Table des
mati�res - Pr�c�dente - Suivante
Une centrale thermique a surtout besoin d'eau � des fins de r�frig�ration. Cette eau, une fois r�chauff�e (�l�vation de temp�rature de 4 � 8�C), est g�n�ralement rejet�e � faible distance du point de pr�l�vement. Dans le cas des centrales � r�frig�ration en circuit ouvert, il faut pr�voir un d�bit d'eau de refroidissement de 160 � 220 m3/h par MWel (les pertes d'eau de refroidissement sont g�n�ralement inf�rieures � 2%). Si la centrale ne produit que de l'�lectricit�, on estime que 60 � 80% de l'�nergie apport�e par le combustible sont rejet�s sous forme de calories �vacu�es avec l'eau de refroidissement de la centrale. Cette proportion est plus faible dans le cas de centrales � plus haut rendement, telles celles produisant � la fois de l'�lectricit� et de la chaleur utile par exemple. Selon les conditions locales, les calories ainsi �vacu�es peuvent entra�ner une pollution thermique des eaux de surface, par suite d'une �l�vation de la temp�rature de l'eau d'une rivi�re par exemple, laquelle sera fonction du d�bit et du r�gime hydraulique de la rivi�re en question. Dans les r�gions tropicales notamment, le r�gime des cours d'eau subit d'importantes fluctuations au cours de l'ann�e, si bien que la consommation accrue d'oxyg�ne du fait de l'intensification des �changes et la r�duction des apports d'oxyg�ne du fait de l'�chauffement de l'eau peuvent vite se traduire par un manque d'oxyg�ne. Cette d�soxyg�nation peut entra�ner de s�rieux probl�mes pour les organismes aquatiques.
Pour �viter un trop grand �chauffement du cours d'eau, on pourra utiliser un r�frig�rant atmosph�rique (r�frig�ration en circuit ouvert ou ferm�) pour y refroidir l'eau avant son rejet dans la rivi�re. Avec un tel syst�me de refroidissement, on aura, selon les conditions climatiques, des pertes par �vaporation plus importantes, qui entra�neront des �missions de vapeur dans l'atmosph�re. Pour �viter cet inconv�nient, on pourra recourir � un syst�me de r�frig�ration en circuit ferm� en liaison avec des r�frig�rants secs, ou l'att�nuer � l'aide de r�frig�rants mixtes. En ce qui concerne le mode de refroidissement de l'eau � l'int�rieur des r�frig�rants, il existe des r�frig�rants � tirage naturel et des r�frig�rants � tirage forc�. Les appareils � tirage naturel n�cessitent des investissements plus importants mais engendrent des frais d'exploitation moins �lev�s alors que les r�frig�rants � tirage forc� consomment de l'�lectricit� dont la production est � l'origine de pollutions suppl�mentaires.
Outre l'eau de r�frig�ration, les centrales thermiques n�cessitent de l'eau en moindre quantit� (0,1 � 0,3 m3/h et MWel) pour compenser les pertes dans le circuit de vapeur, pour le refroidissement des cendres et en tant que m�dium pour certains proc�d�s d'�puration des fum�es (absorption par pulv�risation, �puration par voie humide).
Les effluents aqueux produits par une centrale thermique, surtout lorsqu'elle utilise du charbon comme combustible, peuvent entra�ner une pollution des eaux de surface.
Parmi les eaux us�es susceptibles d'�tre produites par une centrale thermique, il faut citer:
- les effluents de r�g�n�ration du conditionnement des eaux
d'appoint et de la d�min�ralisation des condensats.
- les eaux de rin�age des filtres � condensat.
- les effluents de la manutention et du stockage du charbon.
- les effluents sp�ciaux de nettoyage des faisceaux tubulaires.
- les eaux ayant servi au transport hydraulique des cendres.
- les eaux provenant des chaudi�res, turbines et
transformateurs.
- les eaux de vidange des r�frig�rants atmosph�riques et de
conditionnement de l'eau d'appoint de la r�frig�ration.
- les effluents de l'installation d'�puration des fum�es.
Ces eaux us�es dont les quantit�s varient �norm�ment selon la nature du combustible et les conditions d'exploitation de la centrale (de 10 � 100 l/h et MWel) peuvent contenir des mati�res en suspension, des sels, des m�taux lourds, des acides, des produits alcalins, de l'ammoniac et de l'huile.
