Tetrachloroethene

Table des mati�res - Pr�c�dente - Suivante

APPELLATIONS

Num�ro du CAS: 127-18-4
Nom dans le registre: T�trachloro�th�ne
Nom de la substance: T�trachloro�th�ne
Synonymes, noms commerciaux: Perchlor�th�ne , PER , �th�ne, tetrachloro , 1,1,2,2- t�trachloro�th�ne,
  Cecolin 2 , Dekapir 2 , Digrisol , Dow-Per, Drosol , Dynaper , Etilin , Peran ,
  Perawin , Perclone , Sirius 2 , Tetralex , Tetralina , Ankliostin , Didakene ,
  Nema , Perc  et de nombreux autres.
Nom(s) anglais: Tetrachloroethene, Perchloroethene
Nom(s) allemand(s): Tetrachlorethen, Perchlorethylen
Description g�n�rale: Liquide incolore, d'odeur �th�r�e rappelant celle du chloroforme; les vapeurs sont consid�rablement plus lourdes que l'air.

PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

Formule brute: C2Cl4
Masse atomique relative: 165,83 g
Masse volumique: 1,624 g/cm3 � 20�C
Densit� de gaz: 5,73
Point d'�bullition: 121,1�C
Point de fusion: -23�C
Tension de vapeur: 18,9 hPa � 20�C; 32 hPa � 30�C; 84 hPa � 50�C
Point d'�clair: N�ant
Seuil olfactif: 0,3-5 mg/l dans l'eau,
  4,7-70 ppmv dans l'air.
Solubilit�: Dans l'eau: 129 mg/l;
  ais�ment soluble dans des solvants organiques.
Facteurs de conversion: 1 ppm = 6,89 mg/m3
  1 mg/m3 = 0,145 ppm

ORIGINE ET UTILISATIONS

Utilisations:
Le t�trachloro�th�ne est un solvant  utile. Selon BGA (1988), 35% des quantit�s produites sont utilis�es pour le d�graissage  de pi�ces m�talliques, 50% pour le nettoyage chimique des textiles. Selon LAI (1988), environ 60-65% sont utilis�s pour le traitement des surfaces m�talliques et quelque 20% pour le nettoyage chimique. Afin de r�duire la tension de vapeur, on y adjoint souvent des stabilisateurs de composition chimique tr�s h�t�rog�ne. Les principaux produits contenant du t�trachloro�th�ne sont les suivants: colles de contact, d�graissants, produits de d�cirage, cirages � chaussures, pesticides pour jardins, produits pour le nettoyage des matelas, coussins et moquettes. Dans la plupart de ces produits, le t�trachloro�th�ne a �t� remplac� par des solvants moins toxiques.

Origine/fabrication:
Le t�trachloro�th�ne est fabriqu� par oxyhydrochloration, perchlorination et/ou d�shydrochloration d'hydrocarbures chlor�s ou non.

Chiffres de production:

Production mondiale 1978-80 1.100.000 t (RIPPEN, 1989)
Production mondiale 1985 650.000 t (ULLMANN, 1986)
CE 1980 < 500.000 t (BGA, 1988)
USA 1977 304.000 t (BGA, 1988)
USA 1985 220.000 t (ULLMANN, 1986)
D 1979 113.000 t (BMI, 1985)
D 1985 110.000 t (ULLMANN, 1986)
D 1986 75.000 t (LAI, 1988)
Japon 1973 57.000 t (RIPPEN, 1989)
France 1981 26.000 t (RIPPEN, 1989)
Mexique (import.) 1984 15.000 t (RIPPEN, 1989)
Su�de 1977 5.300 t (RIPPEN, 1989)

TOXICITE

Homme: DLo 140 mg/m3 (1,3 ou 7,5 h/j p. 5 j/s) sel. OMS, 1984
Mammif�res:    
Souris DL50 8.000-11.000 mg/m3, v. orale sel. VERSCHUEREN, 1983
Souris CL100 135.000 mg/m3 (2 h) sel. MALTONI et al., 1986
Souris CL50 332.200 mg/m3 (0,5 h) sel. MALTONI et al., 1986
Rat CEN 475 mg/m3, inhalation (8 h/j pour 5 j/s) sel. VERSCHUEREN, 1983
Rat DL50 > 5.000 mg/kg, v. orale sel. VERSCHUEREN, 1983
Rat DL50 13.000 mg/kg, v. orale (6 h) sel. OMS, 1984
Rat CL100 20.000 ppm, inhalation (0,4 h) sel. MALTONI et al., 1986
Rat CL100 2.500 ppm, inhalation (7 h) sel. MALTONI et al., 1986
Lapin DL 20.000 ppm, inhalation (2 h) sel. MALTONI et al., 1986
Cobaye CL100 37.000 ppm, inhalation (0,67 h) sel. MALTONI et al., 1986
Chat CLL0 6 074 ppm, inhalation (2 h) sel. MALTONI et al., 1986
Organismes aquatiques:    
Daphnie CL50 18 mg/l (48 h) sel. OMS, 1984
Daphnie CEN 10 mg/l (48 h) sel. OMS, 1984
Vairon d'Am�rique CL50 46 mg/l (24 h) sel. OMS, 1984
Grande perche soleil CL50 13 mg/l (96 h) sel. OMS, 1984


