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5 Aspects divers de l'�cologie de Teretriosoma nigrescens

Table des mati�res - Pr�c�dente - Suivante

5.1 Comportement de Teretriosoma nigrescens vis-�-vis de certaines denr�es stock�es d'origine v�g�tale
5.2 Influence sur certaines esp�ces de bostryches
5.3 L�cher de Teretriosoma nigrescens

 

Avant un �ventuel l�cher du pr�dateur T. nigrescens au Togo, les d�cideurs nationaux ont demand� � ce que l'on examine certains aspects de son �cologie dans le nouvel environnement. Le comportement du pr�dateur vis-�-vis de denr�es alimentaires d'origine v�g�tale constituait l'un des principaux volets de ces recherches. Il s'agissait en outre d'�tudier les interactions entre T. nigrescens et deux esp�ces de Bostrychid�s.

5.1 Comportement de Teretriosoma nigrescens vis-�-vis de certaines denr�es stock�es d'origine v�g�tale

5.1.1 Mat�riels et m�thodes
5.1.2 Attrait exerc� par diverses marchandises stock�es
5.1.3 Dur�e de s�jour sur diverses marchandises stock�es
5.1.4 Dommages caus�s sur certaines marchandises stock�es

 

Le comportement du pr�dateur vis-�-vis des denr�es stock�es d'origine v�g�tale a �t� examin� aussi bien dans des conteneurs ouverts et des conteneurs ferm�s. De par ces dispositions exp�rimentales, T. nigrescens se voyait soumis � des conditions fort diff�rentes. Dans les r�cipients ouverts, le pr�dateur avait en effet le choix entre exploiter les substrats v�g�taux comme nourriture ou quitter le conteneur. Dans les r�cipients ferm�s, il n'y avait pas pour lui d'alternative. Le contexte choisi visait � contraindre le col�opt�re � adopter une strat�gie de survie, ce qui permettait ensuite d'�valuer le potentiel de dommages �ventuel.

 

5.1.1 Mat�riels et m�thodes

Attrait exerc� sur T. nigrescens par diverses denr�es stock�es

Les denr�es stock�es ont �t� achet�es sur un march� local, � l'exception du ma�s et des grains de caf�. Le ma�s, une vari�t� locale � grains jaunes, provenait de stocks propres, le caf�, quant � lui, �tait un �chantillon de la vari�t� "Robusta" fourni par l'OPAT. Pour les essais, on a utilis� aussi bien des grains entiers que des grains moulus. Dans certains cas, on a �galement perc� des trous dans les grains � l'aide d'une chignole.

Les denr�es ont �t� plac�es dans des assiettes de plastique, dans le fond desquelles des trous de 1,5 � 2 mm de diam�tre avaient �t� perc�s pour permettre aux insectes d'acc�der aux milieux nutritifs. L'�valuation du contenu des r�cipients se r�p�tait toutes les 24 heures. Les marchandises stock�es ont �t� tamis�es dans des tamis � mailles de 2,0 et 0,4 mm de large, les fractions �tant ensuite soumises � un examen visuel. Les col�opt�res recueillis ont �t� d�nombr�s et classifi�s suivant l'esp�ce d'appartenance, avant d'�tre lib�r�s sur le sol de la cage. Les denr�es stock�es ont �t� remises dans les assiettes. On a proc�d� en l'occurrence � 3 r�p�titions par type de marchandises et d'assiettes. L'essai a dur� 4 jours, ce qui donne au total 24 observations par type de marchandise.

Pour la seconde s�rie d'essais, on s'est servi uniquement des assiettes perfor�es. Les f�ves de cacao utilis�es avaient �t� auparavant ferment�es et s�ch�es suivant la m�thode habituellement employ�e par les autochtones.

Dur�e de s�jour de T. nigrescens adultes sur diverses denr�es stock�es

Les denr�es test�es �taient les m�mes que celles mentionn�es plus haut. Dans chaque r�cipient, on a plac� sur les denr�es 10 T. nigrescens adultes. Comme milieu de r�f�rence neutre, on s'est servi de papier journal chiffonn�. Les types de r�cipients utilis�s �taient les suivants:

1. Une assiette de plastique comportant 4 petits trous dans sa paroi.
2. Une petite corbeille d'env. 6 cm de haut, dont le fond �tait garni d'un morceau de papier journal.
3. Une assiette ronde en carton de 22 cm de diam�tre.