Pour le traitement de ces eaux, il existe des proc�d�s physiques, chimiques et thermiques. Pour une partie des effluents, notamment les eaux de rin�age des filtres, les effluents du stockage du charbon, il suffira d'appliquer un traitement physique (filtration, s�dimentation, a�ration). D'autres effluents, tels les effluents de r�g�n�ration des eaux d'appoint et du traitement des condensats, les effluents de l'�puration des fum�es ou les effluents sp�ciaux devront subir un traitement chimique (floculation, pr�cipitation, neutralisation, etc.) avant leur rejet ou parfois un traitement thermique (vaporisation, s�chage) (cf. dossiers de l'environnement "Assainissement " et "Constructions m�caniques, ateliers, chantiers navals").
Comme nous l'avons d�j� vu au point 2, certains proc�d�s de d�sulfuration des fum�es s'accompagnent de la production d'effluents o� l'on retrouve les polluants ayant �t� extraits des gaz de fum�e. La composition de ces effluents d�pend de diff�rents param�tres, en particulier du combustible utilis�, des eaux de processus et de la qualit� des additifs.
D'une mani�re g�n�rale, les eaux us�es provenant de l'�puration des fum�es doivent subir un traitement physico-chimique au cours duquel elles devront surtout �tre d�barrass�es des m�taux lourds et solides en suspension (pl�tre, etc.) par neutralisation, floculation, s�dimentation et filtration.
Dans le cas de la d�sulfuration par voie humide fournissant du pl�tre valorisable comme sous-produit, le d�bit d'effluent d�pend essentiellement de la teneur en chlorures du charbon et de la concentration en chlorures admise dans la liqueur de lavage. Dans le cas de centrales br�lant de la houille, le d�bit d'effluents de la d�sulfuration des fum�es peut se situer entre 20 et 50 l/h et par MWel.
Le chlorure de calcium (CaCl2) contenu dans les eaux us�es ne peut pas �tre �limin� en raison de sa bonne hydrosolubilit� et constitue une �mission de sel min�ral.
L� o� des charges de sel ne doivent pas �tre d�vers�es dans le cours d'eau r�cepteur, on pourra faire �vaporer les effluents de la d�sulfuration pour cristalliser les sels. Le sel cristallis� ainsi obtenu devra �tre �vacu� dans des conditions qui tiennent compte de son hydrosolubilit� (p. ex. stockage souterrain � titre de d�chets sp�ciaux). Le processus d'�vaporation entra�nant entre autres une importante consommation d'�nergie, il conviendra d'examiner en pareil cas s'il n'est pas possible de recourir � des proc�d�s ne produisant pas d'effluents aqueux (traitement par voie s�che, absorption par pulv�risation).
A c�t� des effets directs ci-dessus, la centrale �lectrique peut �galement avoir des r�percussions indirectes sur la qualit� de l'eau. A ce titre, il faut mentionner le ph�nom�ne des retomb�es acides provoqu�es par le lessivage des polluants �mis par la centrale (SOx, HCl, NOx) lors des pr�cipitations atmosph�riques.
2.3 Les sols et les eaux souterraines
Une centrale thermique peut alt�rer de diff�rentes mani�res les sols et les eaux souterraines. D'une part, les retomb�es de poussi�res notamment au voisinage de la centrale peuvent avoir des effets n�fastes � long terme sur la qualit� des sols. Ici, les charges polluantes sont dues essentiellement aux m�taux lourds contenus dans les poussi�res. Par ailleurs, la chimie du sol peut se trouver modifi�e par les retomb�es acides, imputables essentiellement au SO2 et NOx ; dans des conditions d�favorables, l'effet acidifiant s'exerce �galement sur les eaux souterraines et les eaux de surface. Les charges polluantes des sols et des eaux souterraines ne d�pendent pas des concentrations de poussi�re et de gaz acidifiants dans les fum�es, mais des quantit�s absolues �mises au cours de l'ann�e (masses de polluants rejet�s) ainsi que des conditions de dispersion. Pour limiter ces charges polluantes, il faut donc pr�voir des dispositifs d'�puration d'autant plus efficaces si la centrale en question est de taille importante.
Les sols et surtout la nappe phr�atique au voisinage de la centrale sont menac�s par des �coulements intempestifs de produits nocifs. Les points sensibles des �quipements de captation et d'�puration des eaux us�es, les carters et r�cipients contenant des huiles ou produits huileux, les parcs de stockage du p�trole et du charbon ainsi que des produits r�siduaires constituent autant de sources potentielles de pollution accidentelle.
