Table des
mati�res - Pr�c�dente - Suivante
De 1979 -1981 � 1987, la production mondiale de ma�s a augment�, comme indiqu� au tableau 4. Les superficies plant�es en ma�s sont pass�es de 105 millions d'ha en 1961 � environ 127 millions d'ha en 1987. Bien qu'une partie de l'accroissement s'explique par de nouveaux ensemencements, une grande part des augmentations de production est due � l'am�lioration g�n�tique, au perfectionnement des techniques culturales, au d�veloppement des applications d'engrais, ainsi qu'� l'introduction de vari�t�s nouvelles � plus fort taux de reproduction.
Les pays en d�veloppement consacrent davantage de superficies � la culture du ma�s que les pays d�velopp�s, mais dans ces derniers les rendements sont pr�s de quatre fois sup�rieurs. Depuis 1961, aux EtatsUnis, par exemple, les rendements � l'hectare ont sensiblement progress�, alors qu'au Mexique, au Guatemala et au Nig�ria-pays o� laconsommation de ma�s par la population humaine est particuli�rement �lev�e, notamment dans les deux premiers - les rendements n'ont que tr�s peu augment�. Alors que l'essentiel de la production des pays en d�veloppement est destin� � la consommation humaine, dans les pays industrialis�s elle est surtout r�serv�e � l'usage industriel et aux aliments pour animaux. Les rendements �lev�s et l'importante production en Am�rique du Nord et en Am�rique centrale sont principalement dus aux Etats-Unis, qui produisent davantage que des pays comme le Mexique o� le ma�s est la principale c�r�ale de base. Avec l'exode rural et l'�volution du mode de vie constat�s dans les pays en d�veloppement, on assiste � une d�rive r�guli�re au profit de la consommation de bl�, ce qui pourrait avoir une influence sur la production de ma�s. On observe une l�g�re augmentation de son utilisation dans l'industrie et dans l'alimentation pour animaux, en particulier pour la volaille et autres animaux monogastriques. La comparaison avec les donn�es concernant le bl� et le riz place le mais au second rang des c�r�ales, apr�s le bl� et avant le riz. En termes de rendements � l'hectare, toutefois, le ma�s l'emporte sur les deux autres. La seule culture vivri�re dont le rendement en tonnes � l'hectare d�passe celui du ma�s est la pomme de terre � l'�tat non transform�, mais non � �galit� de teneur en humidit�.
TABLEAU 4 - Production de ma�s dans le mande
| R�gion et ann�e | Superficie r�colt�e (miliers d'ha) | Rendement (kg/ha) | Production (milliers de tonnes) |
| Afrique | |||
| 1979-1981 | 18 193 | 1 554 | 28 268 |
| 1985 | 19 099 | 1 522 | 29 069 |
| 1986 | 19 580 | 1 575 | 30 840 |
| 1987 | 19512 | 1 395 | 27225 |
| Am�rique du Nord et Am�rique centrale | |||
| 1979-1981 | 39 399 | 5 393 | 212 384 |
| 1985 | 40 915 | 6 092 | 249 258 |
| 1986 | 37 688 | 6 116 | 230 511 |
| 1987 | 35187 | 5690 | 200211 |
| Am�rique du Sud | |||
| 1979-1981 | 16751 | 1 928 | 32369 |
| 1985 | 17 813 | 2 182 | 38 859 |
| 1986 | 18799 | 2021 | 38001 |
| 1987 | 19 413 | 2 143 | 41 595 |
| Asie | |||
| 1979-1981 | 36815 | 2296 | 84531 |
| 1985 | 35 246 | 2 628 | 92 629 |
| 1986 | 37 474 | 2 729 | 102 274 |
| 1987 | 37 399 | 2 788 | 104 269 |
| Europe | |||
| 1979-1981 | 11 738 | 4668 | 54792 |
| 1985 | 11 556 | 5423 | 62673 |
| 1986 | 11 539 | 6207 | 71 621 |
| 1987 | 11 405 | 6039 | 68901 |
| Oc�anie | |||
| 1979-1981 | 76 | 4 359 | 332 |
| 1985 | 124 | 3 804 | 471 |
| 1986 | 107 | 4 402 | 471 |
| 1987 | 84 | 4302 | 363 |
| URSS | |||
| 1979-1981 | 3 063 | 2989 | 9076 |
| 1985 | 4482 | 3214 | 14406 |
| 1986 | 4 223 | 2955 | 12479 |
| 1987 | 4 600 | 3217 | 14 800 |
| Monde | |||
| 1979-1981 | 126035 | 3 345 | 421 751 |
| 1985 | 129235 | 3 771 | 487 367 |
| 1986 | 129411 | 3 757 | 486198 |
| 1987 | 127 605 | 3 584 | 457 365 |
