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M�thode: Comment aborder l'activit� de s�chage solaire?
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VIEW THE DOCUMENTQuestion 1. Quel est le march�?
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VIEW THE DOCUMENTQuestion 5. Comment pr�ciser le choix du mat�riel?

Le S�chage Solaire � Petite �chelle des Fruits et L�gumes. (GRET, 1996)

M�thode: Comment aborder l'activit� de s�chage solaire?

Le s�chage consiste � �liminer l'eau d'un aliment par �vaporation afin d'am�liorer sa conservation. On distingue quatre grands modes de s�chage solaire:

- le s�chage traditionnel au soleil � m�me le sol, sur des rochers plats, des nattes, des aires am�nag�es, ou bien sur le toit des maisons;

- le s�choir solaire direct: le soleil frappe directement le produit plac� dans le s�choir,

- le s�choir solaire indirect: il est compos� d'un collecteur qui recueille l'�nergie solaire et d'une enceinte de s�chage s�par�e qui abrite les produits � s�cher du soleil;

- le s�choir hybride : une �nergie d'appoint est utilis�e en compl�ment de l'�nergie solaire soit pour maintenir la temp�rature (chauffage au gaz, fioul, �lectricit�, bois) soit pour assurer une circulation forc�e de l'air (ventilateur �lectrique).

Choisir un s�choir solaire n�cessite au pr�alable une approche globale des probl�mes de production, de transformation et de commercialisation.

Nous proposons dans cette m�thode un tour d'horizon rapide des principales questions � se poser afin de choisir judicieusement un syst�me de s�chage.

Il est essentiel de clarifier tr�s vite � quel public on s'adresse. En effet, cela va influer sur les conseils � donner en termes de choix du syst�me de s�chage mais aussi sur les �tapes de la transformation (les op�rations seront plus ou moins nombreuses et complexes), sur les modes de commercialisation des produits sur les contraintes de gestion.

Deux grandes options sont possibles:

- Am�liorer la qualit� du s�chage � l'�chelle familiale

La logique d'intervention � adopter et les choix techniques visent une simple am�lioration des pratiques traditionnelles pour accro�tre la qualit� sanitaire et nutritionnelle avec un co�t d'investissement tr�s r�duit.

- D�velopper une petite entreprise

Dans ce deuxi�me cas, il faut se poser toutes les questions lices � la rentabilit� d'une petite entreprise. Il est n�cessaire de trouver un march� assez important et r�mun�rateur pour couvrir les charges et d�gager des b�n�fices.

Les questions essentielles � se poser pour lancer une activit� de s�chage solaire. et leur ordre de priorit�. diff�rent se on l'option concern�e autoconsommation majoritaire ou vente � grande �chelle.

Question 1. Quel est le march�?

Quels sont les consommateurs pr�ts � acheter les produits, o� sont-ils, par quel circuit de distribution les atteindre? Quel prix sont-ils pr�ts � payer? Quels sont les concurrents?

Produire est une chose mais encore faut-il trouver des d�bouch�s. Ce probl�me se pose � tous, de la pet te exploitation traditionnelle � entreprise artisanale. La commercialisation est au coeur de la probl�matique du s�chage solaire d�s lors que l'objectif est de rentabiliser la transformation. En effet, dans la quasi totalit� des exp�riences men�es sur le terrain es d�bouch�s se sont r�v�l�s tr�s �troits. D'autre part, le consommateur compare le prix des produits frais et s�ch�s sans tenir compte du rendement mati�re. Par exemple pour a tomate le kilogramme co�te 150 Fcfa en frais et 900 Fcfa en sec, mais il faut 18 kg de tomates fra�ches pour obtenir un kilogramme de produit sec.

Cela impose un important travail de communication et de promotion pour d�velopper son march�. D'autant plus que dans de nombreux pays, les produits s�ch�s ont une image n�gative de produit de "brousse".

Par exemple, au Niger, les tomates, les poivrons et les choux s�ch�s par les mara�chers ruraux accumulent le sable et la poussi�re. Le pr�jug� n�gatif des consommateurs freine consid�rablement les perspectives de commercialisation.