D'autres effets sur les sols et encore d'avantage sur les eaux souterraines sont li�s au stockage des r�sidus. Dans les centrales �lectriques, il s'agit essentiellement des m�chefers, cendres volantes, r�sidus de la d�sulfuration des fum�es et boues du traitement des eaux brutes et us�es. Les quantit�s produites d�pendent en partie du proc�d� retenu ; d'une fa�on g�n�rale, on peut dire qu'elles sont particuli�rement �lev�es dans le cas de charbons de qualit� inf�rieure.
Selon leur composition, les m�chefers et cendres volantes peuvent �tre valoris�s, pour la construction des routes ou en tant qu'additif pour ciment, par exemple. Lorsqu'une valorisation s'av�re impossible, ces mat�riaux doivent �tre d�pos�s dans des d�charges appropri�es (p.ex. au-dessus du niveau de la nappe phr�atique). En Allemagne, les Instructions Techniques sur la gestion des d�chets ("TA-Abfall", 1�re partie, annexe C) pr�voit pour les produits r�siduaires des dispositifs d'�puration des installations de combustion, hormis les pl�tres de la d�sulfuration, le d�p�t dans des d�charges � ciel ouvert soumises � un contr�le permanent ("d�charges pour d�chets sp�ciaux") et affect�es uniquement au type de produit en question ("monod�charges") (voir dossiers de l'environnement "Elimination des d�chets" et "Elimination des d�chets dangereux").
Les r�sidus issus de la d�sulfuration des fum�es d�pendent du proc�d� mis en oeuvre (cf. annexe A-3) et peuvent dans certains cas se pr�senter sous une forme valorisable, tel le pl�tre par exemple. Les quantit�s de r�sidus sont fonction de la teneur en soufre et du pouvoir calorifique du combustible, du rendement de d�sulfuration et des additifs utilis�s. Avant de prendre une d�cision en faveur de tel ou tel proc�d�, il importe de v�rifier si le r�sidu, que le processus en question fournit obligatoirement comme sous-produit, est susceptible de trouver acqu�reur dans le pays o� la centrale est implant�e. Pour cela, on devra effectuer une analyse de march� sur place, de pr�f�rence avec la participation des entreprises locales. Il conviendra de s'assurer d'une part si les r�sidus en question sont valorisables dans l'industrie des mat�riaux de construction par ex., ou si cela n'est pas le cas, si ceux-ci peuvent �tre mis en d�charge sans entra�ner de pollution.
Pour donner une id�e des quantit�s de r�sidus provenant des proc�d�s de d�sulfuration des fum�es, le tableau ci-apr�s pr�sente � titre indicatif les valeurs correspondant � trois types de combustibles diff�rents:
Lorsqu'on a � la fois des cendres volantes et des produits de la d�sulfuration (pl�tre ou m�lange de sulfites-sulfates) � mettre en d�charge, il est recommand� de m�langer les deux produits en vue de leur stockage. Les cendres volantes et les produits de la d�sulfuration peuvent ainsi subir un traitement de durcissement conduisant � une inertisation des substances hydrosolubles, laquelle s'oppose � leur lessivage.
Dans le cas des processus de d�sulfuration fournissant des sous-produits valorisables, le conditionnement des eaux est � l'origine de boues qui contiennent des m�taux lourds en quantit� notable. Dans la mesure du possible, ces boues devraient �tre �vacu�es vers une d�charge sp�ciale.
Pour l'�tre humain, les effets n�fastes des centrales thermiques peuvent s'exercer soit directement sous l'action des gaz nocifs sur l'organisme, soit indirectement par le biais de la cha�ne alimentaire ou des d�gradations du cadre de vie. Si des gaz nocifs tels SO2 et NOx apparaissent en concentrations importantes, surtout en liaison avec des poussi�res fines, il peut en r�sulter des affections des voies respiratoires. Des manifestations pathologiques dues au SO2 et au NOx sont susceptibles d'appara�tre en pr�sence de valeurs inf�rieures � celles retenues dans la r�glementation sur le smog en Allemagne f�d�rale. Un des aspects d�terminants est ici la dur�e pendant laquelle les individus sont expos�s aux agents polluants. Par le biais de la cha�ne alimentaire, des m�taux lourds nuisibles � la sant� (plomb, mercure, cadmium, etc.) peuvent �tre ing�r�s avec l'eau de boisson ou les produits v�g�taux ou animaux faisant partie de l'alimentation humaine. Des modifications climatiques comme le r�chauffement et l'acidification des eaux de surface, le d�p�rissement des for�ts par suite des pluies acides ou de l'effet de serre provoqu� par des gaz comme le CO2 peuvent, � long terme, avoir �galement des r�percussions n�gatives sur la sant� de l'homme. Par ailleurs, les r�percussions des alt�rations climatiques sur l'agriculture et la sylviculture (et par contrecoup sur le mode de vie et les revenus des populations), tel le d�placement de zones de culture sur de grandes �tendues ou les pertes de rendement rev�tent une tr�s grande importance. La construction et l'exploitation de centrales thermiques peuvent ainsi avoir des r�percussions socio-�conomiques et socioculturelles ; des �tudes appropri�es devront donc �tre men�es pr�alablement, en tenant compte �galement des diff�rences selon les sexes ; de m�me, la couverture des soins m�dicaux dans la zone du projet devrait �tre prise en compte. La participation intensive des groupes de population concern�s aux travaux de planification et aux d�cisions pr�c�dant les travaux devrait permettre de pr�venir ou tout au moins d'att�nuer d'�ventuels conflits.