Pour l'�valuation, qui avait lieu � intervalles de 24 heures, les substrats ont �t� tamis�s dans des tamis de 0,4 et de 2 mm. Les diff�rentes fractions ont �t� ensuite examin�es � l'oeil nu. Les T. nigrescens d�couverts ont �t� compt�s, pendant que tous les autres col�opt�res �taient retir�s des denr�es stock�es. On a ensuite remis les denr�es dans les r�cipients et r�install� les T. nigrescens restants sur la marchandise. Lorsque les milieux nutritifs �taient tremp�s, la pr�paration a �t� jet�e en totalit�. On a repris pour la nouvelle pr�paration le m�me nombre de col�opt�res que la veille. Les T. nigrescens morts et ceux ne paraissant pas en bonne sant� ont �galement �t� remplac�s.

Dommages caus�s aux marchandises stock�es

Dans chacun des verres � essais de 200 ml, on a introduit 50 g du substrat nutritif ainsi que 20 T. nigrescens adultes. Comme milieu nutritif, on a utilis� des grains de mais (vari�t� locale jaune), des arachides, des cossettes de manioc, des grains de caf� et des f�ves de cacao. L'�valuation est intervenue au bout de 4, 8 et 12 semaines. Les pertes ont �t� calcul�es selon la m�thode expos�e au chapitre 2.1.2.

 

5.1.2 Attrait exerc� par diverses marchandises stock�es

L'attrait exerc� sur T. nigrescens par diverses denr�es stock�es a �t� examin� dans le cadre de deux s�ries d'essais. Les produits, qui avaient �t� plac�s dans des r�cipients ouverts, �taient propos�s en l'occurrence entiers ou � l'�tat broy�. Dispos�s dans la cage de toile m�tallique, les r�cipients �taient par l� m�me accessibles � un grand nombre de T. nigrescens.

Dans les deux s�ries d'essais, les T. nigrescens d�couverts sur les diverses marchandises stock�es �taient tr�s peu nombreux (tabl. 22). Parmi toutes les denr�es stock�es, la plupart d'entre eux ont �t� retrouv�s sur les arachides pourvues d'un trou. Apr�s 24 observations, on a trouv� ici trois T. nigrescens. Malgr� la multiplicit� des observations, de nombreux substrats ne recelaient pas un seul pr�dateur.

Le nombre total de col�opt�res trouv�s sur les divers substrats souligne en m�me temps la raret� des apparitions de T. nigrescens (tabl. 22). La fr�quence relative de T. nigrescens d�passait en effet rarement 2 %. La valeur la plus �lev�e, 4,7 %, a �t� mesur�e sur des f�ves de cacao broy�es, un substrat nutritif plut�t atypique pour l'�ventail de col�opt�res locaux.

Tabl. 22: Immigration de Teretriosoma nigrescens dans les r�cipients ouverts contenant les diverses marchandises stock�es (b = broy�; nombre total d'individus et pourcentage par rapport � l'ensemble des col�opt�res trouv�s, toutes esp�ces confondues)

Marchandise 1�re s�rie d'essais 2 s�rie d'essais
Total* Fr�q. rel. (%) Total ** rel. (%)
Cossettes de
manioc
1 0,22 1 0,60
Mais 0 0,00 1 1,49
Mais b 1 0,38 1 0,47
Riz 1 1,15 0 0,00
Riz b 1 0,93 - -
Caf� 0 0,00 1 3,85
Caf� b 2 2,94 1 1,96
Sorgho rouge 0 0,00 0 0,00
Sorgho rouge b 1 1 32 2 1 20
Sorgho blanc 1 1,41 - -
Sorgho blanc b 2 2,11 - -
Haricots blancs 0 0,00 1 3,23
Haricots blanc b 0 0,00 0 0,00
Haricots rouges 1 1,18 - -
Haricots rouges b 0 0,00 - -
Arachides 0 0,00 0 0,00
Arachides perfor�es 3 3 75 - -
Arachides avec 0 0,00 - -
coques        
Millet 0 0,00 2 2 35
Millet b 2 1,48 0 0,00
Cacao - - 1 2,04
Cacao b - - 2 4,65