Comme il est indiqu� plus haut, le mais a trois utilisations possibles: aliment pour les humains, aliment pour les animaux et mati�re premi�re pour l'industrie. Dans l'alimentation humaine, on peut utiliser le grain entier, parvenu ou non � maturit�; on peut aussi le transformer au moyen des techniques de mouture s�che de mani�re � obtenir un nombre relativement important de demi-produits, tels que grits de ma�s de diff�rents calibres, farines et semoules de ma�s, et semoule pour la pr�paration des flocons. A leur tour, ces demi-produits trouvent de nombreuses applications dans des produits alimentaires tr�s divers. En agriculture de subsistance, le mais a�t�, et reste dans certaines r�gions une culture vivri�re de base. Dans les pays d�velopp�s, plus de 60 pour cent de la production sont destin�s � la fabrication d'aliments compos�s pour la volaille, les porcins et les ruminants. Depuis ces derni�res ann�es, m�me dans les pays en d�veloppement o� il fait partie de l'alimentation de base, le ma�s a �t� de plus en plus utilis� comme ingr�dient des aliments pour animaux. Ce n'est que r�cemment que le ma�s � �haute teneur en humidit� a retenu davantage l'attention dans l'alimentation animale en raison de son co�t plus faible et de sa capacit� � accro�tre le rendement des op�rations de transformation. Les sousproduits de la mouture s�che sont le germe et le t�gument s�minal. On extrait du premier une huile comestible de grande qualit�. Le t�gument s�minal ou p�ricarpe sert surtout � l'alimentation animale, encore qu'il ait retenu l'attention ces derni�res ann�es comme source de fibres alimentaires (Earli et al., 1988; Burge et Duensing, 1989). La mouture humide est un proc�d� surtout r�serv� aux utilisations industrielles du ma�s, bien que le proc�d� de cuisson alcaline utilis� pour la fabrication des tortillas (minces galettes consomm�es au Mexique et dans d'autres pays d'Am�rique centrale) soit �galement une op�ration de mouture humide qui n'enl�ve que le p�ricarpe (Bressani, 1990). La mouture humide fournit l'amidon du ma�s et des sous-produits tels que le gluten, utilis� comme ingr�dient des aliments pour animaux. La production d'huile de ma�s � partir du germe fournit comme sous-produit la farine de germe de ma�s, employ�e pour l'alimentation animale. Des tentatives ont �t� faites pour utiliser ces sous-produits dans des m�langes et des formulations destin�s � l'alimentation humaine
Bien que la technique soit connue depuis longtemps, la hausse des prix des carburants a permis de relancer la recherche sur la fermentation du ma�s en vue de la production d'alcool, comme cela se fait dans certains Etats d'Am�rique du Nord. La fermentation produit �galement des boissons alcooliques.
Enfin, les r�sidus de plants de ma�s comportent des utilisations importantes non seulement pour l'alimentation animale mais aussi pour la production d'un certain nombre de substances chimiques telles que le furfural et la xylose, obtenues � partir des rafles. Ces r�sidus jouent �galement un r�le important dans la pr�paration des sols.
Il existe de nombreuses donn�es sur la composition chimique du ma�s. Bon nombre d'�tudes ont �t� entreprises pour comprendre et �valuer les effets que peut avoir sur la composition chimique la structure g�n�tique des vari�t�s relativement nombreuses de ma�s dont on dispose, ainsi que les effets des facteurs environnementaux et des pratiques culturales sur les constituants chimiques et la valeur nutritionnelle du grain de ma�s et de ses parties anatomiques. La composition chimique apr�s transformation en vue de la consommation est un aspect important de la valeur nutritive (voir chapitre 5); elle est affect�e par la structure physique du grain, par des facteurs g�n�tiques et environnementaux, par la transformation et autres maillons de la cha�ne alimentaire. Dans le pr�sent chapitre, on s'attachera � d�crire la nature chimique du ma�s, qu'il s'agisse du type commun ou du type � haute qualit� prot�ique, pour mieux comprendre la valeur nutritive des diff�rents produits tir�s du ma�s que l'on consomme dans le monde.