Parmi les nuisances imputables aux centrales thermiques, il faut �galement citer le bruit qui agit � la fois sur les hommes et sur les animaux. Au nombre des principales sources de bruit d'une centrale, on peut citer les chemin�es d'�vacuation des fum�es, les bandes transporteuses, les ventilateurs, les moteurs, les gaines de fum�es, les tuyauteries et les turbines.TAV
Une partie du personnel de la centrale est expos� � des bruits incommodants et, pour certains, d'une forte intensit�.
Par le recours � diff�rentes mesures, il est possible d'�viter la g�ne occasionn�e par le bruit ou de la r�duire de fa�on � la rendre tol�rable. En tout �tat de cause, les dispositions prises doivent avant tout viser � prot�ger le personnel de la centrale. D'une part, on s'efforcera d'implanter la centrale � une distance suffisante des zones d'habitation les plus proches. D'autre part, on veillera lors de la planification et de la construction des installations � pr�voir toutes les dispositions n�cessaires pour r�duire les bruits � la source.
Les silencieux conviennent particuli�rement pour l'att�nuation de bruits provenant de la circulation de fluides, alors que le capotage des machines permet d'att�nuer les bruits a�riens et solidiens. Une autre mesure permettant de r�duire � la fois les bruits �mis et leur �mergence est l'implantation des �quipements sous abri. Dans une centrale �lectrique, ce type de construction vise �galement � prot�ger le mat�riel des intemp�ries.
L'implantation d'une centrale �lectrique n�cessite un espace important. D'une fa�on g�n�rale, l'emprise sur le terrain est nettement plus importante dans le cas d'un groupe de production aliment� au charbon que dans le cas d'une alimentation au gaz ou au p�trole (pour l'�tude de site, on pourra �galement consulter utilement les dossiers "Am�nagement du territoire et planification r�gionale" et "Planification de la localisation des activit�s industrielles et commerciales")
Le paysage pourra �galement se trouver modifi� du fait de la construction des voies de transport n�cessaires � l'acheminement des produits n�cessaires au fonctionnement de la centrale et � l'�vacuation des r�sidus (voir � ce sujet �galement les dossiers "Travaux routiers sur r�seaux principaux et secondaires (Construction et Entretien)", "Chemin de fer, installations et exploitation" et "Navigation int�rieure"). L'esth�tique du paysage peut se voir par ailleurs gravement alt�r�e par un chantier d'extraction du charbon ou du calcaire (d�sulfuration) ainsi que par suite de la mise en d�charge des r�sidus, si ceux-ci ne se pr�tent pas � une valorisation. Pour ce qui est de l'�vacuation des r�sidus non valorisables, on s'efforcera en premier lieu de les utiliser pour le remplissage de carri�res ou de fosses ultimes � combler ou pour conqu�rir de nouvelles terres sur la mer. Non seulement, cela �vitera l'am�nagement de nouvelles d�charges mais ces r�sidus auront ainsi une utilit�. Les produits r�siduaires devraient autant que possible �tre inoffensifs, soient qu'ils le sont d�s le d�part de par leur nature, soient qu'ils ont subi un traitement appropri� r�duisant les risques de lessivage de substances nocives. Par ailleurs, on devra v�rifier s'il n'est pas n�cessaire de recourir � des dispositions telles que l'imperm�abilisation, le drainage contr�l� ou le traitement des eaux d'infiltration afin d'�viter la contamination de la nappe phr�atique ou des cours d'eau par des m�taux lourds sous forme solubles ou d'autres substances contenues dans les r�sidus (cf. points 1.1 et 2.3).