* Total= total r�sultant de 24 observations (2 types d'assiettes, 3 r�p�titions, 4 jours d'observation)
** Total = total r�sultant de 12 observations (3 r�p�titions 4 jours d'observation)

 

5.1.3 Dur�e de s�jour sur diverses marchandises stock�es

Pour d�terminer la dur�e de s�jour de T. nigrescens adultes sur diverses marchandises stock�es, on y a install� un certain nombre de ces col�opt�res dans des r�cipients ouverts. L'essai, qui s'est d�roul� dans la cage de toile m�tallique �tait divis� en deux s�ries. Les r�sultats pr�sent�s ici sont ceux de la second� s�rie.

Les T. nigrescens adultes ont �migr� en majorit� d�s les deux premiers jours (fig. 23, 24 et 25). Sur la plupart des marchandises stock�es, le pourcentage de col�opt�res retrouv�s au bout de 2 jours �tait d�j� descendu en-dessous de 30 %.

Fige 23: Dur�e de s�jour de Teretriosoma nigrescens (T.n.) sur les divers substrats apr�s installation artificielle (fr�quence relative des col�opt�res trouv�s, moyenne �tablie sur la base des diff�rents types de conteneurs)

Fig. 24: Dur�e de s�jour de Teretriosoma nigrescens (T.n.) sur les divers substrats apr�s installation artificielle (fr�quence relative des col�opt�res trouv�s, moyenne �tablie sur la base des diff�rents

Fig. 25: Dur�e de s�jour de Teretriosoma nigrescens (T.n.) sur les divers substrats apr�s installation artificielle (fr�quence relative des col�opt�res trouv�s, moyenne �tablie sur la base des diff�rents types de conteneurs)

Les col�opt�res ont quitt� la plupart des marchandises stock�es plus rapidement que le papier journal. Le mais, le sorgho, les grains de caf� et le caf� broy� �taient les seuls milieux sur lesquels les col�opt�res aient �t� plus nombreux � s�journer. Au bout du troisi�me jour, la part de T. nigrescens trouv�s sur ces substrats avait cependant elle aussi baiss� jusqu'� un niveau comparable � celui du milieu t�moin. Ces marchandises stock�es n'exer�aient visiblement pas d'attrait particulier sur le pr�dateur. Au bout de 3 jours, le pourcentage moyen de T. nigrescens �migr�s atteignait au total 82 %, ce chiffre passant d�j� � 93 % au bout de 5 jours. Aucun des substrats propos�s n'a permis d'observer chez un nombre relativement important de T. nigrescens adultes une tendance � s�journer quelque temps.

 

5.1.4 Dommages caus�s sur certaines marchandises stock�es

Les rapports de T. nigrescens avec diverses marchandises stock�es d'origine v�g�tale ont �t� �galement examin�s dans le cadre d'un essai mettant en oeuvre des r�cipients interdisant l'�migration des col�opt�res. Les r�cipients �tant ferm�s, le pr�dateur �tait par cons�quent contraint d'assurer sa survie. Il s'agissait de v�rifier si T. nigrescens �tait susceptible, dans des conditions aussi extr�mes, de se transformer lui-m�me en ravageur des marchandises stock�es.

Les dommages constat�s sur le ma�s et le caf� en grains �taient pratiquement invisibles � l'examen macroscopique. Seul un examen plus pr�cis au st�r�omicroscope a permis de d�celer sur les fruits de l�g�res l�sions. Concernant ces marchandises, il n'y a pas eu de pertes mesurables (tabl. 23). Pour ce qui est des f�ves de cacao et des cachu�tes, on a constat� de faibles dommages, accompagn�s de pertes minimes, lesquelles n'ont augment� que de mani�re insignifiante au cours de l'essai.