Comme l'indique le tableau 5, la composition chimique des principales parties du grain de ma�s pr�sente des diff�rences importantes. Le t�gument s�minal ou p�ricarpe se caract�rise par une forte teneur en fibres brutes environ 87 pour cent, constitu�es principalement d'h�micellulose (67 pour cent) de cellulose (23 pour cent) et de lignine (0,1 pour cent) (Burge et Duensing, 1989). D'autre part, l'albumen pr�sente une haute teneur en amidon (87,6 pour cent) et des niveaux de prot�ines d'environ 8 pour cent. La teneur en graisses brutes de l'albumen est relativement faible. Enfin, le germe se caract�rise par une forte teneur en graisses brutes, de 33 pour cent en moyenne; il a �galement une teneur relativement �lev�e en prot�ines (18,4 pour cent) et en sels min�raux. On dispose d'un certain nombre d'informations sur la composition chimique de la couche � aleurone (figure 1 ), qui est une partie relativement riche en prot�ines ( 19 pour cent environ) et en fibres brutes. Les tableaux 2 et 3 contiennent des renseignements suppl�mentaires sur la r�partition de l'azote dans le grain de macs C'est l'albumen qui en fournit la plus grande partie, suivi du germe, et enfin du t�gument s�minal qui n'en contient que de petites quantit�s. Environ 92 pour cent des prot�ines du t�osinte proviennent de l'albumen. Des travaux ont �t� consacr�s aux prot�ines du grain de macs par un certain nombre de chercheurs tels que Bressani et Mertz, 1958.
TABLEAU 5 - Composition chimique approch�e des principales parties des grains de ma�s (pourcentage)
| Composant chimique | P�ricarpe | Albumen | Germe |
| Prot�ines | 3,7 | 8,0 | 18,4 |
| Extrait � l �ther | 1,0 | 0,8 | 33,2 |
| Fibres brutes | 86,7 | 2,7 | 8,8 |
| Cendres | 0,8 | 0,3 | 10,5 |
| Amidon | 7,3 | 87,6 | 8,3 |
| Sucre | 0,34 | 0,62 | 10,8 |
Il ressort des donn�es figurant aux tableaux 2 et 3 que la teneur en glucides et en prot�ines des grains de ma�s d�pend dans une tr�s grande mesure de l'albumen, tandis que les graisses brutes et, dans une moindre mesure, les prot�ines et les sels min�raux d�pendent du germe. Les fibres brutes du grain proviennent pour l'essentiel du t�gument s�minal. La r�partition du poids entre les diff�rentes parties du grain de macs ainsi que la composition chimique et la valeur nutritive de chacune rev�tent une grande importance dans les transformations auxquelles le ma�s est soumis en vue de la consommation. A cet �gard, deux points importants sont � relever du point de vue nutritif. L'huile du germe fournit des quantit�s relativement importantes d'acides gras (Bressani �t al., 1990; Weber, 1987). Lorsque la part du ma�s dans l'alimentation est tr�s �lev�e, comme chez certaines populations, les personnes qui consomment le grain d�germ� absorbent moins d'acides gras que celles qui consomment le ma�s entier transform�. Cette diff�rence est vraisemblablement tout aussi importante dans le cas des prot�ines, �tant donn� que la teneur en acides amin�s des prot�ines du germe est tr�s diff�rente de celle des prot�ines de l'albumen. C'est ce qui ressort du tableau 6 dans lequel les acides amin�s indispensables sont exprim�s en milligrammes pour cent en poids et en milligrammes par gramme d'azote. Comme l'indique le tableau 2, l'albumen repr�sente entre 70 et 86 pour cent du poids du grain, et le germe entre 7 et 22 pour cent. Donc, si l'on envisage le grain entier, la teneur en acides amin�s indispensables refl�te la teneur en acides amin�s des prot�ines de l'albumen, bien que la sp�cificit� de composition en acides amin�s des prot�ines du germe soit sup�rieure et mieux �quilibr�e. Les prot�ines du germe n'en fournissent pas moins une contribution relativement importante � l'�gard de certains acides amin�s, encore qu'insuffisante pour fournir une qualit� plus �lev�e de prot�ines dans le grain entier. Le germe fournit une certaine quantit� de lysine et de tryptophane, qui sont les deux acides amin�s indispensables limitants des prot�ines du ma�s. Les prot�ines de l'albumen sont pauvres en lysine et en tryptophane, de m�me que les prot�ines du grain entier (voir le tableau 6, qui fait �galement appara�tre la sp�cificit� de composition FAO/OMS des acides amin�s indispensables). De nombreuses �tudes sur l'animal (Howe, Janson et Gilfillan, 1965) ainsi qu'un petit nombre d'�tudes sur les humains (Bressani, 1971) ont �t� consacr�es aux carences en lysine, tryptophane et isolencine.
