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Les programmes d'appui aux entreprises

Financier les activit�s et les projets: du cr�dit � l'accompagnement de projets
Les programmes et les organismes d'appui: des financements adapt�s aux situations locales
Formation, appui technique et suivi-conseil: des aides � la r�ussite
Insertion professionnelle des jeunes: l'aventure camerounaise de l'Apica et de l'Ensai
Des formations adapt�es aux besoins des petits entrepreneurs: l'Ensia-Siarc et ses partenaires
Le Critt d'Auch: appui et formation aux entreprises agroalimentaires du nord et du sud
Diffusion des produits et des savoir-faire: la promotion des produits agricoles non traditionnels
Pernod Ricard: quand une entreprise industrielle collabore avec des petits producteurs
La fabrication du beurre de karit�: quelles technologies pour les femmes?

 

En quatre volets - financement, formation, partenariat et promotion des produits -, ce bulletin pr�sente un �chantillon de programmes mis en place par des intervenants, du Sud comme du Nord, pour appuyer les entreprises africaines, petites et grandes, notamment celles du secteur agroalimentaire.

De leur c�t�, les op�rateurs �conomiques - producteurs, exportateurs, transformateurs - commencent � s'organiser, ici et l�. Conjuguant leurs efforts, ils se regroupent au sein d'organisations professionnelles.

Ce num�ro fait le point sur le contenu, l'int�r�t et les perspectives ouvertes par ces initiatives. Suivez le guide.

Financier les activit�s et les projets: du cr�dit � l'accompagnement de projets

Promouvoir une activit� ou soutenir un projet est une affaire s�rieuse. Divers organismes proposent aux entrepreneurs des programmes de financement et d'assistance. Mais tous les chefs d'entreprise ne sont pas log�s � la m�me enseigne: les conditions d'attribution des cr�dits varient selon les situations.

Des programmes de financement d'entreprises sont �labor�s par diff�rents intervenants: institutions internationales (Centre pour le d�veloppement industriel de l'Union europ�enne, Programme des Nations unies pour le d�veloppement) et nationales, Organisations non gouvernementales (Ong) et certaines banques. Ces programmes consistent � financer l'activit� �conomique des entreprises et/ou � soutenir les projets des promoteurs ou des entrepreneurs.

Des projets d'�pargne, de cr�dit et d'accompagnement des petites entreprises sont mis en œuvre localement. L'octroi du cr�dit r�pond � plusieurs objectifs: aider les op�rateurs � d�marrer une activit�, � financer l'achat de leur �quipement ou � constituer leur fonds de roulement. Divers secteurs sont concern�s: micro-activit�s, petites et moyennes entreprises, artisanat...

Petit cr�dit pour micro-entreprises

Certains programmes de cr�dit pr�voient la collecte d'une �pargne pr�alable (cr�dit mutuel): c'est le cas notamment des caisses villageoises d'�pargne-cr�dit mises en place par le Centre international de d�veloppement et de recherche, le CIDR, et des caisses mutualistes d'�pargne-cr�dit du Centre international de cr�dit mutuel (pr�sent�es ci-apr�s). D'autres sont fond�s sur la solidarit�: la constitution de groupes de cr�dit solidaire permet aux petits emprunteurs d'acc�der au cr�dit et offre une garantie pour le remboursement des pr�ts. Ces programmes sont exp�riment�s par l'Iram depuis plusieurs ann�es, au S�n�gal et dans d'autres pays, et par le Cirad au Burkina Faso (Projet de promotion du petit cr�dit rural, pr�sent� ci-apr�s).

De 1986 � 1995, la CFD a accord� des financements directs aux petites entreprises au moyen des aides aux initiatives productrices de base, les AIPB. Ces pr�ts ont permis aux entreprises de financer jusqu'� 70 % du co�t total de leurs investissements, essentiellement pour l'achat d'�quipements. Le suivi des entreprises b�n�ficiaires - des PME et la r�cup�ration de ces fonds a �t� assur�, par des organisations non gouvernementales et des soci�t�s de conseil locales, en relation avec les agences de la CFD. Devant le faible taux de remboursement et le co�t total pour l'institution, ce syst�me de pr�t a �t� abandonn�. En 1997, un nouveau type de pr�ts va �tre exp�riment�; les fonds de la CFD seront octroy�s � des institutions financi�res ou � des organismes locaux bien ins�r�s dans leur environnement qui pourront proposer du petit cr�dit � court et moyen terme aux tr�s petites entreprises.