Tabl. 23: Dommages et pertes caus�s par Teretriosoma nigrescens sur diverses marchandises stock�es apr�s son installation artificielle dans des conteneurs ferm�s

Marchandise Dommages (en %) Pertes (en %)
apr�s semaines apr�s semaines
4 8 12 4 8 12
Mais 0,4* 0,1 * 0,4* 0,0 0,0 0,0
Cossettes de manioc - - - 0,3 0,3 4,1
Arachides 0 7 14 1 3 0 04 0 08 0 4
Grains de caf� 0,5* 0,9* 1,0* 0,0 0,0 0,0
F�ves de cacao 2,1 1,3 0,0 0,1 0,3 0,0

* Les dommages n'�taient pas distinctement reconnaissables � l'examen macroscopique et n'ont pu �tre d�cel�s qu'� l'aide du st�r�omicroscope.

Il s'agissait en l'occurrence de fruits isol�s, dans lesquels T. nigrescens s'�tait introduit par forage. Dans la plupart des cas, les col�opt�res s�journaient tous dans un m�me fruit, donnant ainsi l'impression qu'ils avaient uniquement perc� ce fruit pour y chercher refuge.

Un ph�nom�ne identique s'est produit sur les cossettes de manioc. Les pertes �taient toutefois plus �lev�es ici, ce qui s'explique vraisemblablement par la consistance molle des cossettes La pr�sence d'une quantit� de farine de forage relativement importante indique que les pertes �taient dues l� encore pour l'essentiel aux activit�s de forage et non � des activit�s alimentaires.

Sur les milieux nutritifs suivants: f�ves de cacao, grains de caf� et ma�s, on a observ� au bout de 2 mois d�j� un taux de mortalit� �lev� chez le pr�dateur (tabl. 24). Au bout de 3 mois, la mortalit� atteignait 100 % sur ces trois types de marchandises stock�es. C'est sur les cossettes de manioc et les arachides que les T. nigrescens ont le mieux r�ussi � survivre. On a enregistr� ici apr�s 2 mois un taux de mortalit� de 5 %, qui est pass� respectivement � 13,3 et 20 % au bout de 3 mois.

Tabl. 24: Mortalit� de Teretriosoma nigrescens sur diverses marchandises stock�es apr�s son installation artificielle dans des conteneurs ferm�s

Marchandise

Mortalit� (en %) apr�s...semaines

4 8 12
Mais 11,7 91,7 100
Cossettes de manioc 0,0 5,0 20,0
Arachides 0,0 5,0 13,3
Grains de caf� 18,3 96,7 100
F�ves de cacao 16,7 63,3 100

 

5.2 Influence sur certaines esp�ces de Bostryches

Eu �gard � l'effet de cairomones (B�YE et al., 1992), T. nigrescens doit �tre consid�r� comme un pr�dateur assez sp�cifique. Il est n�anmoins possible qu'il agisse �galement sur d'autres esp�ces vivant dans l'entourage de P. truncatus. En raison des recherches approfondies faites par ailleurs sur ce sujet (P�SCHKO, 1993), seules 2 esp�ces importantes de Bostryches ont �t� retenues dans la pr�sente �tude, D. bifoveolatus et Rhyzopertha dominica (Coleoptera, Bostrychidae).

Mat�riels et M�thodes

Les interactions entre T. nigrescens et d'autres esp�ces de Bostrychid�s ont �t� examin�es du point de vue d'une influence �ventuelle sur l'�volution d�mographique des Bostrychid�s, ainsi que d'une multiplication du pr�dateur. 100 col�opt�res adultes de R. dominica ou de D. bifoveolatus ont �t� introduits dans des r�cipients de 1 l et plac�s sur 150 g de substrat nutritif. Pour R. dominica, on a pris comme substrat du sorgho, pour D. bifoveolatus des cossettes de manioc. Au bout de 7 jours, on a rajout� 15 T. nigrescens adultes. Cet essai, d'une dur�e de 8 semaines, comprenait 3 r�p�titions. Lors de l'�valuation, on a recens� aussi bien le nombre de col�opt�res adultes que les pertes (cf. chapitre 2.1.2).