TABLEAU 6 - Teneur en acides amin�s indispensables des prot�ines du germe et des prot�ines de l'albumen
| Acide aim� | Albumen |
Germe |
Combaison-type FAO/OMS | ||
| mg % | mg/g N | mg %, | mg/g N | ||
| Tryptophane | 48 | 38 | 144 | 62 | 60 |
| Thr�onine | 315 | 249 | 622 | 268 | 250 |
| Isoleucine | 365 | 289 | 578 | 249 | 250 |
| Leucine | 1 024 | 810 | 1 030 | 444 | 440 |
| Lysine | 228 | 180 | 791 | 341 | 340 |
| Total des acides amin�s soufr�s | 249 | 197 | 362 | 156 | 220 |
| Ph�nylalanine | 359 | 284 | 483 | 208 | 380 |
| Tyrosine | 483 | 382 | 343 | 148 | 380 |
| Valine | 403 | 319 | 789 | 340 | 310 |
TABLEAU 7 - Prot�ines nettes du grain entier, du germe et de l'albumen des vari�t�s de ma�s guat�malt�ques
| Echantillon | Jaune | Azotea | Cuarente�o | Opaque-2 |
| Grain entier | 42,5 | 44,3 | 65,4 | 81,4 |
| Germe | 65,7 | 80,4 | 90,6 | 85,0 |
| Albumen | 40,0 | 42,0 | 46,4 | 77,0 |
Le tableau 7, qui compare la qualit� des deux parties du grain en pourcentage de la prot�ine de r�f�rence, la cas�ine en l'esp�ce, fait appara�tre la qualit� sup�rieure des prot�ines du germe par rapport � celles de l'albumen dans diff�rentes vari�t�s de ma�s. Les mais retenus comprennent trois vari�t�s de ma�s commun et une vari�t� de ma�s � prot�ines de qualit�. Dans tous les cas, la qualit� des prot�ines du germe est nettement plus �lev�e que celle des prot�ines de l'albumen et, par suite, �videmment sup�rieure � la qualit� des prot�ines des grains entiers. La qualit� prot�ique de l'albumen est plus faible que celle du grain entier, �tant donn� la sup�riorit� de l'apport en prot�ines du germe. Ces donn�es font �galement appara�tre une moindre diff�rence de qualit� des prot�ines du germe et de l'albumen dans la vari�t� � haute qualit� prot�ique (QPM). De plus la qualit� de1`albumen et du grain entier des vari�t�s QPM est sensiblement sup�rieure � la qualit� de l'albumen et du grain entier des autres sp�cimens. Ces donn�es, l�encore, rev�tent de l'importance � l'�gard des proc�d�s de transformation du ma�s destin� � la consommation et de son incidence sur l'�tat nutritionnel des populations, Elles font �galement appara�tre � l'�vidence que la qualit� des vari�t�s QPM est sup�rieure � celle du ma�s commun. La qualit� plus �lev�e de l'albumen du ma�s QPM n'est pas non plus sans signification pour les populations qui consomment du ma�s d�germ�.
TABLEAU 8 - Composition chimique approch�e des diff�rents types de ma�s (pourcentage)
| Type de macs | Humidit� | Cendres | Prot�ines | Fibres brutes | Extrait � l'�ther | Glucides |
| Salpor | 12,2 | 1,2 | 5,8 | 0,8 | 4,1 | 75,9 |
| Cristallin | 10,5 | 1,7 | 10,3 | 2,2 | 5.0 | 70,3 |
| Farineux | 9,6 | 1,7 | 10,7 | 2,2 | 5,4 | 70,4 |
| Amylac� | 11,2 | 2,9 | 9,1 | 1,8 | 2,2 | 72,8 |
| Doux | 9,5 | 1,5 | 12,9 | 2,9 | 3,9 | 69,3 |
| Eclat� | 10,4 | 1,7 | 13,7 | 2,5 | 5,7 | 66,0 |
| Noir | 12,3 | 1,2 | 5,2 | 1,0 | 4,4 | 75,9 |