Des cr�dits, mais aussi un suivi conseil

A c�t� des banques solidaires et des syst�mes de cr�dit soutenus par les Ong et les organismes de d�veloppement, quelques institutions comme la Soci�t� d'investissement et de d�veloppement international, Sidi, ont mis en place un dispositif � deux facettes, int�grant la fonction de conseil et d'accompagnement des entreprises � la fonction bancaire. Les structures financi�res locales appuy�es par la Sidi s'adressent aux entreprises existantes pour miniser les risques, et proposent � leurs responsables, qui sollicitent un pr�t, un contrat d'assistance. Le suivi et le conseil fourni aux b�n�ficiaires est factur�, en int�grant leur co�t dans le taux de cr�dit ou en r�mun�rant � part la prestation de services.

Notons que si, dans l'ensemble, les activit�s agroalimentaires ne font pas l'objet de financements sp�cifiques, elles repr�sentent une bonne part des pr�ts octroy�s (16 � 50 % des AIPB, 30 � 50 % des cr�dits aux PME).

Accompagner les projets d'entreprises et de partenariat

Les financements d'�tudes pr�alables ou de d�veloppement concernent plut�t les PME et les grandes entreprises en g�n�ral. Les fonds d'appui direct aux entreprises priv�es (Fade) ont �t� mis au point par la CFD pour encourager l'investissement des PME dans les pays africains. Jusqu'en 1995, cinq fonds �taient propos�s aux op�rateurs �conomiques pour soutenir leurs projets individuels ou de partenariat afin qu'ils cr�ent, d�veloppent, diversifient, restructurent ou privatisent leur entreprise. Un tiers du volume des Fade a b�n�fici� � des entreprises du secteur agroalimentaire. En 1996, les Fonds de pr�paration de projets priv�s (F3P) ont remplac� les Fade (voir Bulletin 12).

Ces financements s'appliquent aux pays ACP (Afrique, Cara�bes, Pacifique). Ils sont tous remboursables et ils ne sont utilisables que pour le financement partiel des �tudes pr�alables � la pr�paration des projets (le pr�t sans int�r�t pourra couvrir jusqu'� 70 % du co�t de l'�tude et sera limit� � 150 000 FF). Les op�rateurs auront la possibilit� de mobiliser conjointement les facilit�s du Centre pour le d�veloppement industriel (CDI).

Les quatre facilit�s qu'offre le CDI (voir Bulletin 11) s'appliquent � tous les projets de cr�ation, de d�veloppement, de restructuration et de privatisation d'entreprises de taille industrielle dans les pays ACP.

Il s'agit �galement de favoriser les accords de partenariat entre des entreprises europ�ennes et des pays ACP. Quatre phases sont appuy�es: identification du projet industriel et de partenaires potentiels (facilit� 1), conduite des op�rations pr�alables � la r�alisation du projet (facilit� 2), assistance au montage du dossier de demande de financement et son accompagnement (facilit� 3), d�marrage et d�veloppement du projet (facilit� 4).

L'appui du CDI ne d�passe pas 150 000 Ecu par an et par projet, ce qui correspond � la moiti� (facilit� 1) ou aux 2/3 (facilit�s 2 � 4) de son co�t total. Ainsi, 30 � 50 % du montant du projet restent � la charge du b�n�ficiaire.

Les programmes et les organismes d'appui: des financements adapt�s aux situations locales

Cr�dit solidaire, vente de produits financiers, conseil ou assistance... la vitalit� des organismes de financement n'a d'�gale que la diversit� des situations auxquelles ils ont � faire face. Acteurs du tissu entrepreneurial africain, la Sidi, le CICM OU le PPPCR sont autant d'exemples de structures d'appui aux projets locaux. Chacun, � sa mani�re, tente de r�pondre au d�ficit de liquidit�s, de formation et d'�cout� que ressent tout op�rateur priv�.

- La Soci�t� d'investissement et de d�veloppement international (Sidi)

La Sidi a �t� cr��e en 1983 par le Comit� catholique contre la faim et pour le d�veloppement (CCFD) pour accompagner et financer la cr�ation de petites entreprises, formelles ou informelles. A ses d�buts, la Sidi investit ses fonds propres dans des entreprises en cr�ation, n'ayant pas acc�s au syst�me bancaire classique, par des prises de participation directe dans leur capital.