En outre, les retomb�es de polluants peuvent avoir des effets n�fastes sur les for�ts, les lacs et les fleuves, susceptibles de conduire � long terme � d'importantes d�gradations du paysage.
3. Aspects � inclure dans l'analyse et l'�valuation des effets sur l'environnement
3.1
Valeurs limites des retomb�es de polluants atmosph�riques
(immissions)
Comme nous l'avons d�j� mentionn� au point, le param�tre d�cisif pour l'appr�ciation des effets de la pollution de l'air est constitu� par les retomb�es ou immissions, c.-�-d. les effets de la pollution atmosph�rique sur l'homme, les animaux, les plantes et les objets mat�riels. En ce qui concerne les nuisances engendr�es par les centrales thermiques, la pollution de l'air occupe g�n�ralement le premier plan. A l'exception du gaz carbonique, on pourra, pour les polluants les plus importants, de plus en plus souvent se baser sur les valeurs limites en vigueur dans les diff�rents pays. Dans la pratique cela signifie que, dans le cas de projets concrets, on devra veiller au respect de ces valeurs limites, qui dans certains pays sont m�me plus s�v�res que les valeurs impos�es par les Instructions Techniques sur le maintien de la puret� de l'air ("TA-Luft"). L� o� de telles valeurs n'ont pas �t� d�finies ou si l'on a adopt� des valeurs trop �lev�es, il conviendra d'appliquer les seuils � long terme des Instructions Techniques ("TA-Luft"), qui ont �t� �tablis dans l'optique de la protection de la sant� humaine mais aussi de la pr�servation de la v�g�tation, des mat�riaux, des cours d'eau, etc. ; les chiffres correspondants ont �t� regroup�s � l'annexe A-4.
S'il s'av�re que, dans le cas d'un projet concret, les valeurs limites d'immissions applicables sont d�j� d�pass�es du fait de la pollution initiale ou le seront par suite d'�v�nements pr�visibles, la promotion du projet de centrale devrait �tre rejet�e dans l'optique de la protection de l'environnement. Des exceptions pourront �tre admises, comme le pr�voient �galement les Instructions Techniques sur le maintien de la puret� de l'air ("TA-Luft") dans le cas de nouvelles centrales, lorsque les immissions suppl�mentaires engendr�es par la centrale projet�e ne d�passent pas les seuils prescrits pour les immissions � long terme de plus de 1% (clause d'insignifiance).
Si une centrale existante contribue de mani�re substantielle � un d�passement notable des valeurs limites d'immissions, il conviendra d'examiner s'il n'est pas possible d'envisager un transfert de cette centrale et si un tel transfert est �conomiquement justifiable. Si, � l'issue de cette �tude, on d�cide de maintenir l'unit� en question sur le m�me site, on devra faire en sorte que les �missions soient r�duites notablement par des mesures de r�habilitation appropri�es. Si la contribution de la centrale ayant b�n�fici� de mesures de r�habilitation au taux global de nuisances n'est pas sup�rieur de plus de 1% aux seuils r�glementaires, on appliquera la m�me r�gle d'exception que pour les nouvelles installations (clause d'insignifiance).
Dans le cas d'un important d�passement des seuils de retomb�es applicables, il faudrait faire en sorte qu'un concept d'assainissement portant sur les nuisances incrimin�es soit �labor�. Ce concept devrait �galement englober les sources de pollution autres que celles qui se rapportent directement au projet concern�.
Pour ce qui est des valeurs limites d'immissions figurant � la liste de l'annexe A-4, il faut signaler que les valeurs se rapportant aux poussi�res, � l'anhydride sulfureux et � l'oxyde d'azote sont particuli�rement significatives pour les centrales thermiques. Elles constituent ici les param�tres essentiels pour l'appr�ciation de la pollution atmosph�rique. Les valeurs limites pour l'acide chlorhydrique, le cadmium, le plomb, etc. sont �galement importantes lorsque le combustible contient ces substances dans des proportions inhabituelles. Il est donc indispensable d'effectuer une analyse du combustible pour appr�cier les effets sur l'environnement d'une centrale thermique.
