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M-17
ISBN 92-5-203108-1
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(c) FAO 1992
"Tous les jours, des millions d'individus ne mangent pas � leur faim et parmi eux, beaucoup ne mangent tout simplement pas".
Pour nombre de pays en voie de d�veloppement les c�r�ales et les l�gumineuses � grain repr�sentent l'�l�ment essentiel du r�gime alimentaire des populations, surtout de celles � plus faibles revenus, g�n�ralement rurales.
Dans ces pays, l'autosuffisance alimentaire reste encore souvent un objectif � atteindre, et cela n'est pas toujours ou uniquement d� � l'inefficacit� des syst�mes de production locale.
L'ampleur des pertes apr�s-r�colte limite parfois s�rieusement l'impact des efforts faits pour accro�tre les productions vivri�res; la disponibilit� d'aliments au niveau local s'en trouve r�duite, condamnant les politiques nationales � avoir recours � des importations massives de denr�es et augmentant ainsi leur d�pendance alimentaire.
Les gouvernements des pays en voie de d�veloppement, ainsi que nombre d'ONG, d' organismes de coop�ration internationale, bilat�rale et multilat�rale, et plus particuli�rement la FAO, sont engag�s depuis plusieurs ann�es dans la r�alisation de projets visant � la pr�vention des pertes alimentaires.
Les exp�riences acquises dans le cadre de ces interventions ont souvent mis en �vidence la n�cessit� non seulement d'am�liorer les proc�d�s de production, mais encore de sensibiliser les producteurs comme les institutions int�ress�es au probl�me des pertes apr�s-r�colte.
Cet ouvrage s'adresse en priorit� aux membres du personnel technique ou administratif de services gouvernementaux ou d'organismes d'aide au d�veloppement, qui travaillent dans le cadre de projets de terrain li�s � la pr�vention des pertes de grains. Il pr�tend constituer un manuel d'information de base sur les op�rations apr�s-r�colte des principales denr�es vivri�res des pays en d�veloppement: le riz, le mais, le sorgho, les haricots, l'arachide et le tournesol.
A ce titre il sera utile aux agents de terrain (vulgarisateurs, animateurs ruraux, agents de d�veloppement) qui participent � l'ex�cution de projets visant � l'am�lioration des op�rations apr�s-r�colte.
Il s'adresse aussi � ceux qui oeuvrent � la production proprement dite de ces m�mes grains vivriers, et qui, du fait d'un cloisonnement interdisciplinaire regrettable, ne disposent que d'une connaissance partielle et g�n�ralement insuffisante des probl�mes li�s aux op�rations d'apr�s-r�colte.
Des efforts mal d�ploy�s au cours des derni�res d�cennies, et visant surtout � l'am�lioration des rendements plus qu'� la valorisation des produits apr�s leur r�colte, ont conduit � des situations paradoxales. En effet, bien que les conditions techniques d'accroissement de la production soient r�unies, cet accroissement ne peut avoir lieu � cause d'un blocage au niveau apr�s-r�colte.
Par exemple, depuis les ann�es '70, dans la vall�e du Fleuve S�n�gal et dans de nombreux p�rim�tres irrigu�s am�nag�s en Afrique de l'Ouest, l'objectif de la double r�colte annuelle n'a encore pu �tre atteint. L'une des principales causes de ce retard tient au fait que l'op�ration du battage du riz est manuelle.
La main d'oeuvre disponible �tant peu nombreuse, cette op�ration est retard�e de plusieurs semaines, ce qui emp�che la mise en culture imm�diate de la parcelle pour une seconde culture. Un goulet d'�tranglement � ce niveau a donc des r�percussions directes sur la production elle-m�me.
L'introduction de petites batteuses m�caniques � moteur, dans un tel contexte, peut non seulement repr�senter une r�duction du co�t de l'op�ration de battage, mais encore stimuler la production elle-m�me en favorisant la double r�colte annuelle.