A partir de 1987, elle cr�e des structures locales d'investissement, dont quatre en Afrique - Cerudeb en Ouganda, Fidi en C�te-d'Ivoire, IDM en Mauritanie, Madi au Maroc - et la Sipem � Madagascar qui deviennent ensuite des structures de financement local (SFL). Ces SFL apportent un appui aux petites entreprises en cr�ation ou en d�veloppement, exclues du syst�me bancaire. Elles leur offrent une gamme vari�e de produits financiers: cr�dit de tr�sorerie, fonds de roulement, achat d'�quipement, cr�dit � court et moyen terme, leasing, etc.

A la diff�rence des banques, la garantie exig�e sur la totalit� du pr�t est constitu�e par le patrimoine de l'entreprise et, surtout, par les qualit�s de l'entrepreneur (sa cr�dibilit� sociale, ses capacit�s � diriger son entreprise). Pour accro�tre les chances de p�rennisation de l'entreprise, la SFL assure �galement l'accompagnement de l'entrepreneur b�n�ficiaire et lui apporte conseil, formation et suit son activit�. Ces services sont, selon les cas, assur�s par une structure parall�le sous-traitante ou par la SFL elle-m�me. Ils font l'objet d'un contrat et sont factur�s au b�n�ficiaire.

Un partenariat riche de promesses

Cette conception de l'entreprise et du travail de suivi � accomplir, commune � la Sidi et aux SFL, est � l'origine d'une d�marche originale. Devenus partenaires, ces organismes ont pour objectif, non pas de favoriser les appuis et les transferts de comp�tences entre le Nord et le Sud, mais bien d'appuyer et de renforcer les capacit�s locales de financement et d'accompagnement des petites entreprises. Dans tous les cas, ce sont la p�rennit� de ces structures de financement local et leur fonctionnement, selon des logiques entrepreneuriales, qui sont recherch�s.

C'est cette d�marche qui a amen� la Sidi et ses cinq partenaires africains et malgaches � lancer, en 1995, un projet de r�seau des structures de financement, d'appui et de promotion de la petite entreprise en Afrique.

Le r�seau Afrique r�pond � leurs pr�occupations communes de capitaliser leurs savoir-faire. Ses objectifs sont multiples: "consolider les liens entre les structures du r�seau", "harmoniser les outils techniques utilis�s par confrontation des exp�riences", "faciliter la n�gociation avec les bailleurs de fonds pour augmenter les capacit�s de mobilisation des ressources", appuyer la consolidation et/ ou la cr�ation de structures de financement et d'accompagnement des petites entreprises, en utilisant " une d�marche �thique commune".

De grandes ambitions pour le R�seau Afrique

Les activit�s du R�seau Afrique sont, par cons�quent, assez larges. Il s'agit, d'une part, de promouvoir les activit�s de ses membres aupr�s des intervenants du d�veloppement, les bailleurs de fonds notamment. L'�dition d'une publication ouverte aux professionnels de la petite entreprise (entrepreneurs, financiers, chercheurs ou organisations nationales et internationales) permettra de pr�senter leurs r�flexions sur cette question et de diffuser l'information sur l'�volution du monde des micro et petites entreprises d'Afrique et d'ailleurs.

D'autre part, des outils communs de gestion (logiciel de suivi de portefeuilles, manuel de formation de l'agent de cr�dit, guide op�rationnel de gestion...) vont �tre con�us afin d'am�liorer la gestion interne des structures de financement local et les services propos�s aux entreprises. Le R�seau formera les cadres des structures de financement, ce qui leur permettra d'�largir leurs connaissances et d'accro�tre l'efficacit� et la qualit� des services pro pos�s � leur client�le. Enfin, l'organisation de visites et de stages au niveau des SFL est pr�vue pour favoriser les �changes d'exp�riences entre leurs membres.

Par la mise en œuvre de tous ces moyens, le R�seau Afrique devrait contribuer � renforcer les appuis apport�s aux petites entreprises africaines et favoriser, par ce biais, le d�veloppement d'un tissu dynamique de micro et petites entreprises.

Contacts

IDM: Investissement d�veloppement en Mauritanie

IDM a �t� cr�� en 1991 � Nouakchott. Son capital est d�tenu � 60 % par la Sidi et � 30 % par un cabinet local d'expertise comptable. IDM est une soci�t� prestataire de services financiers et de conseil aux entrepreneurs. Les petites entreprises peuvent recevoir plusieurs types d'appuis financiers: prise de participation, apport en compte courant d'actionnaires, pr�ts de la Caisse fran�aise de d�veloppement, location-vente.