Le choix des circuits de commercialisation doit prendre en compte les caract�ristiques de l'entreprise et du produit: r�gularit�, qualit� et importance de la production, organisation interne, nombre de produits commercialis�s, p�riodes de production. De m�me, les caract�ristiques de l'environnement de l'entreprise interviennent. L'acc�s aux centres de consommation, notamment les grandes villes, la structuration de la fili�re influencent les possibilit�s de commercialisation.

Sch�ma de la m�thode

Familles rurales autoconsommation + un peu de vente

Entreprise ou coop�rative vente

ß
Quelle somme investir?
ß
Quelle sont les conditions climatiques?
ß
Choix du syst�me de s�chage:
impossible
s�chage au soleil
s�choir direct simple

ß
Quel est le march�?
ß
Quels produits s�cher?
ß
Quelle somme investir?
ß
Choix du syst�me de s�chage:
s�choir direct
s�choir indirect
s�choir hybride
autre s�choir

Question 2. Quels produits s�cher?

Il existe un grand nombre de fruits et l�gumes susceptibles d'�tre d�shydrat�s. Le choix de tel ou tel aliment se d�termine en fonction de nombreux �l�ments: les conditions climatiques, l'�ventail et la quantit� des mati�res premi�res disponibles, le prix des produits et leurs variations au cours de l'ann�e, l'augmentation de la valeur ajout�e apr�s s�chage, l'�loignement des lieux d'approvisionnement et les co�ts de transports, les attentes des consommateurs.

A c�t� des fruits et l�gumes traditionnellement s�ch�s, se d�veloppent des produits fabriqu�s diff�remment ou bien nouveaux. Pour ces produits, peu connus localement, la strat�gie de commercialisation doit �tre particuli�rement �tudi�e pour int�resser le consommateur � un aliment qu'il ne conna�t pas et qu'il ne sait pas cuisiner. La diffusion de recettes est un moyen efficace de promotion.

Question 3. Quelles sont les conditions climatiques?

La mise en place d'un syst�me de s�chage est �troitement li�e aux conditions climatiques de la micro-r�gion. On peut distinguer, en simplifiant, trois cas types:

- dans les pays arides o� les temp�ratures sont �lev�es et l'air sec, le s�chage traditionnel reste le meilleur compromis qualit�/co�t de production;

- dans les zones o� l'ensoleillement est important mais o� l'humidit� est �lev�e, les s�choirs solaires directs et indirects s'av�rent une alternative int�ressante;

- dans les conditions climatiques limites pour le s�chage solaire (p�riode de r�colte pluvieuse), l'utilisation de syst�mes hybrides semble �tre la meilleure solution. L'�nergie solaire n'intervient alors qu'en appoint.

Bien s�r, il convient de nuancer cette typologie en fonction des caract�ristiques climatiques locales et des p�riodes de maturit� des fruits et l�gumes. Par exemple, au S�n�gal, la saison s�che de d�cembre � avril offre des conditions climatiques optimales pour le s�chage solaire. Mais les mangues arrivent � maturit� en d�but de saison des pluies vers le mois de mai. Le s�chage solaire devient alors difficile et al�atoire durant cette p�riode.

Question 4. Quelle somme investir?

Comment financer un s�choir? A qui emprunter de l'argent? Comment le rembourser? Quel est le co�t de production du produit? A partir de quel volume de production l'investissement devient-il rentable? Quelle marge prendre? Autant de questions auxquelles il faut r�pondre, au moins en partie, avant de se lancer dans l'activit�.

S'�quiper d'un syst�me de s�chage am�lior� repr�sente un investissement lourd. De 5000 Fcfa pour le s�choir cadre jusqu'� 1000000 Fcfa pour le s�choir solaire/gaz. Aussi, le choix de ces mat�riels doit correspondre � un r�el besoin et pr�senter un avantage �conomique et technique certain.

Lorsqu'il s'agit d'autoconsommation, l'investissement doit �tre minimal. Par contre, dans une logique commerciale, il faut raisonner en fonction du march�. Pr�voir ses b�n�fices permet d'estimer approximativement le r�alisme de l'investissement. Par exemple, le s�choir coquillage co�te 13000 Fcfa. Ce s�choir permet d'obtenir 3 kg d'oignons secs par mois. Le mat�riel est g�n�ralement amorti apr�s une ann�e d'utilisation. Dans ce cas pr�cis, l'investissement est r�aliste car le revenu d�gag� assure le remboursement rapide du mat�riel et un b�n�fice.