En ce qui concerne les seuils d'immission applicables en Allemagne, on constate que ces valeurs ne sont plus que rarement prises en consid�ration du fait que les valeurs limites impos�es pour les �missions, qui ont �t� constamment r�duites sur la majeure partie du territoire, au cours de ces derni�res ann�es, ont permis de les respecter. Le niveau �lev� des exigences, que la fonction de protection imm�diate ne peut � elle seule expliquer, est motiv� par le besoin d'une pr�vention efficace � long terme. Les seuils r�glementaires d�finis pour les immissions ou retomb�es ne peuvent �tre appliqu�s syst�matiquement � d'autres r�gions ou pays, �tant donn� qu'il y r�gne des conditions souvent tr�s diff�rentes en ce qui concerne le degr� de vuln�rabilit� de la v�g�tation, les conditions climatiques et atmosph�riques ainsi que la composition des sols, si bien que la situation peut tant�t contraindre � adopter des valeurs plus s�v�res, tant�t autoriser des seuils plus �lev�s. Les seuils d'immissions d�finis dans les Instructions Techniques sur le maintien de la puret� de l'air ("TA-Luft") ont �t� �tablis dans l'optique de la protection de la sant� publique et pr�sentent par exemple des valeurs plus faibles pour les r�gions o� l'air est plus pur que pour les r�gions qui pr�sentent d�j� une importante pollution initiale.
3.2 Valeurs limites des �missions de polluants atmosph�riques
Comme nous l'avons vu au point 3.1, le respect des valeurs limites pour les immissions de polluants constitue la condition primordiale � la limitation de l'impact d'une centrale thermique sur l'environnement. N�anmoins, il convient �galement de pr�voir une limitation appropri�e des �missions des centrales thermiques car il est bien �vident que l'un ne va pas sans l'autre. Comme nous l'avons d�crit au point 2, il existe un certain nombre de proc�d�s, ayant fait leurs preuves dans des installations industrielles, et qui pr�sentent chacun des avantages et des inconv�nients. Parmi les inconv�nients, on note que les technologies les plus efficaces sont souvent p�nalis�es par des frais d'investissements �lev�s. Le cas �ch�ant, il importera donc de v�rifier si une technique moins co�teuse, souvent moins sophistiqu�e, ne permet pas d�j� d'obtenir une r�duction notable des rejets de polluants par la centrale thermique. Ainsi il peut para�tre judicieux d'utiliser un cyclone relativement bon march� pour l'�limination des poussi�res plut�t que d'opter pour un �lectrofiltre ou un filtre � tissu, plus efficace mais aussi plus cher, alors qu'on renoncera �ventuellement � s'en servir en raison des frais d'exploitation �lev�s. Poursuivant ce raisonnement, il est sans aucun doute pr�f�rable d'installer un �lectrofiltre � un seul �l�ment, plut�t que de renoncer � en utiliser un � plusieurs champs. Les �quipements simples pr�sentent par ailleurs l'avantage d'�tre plus faciles � exploiter, � entretenir et � r�parer, sans compter la plus grande s�curit� de fonctionnement.
A l'annexe A-5, on trouvera l'�num�ration des lois et prescriptions principales qui r�glementent les �missions des centrales thermiques en Allemagne f�d�rale, qu'il s'agisse de la pollution de l'air, de l'eau ou des sols.
D'une mani�re g�n�rale, on devrait s'efforcer, dans le cas de projets concrets, de respecter les seuils d'�mission en vigueur dans les pays en d�veloppement concern�s. Dans certains cas, cela peut signifier le d�passement des seuils relativement s�v�res de la r�glementation allemande, ce qui, selon la situation, peut para�tre acceptable. Malgr� tout, toujours dans l'optique de la pr�vention, il serait souhaitable de recourir � des technologies de r�duction des �missions ad�quates, en proc�dant �ventuellement par degr�s successifs, c.-�-d. en commen�ant par exemple par installer un cyclone tout en r�servant la place pour l'installation ult�rieure d'un �lectrofiltre.
A l'annexe A-6, on trouvera un tableau des principaux seuils d'�mission de polluants atmosph�riques applicables aux installations de combustion industrielles en Allemagne f�d�rale.
Sur ce tableau, on constate que les valeurs exig�es d�pendent du type de combustible et de la taille de l'installation (exprim�e en capacit� thermique) et qu'elles sont plus s�v�res dans le cas des installations de plus grande taille.