Cet exemple met en �vidence l'id�e que l'am�lioration de la production doit aller de pair avec l'am�lioration des op�rations apr�s-r�colte et la pr�vention des pertes apr�s-r�colte.
Dans cet esprit, cet ouvrage pourra int�resser tous ceux qui, d'une mani�re ou d'une autre, oeuvrent sur le terrain � l'am�lioration de la production vivri�re dans les pays en d�veloppement.
Cet ouvrage pr�tend contribuer � unifier les crit�res et � favoriser une diffusion homog�ne des connaissances rattach�es aux technologies apr�s-r�colte
De la d�termination de la maturit� physiologique � la commercialisation des produits, il examine l'ensemble de la cha�ne physique qui va de la r�colte au consommateur, et constitue le "syst�me apr�s-r�colte".
Du point de vue technologique, il traite sp�cialement des op�rations de r�colte, s�chage, battage/�grenage, stockage et transport des principales c�r�ales (mais, sorgho, riz), l�gumineuses � grain (haricots) et ol�agineuses (arachide, tournesol).
Des exp�riences ou des solutions d�coulant de l'adoption de m�thodes traditionnelles, de technologies appropri�es et de syst�mes m�canis�s sont syst�matiquement pr�sent�es.
Compte tenu de l'ampleur des th�mes trait�s ainsi que du public auquel s'adresse cette publication, nous nous sommes efforc�s d'adopter une approche simplifi�e et concr�te des sujets, en insistant moins sur les aspects th�oriques, pour lesquels il existe une bibliographie fort riche et largement diffus�e.
Pour ceux qui vivent du travail de la terre, c'est une grande satisfaction de pouvoir admirer un champ de mais, de sorgho ou de haricots sur le point d'�tre r�colt�.
Mais quelle d�ception lorsque l'on doit constater qu'apr�s la r�colte, une partie quelquefois importante du grain produit a �t� perdue, OU s'est tellement d�t�rior�e qu'elle est devenue impropre � la consommation ou � la vente.
Que s'est-il pass�, � quel moment? Et surtout, que peut-on faire, apr�s tant d'efforts, tant d'heures consacr�es aux travaux des champs, pour �viter de subir des pertes apr�s-r�colte?
Avant de tenter de r�pondre � ces questions, il est bon de rappeler bri�vement la suite d'op�rations auxquelles sont soumis les produits,
une fois que la r�colte a �t� faite.
Dans la cha�ne agro-alimentaire, l'op�ration de r�colte repr�sente l'�tape de passage entre la phase de production agricole proprement dite et celle de conditionnement ou plus g�n�ralement de traitement du produit.
La r�colte, effectu�e manuellement ou � l'aide de machines, ne doit avoir lieu, g�n�ralement, que lorsque le produit a atteint son degr� optimal de maturit�.
Apr�s la r�colte, il peut �tre n�cessaire de proc�der � un pr�s�chage du produit, avant de le soumettre aux op�rations suivantes de battage ou d'�grenage.
Les grains obtenus doivent subir les op�rations de nettoyage et de s�chage, afin qu'ils puissent �tre stock�s ou �tre l'objet de transformations ult�rieures.
Le stockage peut �tre fait en vrac ou en sacs, chez les producteurs euxm�mes (stockage � la ferme), dans des centres de collecte, ou encore aupr�s d'organismes stockeurs.
Enfin, les grains sont achemin�s des entrep�ts aux lieux de commercialisation pour la vente aux consommateurs, aux acteurs de l'artisanat alimentaire, ou aux industries agro-alimentaires.