Mais le profit n'est pas toujours chiffrable. Les raisonnements purement �conomiques ne prennent pas en compte l'augmentation de la qualit� du produit, la diminution du temps de travail, la polyvalence et le confort d'utilisation. Il faut �galement raisonner son investissement sous tous ses aspects.

Le prix d'achat est une chose mais il ne faut pas n�gliger pour autant la dur�e de vie du mat�riel et le co�t de sa maintenance. Le s�choir coquillage est 4 fois plus cher que le s�choir tente � surface �gale. Mais ce dernier a une dur�e de vie beaucoup plus courte, de l'ordre de 3 � 4 ans, et il faut changer la couverture de poly�thyl�ne chaque ann�e (l'�l�ment le plus cher du s�choir tente).

Ces deux facteurs pris en consid�ration, le co�t des deux s�choirs est � peu pr�s �quivalent: sur une longue p�riode.

Pour diminuer l'investissement, on pourra utiliser les mat�riaux de construction disponibles sur place. Par exemple, le s�choir caisson de 1 m sur 2 m pos� sur un b�ti m�tallique co�te 60000 Fcfa. Le prix total a �t� ramen� � 40000 Fcfa avec un b�ti en bois.

Pour financer l'achat du mat�riel, les organismes d'aide locale, les organisations internationales peuvent faciliter l'acc�s au cr�dit. Il peut �tre parfois int�ressant de se regrouper pour investir � plusieurs et partager les frais d'achat du s�choir.

Question 5. Comment pr�ciser le choix du mat�riel?

Les questions pr�c�dentes permettent de s�lectionner quelques s�choirs adapt�s aux besoins. Le choix d�finitif peut se faire sur plusieurs crit�res:

- Les syst�mes de s�chage d�j� pr�sents dans la r�gion

Les exp�riences de s�chage solaire d�j� d�velopp�es dans la r�gion consid�r�e sont une source d'information particuli�rement int�ressante pour choisir un syst�me de s�chage. Il est important de rencontrer des utilisateurs avant d'�mettre un conseil ou de faire son propre choix. On peut ainsi appr�cier les performances et la dur�e de vie du mat�riel, les difficult�s rencontr�es pour la conduite du s�chage, les probl�mes de maintenance...

- La pr�sence d'artisans et d'entreprises qualifi�s � proximit�

Le s�choir coquillage, la majorit� des s�choirs indirects et la totalit� des s�choirs hybrides doivent �tre construits par un personnel qualifi�. En cas d'absence de comp�tences en fabrication, le choix se limite � l'auto-construction de s�choirs directs tr�s simples.

- Le dimensionnent du s�choir

Le dimensionnent, c'est en premier lieu le calcul des �l�ments du s�choir: taille du capteur, capacit� de la chambre de s�chage, d�bit d'air de fa�on � obtenir un mat�riel adapt� au besoin de s�chage sur la saison.

Cette �tape permet d'�viter de graves erreurs: par exemple s'�quiper avec un mat�riel beaucoup trop grand ou beaucoup trop petit par rapport au besoin.

Pour plus de d�tails, se reporter aux ouvrages cit�s dans la bibliographie et ne pas h�siter � consulter les organismes sp�cialis�s mentionn�s en annexe. En fonction de la taille du s�choir n�cessaire pour s�cher la production sur la saison de r�colte, on pourra alors r�aliser le choix d�finitif entre les deux ou trois mod�les s�lectionn�s pr�c�demment.

Parmi le nombre impressionnant de s�choirs solaires existants, certains n'ont pas d�pass� le stade de l'exp�rimentation, d'autres se sont r�v�l�s peu adapt�s aux climats et aux pratiques locales, enfin quelques-uns ont donn� de r�elles satisfactions. Si l'on ne consid�re que ceux qui ont �t� test�s au S�n�gal, on peut en lister plus d'une trentaine! Loin de nous l'id�e de r�aliser ici le catalogue de tous les mat�riels invent�s. Nous avons d�lib�r�ment pris le parti de ne pr�senter ici que certains s�choirs:

- utilisables par les familles rurales et les artisans,
- d�j� exp�riment�s et utilis�s sur le terrain,
- ayant fait leurs preuves d'apr�s les donn�es dont nous disposons.

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