L'association Compta Conseil a �t� constitu�e en 1992, en parall�le � IDM, et collabore avec divers organismes. Cela permet de fournir aux entreprises un accompagnement � plusieurs niveaux:

- suivi comptable mensuel, conseil en gestion, �tude de faisabilit� du projet de cr�ation d'entreprise r�alis�s par Compta Conseil;

- accueil, information et formation effectu�s par l'Agence d'appui � la promotion de l'initiative priv�e (Apip);

- conseil et information sur l'exportation effectu�s par la F�d�ration artisans du monde (Fam Import).

Pour b�n�ficier de ces services, les entreprises doivent adh�rer � Compta Conseil (environ 350 FF). Cela ne semble pas pour autant repr�senter une contrainte pour celles-ci: plus de 70 PME re�oivent un appui comptable et plus de 400 personnes ont jusqu'� pr�sent �t� accueillies par l'Agence d'appui � la promotion de l'initiative priv�e (Apip). A la fin de 1995, 76 entreprises avaient re�u un financement, dont 38 pr�ts (de 71 000 FF en moyenne), 27 locations-vente, 17 participations au capital et 15 apports en compte courant d'actionnaires.

Enfin, IDM organise tous les deux ans, depuis 1994, un Forum du partenariat qui regroupe des acteurs �conomiques mauritaniens et �trangers.

Depuis fin 1996, la Caisse fran�aise de d�veloppement, principal bailleur de fonds du dispositif, a pris le relai de la Sidi. IDM est devenu IDM-M (Mutuelle), mutuelle de cr�dit agr��e par la Banque centrale de Mauritanie.

Fidi: le Fonds ivoirien de d�veloppement et d'investissement

Le Fidi a �t� cr�� en janvier 1994 par la Sidi. Cette Ong regroupe des personnes, des associations et des entreprises souhaitant contribuer � la cr�ation d'un tissu de petites entreprises en C�te d'Ivoire. C'est actuellement la seule structure de financement local ayant un statut associatif.

La Fidi apporte trois types d'appuis aux petits entrepreneurs qui n'ont pas les moyens financiers suffisants pour mettre en œuvre leur projet de cr�ation ou de d�veloppement de leur entreprise. Ce sont le financement, l'accompagnement des entreprises et la formation. Dans le cadre d'un programme d'appui aux petites entreprises des villes c�ti�res financ� par l'Union europ�enne, le Fidi a constitu� quatre Centres d�centralis�s de gestion. Ces CDG sont op�rationnels depuis septembre 1994. Ils aident les chefs d'entreprise � formuler leur demande de financement de leur projet et � g�rer leurs entreprises. A la fin du mois de mars 1995, plus de 16 entreprises avaient �t� financ�es par ces CDG et, en quatre mois, 225 entrepreneurs ont �t� accueillis. Des sessions de formation pour les membres d'une Ong locale ont �galement �t� organis�es avec l'appui de la Sidi. Enfin, le Fidi �dite un journal, Fidi-lnfo, qui fait le lien entre les partenaires engag�s dans la promotion de l'initiative priv�e en C�te d'Ivoire et � l'�tranger. A la fin de 1995, le Fidi avait financ� 39 entreprises (soit 242 emplois consolid�s) et accord� 38 pr�ts d'un montant moyen de 18 900 FF.

- Le Projet de promotion du petit cr�dit rural dans le Nord Yatenga, au Burkina Faso

Dans le Fo�, au Nord Yatenga, plusieurs ann�es de s�cheresse successives, entre 1973 et 1984, ont contribu� � transformer les syst�mes de production. Les �leveurs s�dentaris�s et nomades (en majorit� Peul) ont perdu 50 � 80 % de leur cheptel; les agriculteurs (Rima�be mais aussi Dogon, Mossi, Fouls� et Bella) ont �t� confront�s � un d�ficit alimentaire. Un diagnostic des strat�gies d'adaptation des diff�rents acteurs et de l'�volution de ces syst�mes a �t� r�alis� par le Cirad. Il a mis en �vidence la n�cessit� de reconstituer le capital des unit�s productives.

