rencontrent dans les pays en d�veloppement. La s�rie doit comprendre dix-sept volumes traitant de divers proc�d�s ou productions. Les dix premiers volumes ont �t� publi�s en anglais. Les num�ros 2, 3, 6, 7, 8, 9 et 10 doivent �tre traduits en fran�ais.
ISSN 0258-0462
N° 1: Tanning of hides and skins. Tannage des peaux
ISBN 92-2-102904-2
N° 2: Small-scale manufacture of footwear
Production de chaussures (souliers et sandales de diff�rents mod�les et de diff�rentes qualit�s). Description des techniques de fabrication, manuelles ou m�canis�es, pour quatre �chelles de production (de 8 � 1 000 paires par jour). Donn�es techniques et �conomiques.
ISBN 92-2-103079-2
N° 3: Small-scale processing of fish
Traitement du poisson. Pr�paration, conservation, conditionnement de poisson sal�, s�ch�, fum�, bouilli ou ferment�. Evaluation �conomique des diff�rentes m�thodes de pr�paration. Mesures de protection de l'environnement.
ISBN 92-2-103205-1
N° 4: Small-scale weaving. Tissage
ISBN 92-2-103419-4
N° 5: Small-scale oil extraction from groundnuts and copra.
Production d'huile d'arachides et d'huile de coprah
ISBN 92-2-103503-4
N° 6: Small-scale brickmaking
Production de briques pour la construction. Description technique de toute la s�quence des op�rations: extraction de l'argile, pr�paration des p�tes, fa�onnage, s�chage, cuisson, tests. L'ouvrage donne des indications d�taill�es sur le mat�riel et les outils susceptibles d'�tre fabriqu�s localement, l'implantation des op�rations, les besoins de main-d'uvre, les approvisionnements n�cessaires, etc. Evaluation socio-�conomique des diff�rentes techniques.
ISBN 92-2-103567-0
N° 7: Small-scale maize milling
Mouture du ma�s. Description d�taill�e de diff�rentes techniques de mouture pour la production de trois qualit�s de farine. Pr�paration des grains, d�corticage, mouture, tamisage et ensachage. Evaluation socio-�conomique des diff�rentes techniques.
ISBN 92-2-103640-5
N° 8: Small-scale paper-making
Production de p�te � papier et de papier. Description de plusieurs techniques de production � partir de diff�rentes mati�res premi�res (vieux papiers, d�chets, textiles, paille, bagasse), pour un volume de production allant jusqu'� 30 tonnes par jour. Evaluation socio-�conomique des diff�rentes techniques.
ISBN 92-2-103971-4
N° 9: Small-scale processing of pork
N° 10: Small-scale processing of beef
Fabrication de produits carn�s, porc et buf. Description des proc�d�s de fabrication de divers produits. Approvisionnement en viande, installations et mat�riel, fabrication, conditionnement. Evaluation socio-�conomique des diff�rentes options techniques. Mesures de protection de l'environnement.
ISBN 92-2-100542-9
ISBN 92-2-105050-5
Technologie du travail de la corne
Description des techniques de travail de la corne et du mode de fabrication d'une s�rie d'objets utilitaires ou d�coratifs en corne. Donn�es pour le calcul des prix de revient.
ISBN 92-2-205358-3
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COUVERTURE ARRI�RE
Le stockage du grain
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Alors que tant de pays ont de la difficult� � nourrir leur population, une partie parfois importante des r�coltes de grains stock�es - de 10 � 15 pour cent, dans certains pays plus sans doute - est perdue. Comment am�liorer les syst�mes de stockage et r�duire ces pertes? C'est ce qu'indiqu� ce dossier technique. Le stockage est envisag� au niveau villageois, pour une ou plusieurs familles et pour des quantit�s qui vont jusqu'� quelques tonnes, et au niveau communautaire, pour un ou plusieurs villages et pour des quantit�s qui vont jusqu'� quelques centaines de tonnes. Le texte d�crit les structures de stockage traditionnelles et les moyens de les am�liorer; il pr�sente aussi des structures nouvelles, en donnant une description technique d�taill�e de la construction et de l'�quipement de ces installations. A l'intention des pouvoirs publics, le texte indique les �l�ments d'une strat�gie nationale de stockage et propose une m�thode d'estimation du co�t du stockage. Ce dossier a �t� pr�par� conjointement par le Bureau international du Travail et l'Organisation des Nations Unies pour le d�veloppement industriel. La s�rie Technologie, dans laquelle il est publi�, a pour but de faire conna�tre diff�rentes techniques de production � �chelle restreinte et d'aider les petites entreprises, les services de planification et de promotion de la petite industrie comme les organismes de coop�ration � choisir les techniques les mieux adapt�es aux conditions socio-�conomiques locales. |