Pathologie/toxicologie

Homme/mammif�res: Chez l'homme, le t�trachloro�th�ne est r�sorb� par la peau du fait de son effet d�graissant. Des concentrations sup�rieures � 680 mg/ m3 provoquent des irritations des yeux et des voies respiratoires, et une exposition de 45 minutes � des concentrations de 4000-6780 mg/ m3 entra�ne une insensibilisation des tissus. Cette substance agit sur le syst�me nerveux central et provoque maux de t�te, vertiges et naus�es. L'inhalation est souvent � l'origine de troubles neurologiques qui peuvent se manifester longtemps apr�s l'exposition. L'OMS et la Soci�t� de Recherche allemande (DFG) ont class� le t�trachloro�th�ne parmi les substances canc�rog�nes. Des exp�riences r�alis�es avec des cellules de levure ont �galement r�v�l� des effets mutag�nes; la t�ratog�nicit� et la f�totoxicit� n'ont toutefois pas encore �t� d�montr�es � ce jour.

COMPORTEMENT DANS L'ENVIRONNEMENT

Milieu aquatique:
Le t�trachloro�th�ne se d�pose dans l'eau du fait de sa tension de vapeur �lev�e et de sa faible solubilit� dans l'eau. C'est pourquoi, il peut s'accumuler dans les nappes souterraines et dans les eaux superficielles. Il est consid�r� comme une substance dangereuse pour le milieu aquatique (classe de risque WGK 3 en R�publique f�d�rale d'Allemagne). Il est toxique pour les organismes aquatiques et se d�compose lentement dans l'eau en acide trichloroac�tique et en chlorure d'hydrog�ne. Le t�trachloro�th�ne parvient dans le milieu aquatique au travers des rejets d'effluents  industriels.

Atmosph�re:
En raison de la haute tension de vapeur de cette substance, 80 � 90% des �missions migrent dans l'atmosph�re o� elles sont est r�pandues de fa�on ubiquitaire. Le t�trachloro�th�ne peut �tre d�grad� par photolyse et contribue sans doute � la destruction de la couche d'ozone. Un �change se produit entre l'air et l'eau, le passage vers l'atmosph�re constituant la voie de r�action privil�gi�e.

Sols:
L'accumulation du t�trachloro�th�ne dans le sol d�pend de la taille des particules du sol et du taux humique. Une d�gradation biologique se produit dans le sol. De fortes concentrations sont observ�es � proximit� imm�diate de sources d'�mission.

Demi-vie:
La demi-vie pour l'hydrolyse en milieu aquatique a�r� se situe entre 9 mois et 6 ans (UBA, 1986); dans la troposph�re, la demi-vie est d'env. 12 semaines, et peut, en cas de r�action avec des radicaux OH, atteindre 8 semaines (UBA, 1986 et MALTONI et al., 1986). La persistance dans les sols insatur�s d'eau est de 2 � 18 mois (DVGW, 1985).

D�gradation, produits de d�composition:
La d�gradation dans les sols s'effectue sous l'action de micro-organismes ana�robies m�thanog�nes (UBA, 1986). Dans la troposph�re, la d�composition se produit par photo-oxydation en donnant naissance � du dioxyde de carbone et du chlorure d'hydrog�ne. Dans l'eau, le t�trachloro�th�ne se d�compose en acide trichloroac�tique et en chlorure d'hydrog�ne (BGA, 1985). Les produits de d�composition sont les suivants: phosg�ne, (COCl2), chlorure de trichloroac�tyle et chlorure de dichlorac�tyle. Dans l'organisme humain, le t�trachloro�th�ne est d�grad� dans le foie.

Cha�ne alimentaire:
Le t�trachlor�thyl�ne s'accumule mod�r�ment dans les tissus lipophiles.