L'encha�nement fonctionnel de ces op�rations et leurs interactions r�ciproques contribuent � former un syst�me complexe que nous nommons syst�me apr�s-r�colte
TECHNOLOGIES ET PHASES DU SYSTEME APRES RECOLTE POUR: LES GRAINS
| OPERATIONS APRES-RECOLTE | TECHNOL0GIES TRADITIONNELLES | TECHNOL0GIES INTERMEDIAIRES | TECHNOL0GIES INDUSTRIELLES |
| R�colte | Manuelle | Manuelle et m�canis�e | M�canis�e |
| Pr�-s�chage | Sur pied ou en tas | En cribs ou en tas | |
| Stockage en �pis | En greniers traditionnels | En cribs | |
| Battage | Manuel | M�canis� | M�canis� |
| Pr�-nettoyage | M�canis� | M�canis� | |
| S�chage | Naturel | Artificiel | Artificial |
| Nettoyage et triage | Vannage au vent | M�canis� | M�canis� |
| Stockage en grains | En greniers traditionnels | En sacs ou en vrac | En sacs ou en vrac |
| Transformation | Manuelle | M�canis�e | M�canis�e |
Le riz
Gramin�e originaire des r�gions tropicales de l'Asie (Chine et Indochine), le riz est l'aliment de base d'une grande partie de l'humanit�.
Lorsqu'ils ont atteint la maturit� physiologique, les �pis de riz sont coup�s et laiss�s en gerbes sur le champ pour un pr�-s�chage.
Ensuite, on effectue le battage manuellement ou m�caniquement, pour s�parer le paddy, c'est-�-dire l'ensemble du grain et de ses enveloppes protectrices (balles), de la paille.
Quand on r�colte le riz � l'aide de moissonneuses-batteuses, les op�rations de coupe et de battage s'effectuent simultan�ment.
Apr�s le battage, le paddy obtenu contient souvent des impuret�s (terre, pierres, r�sidus v�g�taux, etc.) et sa teneur en eau est sup�rieure � 20%.
Afin de pouvoir le conserver ou le d�cortiquer, il est donc n�cessaire de proc�der � son pr�-nettoyage, puis d'abaisser son taux d'humidit� � environ 14%, en proc�dant au s�chage.
Cette op�ration peut s'effectuer de mani�re naturelle, en exposant les grains de paddy � l'air et au soleil, et en les remuant fr�quemment; ou bien de mani�re artificielle, en soumettant le paddy au passage d'un courant d'air sec et mod�r�ment chauff�, � l'int�rieur de s�choirs m�caniques.
Une fois s�ch�, le paddy est nettoy� avant d'�tre stock� (en sacs ou en vrac) dans des magasins ou des silos.
Le paddy s�ch� et nettoy� est pr�t � �tre usin�, c'est-�-dire soumis aux traitements suivants:
- d�corticage: on enl�ve les enveloppes externes du grain (balles) manuellement (pilon et mortier) ou au moyen de d�cortiqueurs (� meules ou � rouleaux) pour obtenir le "riz cargo";
- blanchiment: on �limine les couches superficielles (p�ricarpe) et le germe du grain par passage du riz cargo dans des blanchisseurs, pour obtenir le "riz blanc".
Le riz blanc, apr�s triage, peut �tre soumis � d'autres traitements de polissage ou de gla�age (avec un m�lange de talc et de glucose): le but de ces traitements est d'am�liorer la valeur commerciale du produit et d'en prolonger la dur�e de conservation.
Le riz ainsi obtenu est pr�t � �tre emball� et commercialis�.
100 kg de paddy trait� dans des rizeries industrielles, donnent environ 60 kg de riz blanc, 10 kg de brisures, 10 kg de son et farine, et 20 kg de balles.
En raison de sa grande valeur nutritive, le riz est consomm� principalement dans l'alimentation humaine.
Dans l'industrie, on l'emploie pour la production d'alcool, de bi�re, d'amidon, d'huile et d'autres produits d�riv�s.
Les sous-produits tels que les brisures et les farines sont souvent destin�s � l'alimentation animale.
Les balles de riz sont parfois utilis�es comme combustible et leurs cendres comme engrais.
Le ma�s
C�r�ale originaire des zones tropicales d'Am�rique, le ma�s est une gramin�e dont la culture est l'une des plus r�pandues au monde.