C'est ainsi qu'est n�, apr�s une concertation avec des groupes de producteurs du Yatenga, le Projet de promotion du petit cr�dit rural (PPPCR). Une phase exp�rimentale a d�marr� en 1988 dans deux villages du d�partement de Bahn et, en 1989, le projet a �t� �tendu � toute la province du Yatenga puis aux provinces du Soum, du Ganzourgou et de la Tapoa en 1991. Ce projet de cr�dit aux activit�s de production et aux familles a �t� con�u sur le mod�le du cr�dit solidaire de la Grameen Bank. Ce syst�me repose sur des groupes de cr�dit solidaire et sur la responsabilisation des villageois au travers des comit�s villageois de cr�dit. L'octroi du cr�dit est soumis � trois conditions: l'organisation des producteurs en groupes de cr�dit solidaire, la rentabilit� des activit�s financ�es (g�n�rant des marges suffisantes pour honorer les remboursements et amorcer une recapitalisation) et leur ma�trise technique, la stabilit� des emprunteurs (pr�sence effective dans le quartier, le village, afin de respecter le principe de la caution solidaire).

Les pr�ts sont de faibles montants (de 5 000 � 50 000 F CFA) et �voluent par paliers (10 000 F CFA au premier pr�t, 15 000 � 20 000 F CFA et plus au deuxi�me, plus de 20 000 F CFA au troisi�me), afin de permettre le renouvellement des activit�s financ�es et de contribuer au fonctionnement du syst�me de cr�dit. Le taux d'int�r�t varie entre 16 et 20 % selon l'objet du cr�dit. Ce taux recouvre le co�t de la ressource, le co�t du fonctionnement du syst�me de cr�dit, la contribution � un fonds de secours (2 %) et une �pargne obligatoire (5 %).

Un syst�me de suivi-�valuation a �t� mis en place depuis le d�but du projet. Il s'appuie sur une combinaison de diff�rents outils (suivi des clients, enqu�tes qualitatives, matrice de comptabilit� sociale) qui permettent d'�valuer les effets �conomiques et sociologiques du projet, de mieux comprendre les strat�gies des producteurs et leur �volution face aux contraintes ext�rieures (risque climatique, mon�tarisation des �conomies, d�valuation, urbanisation...). C'est cette connaissance fine de la client�le, de ses potentialit�s, de ses contraintes et de ses aspirations, qui permet ensuite au projet de proposer des produits financiers �troitement adapt�s aux besoins locaux.

Une client�le plus f�minine.. .

De 1988 � 1992, environ 6 500 pr�ts ont �t� consentis dans plus de 70 villages du Yatenga, de la Tapoa et du Ganzourgou. En 1997, le PPPCR travaille avec plus de 30 000 clients. Le taux de remboursement est toujours sup�rieur � 98 %. Gr�ce au projet, plusieurs activit�s, essentiellement agroalimentaires et f�minines, ont pu se d�velopper: transformation des produits agroalimentaires (48 %), petit commerce (28 %), petit �levage (15 %), artisanat (6 %) et production de savon (3 %). Les femmes repr�sentent la quasi-totalit� des emprunteurs (98 %), ce qui montre leur fort int�r�t pour acc�der au cr�dit. Etant les seules personnes socialement garantes de la " stabilit� " pour b�n�ficier du cr�dit, elles ont ais�ment adopt� la notion de groupe solidaire car elles sont familiaris�es avec les activit�s en groupe (tontine, groupes de travail).

L'octroi du cr�dit a aussi permis de d�velopper � une �chelle commerciale des activit�s familiales anciennes, d'ordinaire destin�es � l'autoconsommation. Cela a favoris� une augmentation et une diversification des revenus des femmes, qu'elles utilisent en grande partie pour des d�penses familiales.

...que masculine

Les hommes se montrent � leur tour motiv�s et sollicitent le projet. Ils souhaitent emprunter des sommes plus �lev�es, pour financer des activit�s artisanales et l'�levage d'embouche. Leurs strat�gies (ax�es de plus sur la migration) apparaissent souvent comme contradictoires avec les principes du syst�me de cr�dit, qui sont fond�s sur l'octroi de pr�ts modiques et sur des crit�res de stabilit� g�ographique.

Le Projet de promotion du petit cr�dit rural prend en compte les besoins individuels des producteurs, en r�pondant � leurs strat�gies socio-�conomiques gr�ce � un processus de suivi-�valuation-concertation mis en place par le Cirad.

Contact:

- Le Centre international du cr�dit mutuel

Le Centre international du cr�dit mutuel (CICM) est une association cr��e en 1979 par le Cr�dit mutuel fran�ais. Cette banque, n�e au milieu du XIXe si�cle pour favoriser l'�pargne des populations pauvres rurales et agricoles, compte aujourd'hui plus de 8 millions de clients et est la deuxi�me banque agricole fran�aise.