VALEURS LIMITES DE POLLUTION

Milieu Secteur Pays/ organ. Statut Valeur Cat. Remarques Source
Eau: Eau pot. D L 0,01 mg/l     sel. TVO, 1990
  Eau pot. CE G 0,001 mg/l     sel. LAU-BW, 1989
  Eau pot. OMS G 0,01 mg/l     sel. OMS, 1984
  Eau surf. USA   0,02 mg/l     sel. OMS, 1987
  Effluents CH L 0,05 mg/l   Pour eau potable sel. LAU-BW, 1989
  Effluents D L 5 g/m3   Aux sites de rejet sel. ROTH, 1989
Air:   D L 35 mg/m3 MIK Val.l.dur�e sel. BAUM, 1988
    D L 110 mg/m3 MIK Val. c. dur�e 2) sel. BAUM, 1988
    D L 100 mg/m3   1) sel. K�HN & BIRETT, 1988
    D G 5 mg/m3   3) sel. BGA, 1988
    DDR L 0,5 mg/m3   Val.c.dur�e sel. HORN, 1989
    DDR L 0,06 mg/m3   Val.l.dur�e sel. HORN, 1989
    OMS G 5 mg/m3   24 h val.indic. sel. LAU-BW, 1989
    OMS G 8 mg/m3   30 mn sel. LAU-BW, 1989
  Emission D L 100 mg/m3   flux massique 2 kg/h sel. TA-Luft, 1986
  Amb.prof. A (L) 260 mg/m3   Val.l.dur�e sel. MALTONI et al., 1986
  Amb.prof. AUS (L) 670 mg/m3   Val.l.dur�e sel. OMS, 1987
  Amb.prof. B (L) 670 mg/m3   Val.l.dur�e sel. OMS, 1987
  Amb.prof. BG (L) 10 mg/m3     sel. MALTONI et al., 1986
  Amb.prof. BR (L) 525 mg/m3   48 h/w sel. OMS, 1987
  Amb.prof. CH (L) 345 mg/m3   Val.l.dur�e, peau sel. OMS, 1987
  Amb.prof. CS (L) 250 mg/m3   4) sel. OMS, 1984
  Amb.prof. CS (L) 1250 mg/m3   Val.c.dur�e sel. OMS, 1984
  Amb.prof. D L 345 mg/m3   TRK (IIIB) DFG, 1989
  Amb.prof. DDR (L) 300 mg/m3   Val.l.dur�e sel. HORN, 1989
  Amb.prof. DDR (L) 900 mg/m3   Val.c.dur�e sel. HORN, 1989
  Amb.prof. E (L) 110 mg/m3   Val.l.dur�e sel. MALTONI et al., 1986
  Amb.prof. ET (L) 267 mg/m3   Val.l.dur�e sel. MALTONI et al., 1986
  Amb.prof. F (L) 405 mg/m3   Val.l.dur�e sel. MALTONI et al., 1986
  Amb.prof. F (L) 1080 mg/m3   4) sel. MALTONI et al., 1986
  Amb.prof. GB (L) 678 mg/m3   Val.l.dur�e sel. OMS, 1987
  Amb.prof. GB (L) 1000 mg/m3   10 mn sel. OMS, 1987
  Amb.prof. H (L) 10 mg/m3   Val.l.dur�e sel. OMS, 1987
  Amb.prof. H (L) 50 mg/m3   30 mn sel. OMS, 1987
  Amb.prof. I (L) 400 mg/m3   Val.l.dur�e sel. MALTONI et al., 1986
  Amb.prof. I (L) 1000 mg/m3   Peau sel. MALTONI et al., 1986
  Amb.prof. J (L) 268 mg/m3   Val.l.dur�e sel. MALTONI et al., 1986
  Amb.prof. J (L) 345 mg/m3   4) sel. OMS, 1987
  Amb.prof. NL (L) 190 mg/m3   Val.l.dur�e sel. MALTONI et al., 1986
  Amb.prof. NL (L) 240 mg/m3   Val.l.dur�e, peau sel. OMS, 1987
  Amb.prof. PL (L) 60 mg/m3   4) sel. OMS, 1987
  Amb.prof. RO (L) 400 mg/m3   Val.l.dur�e sel. OMS, 1987
  Amb.prof. RO (L) 500 mg/m3   4) sel. OMS, 1987
  Amb.prof. S (L) 140 mg/m3   1 jour sel. OMS, 1987
  Amb.prof. S (L) 350 mg/m3   15 mn sel. OMS, 1987
  Amb.prof. SF (L) 335 mg/m3     sel. OMS, 1987
  Amb.prof. SU (L) 10 mg/m3   4) sel. MALTONI et al., 1986
  Amb.prof. USA (L) 335 mg/m3 TWA   ACGIH, 1986
  Amb.prof. USA (L) 1340 mg/m3 STEL 15 mn ACGIH, 1986
  Amb.prof. YU (L) 10 mg/m3   Val.l.dur�e sel. OMS, 1987
  Amb.prof. YU (L) 200 mg/m3   Val.l.dur�e sel. MALTONI et al., 1986
  Amb.prof. D L 100 �g/dl BAT Sang DFG, 1989
  Amb.prof. D L 9,5 ml/m3 BAT Air alv�ol. DFG, 1989
Aliments: D L 1 mg/kg     sel. BGA, 1988
    D L 0,1 mg/kg     sel. UMWELT, 1989
    D L 0,2 mg/kg   5) sel. UMWELT, 1989
               