R�sultats

L'intervention de T. nigrescens a nettement restreint le d�veloppement de D. bifoveolatus (tabl. 25). Alors que l'on avait d�nombr� dans le t�moin 546 D. bifoveolatus adultes en moyenne au bout de 8 semaines, il y en avait 45 seulement dans la variante impliquant le pr�dateur, c'est-�-dire encore moins qu'au d�but de l'essai. T. nigrescens a �t� en mesure de se reproduire sur l'h�te D. bifoveolatus. Au bout de 8 semaines, les 15 T. nigrescens adultes install�s initialement avaient produit une descendance moyenne de 4,3 col�opt�res et de 27,8 larves.

En ce qui concerne R. dominica, si l'�volution d�mographique a connu une r�duction minime suite � la mise en oeuvre du pr�dateur, cette r�duction n'a pas �t� significative (tabl. 25). On est par cons�quent ici dans l'incertitude quant � savoir si la baisse du nombre des adultes de R. dominica est due � l'action du pr�dateur ou � des influences fortuites. Le pr�dateur ne s'est pas reproduit pendant la dur�e de l'essai. La seule larve d�couverte lors de l'�valuation est morte quelques jours plus tard (apr�s avoir �t� plac�e de nouveau sur R.. dominica).

Tabl. 25: Evolution d�mographique de Dinoderus bifoveolatus (D.b.), de Rhyzopertha dominica (R.d.) et du pr�dateur Teretriosoma nigrescens (T.n.) au bout de 8 semaines

Variante adultes vivants T.n. adultes larves de T.n.
  D.b. R.d. D.b. R.d. D.b. R.d.
T�moin 546 271 0 0 0 0
T.n. 45 210 19,3 15 27,8 0,3*
Test M-W sign. n.s. - - - -

* la larve est morte trois jours apr�s l'�valuation de l'essai

L'�volution d�mographique tr�s diff�rente suivant les variantes s'est nettement r�percut�e sur les r�sultats de l'analyse des pertes (tabl. 26). Chez D. bifoveolatus en tant qu'animal h�te, on a enregistr� une forte r�duction des pertes � la suite de l'intervention de T. nigrescens: alors que les pertes atteignaient 41,1 % dans le t�moin, elles se limitaient � 19,5 % dans la variante impliquant le pr�dateur. A l'instar de l'�volution d�mographique, on a �galement constat� dans le cas de R. dominica une faible diff�rence, non significative, entre les deux variantes.

Tabl.26: Pertes et production de farine de forage par Dinoderus bifoveolatus (D.b.) et Rhyzopertha dominica (R.d.) en fonction de la mise en oeuvre de Teretriosoma nigrescens (T.n.) au bout de 8 semaines

Variante Pertes (en %) Farine de forage (en g)
D.b. R.d. D.b. R.d.
T�moin 41,1 4,9 48,7 2,9
T.n. 19,5 4,2 22,9 2,4
Test t sign. n.s. Sign. n.s.

 

5.3 L�cher de Teretriosoma nigrescens

C'est dans le village de Tsagba, � l'est de Notse, pr�s de la fronti�re b�ninoise, que s'est d�roul� le premier l�cher de T. nigrescens au Togo. La figure 26 repr�sente une carte du village indiquant l'emplacement des greniers d'observation, lesquels sont num�rot�s. Autour du point de l�cher, on a �galement dessin� deux cercles, d'un rayon respectif de 100 et de 200 m. A 11 h 45, au moment du l�cher, il soufflait un faible vent de nord-est (0 � 1 m/s). A 13 h 30, le vent, qui soufflait � la m�me vitesse, venait du sud.

Mat�riels et M�thodes

A Tsagba, on a d�barrass� un grenier � ma�s de tr�s grandes dimensions fortement infest� par P. truncatus, puis tri� le mais en fonction de la gravit� de l'infestation. On a ensuite �rig� 10 petits greniers, d'une part dans le village o� le l�cher a eu lieu, d'autre part dans un village similaire, que l'on a remplis (300 kg env.) du mais r�cup�r� � Tsagba. Au moment de construire ces greniers, on a veill� � emmagasiner dans chacun d'eux � peu pr�s la m�me quantit� de ma�s infest�. Parall�lement, on a install� 10 greniers dans un autre village afin de disposer de t�moins en ce qui concerne l'�tat de l'infestation et celui des pertes.