Le mais peut �tre r�colt� soit en �pis, soit en grains.
La r�colte des �pis peut s'effectuer � la main ou � l'aide de machines agricoles appropri�es (corn-picker ou cucilleur-�panouilleur).
Les �pis r�colt�s sont d�munis de leurs enveloppes foliaires (spathes) puis soumis � l'�grenage manuel ou m�canique.
En culture familiale et lorsque la r�colte a lieu en saison s�che, les �pis (avec ou sans spathes) peuvent �tre s�ch�s au soleil, puis conserv�s sous abri.
En culture industrielle, par contre, on r�colte le ma�s uniquement � l'aide de syst�mes m�canis�s (cueilleur�greneur ou moissonneuse-batteuse), en mesure de fournir des grains pr�ts pour le s�chage ou la vente.
Au moment de la r�colte, et en particulier en p�riode de pluie, les grains de mais ont une teneur en eau trop �lev�e pour permettre une bonne conservation; aussi, avant de proc�der au stockage, faut-il s�cher le produit, afin d'en abaisser le taux d'humidit� � 14% environ.
Le s�chage artificiel des grains, obtenu par circulation d'air sec et chauff�, est r�alis� dans des installations situ�es dans les centres de collecte ou de stockage, ou encore dans les unit�s de transformation (moulins, usines d'aliments pour le b�tail, etc.) �quip�es de s�choirs appropri�s.
Une fois s�ch�, le mais est nettoy�, puis conserv� (en sacs ou en vrac) dans des magasins ou des silos.
Le mais s�ch� et nettoy� est pr�t pour la vente ou pour les transformations ult�rieures.
Dans l'alimentation humaine, le mais peut �tre consomm� en �pis frais, sous forme de galettes � partir de p�tes obtenues par cuisson du grain, mais on peut aussi consommer les farines ou les semoules obtenues apr�s d�corticage puis mouture
L'industrie de transformation utilise en outre le mais dans la production d'huiles et de margarines, d'aliments pour b�tail, de bi�res, d'aliments pour enfants, de savons, colles, vernis.
Le sorgho grain
Le sorgho grain, appel� �galement gros mil, est une gramin�e originaire des zones d'Afrique centrale et orientale (Ethiopie, Soudan).
Lorsqu'elles ont atteint la maturit� physiologique, on coupe les particules de sorgho et on les laisse s�cher au soleil.
Les �pis de grains ainsi obtenus peuvent �tre conserv�s dans des greniers traditionnels, ou bien soumis directement au battage, manuel ou m�canique.
Comme pour le riz, mais beaucoup plus rarement en zones tropicales, les op�rations de coupe et de battage peuvent �tre effectu�es simultan�ment par des moissonneuses-batteuses.
Dans les climats chauds et � faibles pr�cipitations, on peut diff�rer la r�colte du sorgho jusqu'� s�chage complet des grains au champ.
Si les grains pr�sentent une teneur en eau sup�rieure � 13%, il faut proc�der au s�chage du produit avant de pouvoir le conserver ou le traiter.
Une fois s�ch�, le sorgho est nettoy�, puis conserv� (en sacs ou en vrac) dans des magasins ou des silos.
Le sorgho s�ch� et nettoy� est pr�t pour la vente ou pour les transformations ult�rieures.
On peut consommer le sorgho, comme le ma�s, en utilisant les farines ou les semoules obtenues par d�corticage, puis mouture.
L'industrie de transformation emploie cette c�r�ale dans la production d'aliments pour le b�tail, de bi�re, d'huiles, de colles ou adh�sifs, etc.
Le haricot
Originaire des zones tropicales d'Am�rique, le haricot est une l�gumineuse tr�s largement cultiv�e pour sa valeur nutritive �lev�e, due � la teneur en prot�ines de ses grains.