La d�marche du CICM est calqu�e sur les principes fondateurs du Cr�dit mutuel: la responsabilit� des soci�taires, le b�n�volat des administrateurs, la limitation g�ographique de l'activit� des caisses (services de proximit�) et le statut juridique d'association coop�rative. Son action consiste � d�velopper des r�seaux de caisses mutualistes d'�pargne et de cr�dit dans les zones rurales et urbaines des pays en d�veloppement. Jusqu'� pr�sent, en Afrique, 6 r�seaux de coop�ratives d'�pargne et de cr�dit (400 caisses) ont vu le jour: les Mucodec au Congo, le Cr�dit mutuel au S�n�gal, en Centrafrique et en Guin�e, la Coopec au Burundi et les Coopec et Crep en C�te d'Ivoire.

Ces caisses r�unissent 350 000 soci�taires au niveau local; elles s'attachent � canaliser l'�pargne de la population f�minine, toujours peu repr�sent�e au sein de leur client�le.

Au pr�alable, collecter l'�pargne

Le fonctionnement des caisses mutualistes est fond� sur la collecte d'une �pargne (celle-ci a atteint 22 milliards de F CFA au 31 d�cembre 1996), qui permet d'alimenter des fonds de cr�dit. La r�mun�ration de l'�pargne varie selon les pays (4 % au Congo, 8 % en Guin�e par exemple); elle ne peut n�anmoins d�passer un certain plafond. Chaque ann�e, le conseil d'administration des caisses nationales fixe le taux d'int�r�t des sommes �pargn�es, en tenant compte des r�sultats enregistr�s - en fonction de leur �volution, il peut �tre d�cid� de verser ou non l'int�r�t aux clients -, des taux de cr�dit pratiqu�s par les caisses mutualistes et les banques nationales, ainsi que de l'environnement �conomique.

Les mutuelles congolaises d'�pargne et de cr�dit

Au Congo, le r�seau du cr�dit mutuel, fond� sur le soci�tariat (chaque client �tant lui-m�me d�tenteur de parts du capital de sa caisse), a �t� mis en place en 1983, avec 12 caisses locales comptant 1 350 soci�taires. La proximit� avec la population est � la fois g�ographique (caisses de quartier ou de village) et financi�re (des conditions plus favorables que dans une banque classique �tant propos�es aux petits emprunteurs).

Le mouvement des Mucodec a �t� reconnu en tant qu'institution financi�re par la Banque des Etats d'Afrique centrale en 1994. Les caisses sont reli�es � la caisse centrale de Brazzaville et lui reversent 80 % de l'�pargne collect�e mais elles �voluent peu � peu vers une f�d�ration nationale de caisses autonomes. Le r�seau des Mucodec est surtout implant� en milieu rural, o� l'on d�nombre 69 % des caisses, et � Brazzaville (22 %).

Les Mucodec sont partenaires de plusieurs intervenants et programmes d'appui (Agricongo, Ana, Projet d'appui aux petites entreprises, Projet d'appui � la commercialisation et aux initiatives locales). Ces partenariats favorisent l'acc�s au cr�dit, � des conditions particuli�res, des op�rateurs soutenus par ces diff�rents projets, chacun d�tenant un compte dans une Mucodec. Un fonds de garantie a �t� constitu� pour permettre aux petits emprunteurs d'ouvrir facilement un compte. A la fin 1996, les Mucodec �taient au nombre de 45 et repr�sentaient pr�s de 72 000 soci�taires, soit 15 000 adh�rents de plus qu'en 1995. Chaque caisse est dirig�e par un conseil d'administration de 10 membres �lus en assembl�e g�n�rale des soci�taires, ce qui repr�sente 450 administrateurs b�n�voles. Les Mucodec s'adressent essentiellement aux petits emprunteurs, ceux du secteur " informel " qui ont besoin de petits montants (50 � 100 000 F CFA), mais de plus en plus de gros emprunteurs se tournent vers elles. Les femmes, qui sont dans la premi�re cat�gorie, repr�sentent un fort potentiel d'�pargne, m�me si elles ne forment pour l'instant que 20 % des b�n�ficiaires des cr�dits octroy�s par les Mucodec. Pour adh�rer � une caisse, il suffit de verser 10 000 F CFA, repr�sentant les droits d'adh�sion (3 000 F CFA), l'achat de parts sociales (4 000 F CFA), un d�p�t minimum (2 000 F CFA) et l'ouverture d'un livret d'�pargne (1 000 F CFA). Plu sieurs types d'�pargne sont possibles: �pargne sur livret, plan �pargne projet, compte bloqu�, compte courant. Le cr�dit touche tous les domaines: consommation, social (sant�, scolarit�, obs�ques...), achat de v�hicule, habitat, affaires (financement de stock, achat d'outillage et de mat�riel), relais (semences, campagne agricole...), cr�dit permanent. Pr�s de 40 % des sommes pr�t�es en 1996 ont servi � d�velopper des activit�s commerciales (petit commerce et surtout commerce de produits import�s). Le montant et la dur�e des pr�ts varient selon les besoins: � partir de 15 000 F CFA en cas de cr�dit d'urgence et le plus souvent de 100 000 F CFA pour 3 � 6 ou 12 mois, voire jus'qu'a 8 ans. En 1996, pr�s de 6 milliards de F CFA d'�pargne, presque deux fois plus qu'en 1995, ont �t� collect�s et 10 541 pr�ts ont �t� octroy�s (1,38 milliard de F CFA), surtout en milieu urbain (76 %). Les cr�dits professionnels ont fortement progress� (plus 131 %), mais les cr�dits � l'habitat et sociaux restent les plus nombreux (respectivement 20 % et 39 % du total).