Des valeurs analogues � celles d�finies en Allemagne existent �galement dans d'autres pays europ�ens conform�ment � la directive de la CE 88/609, notamment pour les �missions de SO2. Le Japon et les Etats-Unis ont �galement �dict� des seuils r�glementaires comparables, mais ceux-ci sont toutefois appliqu�s avec une plus ou moins grande rigueur selon les conditions locales (administration responsable, pollution initiale). A l'annexe A-6, on trouvera par ailleurs les valeurs de carence pour les nouvelles centrales � grande capacit� br�lant du charbon dans plusieurs pays ainsi que des normes europ�ennes relatives aux param�tres essentiels SOx et NOx et poussi�res. Cette annexe est compl�t�e par un tableau de conversion des valeurs d'�mission SO2 et NOx, par exemple pour la conversion des mg/mm3 en ppm ou lb/106 BTU.
Avec des combustibles favorables, c.-�-d. pr�sentant un pouvoir calorifique �lev� et une faible teneur en soufre, il est possible de respecter les seuils indiqu�s � l'annexe A-6 moyennant des frais acceptables. Dans le cas de combustibles peu favorables, la d�finition de valeurs limites faibles est probl�matique. Par exemple, pour obtenir une �mission de SOx de 400 mg SO2/m3 (c. n.), pour une concentration d'environ 18 000 mg SO2/m3 (c. n.) dans les gaz bruts, il faudrait d'apr�s le tableau 2 un rendement de d�sulfuration de 98%. Pour de tels combustibles, il appara�t plus avantageux d'opter pour un rendement de d�sulfuration de 85-95% selon les moyens techniques/�conomiques pouvant �tre raisonnablement mis en oeuvre.
Dans certains pays, des seuils d'�mission plus �lev�s que ceux indiqu�s � l'annexe A-6 sont autoris�s en raison de la mauvaise qualit� des combustibles disponibles.
Il n'appara�t pas indiqu� d'appliquer syst�matiquement � d'autres pays les valeurs limites d'�mission en vigueur en R�publique f�d�rale d'Allemagne, car l'obtention de ces valeurs en pr�sence de combustibles de mauvaise qualit� n�cessiterait obligatoirement le recours � des techniques d'�puration plus sophistiqu�es que celles requises en Allemagne. Si, par contre, on veut mettre en oeuvre des moyens �quivalents, alors on obtient in�vitablement des taux d'�mission sup�rieurs. On notera au passage que des combustibles de moins bonne qualit� que ceux sur lesquels on s'est bas� pour d�finir les seuils limites exig�s en RFA sont parfois �galement utilis�s en Allemagne.
Dans l'optique de la protection de l'environnement, les seuils r�glementaires d'�mission sont surtout des points de rep�re qui refl�tent l'�tat momentan� des technologies et des conditions d'ensemble donn�es. Or l'objectif de la protection de l'environnement est avant tout la protection de la sant�, de la v�g�tation, des cours d'eau, etc. En d'autres termes, l'attention doit surtout porter sur le respect des valeurs limites en ce qui concerne les retomb�es (cf. point 3.1). Les facteurs d�terminants pour ces retomb�es ont �t� abord�s au point 2.
En r�gle g�n�rale, les taux de polluants pr�sents dans le milieu ambiant (immissions) ne peuvent �tre mesur�s qu'� l'aide d'instruments tr�s sensibles, les concentrations �tant alors bien inf�rieures � celles des �missions. Pourtant, il est possible de se faire d�j� une id�e de la pollution initiale par la simple observation du site envisag� et de ses environs. Ainsi, il est bien �vident qu'on aura une pollution de base plus �lev�e si d'autres centrales �lectriques ou des industries rejetant des polluants en grandes quantit�s sont d�j� implant�es � proximit�, ou encore, si une route tr�s fr�quent�e passe imm�diatement � c�t� du site pr�vu. Parfois, on note un certain conflit d'objectifs, comme dans le cas de la production mixte d'�lectricit� et de chaleur � des fins de chauffage, qui pr�sente l'avantage d'un rendement plus �lev� et donc en principe favorable � l'environnement mais suppose une implantation au voisinage du consommateur, g�n�ralement un �tablissement industriel. Si ce dernier est lui-m�me une importante source d'�missions, l'avantage de la production mixte force-chaleur se trouvera compromis, voire annihil� par la pollution d�j� existante.
En ce qui concerne le mesurage des �missions, il conviendra de s'assurer, dans le cas d'un projet concret, que des appareils de mesure pour les param�tres essentiels: poussi�res, SOx et NOx font partie des fournitures livr�es avec la centrale. Pour mesurer ces polluants, on pourra �galement recourir � des moyens techniques relativement modestes, par exemple en utilisant des analyseurs de gaz portatifs que l'on placera dans les conduits de gaz de fum�es ou � l'entr�e de la chemin�e. En ce qui concerne les m�thodes de mesure, on distingue les proc�d�s photom�triques et les proc�d�s physico-chimiques. Les m�thodes photom�triques reposent uniquement sur des ph�nom�nes physiques (analyseurs non-dispersifs � infrarouges ou ultraviolets), alors que dans le cas des m�thodes physico-chimiques l'acquisition des donn�es est bas�e sur une r�action chimique. La r�solution de ces appareils de mesure peut atteindre 1 ppm.