On peut r�colter le produit � la main en arrachant ou en fauchant la plante, que l'on laisse pr�-s�cher puis que l'on soumet au battage (manuel ou m�canique); ou bien on utilise une moissonneuse-batteuse.
Apr�s le battage, les haricots obtenus contiennent souvent des impuret�s et leur teneur en eau est sup�rieure a 20%. Avant de pouvoir les stocker, il est donc n�cessaire de proc�der au pr�nettoyage, puis d'abaisser leur taux d'humidit� � environ 14%, par le s�chage (naturel ou artificiel).
Les m�thodes traditionnelles de stockage des l�gumineuses � grain requi�rent l'emploi de jarres, greniers en terre, bouteilles, mais on obtient les r�sultats les plus satisfaisants en conservant les grains bien secs dans des r�cipients herm�tiques (bidons ou f�ts m�talliques, sacs en mati�re plastique, etc.).
Quant au stockage commercial, il se fait en sacs, dans des magasins.
Les haricots ainsi produits sont pr�ts pour la vente et la consommation.
L'arachide
Originaire des zones tropicales et subtropicales d'Am�rique, l'arachide est une l�gumineuse principalement cultiv�e pour la richesse en huile de ses graines.
On r�colte le produit � la main ou � la machine, en arrachant la plante et en laissant s�cher les gousses sur le champ, pendant deux ou trois jours.
Ensuite, lorsque le taux d'humidit� est inf�rieur � 15X, on peut s�parer les gousses des fanes par les op�rations, manuelles OU m�caniques, de battage.
En culture m�canis�e, ces op�rations d'arrachage et de battage peuvent s'effectuer directement sur plantes fra�ches, � l'aide de machines sp�ciales comme les arracheuses-batteuses.
Apr�s le battage, on soumet les arachides au pr�-nettoyage, puis au s�chage artificiel.
Lorsque le taux d'humidit� est tomb� � 7-8X, les gousses d'arachides sont pr�tes � �tre stock�es en vrac � l'air libre (en pyramides appel�es "secco"), ou dans des magasins bien secs et ventil�s.
Apr�s le s�chage, on peut proc�der directement au d�corticage puis au nettoyage des arachides.
Une fois mises en sacs, les arachides d�cortiqu�es sont stock�es � l'air libre ou dans des magasins.
Dans les industries de transformation (huileries), les graines d'arachide d�cortiqu�es sont de plus en plus souvent stock�es en si1os.
En huilerie, les graines d'arachide s�ch�es, d�cortiqu�es et nettoy�es sont pr�tes pour les traitements d'extraction de l'huile.
Dans l'alimentation humaine on consomme leur huile, mais aussi les arachides elles-m�mes sous forme d'arachides de bouche (en coques fra�ches bouillies, en coques grill�es telles quelles ou sal�es, d�cortiqu�es grill�es et enrob�es) ou de beurre d'arachide.
Les sous-produits d'huilerie, en particulier le tourteau d'arachide, constituent une excellente mati�re premi�re pour l'alimentation animale.
Le tournesol
Originaire de l'Am�rique du Nord, le tournesol est une plante principalement cultiv�e pour la richesse en huile de ses graines.
La r�colte des capitules (inflorescences) s'effectue, � la main ou � la machine, lorsque les plantes ont les feuilles sup�rieures s�ches et les inflorescences fan�es.
Si la teneur en eau du produit r�colt� est sup�rieure � 15%, il faut pr�s�cher les capitules en cribs, avant de proc�der � l'�grenage, manuel ou m�canique.
En culture m�canis�e, les op�rations de r�colte et d'�grenage sont effectu�es simultan�ment par des moissonneuses-batteuses.
Lorsque le taux d'humidit� est inf�rieur � 9%, les graines de tournesol peuvent �tre directement conserv�es, ou soumises aux traitements d'extraction d'huile. Si le taux d'humidit� est sup�rieur, il faut alors proc�der au s�chage artificiel des graines.