Cosm�tiques: D L 0 mg/kg   Interdiction sel. DVGW, 1985
    CE L 0 mg/kg   Interdiction sel. OMS, 1984

Remarques:
1) Pour un flux massique de 2 kg/h et plus
2) En l'espace de 4 heures avec d�passement maximal de 30 minutes
3) Air en local ferm�
4) Valeur maximale
5) Valeur cumul�e de plusieurs solvants dans un produit alimentaire

Valeurs comparatives/de reference

Milieu/origine Pays Valeur Source
Eaux de surface:      
Rhin (B�le, 1982) D 0,18-1,73 �g/l sel. DVGW, 1985
Rhin (Karlsruhe, 1982) D 0,2-1,39 �g/l sel. DVGW, 1985
Rhin (Wiesbaden, 1983) D 0,14-4,1 �g/l sel. DVGW, 1985
Rhin (Cologne, 1983) D 0,16-0,63 �g/l sel. DVGW, 1985
Main (Frankfurt, 1979) D 0,35-2,8 �g/l sel. DVGW, 1985
Ruhr (Witten, 1983) D 0,1-0,6 �g/l sel. DVGW, 1985
Elbe (1982/83) D 0,2-9,3 �g/l sel. UBA, 1986
Weser (1982/83) D 0,5-1 �g/l sel. UBA, 1986
Danube (1983-1985) D 0,1-2,8 �g/l sel. UBA, 1986
Eau potable:      
Wiesbaden (1980) D < 1,8 �g/l sel. DVGW, 1985
Taunus (1980) D < 10,5 �g/l sel. DVGW, 1985
Medmenham (1981) GB < 0,01 �g/l sel. DVGW, 1985
5 villes (1977) J 0,2-0,6 �g/l sel. DVGW, 1985
22 villes (1977) USA < 2 �g/l sel. DVGW, 1985
G�teborg (1978) S < 0,008 �g/l sel. DVGW, 1985
S�diments:      
Rhin (Hitdorf, 1982) D 4 �g/kg sel. DVGW, 1985
Ruhr (1972-1981) D 4-36 �g/kg sel. DGVW, 1985

EVALUATION ET REMARQUES

Dans la l�gislation de la R�publique f�d�rale d'Allemagne sur les produits chimiques, le t�trachloro�th�ne n'est pas trait� comme une substance toxique, mais les risques de cancer n'ont pas encore �t� exclus � ce jour. Les diff�rentes voies de contamination peuvent �tre � l'origine de graves l�sions parmi les travailleurs fortement expos�s sur de longues p�riodes.

L'�valuation de cette substance est rendue difficile en raison de l'addition de stabilisateurs de composition diff�rente aux produits techniques du t�trachloro�th�ne. Certains hydrocarbures r�actifs contenus dans les m�langes stabilisants, comme l'�pichlorohydrine et le 1,4-dioxanne, pourraient avoir des propri�t�s canc�rog�nes. La pollution des eaux souterraines et de l'eau potable s'av�re pr�occupante, car le t�trachloro�th�ne ne se d�grade que lentement dans les eaux souterraines.

Il est donc conseill� de limiter fortement l'usage de cette substance, ou de transformer les centres de production en syst�mes ferm�s avec syst�mes de r�cup�ration des solvants. Des pr�cautions doivent �tre prises pour les personnes travaillant � la maintenance d'installations v�tustes, le port de masques respiratoires protecteurs �tant vivement recommand�.


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