Contacts:

Les caisses mutualistes accordent des cr�dits d'une dur�e moyenne d'un an, et ce pour toutes sortes d'activit�s �conomiques. Ainsi, � la fin de l'ann�e 1996, la production de cr�dit a atteint 11 milliards de F CFA.

Une coordination rationnelle des r�seaux

Au niveau de chaque pays, les r�seaux de caisses sont organis�s en antennes. Les secteurs Inspection et Formation sont coordonn�s par la direction g�n�rale des caisses du pays. Leur secr�tariat g�n�ral d�tient l'autorit� sur les secteurs D�veloppement du cr�dit, Comptabilit�, Reporting, Cadre r�glementaire et Cadre financier. L'animation des r�seaux est confi�e aux d�l�gu�s r�gionaux qui suivent et coordonnent l'�volution des caisses locales. Celle-ci sont g�r�es par un directeur et un conseil d'administration �lu. Au si�ge parisien, deux cadres et une assistante coordonnent les activit�s des r�seaux nationaux.

L'informatisation des op�rations bancaires des caisses mutualistes permet d'effectuer un suivi plus r�gulier des op�rations; gr�ce � la mise en place d'un syst�me de reporting, il est d�sormais possible de conna�tre, pr�cis�ment, les types de pr�ts consentis, le nombre de soci�taires et les activit�s financ�es. Pour cela, le CICM a mis au point un logiciel adapt� aux conditions de fonctionnement des caisses et leur personnel est form� � l'utilisation de ces nouveaux outils. Par ailleurs, toujours dans l'optique d'am�liorer le professionnalisme de ses agents au niveau des caisses locales, le CICM d�veloppe des modules de formation.

Chaque ann�e, un bilan du d�veloppement des caisses et de l'�volution du cr�dit est dress�. Les actions de l'ann�e suivante sont planifi�es. Pour compl�ter le dispositif, le CICM organise des s�minaires, largement ouverts aux interventions ext�rieures. Lors de ces rencontres, les participants peuvent �tre amen�s � dresser un �tat des lieux de quelques-uns des programmes de financement. C'est aussi un lieu de rencontres et d'�chang�s.

L'objectif majeur du CICM est l'institutionnalisation et la p�rennisation des r�seaux de cr�dit mutuel qu'il d�veloppe. Cela suppose qu'ils soient techniquement et financi�rement viables, avant de devenir progressivement autonomes. A cette fin, les efforts du CICM se concentrent sur la consolidation des savoir-faire financiers locaux.

Les principaux appuis financiers proviennent, pour une grande part, du Cr�dit mutuel. Le CICM re�oit �galement des financements du minist�re fran�ais de la Coop�ration, de la Caisse fran�aise de d�veloppement et de la Banque mondiale. Dans les pays du Sud, le d�veloppement des r�seaux du CICM est assur� par les mouvements eux-m�mes (conseil d'administration et salari�s) en collaboration avec le CICM. Preuve de sa r�ussite, l'extension des antennes du r�seau du Cr�dit mutuel devrait se poursuivre dans les ann�es � venir, autant en Afrique que sur les autres continents.