Fig. 26: Plan sch�matique du village de Tsagba avec greniers d'observation num�rot�s et emplacement exact sur lequel s'est d�roul� le l�cher (L)

Dans le village o� a eu lieu le l�cher, les greniers ont �t� int�gralement envelopp�s dans de la gaze (fig. 27) dispos�e en forme de tente canadienne (2 m de long sur 2 m de large sur 2,50 m de haut). Le personnel charg� de l'observation avait ainsi la possibilit� d'identifier et de collecter les T. nigrescens venus se poser sur la gaze. L'emplacement choisi pour le l�cher �tait situ� au milieu du village. Les greniers avaient �t� r�partis aussi uniform�ment que possible autour de ce point.

Le l�cher de 4 000 T. nigrescens adultes a eu lieu le 29 janvier 1991 � 11 h 45. Les col�opt�res ont �t� extraits par tamisage du ma�s qu'on leur avait laiss� comme substrat et d�pos�s dans un bol en terre cuite plac� � l'ombre d'un arbre. L'observation permanente des greniers a permis d'enregistrer avec pr�cision les T. nigrescens venant s'y poser. Les col�opt�res ainsi recueillis ont �t� rassembl�s, d�nombr�s puis, � la fin de la journ�e, introduits sous la gaze. Cette observation intensive s'est poursuivie jusqu'au soir, le jour du l�cher, de m�me que le matin et l'apr�s-midi du lendemain. L'observation a pris ensuite un caract�re extensif, avant de cesser trois jours apr�s le l�cher

R�sultats

Les premiers T. nigrescens ont �t� d�couverts 20 minutes apr�s le l�cher sur les greniers n� 9 et 4. Le plus �lev� nombre (53) de T. nigrescens a �t� retrouv� le jour du l�cher sur les greniers (tabl. 27). Sur ces 53 col�opt�res, 34 ont �t� d�cel�s sur les greniers n� I et 9, dispos�s l�g�rement au nord, tout pr�s du point de l�cher. C'est sur les greniers n� 5, 6 et 8, situ�s entre 140 et 170 m au sud et � l'est de l'endroit du l�cher, que l'on a trouv� le moins de T. nigrescens.

Dans les jours qui ont suivi, le nombre de T. nigrescens d�couverts avait nettement r�gress�. Alors que l'on comptait encore 16 col�opt�res au deuxi�me jour d'observation, il n'y en avait plus respectivement que 3 et 6 le troisi�me et le quatri�me jour. Comme le premier jour, la plupart des T. nigrescens ont �t� retrouv�s sur les greniers n� 9, 1 et 4, au voisinage du point de l�cher. Ce sont au total 78 de quelques 4 000 T. nigrescens l�ch�s qui ont �t� retrouv�s au cours des quatre jours d'observation, ce qui repr�sente un quota de 1,95 %.

Tabl. 27: Capture sur les greniers d'observation tendus de gare de Teretriosoma nigrescens lib�r�s � la suite du l�cher du 29/1/1991 � Tsagba

Grenier Date de l'observation Distance
du
Direction
par rapport au
  29.1. 30.1. 31.1. 1.2. Total point de l�cher
1 10 3 0 1 14 75 m nord-ouest
2 3 0 0 0 3 145 m nord-ouest
3 3 0 0 0 3 160 m ouest
4 4 2 1 1 8 55 m sud
5 0 0 1 0 1 140 m sud
6 1 2 0 0 3 170 m sud
7 3 1 0 0 4 85 m sud-est
8 1 1 0 0 2 145 m est
9 24 7 1 4 36 55 m nord-est
10 4 0 0 0 4 155 m nord-est
Total 53 16 3 6 78  
(en %) 1,3 0,4 0,075 0,15 1,95

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