Vu l'excellente qualit� de l'huile obtenue, les graines de tournesol sont presque exclusivement utilis�es dans l'industrie huili�re.
Outre son emploi dans l'alimentation, l'huile de tournesol sert �galement de mati�re premi�re dans la fabrication de couleurs pour la peinture, de savons, d'huile d'�clairage.
Les sous-produits d'huilerie, et en particulier le tourteau, sont un excellent aliment pour le b�tail.
Par l'expression "pertes apr�s-r�colte", on entend une r�duction quantitative et qualitative mesurable d'un produit donn�.
Ces pertes peuvent se produire tout au long des diff�rentes phases caract�risant le syst�me apr�s-r�colte.
Cette d�finition doit �galement prendre en compte les cas de d�t�riorations des produits. Cependant, plus que de pertes � proprement parler, il serait plus juste de parler de limitation dans l'utilisation du produit. En effet, des grains partiellement d�t�rior�s par des insectes, par exemple, peuvent ne plus �tre appropri�s � la consommation humaine, ou � la commercialisation. Si telles �taient leurs destinations, nous devons admettre qu'il s'agit de pertes, m�me si l'on peut r�cup�rer les grains en les utilisant pour l'alimentation des animaux de basse-cour.
Du point de vue �conomique, la somme des pertes de quantit� et de qualit� des produits correspond in�vitablement � des pertes mon�taires.
A ces pertes �conomiques directes s'ajoutent celles d�coulant de la mauvaise gestion des syst�mes apr�s-r�colte. Elles se traduisent par un manque de croissance de la production et par l� m�me du revenu des producteurs.
Une mauvaise qualit� des semences, des pratiques culturales inad�quates, ou des attaques d'insectes aux champs, peuvent provoquer des pertes de produits avant m�me leur r�colte. Mais notre propos se limite ici � la pr�vention des pertes apr�s la r�colte.
A partir donc de la r�colte, les grains sont soumis � une s�rie d'op�rations durant lesquelles peuvent se produire des pertes quantitatives et qualitatives.
La s�quence de ces op�rations et les conditions dans lesquelles elles se d�roulent peuvent, en outre, �tre � l'origine de ph�nom�nes physiques et biochimiques entra�nant l'alt�ration des grains � des stades ult�rieurs du syst�me apr�s-r�colte.
Une r�colte tardive, par exemple, peut entra�ner des pertes dues � l'attaque par les oiseaux et autres ravageurs.
Un s�chage insuffisant des grains peut entra�ner des pertes dues au d�veloppement de moisissures et d'insectes.
Le battage peut entra�ner des pertes par brisure des grains, favorisant par la suite le d�veloppement d'insectes.
De mauvaises conditions de stockage peuvent entra�ner des pertes dues � l'action combin�e de moisissures, insectes, rongeurs et autres ravageurs.
Les conditions de transport ou un emballage d�fectueux des grains peuvent entra�ner des pertes quantitatives de produit.
Enfin, outre ces facteurs, il en est d'autres qui peuvent souvent avoir une part de responsabilit� dans les pertes apr�s-r�colte tels que par exemple: l'organisation de la commercialisation, les politiques sectorielles et autres aspects de nature socio-�conomique.
NATURE ET CAUSES PRINCIPALES DES PERTES APRES-RECOLTE.
| NATURE | R�colte pr�matur�e | Par insuffisance: | ||
| Mauvaise maturation | -capital | |||
| Mauvais battage | -professionnalit� | |||
| En Poids | S�chage insuffisant | -�quipements | ||
| Nettoyage insuffisant | -pesticides | |||
| Attaque d'oiseaux | -emballages | |||
| Attaque de rongeurs | -transport | |||
| En qualit� | Attaque d'insectes | -organisation | ||
| Attaque de micro-organismes | Par contraintes: | |||
| Modification biochimiques | -sociales | |||
| Coulage et gaspillage | -�conomiques | |||
| Economiques | Teneur en eau inad�quate au stockage | -politiques | ||
| Techniques de stockage et de transformation inad�quate | ||||
Il ressort que, si l'on veut aborder de fa�on concr�te le probl�me des pertes apr�s-r�colte, il est n�cessaire de conna�tre avant tout, dans chaque contexte, la nature et le nombre des manipulations auxquelles est soumis le produit, ainsi que les facteurs et l'incidence des pertes durant chaque phase du processus.