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Formation, appui technique et suivi-conseil: des aides � la r�ussite

Pour cr�er des richesses, il ne suffit pas d'avoir une bonne id�e. Etudier la faisabilit� d'un projet; monter les proc�dures de financement; se former sur le plan comptable, financier ou technique; profiter des derni�res �volutions de la recherche ou recueillir l'information concernant sa fili�re.... Tout seul, un un entrepreneur ne peut y parvenir. Un certain nombre d'organismes proposent des programmes de formation, d'appui technique, de suivi et de conseil. Quelques exemples.

Certains programmes d'appui au secteur priv� assurent la formation des promoteurs et des entrepreneurs. Ils abordent essentiellement les aspects techniques de la transformation des produits agricoles: l'utilisation des �quipements, l'apprentissage des proc�d�s de fabrication et de conditionnement des produits. Ils sensibilisent aussi les entrepreneurs au respect des normes d'hygi�ne et � la ma�trise de la qualit�.

Les formations, souvent tr�s pragmatiques, permettent aux promoteurs de tester les techniques de fabrication des produits qu'ils souhaitent lancer sur le march� (mise au point de caf� torr�fi� ou de jus de fruit � Agricongo), ou de s'initier � des technologies nouvelles (friture des fruits, extraction de l'amidon du manioc au Cirad). Les essais se font � partir du mat�riel disponible, dans les halles de technologie des centres de formation. Ainsi, le Centre r�gional d'innovation et de transfert de technologie (Critt) d'Auch en France accueille, dans son hall de technologie, des porteurs de projet. Plac�s en p�pini�re d'entreprises, ils apprennent les techniques de transformation, de conditionnement et de conservation des produits ainsi que les r�gles d'hygi�ne et de qualit�. Ils v�rifient, en outre, la faisabilit� de leur projet d'entreprise. Les formations peuvent �galement se faire sous la forme d'un �change de savoir-faire entre op�rateurs (voir Bulletin 12, le projet Aval).

Former � l'entreprise: une initiative r�cente en Afrique

Sur les aspects commerciaux et l'approche des march�s, quelques formations sont organis�es dans certains pays africains. Ainsi, au Cameroun, AgroPME anime des sessions de formation en strat�gie commerciale pour les dirigeants des petites et moyennes entreprises. Le m�me type de formation est organis� par Promex-PMA ou par le Coleacp, pour un public d'exportateurs. Ces organismes assurent �galement des formations sur les normes et les contraintes concernant les produits export�s vers l'Europe.

Les formations � la cr�ation et � la gestion d'entreprises agroalimentaires sont r�centes en Afrique, appuy�es par des organismes d'appui et de formation africains ou fran�ais. Elles sont destin�es aux entrepreneurs et aux promoteurs (� l'image de l'Ensia-Siarc au Congo et en C�te d'Ivoire) ou aux jeunes avant leur arriv�e sur le march� du travail (comme le proposent l'Apica et l'Ensai au Cameroun).

L'appui technique, un soutien direct � l'entreprise

Au-del� des formations, certains de ces organismes de formation, de recherche et de d�veloppement offrent un appui direct aux entreprises. Leur but: am�liorer les proc�d�s de fabrication, aider � la mise au point de nouveaux produits ou � les valoriser gr�ce, notamment, � l'am�lioration de leur conditionnement. Cet appui peut prendre diverses formes:

- des prestations de service: utilisation d'�quipements des halles de technologie, r�alisation d'essais, tests sur la qualit�,

- une assistance technique lors du d�marrage d'une nouvelle production ou de la mise en place d'une nouvelle machine,

- la fourniture de conseils pour le choix des �quipements ou la recherche de partenaires,

- une expertise de l'entreprise.

Des travaux de recherche peuvent �tre engag�s. Certains organismes, comme le Critt, proposent un large �ventail de services, qui va de la recherche � l'assistance technique. En outre, certaines structures �tudient la faisabilit� technique, �conomique et financi�re des projets et aident les entreprises � �tablir une demande de financement.

Dans beaucoup de cas, une proc�dure de suivi et de conseil conditionne l'octroi d'un financement � l'entreprise. Elle vise � am�liorer la gestion de l'entreprise ou � renforcer sa force de vente.

N�anmoins, le suivi-conseil peut �tre fourni sans qu'il y ait financement. Il porte alors sur diff�rents aspects (gestion, communication, comptabilit�, analyse des produits...); malgr� l'int�r�t qu'il rev�t pour les op�rateurs �conomiques, le conseil en commercialisation ne leur est que rarement propos�. N�anmoins, ces proc�dures de suivi et d'assistance sont autant de garanties, pour l'entrepreneur, de la p�rennit� de son projet.


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