Pour la mesure de la concentration des poussi�res, on utilise essentiellement des m�thodes de mesure physiques (gravim�trie, radiom�trie, etc.)
3.4 Valeurs limites d'�mission pour les eaux us�es
Les conditions de rejet applicables en Allemagne pour les effluents des installations d'�puration des eaux et des syst�mes de refroidissement, conform�ment � l'article 7a de la loi sur la gestion de l'eau (WHG), annexe 31, sont pr�sent�es dans le tableau 3 ci-apr�s.
Tableau 3
Conditions de rejet pour les effluents des installations
d'�puration des eaux et des syst�mes de refroidissement
| Centrales �lectriques | Processus industriels | Autres sources d'effluents de la production de vapeur | ||
| Echantillon ponctuel | ||||
| Mati�res d�cantables | mg/l | 0,3 | 0,3 | 0,3 |
| Chlore actif | mg/l | - | 0,3 | - |
| Hydrazine | mg/l | - | - | 5,0 |
| Echantillon composite sur 2 h | ||||
| Demande chimique en oxyg�ne (DCO) | mg/l | 30 | 40 | - |
| Phosphore (Ptot) | mg/l | 3 | 5 | 8 |
| Vanadium | mg/l | - | - | 3 |
| Fer | mg/l | - | - | 7 |
Source: D�cret administratif sur la gestion de l'eau VwV, annexe 31 (13-08-1983)
L� o� une installation de d�sulfuration des fum�es produisant des effluents aqueux est utilis�e, l'utilisateur est tenu de respecter les valeurs de rejet minimales d�finies � l'annexe 47 du d�cret administratif VwV, conform�ment � l'art. 7a de la loi sur la gestion de l'eau WHG du 8.09.1989 (cf. annexe A-4).
Le d�versement dans le milieu r�cepteur d'autres effluents que ceux �num�r�s au point 2.2 est r�glement� par d'autres annexes du d�cret administratif VwV, fixant les modalit�s d'application de la loi sur la gestion de l'eau WHG. Ainsi, par exemple, l'annexe 49 fixe les conditions de rejet des effluents charg�s d'huile.
Les exigences formul�es dans ces r�glements se basent sur les rigoureuses prescriptions de la l�gislation allemande en mati�re de gestion des eaux, qui s'oriente essentiellement sur la pr�vention et impose des valeurs qui sont d�finies en fonction du degr� de nocivit� des substances en question. Par ailleurs, le l�gislateur, par le biais de la loi sur la taxation des rejets, r�compense les utilisateurs qui respectent les seuils d�finis par l'art. 7a de la WHG (diminution de 75% de la taxe parafiscale sur les rejets) ou, dans le cas d'installations d�j� existantes, ceux qui obtiennent des valeurs d'au moins 20% inf�rieures aux seuils prescrits en leur permettant de d�falquer leurs investissements des taxes de rejet � percevoir sur les 3 derni�res ann�es.
Dans le cas d'un projet concret, la nature des pollutions pouvant �tre tol�r�es d�pend bien entendu �galement de l'importance du cours d'eau r�cepteur, de la qualit� de ses eaux et de l'usage qui en est fait. Dans le cas de milieux r�cepteurs sensibles et � faible d�bit, on devra imp�rativement proc�der � un examen du cours d'eau en question. Dans les r�gions tropicales notamment, le d�bit d'un cours d'eau peut varier �norm�ment d'une saison � l'autre. Dans certains cas, il conviendra d'examiner s'il n'est pas pr�f�rable de transf�rer le site, ou, comme nous l'avons d�j� �voqu� au point 2.2, de recourir � un r�frig�rant atmosph�rique sec. Outre le d�versement de polluants dans le milieu r�cepteur, on devra �galement, dans le cas d'un projet concret, �tudier la question du degr� d'�chauffement des eaux pouvant �tre tol�r�. D'apr�s les recommandations des comit�s r�gionaux de travail sur les eaux (LAWA), l'�l�vation de temp�rature d'un cours d'eau en r�gion temp�r�e ne devrait pas d�passer 3 K.