A titre d'exemple, on trouvera dans le tableau ci-dessous, pour chaque stade du syst�me apr�s-r�colte, les estimations relatives aux pertes quantitatives de riz, dans la r�gion du sud-est asiatique.
| PHASES | PERTES |
|
| Min. | Max. | |
| R�colte | 1% | 3% |
| Manutention | 2% | 7% |
| Battage | 2% | 6% |
| S�chage | 1% | 5% |
| Stockage | 2% | 6% |
| Transformation | 2% | 10% |
| Total | 10% | 37% |
Dans de nombreux pays en voie de d�veloppement, des pertes globales apr�s-r�colte de c�r�ales et de l�gumineuses � grain de l'ordre de
10-15% semblent �tre assez courantes. Dans certaines r�gions de l'Afrique et de l'Am�rique latine, on trouve des valeurs plus �lev�es, qui peuvent atteindre jusqu'� 50% des quantit�s r�colt�es.
Jusqu'� pr�sent nous ne disposons pas de donn�es r�ellement fiables sur le niveau effectif des pertes apr�s-r�colte.
Les causes de cette lacune sont multiples:
- il n'existe pas de m�thodes math�matiques universelles permettant d'�tablir un "mod�le";
- l'ampleur des pertes peut consid�rablement fluctuer en fonction des conditions climatiques (saison des pluies, etc.), des vari�t�s, des localit�s, etc.;
- nombre d'institutions nationales traitent la probl�matique des pertes apr�s-r�colte d'une mani�re n�gligente et superficielle, la consid�rant comme marginale par rapport aux probl�mes de production agricole;
- il est difficile d'�tablir des estimations cr�dibles sur les pertes quantitatives et qualitatives, surtout dans des contextes ou font d�faut les moyens, les strat�gies et les comp�tences sp�cifiques;
- la carence de structures nationales permanentes ad�quates interdit le suivi de l'�tat des pertes apr�s-r�colte.
Une diminution de la substance physique du produit se traduit par une perte de poids.
Il convient de distinguer n�anmoins perte de poids et perte de produit. La diminution de la teneur en humidit� entra�ne une baisse de POIDS, qui n'est pas une perte alimentaire. A l'inverse, une augmentation de poids par absorption d'humidit�, � la suite de pluies sur un stock en plein air par exemple, peut causer de graves d�g�ts qui entra�neront des pertes.
Les pertes de poids sont dues principalement � l'action prolong�e de ravageurs (insectes, oiseaux, rongeurs), ou au coulage des produits (sacs perc�s, pertes durant la manutention des grains, etc.). Elles peuvent se produire pratiquement � toutes les phases du processus de production, mais plus particuli�rement pendant la r�colte, le stockage et le transport ou la manutention des grains.
Les pertes de poids provoqu�es par les d�pr�dateurs n'apparaissent pas au premier coup d'oeil; un acheteur inexp�riment� peut donc �tre tromp�. Pour les appr�cier, il convient de prendre un volume �gal de c�r�ales propres et saines, de moudre les deux �chantillons et de peser la farine obtenue dans chacun des cas. On constatera que l'�chantillon d�t�rior� produit moins de farine.
Inversement, cette m�thode peut aussi �tre utile pour �viter d'�ventuelles fraudes sur le poids, car il est facile d'augmenter ce dernier en humidifiant le grain ou en ajoutant des corps �trangers tels que des cailloux, de la terre ou des balayures.
Pour �viter toute confusion, il est convenu de parler de pertes de poids de mati�re s�che.